fr.planet.wikimedia

February 28, 2015

David Monniaux

Numérix, d'Alexandre Moatti (récension)

L'arrivée de l'Internet grand public en France a suscité nombre de changements. Certaines industries ont été grandement transformées en l'espace de 15 ans (édition scientifique, distribution de musique et de films, vente par correspondance). Naturellement, ces changements ont suscité des réactions, certaines positives et touchant même à l'optimisme béat, d'autres négatives, avec parfois une véhémence assez irrationnelle. Le système du droit d'auteur et des droits voisins est fragilisé par la copie illicite, et contesté dans certains de ses aspects (complexité et opacité des circuits financiers, durée des droits exclusifs). Certains « intellectuels », certains politiciens, sont mal à l'aise devant des acteurs inhabituels pour eux, qu'il s'agisse de grands industriels étrangers qui ne leur manifestent pas la considération à laquelle ils estiment avoir droit (Google) ou des organisations à but non lucratif et basés sur la participation directe (Wikipédia).

Face à ces développements, les pouvoirs publics ont hésité et tergiversé, en lançant parfois des projets mal pensés et mal exécutés. C'est de tout cela qu'Alexandre Moatti entend informer le public, qui n'entend souvent de ces débats que des slogans et des dénonciations stridentes qui ne reflètent ni la complexité des enjeux ni les intérêts en présence.

Avertissement : je connais l'auteur de l'ouvrage, qui m'en a offert un exemplaire dédicacé.

Un bon exemple des hésitations gouvernementales est la réaction au service Google Livres, présentant en ligne des ouvrages numérisés principalement issus de collections patrimoniales. On a parlé de « pillage » de la culture européenne, et le président Jacques Chirac a poussé en réponse un projet de « bibliothèque numérique européenne ». devenu Europeana. Las, il s'agissait en fait du troisième projet du genre, les deux précédents étant largement oubliés ; et le résultat s'avère décevant, pour une reconnaissance assez limitée de la part du public. Comment en est-on arrivé là ? Alexandre Moatti l'explique bien : pour cette bibliothèque numérique, comme pour d'autres projets, on a voulu, d'en haut, de très haut même, afficher une volonté politique sans se préoccuper des usages et des besoins. Les organismes chargés de les mettre en œuvre ont saisi une occasion de se mettre en valeur et d'attirer des financements publics — mais sans justement se préoccuper des besoins du public. Comme sur d'autres sujets, comme la mise à disposition du public de documents financés ou réalisés par l'État, les administrations hésitent, parfois leurrées par la perspective de « ressources financières propres » souvent assez faibles voire illusoires.

La défense d'une sorte de « village gaulois » numérique par des nouveaux Astérix, voilà l'origine du titre de l'ouvrage. Trop souvent, sur ces sujets, positions des intervenants finissent par devenir des postures ; celles-ci, tout en dispensant de fournir des justifications rigoureuses, permettent à certains de paraître dans les médias pour prétendre défendre la Connaissance, la Culture, etc. contre les barbares d'Internet, en se reposant sur un discours mêlant anti-américanisme, anti-capitalisme, haine de la science et de la technique, méfiance envers la jeunesse. Un débat en noir et blanc s'installe : d'un côté l'admiration béate, de l'autre une terrifiante eschatologie. Les positions nuancées et informées sont étouffées et le public peu informé in fine.

Sur le droit d'auteur et les droits voisins, Alexandre Moatti nous éclaire sur la complexité des mécanismes juridiques et des circuits financiers en jeu. Là encore, la rhétorique des intervenants ne nous éclaire guère, de part sa certaine duplicité : d'un côté, quand il s'agit de réclamer des subventions ou des protections spécifiques, on explique que la Culture n'est pas une marchandise ordinaire et qu'elle nécessite un traitement de faveur de la puissance publique ; de l'autre, quand il s'agit de réclamer la répression pénale de la copie illicite, de refuser le regard du public dans ses circuits financiers ou de récuser l'indignation devant les revenus de certains vedettes, on explique que les artistes sont des acteurs privés qui touchent de l'argent privé pour un travail dont le produit a droit à autant de protection contre le vol que les biens des magasins. Ceux qui parlent au nom des artistes n'en sont d'ailleurs souvent pas eux-mêmes : les cadres de certaines sociétés de perception et de répartition des droits vivent fort bien du système qu'ils font fonctionner et dont les infinies complications finissent par empêcher ou compliquer considérablement certains usages légitimes.

Comme les lecteurs de ce blog s'en doutent, les grandes lignes de tout ce qu'évoque Alexandre Moatti m'étaient connues. J'ai cependant découvert avec une certaine joie ironique que la situation était parfois pire que ce que je n'avais soupçonné (par exemple, j'ignorais les complexités de la rémunération des animateurs de radio)… D'une certaine façon, ce livre d'Alexandre Moatti, j'aurais moi-même voulu l'écrire : c'est le constat désabusé de dix années perdues pour l'action publique dans le numérique en France. Dix années que l'on ne regagnera pas, comme il était vain de lancer un projet bureaucratique et mal pensé en 2006 pour concurrencer Google bien pensé en 1996. Plus que des mesures concrètes, ce que nous décrit Alexandre Moatti, ce sont les modes de pensée et d'action que nous devons éviter pour le futur. À bon entendeur….

by David Monniaux at February 28, 2015 09:20 PM

Les échos d'en bas

Épisode 9 – Les robots de Wikipédia

Wikipédia en français compte 1 594 937 articles, 17 683 contributeurs actifs (86 admins actifs). Brèves du bistro Lundi. On se rend compte qu’il y a de nombreuses erreurs et imprécisions, non seulement dans la presse mais aussi dans des ouvrages d’auteurs spécialisés… Mardi. Un … Continuer la lecture

by Frakir at February 28, 2015 03:55 PM

Darkoneko

Gribouillage 14 : Magical girl Mandariine.

0015 confession

Confession : lorsque Mandariine écrit sur le bulletin des administrateurs, j’ai parfois l’impression de lire une mahou shoujo un peu bipolaire ^^;


Classé dans:Gribouillage, les coulisses de Wikipédia Tagged: bulletin des administrateurs, dessin, humour, magical girl, mahou shoujo

by DarkoNeko at February 28, 2015 01:35 PM

Nouveau bandeau PàS !

Hey, le bandeau PàS vient d’être changé !

J’aime bien le nouveau texte.
Un truc qui m’agaçait prodigieusement dans l’ancienne version, c’est que le premier lien renvoyait vers la page principale WP:PàS, plutôt que vers le débat.
Parce que forcément, la moitié du temps, je clique par réflexe sur ce long lien plutôt que le petit lien entre parenthèses.

bandeau_pas_1

ancien

 

bandeau_pas_2

nouveau

 


Classé dans:actualités, les coulisses de Wikipédia Tagged: pages à supprimer, PàS, wp:pàs

by DarkoNeko at February 28, 2015 04:01 AM

February 27, 2015

Gratus

Contributions superposées

Dans ce billet, je vais vous présenter un outil (très) simple permettant de superposer les contributions de deux contributeurs différents.

La superposition des historiques permet de comparer les contributions des deux contributeurs et ainsi détecter ou justifier plus facilement l’usage ou la présence d’un faux-nez ou d’une Wikitraque.

Cet outil fonctionne sur tous les projets Wikimedia.

Site : Lien

contribscapture

Merci à Thibaut120094 d’avoir accepté l’« utilisation » de son pseudo pour cette image.


by gratusfr at February 27, 2015 08:16 PM

February 26, 2015

Darkoneko

February 25, 2015

Darkoneko

Gribouillage 10 : Notoriété

0024 - notoriété

L’article Akito Nakatsuka a été proposé à la suppression, parce qu’il serait, je cite, « très compliqué à sourcer ».
Akito Nakatsuka, c’est le compositeur derrière「Zelda 2」 et une partie des 「Super Mario Bros.」. Juste deux des franchises de jeu vidéo les plus vendues au monde. Personne de bien intéressant, donc.

Le cas est caricatural, mais c’est un problème récurrent pour nous-autres du Projet:ABDA (et pour l’ensemble des projets dont le domaine n’est pas francophone/anglophone, en fait).
La notoriété et les sources existent…. mais la personne étant beaucoup plus connue au Japon qu’en dehors, peu des sources sont en français ou en anglais.

Crédits pour l’idée de gribouille : Dereckson, Thibaut120094.


Classé dans:actualités, Gribouillage, les coulisses de Wikipédia Tagged: dessin, humour, inclusionisme, pages à supprimer, PàS, suppressionisme

by DarkoNeko at February 25, 2015 04:46 AM

February 24, 2015

Gratus

49-3

Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Concernant l’article correspondant sur la Wikipédia francophone, la publicité provoquée par cet évènement en a amené certains — dont moi — à remettre en doute le label article de qualité. En effet, l’article possède de nombreux bandeaux/modèles de maintenance incompatible avec ce label.

Ainsi, il y a de grandes chances pour qu’une contestation du label ai lieu dans les prochains jours.


by gratusfr at February 24, 2015 06:14 PM

Darkoneko

Gribouillage 9 : évolution des PàS.

2005

0005 - PaS page 1

Ces dernières années

0005 - PaS page 2

« 2 semaines/indef » signifie « traitée en 2 semaines si consensus, sinon laissée jusqu’à ce qu’un consensus soit trouvé ».

Un problème était l’explosion du nombre de pages à traiter en PàS. Sachant que presque personne ne votait après les 2/3 premiers jours, changer la durée de base n’a pas suscité de remous particuliers. D’ailleurs, vous noterez que pendant les premières années du nouveau système, si une PàS trouvait on consensus plus tôt, bah elle était traitée plus tôt. Personne ne venait faire chier le monde pour attendre le « délai règlementaire de 7 jours » par pure bureaucratie.

L’autre problème était qu’évidemment, certaines PàS ne trouvaient jamais consensus. La limite de 2 semaines à été proposée pour se débarrasser d’une liste grandissante de pages trainant pendant des mois sans que plus personne n’y touche. Ça n’est pas une solution parfaite, mais c’est une solution réaliste.


Classé dans:Gribouillage, les coulisses de Wikipédia Tagged: dessin, humour, pages à supprimer, PàS

by DarkoNeko at February 24, 2015 12:42 PM

February 23, 2015

Litlok

Si c'est sans source, est-ce SI sans sourciller?

Réponse rapide : non.

Je développe :-)

Je tombe de temps en temps sur des nouveaux articles blanchis car « non sourcés ». Pour moi, ce genre d'argument ne peut servir à justifier une SI (suppression immédiate). Une SI n'est justifiée (hors cas triviaux de vandalisme, traduction automatique, bac à sable évident etc.) que si le sujet de l'article est clairement non admissible.

Attention, cela ne signifie pas que je m'assois sur la vérifiabilité: un article doit être sourcé pour être conservé. Mais vérifiable n'est pas synonyme de vérifié.

Si un débutant publie un article sans le sourcer, alors je crois qu'il est du devoir de la personne qui inspecte son travail (« patrouilleur » ou autre) de chercher d'abord si l'article peut être sourcé avant d'en demander la SI pour absence de sourçage. S'il peut l'être, alors il est aussi du devoir de cette personne d'apporter des sources et d'ainsi montrer le bon exemple au débutant.

Au pire, si on n'a pas le temps, on peut toujours poster un bandeau de demande de sources... mais pas demander la SI pour ce motif!

by Litlok at February 23, 2015 10:43 PM

Pierrot le chroniqueur

Parcours d’un Wikipédien : Wikipédia, Anticlique, Pierrot [par schlum]

J’ai commencé à contribuer à Wikipédia sous IP en avril 20061. Je me suis inscrit début 2009 pour contribuer plus spécifiquement sur le portail ABDA2, et notamment les articles en relation avec le manga Naruto3. J’ai rencontré sur ce projet pas mal de gens sympathiques, partageant mes hobbies, et à cette époque, en dehors des pages de discussion des articles, je n‘ai guère eu à mettre le pied hors de l’espace encyclopédique.

Fin juillet-2009, débarque Celyndel, avec qui je me suis écharpé pendant de longs mois, puisqu’il tentait d’imposer partout sur les articles de Naruto ses points de vue sur un des antagonistes du manga dont il était fan, sur la base d’analyses personnelles inédites (dont j’apprendrai plus tard le « nom technique » TI). C’est au début de ce conflit, au sujet ô combien futile, mais qui a été énormément chronophage et stressant pour le récent contributeur que j’étais, vu les méthodes employées par Celyndel (impliquant guerres d’édition, manques à WP:FOI, attaques personnelles etc.), que j’ai été officiellement enjoint à rejoindre le projet. Les autres contributeurs du projet et médiateurs de passage m’ont poussé au Wikilove, aux discussions, médiations etc. Cependant, la situation devenait de plus en plus pourrie et ingérable. C’est dans ce contexte que j’ai rencontré SM (alors « Suprememangaka ») qui… a commencé à m’engueuler. J’ai cependant vite compris par son entremise que le fauteur de troubles (Celyndel) était également en bisbille avec un certain nombre de contributeurs du Projet:Politique pour les mêmes faits (WP:TI, PoV-pushing, guerres d’édition, attaques personnelles etc.), et quel serait le bénéfice d’un arbitrage au cours duquel je trouverais des soutiens. Ce fût fait, et bien que Celyndel a été bloqué (pour des menaces de mort sous IP) avant même d’avoir déposé ses arguments, ce fût un énorme soulagement.

 

Ayant lié d’amitié avec SM, j’ai été invité peu après sur IRC à rejoindre son canal privé ##anticlique fraîchement créé (fin-février 2010), après m’être fait expliquer sa théorie d’une « Clique » composée de plusieurs anciens contributeurs qui se seraient organisés pour maintenir une certaine emprise sur diverses composantes de Wikipédia, théorie qui au demeurant m’a toujours laissé un peu dubitatif. Effectivement, IRC pousse facilement à la création de canaux privés entre personnes ayant une certaine affinité, et il doit en exister ou avoir existé un certain nombre en relation avec la communauté Wikipédienne. Ces personnes peuvent certes se serrer les coudes dans certaines situations, et il est tentant de l’interpréter comme des jeux de pouvoir entre divers groupes organisés, mais pour moi, Anticlique a essentiellement été un lieu de rencontre ; une sorte de taverne secrète où discuter avec des gens sympathiques, qu’on pouvait voir à l’occasion dans la vraie vie (pour ceux de la région parisienne notamment). Sebleouf a parlé sur le BA d’appels aux votes et d’ambiance malsaine ; je lui laisse son interprétation (que je mets sur le compte d’un manque de caractère et d’une sensibilité particulière), puisque je n’ai jamais eu spécialement cette impression ; il y a sans doute eu des liens vers des débats et / ou votes, mais pas particulièrement plus que sur les canaux publics, et sans instructions associées. Il est vrai que SM poussait un peu plus en privé (toujours sans « instructions »), mais il s’est notamment vu apposer un certain nombre de refus polis à participer à des débats qui ne m’intéressaient pas, sans pour autant s’en formaliser.

 

Petite confidence au passage, j’ai également participé à l’occasion aux rencontres IRL de plusieurs autres groupes, dont la « Cabale parisienne », dans laquelle j’ai aussi rencontré nombre de contributeurs sympathiques (et pas spécialement obsédés par le contrôle de Wikipédia, comme les avertissements que j’avais reçus auraient pu me faire croire, puisque certains des participants étaient supposément de la dite « Clique »), et à laquelle je participerais sans doute plus souvent si l’organisation des rencontres n‘était pas faite généralement à l’arrache le jour même sur IRC. 

J’ai gardé également contact avec ce que j’appelle le « Cercle des amis de Starus », qui se réunit lors des passages à Paris de ce dernier, et qui comprend des membres des deux groupes (Cabale Parisienne et Anticlique), ainsi que d’autres membres isolés.

Et bien sûr, j’ai participé à certaines rencontres générales, à l’occasion des élections du comité d’administration de Wikimedia France, dont une mémorable qui a vu la présence à la fois de Grimlock et de SM (au temps pour la théorie de Hamelin  ).

 

Sans croire forcément à l‘existence de réseaux d’influence organisés pour noyauter Wikipédia de manière générale donc, j’ai cependant été témoin d’un certain nombre d’actions individuelles ou en groupe pour faire passer des intérêts particuliers ici et là :

  • Des administrateurs « voyous » utilisant leurs outils pour bloquer ou intimider l’autre parti lors d’altercations éditoriales4.
  • Des groupes plus ou moins organisés de PoV-pushers tentant d’influer sur le contenu éditorial, notamment sur les projets afférents à la politique, la religion ou les conflits internationaux5.
  • Des projets faisant bloc pour protéger des créations douteuses d’un de leur membre, ou, comme dans le cas du Projet Québec, pour imposer des régionalismes ou des spécificités (dont la « nationalité québécoise », débat au cours duquel je me suis fait proprement insulter sur et hors Wikipédia).
  • Des corrélations de copinage fortes sur certains votes ou débats, ou dans la défense de certains contributeurs lors de débats sur les WP:RA (y compris par certains membres d’Anticlique, notamment dans la défense d’Addacat, de Grimlock, de Meodudlye ou de SM).

J’ai également été choqué ou interloqué par un certain nombre de choses :

  • Certains arbitrages qui ont largement contribué au pourrissement des interactions wikipédiennes, à la balkanisation de la communauté, voire à la radicalisation de certains contributeurs, avec comme point d’orgue le commentaire « psychologique » de Popo le Chien (qui ne s’était pas récusé, bien que n’ayant pas caché sur son blog son inimitié envers le contributeur psychanalysé). Je ne reviendrai pas là-dessus, certains Pierrots ayant analysé le phénomène en long, en large et en travers (et c’est une des choses avec laquelle je suis parfaitement en phase, ayant été un des premiers à voter contre tous les arbitres en signe de protestation, et ce dès les élection pour le 13e CAr). À noter que le sous-entendu de LittleTony dans sa réponse à Gede dans les commentaires de son billet, comme quoi le 14e CAr aurait organisé sur la mailing list de travail des démarchages pour les élections du 15e ne m’étonne guère.
  • La gestion désastreuse des PàS, aux règles inexistantes (traductions mauvaises et partielles de WP:en), considérées comme beaucoup (participants et clôturants) comme des votes, sans aucune considération pour les recommandations sur l’évaluation du consensus ou l’importance de l’argumentation.
  • La gestion désastreuse des DRP où beaucoup de contributeurs administrateurs de bonne volonté ont été dégoûtés ou purement éjectés pour « mal-pensance » (comprendre trop attachés aux recommandations et aux sources).
  • Les attaques contre les patrouilleurs (dont je n’ai pourtant moi-même jamais vraiment fait partie), traités dans leur globalité de cow-boys ou de gamers (shoot ’em up ou MMORPG) sans cervelle qui feraient fuir les nouveaux, pour seulement quelques cas de patrouilleurs indélicats vites recardés ou éjectés. Si vous voulez savoir pourquoi Anticlique a eu autant de succès, cherchez par là, sachant que beaucoup de personnes qui l’ont rejointe sont issues des rangs des patrouilleurs (notamment parmi les plus jeunes), qui se sont sentis pris de haut par une partie bruyante de la communauté.
  • La soudaine passion sur Wikipédia pour les articles d’actualité, la plupart du temps des articles de bric et de broc basés sur des effets « charognard » ou « voyeurisme » sur la base de flashs d’information, et souvent laissés dans un état désastreux, une fois l’effervescence retombée… avec un traitement sans aucun recul.

 

Au sein d’Anticlique, Pierrot était l’un sujet de conversation qui revenait assez souvent. Personne ne savait qui il était (en apparence tout du moins), mais certaines des ses théories et analyses sur Wikipédia étaient partagées par bon nombre de membres, qui se doutaient que le blogueur devait être un des membres du canal, ou un proche. Pour ma part, en 2011, j’avais quelques théories ; je pensais déjà que Pierrot était un prête-nom pour plusieurs personnes, puisque j‘étais persuadé que Serein en avait fait partie (du fait de la bourde sur le blog d’Alithia), mais que je reconnaissais aussi largement Grimlock derrière les billets (malgré ses farouches démentis). Je me doutais que si Grimlock était dans le coup, Meodudlye devait y être aussi, et sachant la proximité qui s’était établie entre SM et ces deux larrons, je commençais à avoir quelques doutes envers lui, malgré tous ses coups fourrés pour me faire croire le contraire. Au final, vu que Grimlock commençait à s’éloigner doucement de Wikipédia, j‘ai été coopté pour grossir les rangs et apporter une aide technique.

Je partageais pas mal de points de vue de « Pierrot », notamment sur le CAr, sur une vision plutôt « stricte » du contenu éditorial et sur l’importance des sources ; le côté un peu provocateur (mais jamais grossier ou insultant) me plaisait aussi. Par contre, je n‘ai jamais vraiment compris le combat contre Wikimedia France, même si j’ai toujours trouvé la communication de cette association, tant interne (Afripedia…) qu’externe (laisser les médias la présenter comme le comité éditorial de Wikipédia) désastreuse. Je l’ai toujours vue comme une association classique, avec des personnes sérieuses, des sympathiques, mais aussi des cons… comme dans toute association. Je ne l‘ai jamais vue non plus comme un « clan » soudé, d’autant que j’ai ouï-dire qu’elle avait souffert de nombreux désaccords internes. Bref, une association qui n’est pas exempte de tous reproches, mais qui tente de faire son boulot tant bien que mal.

 

Pour en revenir à SM, certains ont dit qu’il était très intelligent. Oui, il l’est ; l’un des plus intelligents contributeurs que j’ai rencontré sur ce site, capable de reprendre le style de Grimlock (tant sur la forme que sur le fond, allant jusqu’à récupérer ses tics verbaux, ou ses grossières erreurs de typographie sans jamais se tromper), de manière à ce que personne ne remarque de transition. Capable de maintenir une cohésion et une unité de style de manière à ce que peu de personnes se doutent qu’il y avait plusieurs contributeurs derrière Pierrot. Capable de supprimer aussi complètement l’image de contributeur « brut de fonderie » qu’il s’est donnée sur Wikipédia, de sorte que ceux qui ont discuté avec « Pierrot » en privé ont été complètement abasourdis d’apprendre que c’était alors lui aux commandes. Capable de faire, sous une autre identité, une parfaite auto-critique et une critique du système « Anticlique » dont il était l’origine. Capable aussi d’un esprit retord et calculateur, oui : ces discussion avec lui-même en tant que Pierrot / SM sur le blog ou sur Twitter n’avaient pour autre but que de brouiller les pistes, pour éviter que la communauté ne comprenne qui était Pierrot, et ne délaisse le message anonyme pour se concentrer sur le messager détesté, comme ce qui avait commencé à se produire avec Grimlock lorsqu’il a pris le relai. Je pense que c’est même devenu une sorte de jeu pour lui, puisqu’en parallèle, il embrouillait aussi ses camarades d’Anticlique qui n’étaient pas dans le secret, en parlant de « Pierrot » (qui était un sujet de conversation régulier) à la 3e personne et en les poussant vers de fausses pistes. Capable également de comprendre individuellement les rancœurs des contributeurs envers la communauté et de former par ce biais des liens en utilisant les outils de contact extérieurs à Wikipédia (comme IRC), tissant un véritable sous-réseau communautaire (dont certains éléments se sont exposés sur Wikipédia, mais la plupart, non, et un certain nombre aussi avec qui il a fini par se fâcher).

Cependant, tout aussi machiavélique qu’il a pu apparaître, je ne l’ai jamais vu donner dans certaines techniques comme la création de faux-nez pour influer sur les débats, ou le passage sous IP pour mettre la zizanie sur Meta. Je ne l’ai jamais vu se dérober ou faire dans la langue de bois ; je l’ai toujours vu assumer ses actes, voir les revendiquer « droit dans ses bottes » (comme j’ai pu lire ici ou là), au risque de se faire toujours plus d’ennemis. Je ne l’ai pas vu non plus faire preuve de malhonnêteté intellectuelle ; tout ce qu’il l’a fait, il ’a fait en toute bonne foi pour défendre « sa » vision d’une Wikipédia idéale, projet qu’il a profondément aimé et qu’il voyait perverti par certains comportements contre lesquels il s’est emporté sans jamais prendre de pincettes ni se soucier de son image. Notamment un combat sans relâche contre tout ce qu’il estimait être du PoV-pushing (que ce soit d’un bord ou l’autre) sur des projets particulièrement explosifs (religion & politique notamment), sans faire jamais preuve lui-même d’un manque de neutralité apparent. Il était même convaincu de la véracité de tout ce qu’il écrivait sous le pseudonyme « Pierrot » (y compris au sujet des clans ;) ).

Un caractère malheureusement « trop entier », puisqu’au final, donnant une mauvaise image dans les relations communautaires publiques qu’il établissait sur Wikipédia. Son principal défaut était de ne pas savoir mettre d’eau dans son vin (<PJ> ou de sucre dans son thé :D </PJ>), au risque de brusquer des contributeurs parfois de bonne foi (porté par son côté naturellement « suspicieux »), et de se fâcher irrémédiablement avec eux, avec le résultat final que l’on connaît.

 

Maintenant que Pierrot est terminé, que SM est banni, la communauté a eu son petit coup de folie (avec la démission de certains administrateurs, et cette éviction assez injuste de Matpib pour avoir notamment voulu mettre des discussions à propos d’un blog sur le BA en boîte déroulante, et alors que ce dernier n’a jamais eu le moindre lien avec Pierrot ou Anticlique).

Certains semblent s’être lancés dans une certaine chasse aux sorcières (cf. certains commentaires de Mandariine, gede, XIIIfromTOKYO ou Agamitsudo), tandis que d’autres semblent avoir plutôt bien compris les motivations profondes derrière les actes (voir notamment les commentaires de Buisson, de Kilith ou de TigH, personnes qui n’ont pourtant jamais été dans la sphère « Anticlique », ou qui n’ont fait que la frôler dans le cas de Buisson). Mais globalement, comme certains l’ont fait remarquer, l’immense majorité de la communauté… s’en fout comme de l’an 40 !

Sans nier la dimension communautaire de Wikipédia donc (ce que certains aimeraient pourtant faire), il faut garder en tête qu’on est sur un projet d’encyclopédie, et pas sur un MMORPG

J’espère que tout ceci se tassera et qu’il en ressortira du bon malgré tout, d’autant que je compte bien rester pour ma part. 

 

Schlum

 

1. Quelques contributions plutôt anecdotiques dans l’espace encyclopédique, souvent en relation avec le site d’énigmes que je co-gérais, Wikipédia étant un outil de recherche souvent utilisés par les visiteurs.

2. Animation et bande dessinée asiatiques

3. À la base, pour engager la discussion suite à la révocation d’un de mes ajouts ; il me semblait plus sympa d’avoir un vrai pseudo pour discuter !

4. Voir les contestations archivées de Moez, GL, Thierry Caro, ou l’arbitrage contre Moyg par exemple.

5. Que j’essaie d’éviter le plus possible habituellement, au vu notamment de l’ambiance générale qui y règne.

by Pierrot le Chroniqueur at February 23, 2015 07:00 AM

February 22, 2015

Darkoneko

Gribouillage 7 : « a rose by any other name ».

0022 - patrouilleurs

Vous ai-je dis à quel point j’adooore les comptes jetables moralisateurs ? Non, vraiment. Pfff.

Le nom

Je doute que l’appellation « patrouilleur » change, pour les mêmes raisons que les tentatives sur « administrateur » ont échouées : Les gens sont habitués au terme, et (surtout) cela nécessiterait que tout le monde se mette d’accord sur un nouveau nom.
Maintenant que j’y pense, quelqu’un a tenté -sans succès- de franciser la partie « RC » du terme en 2008.

L’icône

Une nouvelle image a plus de chances de trouver un consensus. Dans le sens que « c’est juste une boite utilisateur, donc on s’en branle un peu, quoi ».
Personnellement, je n’aime pas cette casquette de policier étazunien, mais bon. L’icône du balayeur est déjà accaparée par les admins et je ne vois pas trop quoi mettre d’autre. La même icône dans une autre couleur ?

Les remarques du compte jetable

Bon, donc. Je ne peux pas vraiment parler au nom d’autres, mais :

À mon arrivée sur Wikipédia, fin 2004, j’ai créé quelques articles dont l’absence me surprenait -comme Yuki Kajiura, Akino Arai, SMART-1, Yaoi, Biodégradation,…- mais j’ai surtout fait beaucoup, BEAUCOUP de maintenance et de surveillance des modifications récentes1.

Pour me la péter dans la cour de récré ? pff.
Pour avoir un joli titre ? re-pff.
Faire « joujou avec LiveRC » ? Hah ! Ça n’existait pas.2
Non.

C’est juste qu’il y avait un besoin dans ces domaines, et n’ayant pas franchement la fibre littéraire3 c’était plus dans mes cordes que rédiger des articles.
J’avais du temps libre. Et c’est toujours agréable de se sentir utile, accessoirement.
C’est tout.

Ai je fais des conneries ? Plein. Potentiellement d’autant plus graves que je suis rapidement devenu admin.
M’a t-on remonté les bretelles ? Plus de fois que je ne peut compter ! Et souvent, c’était mérité. Mais je me suis amélioré avec le temps. Du moins, je l’espère.

Mes deux centimes

Donc dans tout ça, que faudrait-il faire ?

En premier lieu, il faut bannir les remarques du genre « la patrouille RC blabla »…. « les cowboys blabla ». Les généralisations entrainent un sentiment collectif d’injustice (compréhensible) et du ressentiment. Et c’est avec ce genre de conneries qu’on se retrouve avec une anti-clique.
Par contre, si vous croisez une personne avec un comportement incorrect, écrivez lui ! Si possible gentiment. La remarque sera parfois mal acceptée (je suis moi même une super tête de mule…), mais c’est bénéfique sur le long terme.

  1. À l’époque, le terme « patrouille » n’était pas usité.
  2. Étant sur IRC, j’utilisais surtout le flux fourni par la WMF. Pour limiter le défilement, j’avais bricolé un mini-script mIRC permettant que les éditions d’une liste d’utilisateurs de confiance (et les bots) ne s’affichent pas.
  3. Mes camarades du projet ABDA confirmerons que mes créations mangas/animes ont les infos techniques, mais rarement un synopsis. Hé hé hé.

Classé dans:actualités, Gribouillage, les coulisses de Wikipédia Tagged: administrateur, maintenance, modification récentes, patrouille, RC, recent changes

by DarkoNeko at February 22, 2015 04:09 PM

February 21, 2015

Les échos d'en bas

Épisode 8 – Choupinous

Wikipédia en français compte 1 592 540 articles, 17 319 contributeurs actifs (84 admins actifs). Brèves du bistro Lundi. Des révélations trompeuses sur les pierrots : très peu ont eu une activité significative ■ Cela chauffe sur la page d’accueil. Mardi. L’argument Pikachu portait à l’origine … Continuer la lecture

by Frakir at February 21, 2015 07:03 PM

February 20, 2015

Darkoneko

Gribouillage 6 : message de service.

Blog "Wikirigoler" != Anti-clique

Anti-clique != rédacteurs du blog « Wikirigoler »


(Une source)
Oui, le nombre de personnages ne correspond sans doute pas. Dans les autres pages non plus, d’ailleurs.

Cette page aurait du paraître il y a quelques jours (suite à divers amalgames que j’ai pu lire ci et là), mais l’actualité (1, 2) a causé un petit décalage.
Les 10+ gribouilles suivantes n’auront aucun rapport avec l’anti-clique. Même si ça n’a duré qu’une semaine -en temps de publication- je suis bien content d’avoir écoulé cette partie du buffer et de pouvoir passer à autre chose.


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by DarkoNeko at February 20, 2015 11:27 PM

Gratus

Blocages

Ces derniers jours, des blocages notables ont été réalisés.

Tous commence lors d’une révélation fracassante sur le bulletin des administrateurs : L’un des rédacteurs (hé oui, il y en avait plusieurs) du blog wikirigoler était Suprememangaka, également connu sous le nom de SM (officiellement *SM*).

Vu la transformation de la section en pavé illisible, je vous épargnes les détails pour en arriver aux faits : SM a écrit un tribune sur ce même bulletin (voir) où il demande son blocage indéf. Dès lors, des administrateurs s’empressent de réaliser son souhait comme nous le montre le journal des blocages :

  • 12 février 2015 à 17:07 Starus a rebloqué « *SM*  » – durée : indéfiniment (création de compte interdite) (à sa demande)
  • 12 février 2015 à 16:49 Jules78120 a rebloqué « *SM*  » – durée : indéfiniment (création de compte interdite) (À sa demande. Discussion BA en cours en parallèle.)
  • 12 février 2015 à 16:23 Kilith  a bloqué « *SM*  » – durée : indéfiniment (création de compte interdite) (Compte créé pour vandaliser : morituri te salutant)

Mais SM n’est pas le seul à avoir souffert. Suite à une autre affaire que je n’ai pas suivi, les contributeurs £e p$y £éon, Habertix, Kilith, Coyote du 57 ont déposés (temporairement ?) leurs balais.

Il faut également noter la destitution permanente du statut d’administrateur de Matpib. Il a en effet été contesté et il a souhaité mettre fin à son vote de confirmation (voir).

Mais bon, retournons, si vous le voulez, à nos blocages. En plus de SM, il faut noter le blocage indef de Patrick Rogel. Ce contributeurs avait contourné le topic-ban dont il faisait l’objet en jouant avec les bandeaux {{admissibilité à vérifier}} et {{SI}}.

Il fut une période, pas si lointaine puisque j’étais déjà sur Wikipédia, où PR et SM étaient connus pour leurs clôtures douteuses en suppression des PàS.

 

D’autres évènements Wikipédiens notables sont à signaler :

  • Le topic-ban ou restriction thématique est désormais une règle reconnue par la communauté (voir) suite à une prise de décision que j’ai lancée (voir). La prise de décision impose également quelques limites à cette restriction comme l’obligation pour l’administrateur d’obtenir un consensus de ses pairs, d’indiquer clairement l’espace de nom concerné et la durée de cette dernière.
  • Totodu74 est confirmé dans son statut d’administrateur (voir la consultation)
  • Je possède désormais le statut d’administrateur (j’ai donc reçu un beau balai neuf).
  • 1er  mars : Ouverture de l’édition mars 2015 du Wikiconcours (inscriptions, candidature au jury).

by gratusfr at February 20, 2015 10:13 PM

Darkoneko

Gribouillage 5 : Soldes d’hiver.

0005 menage de printemps

  • Contexte : Bulletin des administrateurs 2015, semaine 8.
  • Visiblement, je ne vais pas arriver à me limiter à 3 gribouilles par semaine pour le moment ^^; le buffer augmente trop vite. Je le paierais probablement le jour ou j’arriverais à court d’inspiration, mais bon.

Classé dans:actualités, Gribouillage, les coulisses de Wikipédia Tagged: bulletin des administrateurs, dessin, humour

by DarkoNeko at February 20, 2015 01:42 AM

February 19, 2015

Darkoneko

Gribouillage 4 et demi : Anonymement votre.

0004 et demi - anonymement votre

Sérieusement, ne faites pas ça (lien 1, lien 2).
Je ne sais pas si l’intention est « noble » ou « troll », mais la méthode est détestable (et retire toute crédibilité à l’intention).

« Gribouillage 4 et demi », parce que j’ai, euh, déjà une liste de gribouillages planifiée jusqu’au n°18, et que je ne vais pas m’amuser à tout renuméroter dès que je veux en intercaler un pour un sujet d’actualité.

 


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by DarkoNeko at February 19, 2015 04:08 PM

Chroniques du wiki

February 18, 2015

Wikimédia France

La cuisine africaine célébrée au cours d’un concours photographique

Nutmeg.  Terrence Coombes. CC BY SA 4.0 Premier prix du concours Wiki Loves Africa 2014

Je suis fière d’annoncer les prix du jury du concours Wiki Loves Africa. Le premier prix est attribué à Terrence Coombes de Tanzanie pour la photo Nutmeg Ready.

Wiki Loves Africa Cuisine : mettre en valeur la culture culinaire africaine

Le concours photographique international, Wiki Loves Africa (voir précédent blogue sur le sujet) s’est déroulé durant les mois d’octobre et de novembre 2014 à travers toute l’Afrique et au-delà. Il portait sur la cuisine au sens large : ce que nous mangeons, comment cela est préparé, à quoi cela ressemble, comment et où se déroulent les repas, et d’une façon générale, comment l’alimentation reflète les diverses cultures de ce continent si complexe. Les images furent téléchargées sur Wikimedia Commons, la médiathèque associée à Wikipedia, afin d’illustrer des articles déjà existant dans Wikipedia ou autres projets Wikimedia, ou pour stimuler la création de nouveaux articles. Les images données sont utilisables librement par tous, sous la licence Creative Commons CC BY SA 4.0.

Le concours Wiki Loves Africa fut co-organisé par Isla (Sud-Africaine) travaillant à l’Africa Centre en Afrique du Sud et par Florence (aka Anthere, française, membre de Wikimedia France). Wiki Loves Africa est financé par la Wikimedia Foundation et la Fondation Orange.

Le concours est devenu une célébration visuelle inédite de l’universalité de la nourriture et de la diversité des pratiques traditionnelles et contemporaines relatives à notre alimentation. Nous sommes fières d’annoncer les photos gagnantes du concours Wiki Loves Africa, sélectionnées par un jury international constitué de Wikimediens, de photographes et de professionnels du monde culinaire.

Accroître le contenu libre sur Wikimedia Commons et augmenter la visibilité des projets Wikimedia en Afrique

Wiki Loves Africa a bénéficié de l’action locale de divers groupes (Wikimedia Chapter, Wikimedia User Group reconnus ou groupes de wikimédiens) sur le terrain en Côte d’Ivoire, Ghana, Egypte, Ethiopie, Malawi, Afrique du Sud, Tunisie, Algérie ou Ouganda. Ces groupes de bénévoles ont organisé divers évènements autour de la thématique du concours. Au total, 27 évènements ont été organisés sur la période de 2 mois pour stimuler la participation au concours et la découverte des projets Wikimedia : trois séances de cuisine ont été organisées pour la plus grande joie des participants, ainsi que des photo-hunts (comme par exemple dans des marchés), des sessions de formation à Wikimedia Commons ou des séances de téléversement collectives. Trois conférences de presse ont également été organisées et ont permis d’obtenir une visibilité dans les médias, ce qui a non seulement stimulé la participation, mais également apporté un éclairage supplémentaire aux projets Wikimedia dans les pays concernés.

 

WLA-contributors-2014.png
WLA-uploads-20141.png

 

Au cours de la compétition, 6 116 images ont été téléversées par 873 contributeurs uniques issus de 49 pays. Les pays ayant montré le plus fort taux de participation sont la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Tunisie, l’Ouganda, l’Égypte, le Maroc et l’Afrique du Sud (ce qui correspond peu ou prou aux pays dans lesquels des équipes de Wikimédiens se sont impliqués). Nous avons également pu nous réjouir de réponses enthousiastes et de bons taux de participation au Nigeria, au Kenya et en Tanzanie, malgré l’absence d’événements locaux dans ces pays.

Les entrées les plus délicieuses…

Les photos téléversées dans le cadre de Wiki Loves Africa ont été étudiées par un jury d’experts constitués de Wikimédiens, de photographes et de professionnels de l’art culinaire. Ce jury incluait Carianne Wilkinson (South Africa), Paul Sika (Côte d’Ivoire), Africa Melane (South Africa), Pierre-Selim Huard (France), Pierre-Yves  Beaudoin (France), Habib M’henni (Tunisie), and Mike Peel (United Kingdom). Après d’amples réflexions, notre jury a porté son choix sur les photos suivantes :

Nutmeg - Terrence Coombes - CC BY SA 4.0 - 1er prix Some Egyptian Grains - Dina Said Eid - CC BY SA 4.0 - 2ème prix Des jeunes filles trient des graines de café dans un marché éthiopien - Natanael Tadele - CC BY SA 4.0 - 3ème prix

Le premier prix est attribué à Terrence Coombes de Tanzanie pour la photo Nutmeg Ready.

Le deuxième prix revient à la photographie Egyptian Grains de Dina Said Eid, d’Egypte.

Le troisième prix récompense Natnael Tadele d’Ethiopia pour la photographie Girls Cleaning Coffee.

Les prix offerts aux gagnants sont :

  • 1er prix : Samsung Galaxy Note 4 + Star Fish : Top 10 Sustainable Fish by Daisy Jones and Lazy Days by Phillipa Cheifitz (un livre publié et offert par Quivertree) + a Wiki Loves Africa t-shirt + version imprimée de la photo gagnante
  • 2e prix : Sony Xperia Z3 Compact + The Karoo Kitchen : Heritage recipes and true stories from the heart of South Africa, by Sydda Essop and The Bo-Kaap Kitchen (publié et offert par Quivertree)  + Wiki Loves Africa t-shirt + version imprimée de la 2ème photo gagnante
  • 3e prix : un bon d’achat Amazon de  US$200 + The Bo-Kaap Kitchen and Lazy Days by Phillipa Cheifitz (publié et offert par Quivertree) + Wiki Loves Africa t-shirt + version imprimée de la 3ème photo gagnante
  • Prix de la Communauté : un bon d’achat Amazon de  US$200 + Wiki Loves Africa t-shirt + version imprimée de la photo gagnante du prix de la Communauté

Votez pour le prix de la Communauté !

Le prix de la Communauté n’a pas encore été finalisé. Le processus de sélection propose à la communauté Wikimedia de choisir leur photographie préférée dans une liste de 20 photos présélectionnées par le jury. Les votes peuvent être soit postés sur une page dédiée sur Wikimedia Commons, soit sur le compte Facebook du concours, soit sur twitter en indiquant dans le message : #communityvote #wikilovesafrica #[la lettre de la photo choisie]. Le vote pour le prix de la communauté sera clos mercredi 25 février 2015 à 24h UTC+1.

Félicitations aux vainqueurs et merci à tous ceux qui ont aidé !

Liens utiles

Le site : www.wikilovesafrica.org

Facebook : www.facebook.com/WikiLovesAfrica

Twitter : https://twitter.com/wikilovesafrica

———-

Propos rédigés par Florence Devouard (membre de Wikimedia France et chef de projet Wiki Loves Africa)

by Anthere at February 18, 2015 07:47 PM

Darkoneko

Gribouillage 4 : manœuvres souterraines.

0004 - manoeuvres souterraines

0004 - manoeuvres souterraines page 2

Pour faire court : LittleTony87 réussit à convaincre les autres arbitres de ne pas renouveler Mmenal.
Maintenant, deux points importants :

  • La mailing list du comité d’arbitrage n’est visible que par les arbitres.
  • Le CAr décide dans un premier temps de s’entretenir avec Mmenal au sujet de la décision en privé, par courriel.

0004 - manoeuvres souterraines page 3

…mais Meodudlye, dans sa joie, n’a pas pu s’empêcher d’aller se payer la tête de Mmenal sur #wikipedia-fr.

 échange exact : 14:00 [Meodudlye] tiens, mmenal n'est pas content que les nouveaux arbitres ne lui fassent pas confiance. L'adolescence, quelle période difficile pour les enfants ! // 14:38 [mmenal] tiens, Meodudlye lit des mails privés O_o

L’échange ayant eu lieu sur un canal public, ça s’est vu, et la communauté n’était pas super contente de la brèche de confidentialité.

0004 - manoeuvres souterraines page 5

Je suppose que les arbitres non plus, d’ailleurs.

0004 - manoeuvres souterraines page 6
Suite à quoi, les arguments concernant les « abus » de Mmenal ont été examinés de beaucoup plus près. Et son status de de Checkuser a été renouvelé.
Tout est bien qui finit bien. Profitez en, ça n’a pas toujours été le cas…

NB : d’une manière intéressante, l’arbitre indélicat a été malgré tout réélu quelques mois plus tard.

  • Merki aux IRCéen(ne)s d’avoir répondu à mes interrogations grammaticales !
  • Woops, j’ai oublié une paire d’yeux sur la 4eme image ^^;
  • J’ai abandonné les bulles pour un style de dialogues visuellement plus proche de celui d’XKCD. Plus simple.
  • Note : la couleur des marionnettes n’est cohérente qu’au sein d’une même page. Le « gris clair » d’une autre page n’est pas forcément la même personne que celui de la page courante.
  • La police de caractères que j’utilise pour les dialogues rend mal les caractères accentués et ça commence à me gonfler.

Classé dans:Gribouillage, les coulisses de Wikipédia Tagged: anticlique, comité d'arbitrage, dessin, humour

by DarkoNeko at February 18, 2015 10:58 AM

February 17, 2015

Darkoneko

Planification des mises à jour


bien le bonjour !

Je profite toujours d’un regain de motivation. Espérons que ça dure :-)

Afin de ne pas vous flooder avec mes gribouillages, j’ai planifié leur publication pour 07H00 (heure française) chaque lundi, mercredi et vendredi.
Les éventuels billets « texte » seront eux, sauf urgence, publiés les autres jours de la semaine.

Je dois admettre que c’est terriblement frustrant de ne pas pouvoir juste poster tout, tout de suite. Le bon côté est que j’ai une réserve de gribouilles, de quoi maintenir mon blog actif ces prochaines semaines.


Classé dans:divers, les coulisses de Wikipédia

by DarkoNeko at February 17, 2015 11:55 AM

February 14, 2015

Darkoneko

Gribouillage 3 : Honnêteté intellectuelle.

Contexte : Bulletin des administrateurs, année 2015, semaine 6

0003

—-

  • Scanné en nuances de gris cette fois ci… au moins les artefacts ne sont plus orange et vert fluo.
  • Toujours des problèmes de rendu des lignes, probablement liés à la précision du scan+réduction de taille sous kolourpaint. Oui, je ne comprend absolument rien à Gimp.
  • 3 lignes de texte, 3 polices de caractères différentes. Pour l’instant, je réserve « Tomson Talks » pour les dialogues… le reste c’est assez aléatoire.

Classé dans:actualités, Gribouillage, les coulisses de Wikipédia Tagged: anticlique, dessin, humour

by DarkoNeko at February 14, 2015 02:38 PM

Les échos d'en bas

Épisode 7 – Pierrots

Wikipédia en français compte 1 590 274 articles, 16 778 contributeurs actifs (85 admins actifs). Brèves du bistro Mardi. Un article sur 8 de Wikipédia concerne le sport, est-ce trop ? ■ Les fans d’Asselineau sont de retour et à surveiller ■ Le sujet délicat du … Continuer la lecture

by Frakir at February 14, 2015 01:25 PM

Darkoneko

Élections stewards 2015

Les élections stewards sont en cours !
Côté francophone, nous comptons Linedwell côté élection, ainsi qu’Elfix et Quentin57 côté confirmation.

J’ai découvert par l’occasion un outil nommé « xWikiness », qui détermine si un utilisateur est principalement concentré sur un projet ou non par un indice d’inégalité. C’était dans un vote contre.

xWikiness1

Hmm… donc 0.8 c’est trop haut, si je comprend bien. Du coup par curiosité, j’ai fait passer l’outil sur mon compte.

xWikiness2

Woops, 94% ! J’ai été steward que pendant 6 ans, hein.


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by DarkoNeko at February 14, 2015 01:10 PM

Gribouillage 2 : cabaleries et ironie.

J'admire l'ironie.

  • Utiliser un scanner plutôt que mon téléphone portable a fait des miracles pour le « bruit » du fond de l’image. Ça ou le programme du scanner à un filtre automatique. Par contre j’ai un paquet d’artefacts bizarres. J’ai sauvé le truc en .bmp, j’espère qu’il s’est pas amusé à me sauver ça en 8bit ce con.
  • tentative de colorisation. J’ai viré le gros des artefacts mais c’est loin d’être parfait.

Classé dans:actualités, Gribouillage, les coulisses de Wikipédia Tagged: anticlique, cabale, dessin, humour

by DarkoNeko at February 14, 2015 11:26 AM

Gribouillage 1 : Le petit théatre du BA.

Contexte : Bulletin des administrateurs, année 2015, semaine 7.

page 1

Oui, c’est supposé être un tentacule. Non, ça n’est pas une représentation d’user:Poulpy


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by DarkoNeko at February 14, 2015 06:13 AM

February 13, 2015

Framablog

Le changement le plus important dans la courte histoire de Wikipédia ?

Rappelant que le pouvoir de transformation est désormais entre les mains de ceux qui codent, c’est la venue prochaine d’une simple modification technique que The Economist n’hésite pas à qualifier de « changement le plus important dans la courte histoire de Wikipédia ».

Il s’agit de la très attendue amélioration de l’interface d’édition des articles de l’encyclopédie qui passera bientôt en mode WYSIWYG (voir tout de suite ici ce que cela donne en avant-première). L’espoir est alors d’abaisser la barrière à l’entrée pour voir arriver de nouveaux contributeurs, au moment même où l’on constate si ce n’est une érosion tout du moins une stagnation de la participation.

Parce qu’il est vrai que lorsque l’on a la curiosité de pousser pour la première fois le bouton « Modifier » d’un article (et de basculer alors dans un autre monde possible), on se retrouve face à un déroutant mélange de texte et de balises complexes à appréhender. Tellement complexes que certains pouvent abandonner avant même d’avoir pu commencer, laissant alors la place aux seuls téméraires, un peu geeks sur les bords, qui ont eux réussi à franchir l’obstacle.

Mais attention, l’opération comporte aussi ses risques. Un afflux massif de nouveaux contributeurs implique d’être capable de les accueillir comme il se doit et d’être patient et tolérant face aux inévitables erreurs commises lors des premières tentatives. Ce sera un test pour le beau et fameux principe wikipédien qui suppose la bonne foi de tous. La démocratisation n’est évidemment pas synonyme de médiocrité mais elle impactera forcément la situation et la culture de ceux qui étaient là avant.

Un peu comme quand Ubuntu a débarqué sans crier gare dans le monde tranquille des distributions GNU/Linux ;-)

Wikipédia Visual Editor

Des changements chez Wikipedia – Voir les choses

Changes at Wikipedia – Seeing things

Babbage – 13 décembre 2011 – The Economist
(Traduction Framalang : Lolo le 13, Goofy, Clochix, e-Jim et Martin)

Wikipédia vient tout juste de révéler la première version de sa nouvelle interface d’édition visuelle. Nous avons vu une avant-première de la nouvelle interface (à tester d’ores et déjà ici) avant qu’elle ne soit mise en ligne et ce ne sera pas exagérer que de dire que ce sera le changement le plus important dans la courte histoire de Wikipédia. L’espoir est qu’éditer l’encyclopédie en ligne avec un éditeur visuel deviendra aussi facile qu’écrire sur son blog ou sur Facebook et ne sera plus réservé à une minorité d’initiés seuls capables de comprendre le chinois des balises du code.

Pour le moment, l’éditeur visuel n’est encore qu’un prototype, ou la démo d’une démo, à la seule intention des développeurs et des testeurs pour le permettre d’apporter les dernière améliorations. Les options sont limitées à l’utilisation de listes préformatées et d’insertion de gras, d’italiques et de liens. Il y a aussi un menu déroulant avec une liste des formats des paragraphes (cf image ci-dessus) qui fait oublier le besoin de marquer explicitement les titres par la balise adéquate. Les utilisateurs avancés ont aussi la possibilité de voir les changements qu’ils opérent dans la wikisyntaxe, le HTML ou le JSON (une sorte de JavaScript allégé). Tout ce qui concerne les images et le reste seront inclus dans les versions ultérieures, avant le début de l’intégration officielle dans Wikipédia prévue en juin 2012. Wikipédia affirme que c’est le projet technique le plus stimulant qu’ils aient pu entreprendre.

Le nouvel éditeur s’avère nécessaire pour une simple et bonne raison : le nombre de contributeurs actifs sur la version anglaise est en déclin après avoir atteint son apogée en 2007. En accord avec le plan annuel 2011-2012 de la Wikimedia Foundation (l’organisation qui fait tourner Wikipédia), « le déclin de la participation est de loin le problème le plus sérieux auquel le projet Wikimedia fait face ». L’éditeur visuel est une « solution évidente » qui fait partie d’un projet de développement de nouvelles fonctionnalités soutenu à hauteur d’un million de dollars. C’est un changement qui était prévu depuis longtemps.

La nuit avant qu’ils créent Wikipedia, le 15 juillet 2001, ni Jimmy Wales ni Larry Sanger n’avait entendu parler d’un wiki. Lorsqu’on présenta l’idée à Sanger, il fut impressionné par sa simplicité, et écrivit qu’il s’agissait du format simple et ouvert ULTIME (les majuscules sont de lui). A cette époque, les wikis semblaient révolutionnaires et ils l’étaient effectivement. Ils représentaient un moyen simple d’éditer et mettre directement en ligne des pages Web en s’affranchissant de la connaissance du code HTML. Le balisage était toujours là mais il avait été fortement simplifié et allégé.

Mais c’était il y a longtemps, bien avant que votre grand-mère ne se crée un compte Facebook. Dix ans plus tard, la population connectée s’est élargie au point d’inclure la plupart des êtres humains (du moins, dans les pays industrialisés) et les internautes se sont de plus en plus habitués aux interfaces graphiques et ergonomiques. Aujourd’hui, le langage wiki semble impénétrable pour la majorité d’entre eux, ou à tout le moins faire l’effort de l’apprendre et le maîtriser ne semble pas valoir le coup. « Lors de la création de Wikipédia, tout était difficile sur Internet. Nous n’étions pas plus compliqués que les autres, bien au contraire. Mais aujourd’hui, la plupart des interactions en ligne sont plus faciles que l’édition d’un article d’un wiki, et cela crée une barrière à l’entrée qui n’est bénéfique à personne », explique Sue Gardner, directrice exécutive de la Fondation Wikimédia.

Imaginons que l’édition de pages Web soit un vaste espace ouvert dans lequel vous pouvez vous promener sans restriction de n’importe quelle direction. Alors Facebook est une ligne de tram, confortable et structurée mais restreignant les destinations possibles de ceux qui l’utilisent. Les wikis sont se situe entre les deux : la liberté de se déplacer est potentiellement là mais elle demande un apprentissage et une expérience pour pouvoir en jouir pleinement. Vous pouvez vous les réprésenter comme un réseau de sentiers et des pistes cyclables sur lesquels votre itinéraires dépend des besoins spécifiques de votre voyage. La syntaxe wiki prenait pour acquis que les utilisateurs connaissaient peu ou prou la configuration du terrain. La mise en place d’un éditeur visuel revient alors à distribuer des cartes à l’entrée.

La Fondation espère que cela va amener une nouvelle vague de contributeurs, dont « le succès du projet dépend entièrement ». Attention cependant car ce progrès a ses pièges. La dernière arrivée massive, en 2006-07, n’a pas été forcément bien traitée par les anciens contributeurs, qui n’ont pas pu, su ou voulu gérer cette arrivée soudaine. Incapables d’aider ou d’orienter correctement ces nouveaux éditeurs que Mme Gardner qualifie de « bien intentionnés mais nuls », ils ont érigé des barrières sous la forme de bannières d’avertissement et de réponses automatiques.

Cette fois-ci, la Fondation va faire les choses différemment. Comme pour l’édition des articles, les contributeurs n’auront plus besoin de connaître de codes secrets pour distribuer des « wikilove », ces médailles virtuelles qui félicitent les contributeurs pour la qualité de leur travail. Un nouvel outil rendra également plus simple la distribution d’étoiles et de badges, qui sont un moyen d’encourager les nouvelles recrues. Difficile de prédire si cela sera suffisant. Mais si les choses de déroulent bien, les fameux pionniers, vieux éditeurs grognons de Wikipédia, auront à nouveau du pain sur la planche.

by alexis at February 13, 2015 03:46 PM

Darkoneko

De retour

Bon, je suis motivé pour poster 2/3 trucs.

En plus de mes billets « normaux », je crains que vous ne dussiez en prime supporter mes gribouillages :)


Classé dans:les coulisses de Wikipédia

by DarkoNeko at February 13, 2015 03:57 AM

February 12, 2015

Chroniques du wiki

February 11, 2015

User:Letartean

Pierrotleaks: Bris de confiance

Ça y’est, le voile semble le levé, on sait maintenant qui se cachait derrière le fameux blogueur Pierrot. Les recherches d’Akéron couplées au décryptage du dernier billet du site ont permis de faire sortir le chat de son sac: plusieurs … Continuer la lecture

by letartean at February 11, 2015 03:18 PM

Pierrot le chroniqueur

J'étais un des Pierrots [par LittleTony87]

Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures, et celle-ci n'a que trop duré. Lorsque nous avons codé les noms des différents protagonistes de l'affaire dans ce qui devait être le dernier billet du blog (bravo SM pour ce travail de cryptographie, d'ailleurs), je ne pensais, certes, pas que le code serait aisément brisé. Et effectivement, il ne l'a été que par une personne avant que des méthodes plus originales n'apportent des résultats partiels. Malgré tout, je m'étais promis de donner, alors, des explications à qui les demanderait. Vu l'issue de l'affaire et la révélation prenant une bien plus grande ampleur que ce qu'on aurait pu attendre, autant réveiller ce blog une dernière fois pour vous offrir un retour en arrière sur le sujet.

Quelques notes introductives

Bref, je vais revenir ici sur mon parcours "de Pierrot" : ce que je dirai n'engage que moi, et je tenterai au minimum de parler pour les autres. À eux de voir ce qu'ils veulent dire, taire : pour la plupart, l'aventure est de toute façon terminée depuis longtemps. Moi même, j'ai d'ores et déjà, et depuis la fin de l'été, pris des distances avec Wikipédia pour de nombreuses raisons, assez peu liées à ce blog ou aux divers conflits. Ce billet ne vise donc pas à préserver un quelconque "avenir Wikipédien" ou une réputation... Juste à fournir des clés de compréhension à ceux qui m'ont accordé leur confiance. Libre à chacun, ensuite, d'y accorder le crédit qu'il souhaitera.

Il faut, pour comprendre tout cela, remonter il y a assez longtemps. Lorsque je me suis inscrit sur Wikipédia en février 2009, j'étais bien entendu loin de me douter des nombreuses ramifications de ce gigantesque réseau : que l'on parle de clans ou juste d'affinités et d'inimitiés, les faits sont là, et le récent vote sur Toto le prouve encore : les clivages sont fréquents, et ne découlent pas de tel ou tel mouton noir comme voudraient le croire certains. Je les comprends, cependant : attribuer la faute à un individu, qu'il soit Rogel ou SM, Grimlock avant eux, et qui d'autre encore, évite de réfléchir aux nombreuses structures et réseaux plus ou moins informels et inconscients qui régissent toute relation humaine. En cela, je les rapproche de tous ces jeunes qui, par facilité, préfèrent tout attribuer au complot judéo-islamo-maçonniquo-illuminati car ils ne comprennent pas les réels rouages de l'ensemble.

En 2010, je me suis assez naïvement confronté à Alithia, et c'était, je dois le dire, assez rigolo (pour ceux qui ne connaissent pas ce torchon qui, à l'occasion, reprend ses élucubrations mais de façon beaucoup moins poussée, c'est ici. Pensez aux gants.). Face à des gens de mauvaise foi, j'ai tendance à beaucoup rire quand je prends des coups, et les choses auraient pu durer très longtemps. C'est à cette occasion que j'ai découvert le blog de Pierrot. Je ne sais pas qui en était alors le principal rédacteur, mais je tablerais sur Grimlock, avec un SM en puissance montante. Chose particulièrement drôle, je trouvais là bas du soutien, alors que j'étais sur Wikipédia en radical désaccord avec les positions de Grimlock et de SM. Et, comme l'homme est impulsif, j'avais même par moments tendance à souhaiter le bannissement de ce SM qu'on voyait souvent en PàS. Pourquoi ? Principalement parce qu'il n'était pas de mon avis. Oui, il faut être lucide : la plupart de ceux qui souhaitent dégager SM aujourd'hui le souhaitent pour les mêmes raisons que moi hier : une divergence d'opinion qu'il est plus facile de régler en supprimant la pensée "adverse".

En cela, l'intervention de Serein sur le BA cet après-midi est intéressante : elle parle d'attaque en désignant un billet de Pierrot (que je dirais écrit par SM, sans pouvoir le certifier à 100% ; il est aussi possible que Grimlock ait encore été actif ponctuellement à l'époque), mais un examen du billet ne révèle en réalité aucune attaque : juste des critiques, étayées par une argumentation, et qui mériteraient de se voir répondre une autre argumentation. En les ramenant (probablement en toute sincérité : j'ai personnellement toujours eu confiance dans la bonne foi de Serein avec qui mes rares rapports ne furent jamais houleux) à de simples attaques, on nie l'idée même que la pensée adverse puisse être motivée par autre chose que la malveillance. Et malheureusement, ce comportement s'est retrouvé, tant chez ceux que Pierrot dénonçait comme "Clique" que chez certains de "l'anticlique"... et même parfois chez une partie des Pierrots. Cette tendance à refuser de concevoir que l'Autre puisse nous critiquer de bonne foi est probablement humaine, et se retrouve ainsi chez la quasi totalité des Wikipédiens, moi compris... Et c'est certainement sur elle que je ferais reposer la grande majorité des conflits. En aucun cas sur une personne, car, avant de dénoncer en SM le mal absolu sur Wikipédia, on a pu attaquer Meodudlye, Grimlock, et qui d'autre avant eux ! Nul doute que, SM banni, d'autres prendraient la relève, car les idées survivent toujours à ceux qui les portent.

Vers l'anticlique, et au delà

Nous voici donc en septembre 2011. Cela fait alors quelques six mois que je suis administrateur, après un vote qui m'a principalement permis de voir que 1. je n'ai pas (encore) d'ennemis sur Wikipédia ; 2. mes contributions sur le main sont reconnues et appréciées. Mes outils, je les utilise comme je l'avais annoncé, pour aider quand je le peux, c'est-à-dire en supprimant une page vandalisme par ci, un copyvio par là. Je n'ai jamais émis l'idée de devenir "administrateur à plein temps", la maintenance étant pour moi une tâche secondaire par rapport à la rédaction (j'entends secondaire dans ma pratique, et non dans son importance globale pour le projet !). Or, en ce jour de septembre me prend la mauvaise idée de regarder les RA. J'y découvre alors que lgd est au centre d'une requête pour abus de ses outils d'administrateurs (protection de sa propre page de discussion pour refuser de dialoguer avec certains contributeurs qu'il qualifie de trolls). Nous sommes alors plusieurs administrateurs récents (une vague d'élections était survenue au printemps 2011 à l'appel d'Esprit Fugace) à être gênés par cette façon de se faire justice soi-même. Nous ne nous connaissons alors pas, mais nous nous prenons à avoir le même avis : lgd mérite un petit rappel à l'ordre. Pas même un blocage, juste une tape sur les doigts. "Comment !" s'insurgent certains administrateurs débarqués pour l'occasion après des périodes d'inactivité plus ou moins forte, "hors de question de bloquer lgd" (de blocage, il n'avait pas été question), "vous voulez le chaos" et autres critiques du genre. J'avais alors raconté tout cela dans ce billet qui, étrangement, avait donné à mon blog une certaine notoriété.

Il faut replacer les choses dans leur contexte : si aujourd'hui, lgd est un utilisateur multi-banni et ne trouve plus le soutien de quiconque sur Wikipédia, il était à l'époque fermement soutenu par un collectif d'administrateurs (dont pas mal, d'ailleurs, me semblent désormais avoir disparu de la circulation). La chose était vite montée en épingle, en RA, sur le BA... Alors qu'à l'origine, il ne s'agissait '''que''' d'une demande de rappel à l'ordre. J'étais sidéré. Sidéré aussi parce que, d'un coup, des gens qui avaient jusque là reconnu mes qualités rédactionnelles se permettaient de me dépeindre comme une sorte d'adolescent utilisant Wikipédia comme un vulgaire meuporg ; comme si, par cette simple prise de position, tous mes apports à l'encyclopédie s'étaient évanouis. Autant les critiques venues d'Alithia m'avaient fait rire, autant celles de gens qui étaient supposés vouloir l'amélioration de l'encyclopédie me fichaient sacrément le bourdon.

Dans le même ordre d'idée, j'eus la présence d'esprit de faire un billet de blog où je mentionnais, parmi les causes des tensions régissant parfois Wikipédia, la position de Wikimédia France. À aucun moment je ne prenais parti sur la question : et pour cause, je n'avais strictement rien à reprocher à WMFr, et je précisais même ne pas comprendre pourquoi elle était la cible de conflits ! Comment aurais-je pu me faire l'écho de critiques, et plus encore, d'attaques, à son sujet ! Je me contentais de dire que le sujet était source d'engueulades. Que n'ai-je pris : certains contributeurs étroitement liés à l'association ont alors pu écrire à mon sujet, sur Twitter et donc publiquement, des choses aussi agréables que "j'arrête de supposer la bonne foi, il est simplement con", et je ne parle pas des volées de critiques suscitées par le billet. Et le pire, c'est que ces critiques venaient de gens que je jugeais jusque là sympathiques.

Et à l'opposé, une personne comme SM, que j'avais toujours jugé antipathique car nous n'avions pas les mêmes idées, s'ouvrait au débat, était capable de discuter, et de ne pas me cracher à la figure lorsque nos avis ne concordaient pas (ce qui arrivait assez souvent, d'ailleurs). D'autres ont fait le même chemin : les jeunes admins du moment, Frakir, Kelam, Coyote... Nous avons parlé sur Twitter, manifesté notre gêne, puis sommes passés sur le canal liveRC, et finalement sur le fameux "anticlique" qui a beaucoup fait parler pour pas grand chose, car les discussions étaient du même tonneau que ce qu'elles étaient sur Twitter, le canal des patrouilleurs, ou même sur Wikipédia : quelques débats sur Wikipédia, avec les mêmes avis souvent divergents, quelques moments de discussion autour des événements du moment. Sebleouf a bien retranscrit cette ambiance dans son post sur le BA, mais il oublie cependant de préciser que les "appels aux votes" consistaient généralement en quelqu'un qui balançait le lien en disant "vous avez vu ça ?" et suscitait généralement des réactions diverses. Tout comme il convient de préciser que souvent, notamment lorsqu'il l'était par SM, le lien était également balancé sur des canaux beaucoup moins "sécurisés" comme LiveRC : on a vu mieux, comme groupe occulte. Mais surtout, c'était beaucoup de parlotte amicale sur des sujets qui n'avaient aucun rapport. D'ailleurs, généralement, le chan sommeillait principalement pour n'être troublé que par les "bonjour" et "au revoir" des uns et des autres. Des insultes ? Pas plus que ce que j'ai pu voir ailleurs, malheureusement : certes, certains contributeurs avaient le don de recourir à un langage plus que fleuri (et bizarrement, il s'agissait souvent des mêmes qui se le voyaient reprocher ailleurs ; Meodudlye, si tu m'entends...), mais globalement, le simple fait de signaler que par diverses engueulades, certains des "membres" du canal ne s'adressaient pas la parole suffit à remettre les choses en place. Plus exactement, l'appartenance à la "sphère anticlique", au "groupe Pierrot" ou même au chan des patrouilleurs, puisqu'il semblerait pour certains que ce soit l'antre du démon, ne suffit pas à inclure dans un quelconque complot car, même au sein de ces ensembles, résident de très importantes divergences d'opinion.

Mais surtout : qu'aurions nous eu à cacher ? Tout le monde savait déjà que nous avions régulièrement des avis identiques dans bien des situations (notamment, assez vite, au sujet des abus du CAr, j'y reviendrai) : c'est justement parce que nous avions des avis similaires que nous nous étions mis à discuter, et pas le contraire : nous ne discutions pas pour avoir des avis identiques. En cela, si un canal pouvait être un moyen de réfléchir et de partager des idées, il ne fut jamais un réel canal d'action : il y avait bien trop de divergences (et parfois même d'hostilité ouverte) entre les membres pour des actions véritablement concertées, en eût-on réellement eu envie, et quiconque tentait de mobiliser pour une action recevait généralement des refus plus ou moins polis.

En avions nous besoin, d'ailleurs ? Certains abus d'administrateurs sautaient aux yeux, et la procédure de contestation a été adoptée rapidement (et, préparez vous au scoop, certains des plus imposants pilliers d'anticliques y étaient aussi fermement opposés et voyaient dans cette procédure la fin de l'activité d'administrateurs-patrouilleurs face à des vandales qui, désormais, pourraient contester facilement). La principale contestation qui aboutit (serait-ce d'ailleurs la seule ?), celle de Moez, ne nécessita d'ailleurs aucun appel au vote : les faits étaient là, et suffisants pour convaincre bon nombre de gens qui n'étaient affiliés à aucun "canal secret" ou autre.

Reste le cas de la fameuse élection "truquée" du CAr 16. Critique assez étonnante, d'ailleurs, replaçons nous donc dans son contexte. Je n'étais toujours pas Pierrot, à l'époque, mais pour tous, le souvenir de l'élection du 15e CAr était vif : une élection où nombre de votants, des deux côtés, étaient de façon évidente des "zombies" ; des contributeurs réveillés pour l'occasion du vote. Chaque fois qu'un vote "contre" apparaissait, chaque fois qu'un candidat proche de l'ancien comité était sur la ligne grise, quelques uns de ces comptes dormants étaient entrés en action, entraînant la réponse d'autres comptes dormants en face... Bref, l'élection avait été sale, sous tous points de vue.

La réponse à apporter était logique : puisque les comptes dormants n'intervenaient qu'en cas de danger (après tout, leur usage était également risqué pour la légitimité du CAr, ils n'étaient qu'un dernier recours), certains n'avaient qu'à attendre la fin pour voter, empêchant tout appel à des morts vivants en réponse. Il n'y a pas eu de consigne claire ou d'organisation précise : non. Certains ont juste supposé que voter à la fin serait le meilleur moyen d'éviter les comptes "opportunistes". En fait, il s'agissait de répondre à la mauvaise foi par la mauvaise foi, un peu comme lorsque les députés PS avaient répondu par un pied de nez à l’absentéisme de la majorité UMP en se cachant derrière un rideau pour ne surgir qu'au moment du vote. Il n'y avait rien de répréhensible en soi, ou plus exactement, il s'agissait d'une manipulation en réponse à une manipulation.

Un gede dégoûté d'avoir été victime de cette mystification s'est d'ailleurs emporté le lendemain en avouant sur le bistro que si nos votes étaient arrivés plus tôt, d'autres auraient pu voter "pour" en réponse, preuve que des "unités de cavalerie" étaient bien prêtes à intervenir en cas de danger. Preuve que des comptes dormants, inintéressés à la base par les élections (sans quoi ils auraient voté au premier abord) étaient mobilisables en cas de danger apparent. Dénoncer le vote tardif, c'est donc reconnaître que, si ce retard a joué sur le résultat, alors il restait des forces mobilisables, alors, des renforts auraient pu être appelés. Et '''nous''' sommes accusés de manipulation ? J'ai, depuis, eu accès par ailleurs à certaines sources prouvant que les appels à voter pour sauver le CAr durant les 15e élections avaient été totalement assumés en interne par leurs auteurs. Je ne donnerai pas de nom, pas de date. Tout arbitre en fonction en ce moment où à l'avenir sera libre de le vérifier s'il en a la curiosité.

Voici, pour les reproches de collusion. Comme je le disais plus haut, il est facile d'imaginer "l'ennemi" organisé, préparant ses plans d'action de façon malhonnête et concertée. Il est plus difficile de comprendre les mécanismes qui conduisent plusieurs personnes à avoir le même avis. En l'occurence, je le dis clairement, je pense par mon expérience que ceux qui ont répondu à nos réflexions par l'attaque ont été le principal trait qui nous a un tant soit peu unis.

Pierrot démasqué

À l'époque, le grand sujet de discussion sur Anticlique était en fait un sujet assez commun : qui pouvait bien être Pierrot. Bien entendu, à l'instar du coupable dans les Dix Petits nègres, SM s'était improvisé chef informel de l'enquête et s'amusait à nous envoyer vers de fausses pistes. Fabrice Ferrer, excuse moi, je t'ai fort longtemps soupçonné. Puis un soir, pour des raisons qui lui sont certainement propres, SM m'a révélé la vérité. Nous devions être au printemps 2012. J'étais scié, et pourtant, les pièces s'imbriquaient : SM avait toujours été un candidat potentiel, mais sa "date de naissance" Wikipédienne ne collait pas. L'ajout de plusieurs autres identités, en particulier Grimlock, résolvait le problème de la durée. Je restais néanmoins assez sidéré de l'identité du principal Pierrot jusque vers 2011 : Grimlock. Moi qui avais souvent trouvé le bonhomme trop brut de décoffrage et bien éloigné de ma façon de penser, j'étais sidéré de découvrir qu'il était aussi le sympathique Pierrot avec qui j'avais échangé... Et avec qui je tombais d'accord. Je compatis donc fortement envers tous les lecteurs assidus du présent blog qui ont adhéré aux propos de Pierrot sans pouvoir saquer ceux qui l'incarnaient : la découverte peut effectivement surprendre.

Passé cela, je compris le fonctionnement du blog : recherche du consensus avant la publication d'un billet (certes, tous les Pierrots sont difficilement mobilisables, ce ne furent donc que généralement les plus actifs qui donnaient leur aval : Serein [si l'on suppose effectivement comme le veut le mythe fondateur du blog qu'elle en ait fait partie dans les temps préhistoriques : sur ce point, j'ai du croire les anciens sur parole], Chaps the Idol et Meodudlye, par exemple, n'ont jamais dit un mot au sujet des billets que j'écrivais), quelques règles d'uniformité (jamais d'attaque ad hominem, critiquer les actes, jamais les personnes elles mêmes ; quelques conventions stylistiques), ainsi que d'autres d'usage ; notamment (pour des raisons éthiques évidentes) ne pas répondre sous son identité wikipédienne à des billets dont on est le principal auteur. C'est en tout cas une règle à laquelle je me suis personnellement conformé (d'où mes commentaires moins nombreux depuis 2012).

J'ajoute enfin une note à l'attention de ceux qui ont fouillé avec ardeur les entrailles du site pour retrouver diverses IP : dans la mesure où je faisais transiter mes billets par SM (déjà pour une uniformisation stylistique et relecture, mais surtout par peur de faire une fausse manip qui révèlerait le pot au rose... ah, et par flemme de faire la mise en page moi-même, aussi), tous ceux que j'ai écrits sont associés à son adresse IP... D'où une apparente SMisation des derniers temps du blog, qui ont été passés au crible, d'autant que je soupçonne certains autres auteurs d'avoir fait de même (je vais d'ailleurs tenter de publier moi-même ce billet : amis pirates, vous aurez ainsi mon IP. :D )

L'écriture se faisait donc de façon assez simple : si un de nous avait une idée, billet de fond ou d'actualité chroniquienne (ce qui était le moins intéressant à traiter), il lui suffisait de l'ébaucher, d'en parler aux autres, et le billet était soit amendé, soit envoyé tel quel. Beaucoup étaient donc le fruit d'une réflexion collective, ce qui fait que Pierrot est effectivement une personnalité propre, mélange de nos différents modes de pensée : moins tranché que SM sur les DRP, plus impliqué que moi vis-à-vis de WMFr, par exemple ; plus enthousiaste, bien plus, que SM concernant les labels... L'ensemble n'était pas malhonnête, comme j'ai pu le lire, ou ne cherchait pas à manipuler, puisqu'il y avait réelle discussion de ces points. Lorsque, par exemple, un billet critiquait SM pour une outrance, c'était à la suite d'une discussion où il lui avait été clairement affirmé qu'il était allé trop loin. Le fait qu'une partie des Pierrots ait été beaucoup plus modérée que lui (en particulier à mon époque) jouait, et, généralement, il acceptait la critique de bonne grâce.

Quels billets ai-je écrits ? Eh bien pour tout dire, je n'en ai foutrement plus la moindre idée : je les ai remontés à la recherche de quelques uns, et ai retrouvé ce récent billet sur les labels, sujet qui m'était cher (en l'occurrence, j'avais d'ailleurs dû enfreindre la règle du "ne réponds pas à ce que tu as écrit" pour pouvoir adresser à Théoliane une réponse s'appuyant sur un élément lié à mon vécu, que je ne pouvais attribuer à Pierrot, qui, d'ailleurs, n'a jamais été "incarné" par moi dans les commentaires, pour les raisons techniques citées plus haut). Parmi les plus anciens, difficile de retrouver ce que j'ai moi-même écrit, ou juste relu. N'en ayant pas gardé de traces dans mon PC, c'est un pan de recherche que je laisse à chacun, qui sait, l'étude des différents styles permettra peut-être des hypothèses !


Et les conflits d'intérêt, dans tout ça ?

On en arrive au point central, le fait que des Pierrots aient été admins, CU, arbitre, et les problèmes que cela pourrait impliquer. Je comprends tout à fait que certains puissent y voir une tromperie. Pour ce qui est des admins, cela implique en réalité assez peu de choses, en fait : après tout, Pierrot avait toujours dit l'être, il me semble, sans que cela choque réellement. Et le fait est qu'il l'était... en partie (le dur problème de la schizophrénie bloguesque). CU, Schlum ne l'a été que sur la fin d'activité du blog, à l'époque où celui-ci s'éteignait de lui-même. Quelles informations aurait-il effectivement pu communiquer ? Pas plus qu'il n'en aurait communiqué à des personnes hors Pierrot, je suppose ; en tout cas, je n'en ai eu aucun écho. Plus encore, comme cela a été répété sur le bistro récemment suite aux interrogations de Pic-Sou, tout mésusage des outils de CU est aussitôt visible par les collègues. Ceux-ci étant, pour certains, clairement sur une ligne différente de celle de Pierrot, ils n'auraient manqué de signaler tout mésusage ou toute pression.

Il en va de même du côté du CAr, où tous les échanges en interne se font sur une mailing list accessible à tous les arbitres en fonction, et futurs. Tous les mails échangés entre les arbitres durant mon mandat, mais aussi durant les précédents CAr sont donc consultables par tout nouvel élu qui serait désireux de vérifier qu'il n'y eut pas, alors, de débordement, ni même avant. Sur la période qui pourrait vous intéresser à mon sujet, cependant, et contrairement aux époques précédentes, tous pourront confirmer que nous avons fait en sorte d'échanger au maximum en public, la mailing list ne devenant plus qu'un lieu de rappels de deadline de type "bon, vous foutez quoi, faudrait qu'on avance". S'il y eut de lourds secrets concernant le fonctionnement du CAr, ce n'est donc pas à cette époque qu'il faut chercher. Je remercie au passage Cangadoba pour avoir confirmé publiquement ce fait.

Quand bien même, d'ailleurs, cela n'a vraisemblablement pas beaucoup servi Pierrot, qui n'a jamais disposé d'accès à toutes les informations croustillantes auxquelles j'aurais pu accéder. Pourtant, quel ajout cela aurait pu être pour la ligne éditoriale du blog ! Pensez : quel qu'ait pu être l'intérêt des échanges qui se seraient tenus durant les précédents comités comme durant ceux où j'étais impliqué, un rédacteur doué aurait pu les monter en sauce pour préparer un véritable scoop. Pourtant, je n'ai, à aucun moment, transmis aucune des informations confidentielles qui ont pu me parvenir par mon mandat d'arbitre. Par éthique, d'une part, mais aussi parce que de toute façon, au moins un des Pierrots, certes très peu actif (en tant que Pierrot) ne m'inspirait strictement aucune confiance.

De même, ma fonction d'arbitre ne fut pas influencée par mon rôle de plume pour une raison simple : les arbitrages dans lesquels j'ai été impliqués n'avaient rien de "politique", comme pouvait l'être celui impliquant Patrick Rogel. Sur les trois arbitrages que j'ai traités, l'un s'est conclu par un bannissement car l'arbitré avait littéralement pété un plomb ; et les deux autres mettaient en scène un schéma similaire : deux fortes personnalités se croisant régulièrement sur un projet où elles ont des compétences communes, l'une se sentant traquée et se mettant elle-même à traquer l'autre. Cela se produisit au sein de deux projets différents, avec deux contributeurs différents. À chaque fois, les torts étaient partagés (quoi qu'inégalement) et les sanctions le furent aussi. L'un des deux arbitrages ne posait logiquement pas de souci, aucun des contributeurs n'étant une "personnalité". L'autre, beaucoup plus.

Mes collègues arbitres le diront peut-être : notre but (car la décision fut collective et la réflexion intégralement publique) était d'aboutir à une décision ne privant le projet d'aucun des contributeurs compétents impliqués tant qu'ils mettraient de la bonne volonté. Il s'agissait donc de mettre des garde-fous, sans pour autant sanctionner bêtement. Et ainsi fut fait : Meodudlye ayant vraisemblablement pris des distances avec le projet, la décision n'a de toute façon pas eu de conséquences néfastes pour les "victimes" supposées, si ce n'est les priver d'une vengeance qu'elles semblent encore désirer, plusieurs mois plus tard. Ce n'était pas ma conception de la justice wikipédienne, et cela ne l'aurait été en aucune situation puisque je me suis toujours essayé à chercher les meilleures solutions pour éliminer une nuisance (et les attaques répétées de Meodudlye l'étaient) sans faire pour autant partir un bienfait (et les 71% de contributions de Meodudlye dans le "main" en sont certainement un en grande majorité). Cela me permet de rebondir sur mon dernier point.

Pourquoi, de toute façon, j'ai pris des vacances

Déjà, en 2012-2013, une crise de foi m'avait pris, en témoigne le massif creux dans mes contributions. Depuis cet été, il en va de même, après un début 2014 qui avait été ma période la plus productive en termes d'articles. Car pour des gens qui écrivent une encyclopédie, nous parlons bien peu du fond. Et c'était l'avantage de Pierrot : il posait aussi des questions de fond (même si, étrangement et à notre grand dam, ces billets faisaient bien moins d'audimat que les billets potentiellement trollesques). Lorsquej'ai été élu admin début 2011, on me connaissait globalement pour pondre à la chaîne des AdQ et BA alternant entre paquebots et Beatles, et la plupart des votes un peu justifiés mentionnent ce fait. Deux ans plus tard, lorsque je me présentai comme arbitre, ce n'était plus ce qui ressortait, seules mes opinions et amitiés comptaient désormais. Je n'étais plus LittleTony87, contributeur sur des sujets dont tout le monde se fout mais qui fait du bon boulot ;j'étais "l'homme d'un réseau". Guère plus.

Pourtant, mon activité n'avait pas cessé : même durant les plus grosses périodes de tension, je suis resté abonné aux Wikiconcours, désébauchant les articles par dizaines à chaque fois, essayant d'en labelliser régulièrement... Que l'on n'aime pas mes idées n'empêchera pas que j'ai apporté, durant toute ma carrière Wikipédienne, énormément de fond. La différence est que ce fond ne créait mon identité que tant que je fermais ma gueule. Une fois celle-ci ouverte, ne comptaient plus que mes opinions, les contributions passant à l'arrière plan.

Que l'on ne croie pas que je cherche à me victimiser : ce sentiment est une impression générale, transposable à bien d'autres contributeurs. Dans les discours des uns comme des autres, l'autre est vu à travers le prisme de ses prises de position, de sa façon de dialoguer, de ses défauts... mais que très rarement pour son activité dans l'espace principal, qu'il s'agisse de maintenance, d'écriture d'articles, de relecture... Et cela, plus que le reste, est véritablement déplorable. Car ce discours se retrouve dans la bouche de la plupart des gens plus ou moins unis dans des "groupes de pensée" (terme surement plus adapté que "clan", bien que moins vendeur), et il est souvent inconscient.

Mes contributions ont-elles perdu tout intérêt lorsque je me suis engagé contre les abus du CAr avant sa réforme ? Les purges d'historique anti-copyvio de Lomita ont-elles totalement perdu leur légitimité parce que celle-ci est trop suppressionniste au goût de certains ? Devrais-je, parce que j'ai été en désaccord par le passé avec Akeron, lui nier tout droit à être CU alors qu'il est probablement un des utilisateurs de Wikipédia les plus compétents pour cette fonction ? Les exemples de ce type de réflexion bushienne ("either you're with us, or you're with the terrorists"), répandus, je le répète, de tous les côtés et, à divers degrés, dans chacun d'entre nous, sont la cause principale de la mauvaise ambiance de Wikipédia. Comprendre et annuler ce schéma mental est un travail que nous devrions tous faire, pour apprendre à nous forcer (car il s'agit bien, au départ du moins, de se forcer) à retrouver les qualités de ceux que nous ne pouvons basiquement pas blairer pour ses idées. Bien entendu, c'est plus compliqué que de demander son bannissement. Plus gratifiant, malgré tout. Mais si je me tire, c'est, outre bien des raisons personnelles, parce que peu semblent vouloir se décider à faire ce putain de travail.


Les leçons du blog

Avec mon couplet du "on est tous des gros cons incapables de voir le bon dans nos ennemis, aimons nous les uns les autres" et ainsi de suite, je vais donc passer pour le neuneu idéaliste de service. Soit, après tout, Desproges disait que "l'ennemi est bête, il croit que c'est nous l'ennemi alors que c'est lui", et cela résume finalement les rapports entre "cliqueux" et "anticliqueux". Car que ces groupes soient formels ou non (et c'est généralement le "non" qui domine), ils se forment, autour de questions comme le CAr, comme la contestation de certains admins, et leur existence saute malgré tout aux yeux. Plus qu'aux partis politiques monolithiques de la Ve République, ces "clans" s'apparentent aux courants du XIXe siècle, époque où il était facile de changer régulièrement de mode de pensée, d'obédience et où appartenir à un "parti" n'était pas affaire d'encartage, mais juste de façon de penser.

Vous me trouvez peut-être idéaliste, avec ce côté "cherchez le bon dans votre ennemi, arrêtez de ne voir que ce que vous n'aimez pas"... Mais l'expérience Pierrot fut exactement ça, même si, j'en suis convaincu, ce n'était pas l'intention de ses principaux artisans (je peine à imaginer, en effet, Grimlock, SM ou Meodudlye adhérant à cette pensée). Car Pierrot est l'exemple clair et simple que vous, ami lecteur, pouvez voir celui qui vous parle d'une façon tout à fait différente si vous ne connaissez pas son nom.

Qui était Pierrot ? Vous avez été nombreux à vous prendre au jeu, à faire vos suppositions, et en un sens, nombreux aussi à préférer ne pas le savoir. Car au fond, il y avait de ça aussi : votre principale crainte était là. Et si Pierrot avait été un de ces sales cons que vous conchiez. Et si celui que vous venez de féliciter pour sa brillante analyse sur son blog était le même dont vous venez de demander le bannissement sur Wikipédia ? Qui, de tous, se sentirait le plus con ?

Eh bien voila la vérité : que vous ayez apprécié ou détesté Pierrot, vous l'avez apprécié ou détesté pour ses écrits, ses avis argumentés, et vous l'avez suivi dans ce but. Pierrot, contrairement à ce que j'ai lu par ci ou par là, n'a jamais injurié ou diffamé. Il a critiqué, parfois avec un peu d'ironie, des comportements qui nous amusaient, nous énervaient, nous attristaient. Bref, il a donné des opinions, mais ne s'en est jamais pris, à ma connaissance, aux personnes elles-mêmes. Pierrot n'était pas Alithia, qui prenait un malin plaisir à humilier et insulter (un de ces billets où "elle" se plaisait ainsi à dénigrer l'apparence physique de Wikipédiennes, l'air de dire "c'est pas le dessus du panier", notamment, m'avait particulièrement ulcéré) ; il n'était pas non plus Wikibuster et, surtout, il n'était pas de ces blogs orduriers qui battent le décompte du point Godwin en qualifiant ceux qu'ils n'aiment pas de nazis à tout bout de champ, photos et légendes pseudo-humoristiques à l'appui.

Pour bien des raisons, cet anonymat collectif fut sûrement une erreur : d'une certaine manière, Pierrot n'était bon que lorsque nul ne savait qui il était et je comprends parfaitement les réactions de suspicion que la révélation peut engendrer. Reste que, malgré tout, l'expérience fut globalement positive, ne serait-ce que parce qu'elle me permit de faire passer quelques idées sans me faire traiter de connard en retour. Chose qu'il est toujours bon de prendre, non ?


Et pour vous troller une dernière fois

Si vous avez tenu jusqu'au bout, félicitations. C'est bientôt fini, désormais. La clé de voute de ma pensée vis-à-vis de Wikipédia a toujours été de faire passer la qualité avant tout et c'est, en un sens, parce que je crains que ce combat pour la qualité ne soit peine perdue (face à l'usure du temps, le vandalisme etc.) que je m'en vais, bien plus que pour les combats de coqs.

Il est vrai que je pourrais parler plus longtemps de toutes les questions qui font que, d'un point de vue purement éditorial, je m'éloigne depuis six mois de Wikipédia et que je crains que l'encyclopédie, si elle a atteint un stade de profonde maturité sur la diversité du contenu, n'arrivera probablement jamais en revanche à atteindre un niveau de profondeur aussi mature. Le problème, c'est qu'en réalité, vous n'en auriez rien à foutre.

Car il faut être lucide : j'ai beau entendre ceux qui clament chaque fois que les choses dégénèrent qu'il faut "retourner à l'encyclopédie" et que "mais tout le monde s'en fout, de ces histoires de clans/qui est Pierrot" etc., il n'empêche que le BA de cette semaine révélant notre multiple identité va probablement exploser tous les compteurs de consultation, sinon d'édition. Que les deux billets sur les clans, tant honnis, sont ceux qui ont été de toute l'histoire du blog les plus consultés tandis que chaque billet traitant du fond ne recevait qu'une attention très polie (comprendre "était lu par quelqu'un à l'occasion"). Enfin, il n'empêche que, même si tout le monde se fout de savoir qui est Pierrot, le nombre de visites sur ce blog a été multiplié par huit depuis la révélation d'Akeron.

Au final, nous autres, Wikipédiens, sommes comme le téléspectateur moyen : si on nous écoute, nous passons notre vie devant Arte... Si on vérifie les statistiques... nous sommes en réalité tous scotchés, de longue date, devant TF1. Et là dessus, on pourra toujours regarder la paille dans l’œil du voisin, c'est toute une charpente que chacun de nous devrait commencer à entretenir dans ses globes oculaires.

Je finis malgré tout sur une note positive en rappelant que, en tant que Pierrot mais surtout sous mon identité de LittleTony87, j'ai fait grâce à Wikipédia de nombreuses rencontres enrichissantes, eu plaisir à côtoyer des contributeurs motivés et capables de très bonnes choses (ce qui rend d'autant plus douloureux de les voir ensuite s'entredéchirer joyeusement), et qu'à eux tous, camarades de rédaction, de labels, de maintenance et du comité d'arbitrage, je souhaite une très bonne continuation, en évitant de faire une liste pour n'oublier personne !

by Pierrot le Chroniqueur at February 11, 2015 11:00 AM

February 08, 2015

Les échos d'en bas

Épisode 6 – Moindre surprise

Wikipédia en français compte 1 588 049 articles, 16 555 contributeurs actifs (84 admins actifs). Brèves du bistro Mardi. Le principe de moindre surprise, chez les truands ■ Quand un projet interdit la mention de l’age dans les infoboîtes. Mercredi Corriger une même faute en série, … Continuer la lecture

by Frakir at February 08, 2015 05:57 PM

Gratus

Stewards

Les stewards sont des utilisateurs qui bénéficient d’un accès total à l’interface wiki sur tous les wikis hébergés par Wikimédia, y compris la possibilité de modifier tout ou partie des droits et groupes d’un utilisateur. Ils sont chargés de la mise en œuvre des consensus de la communauté et font face aux urgences (par exemple les vandalismes inter-wiki). Les stewards ont les droits nécessaires pour intervenir dans tous les groupes et tous les projets notamment où aucun membre actif ne détient ces droits. Par exemple les wikis sans administrateurs peuvent faire appel aux stewards pour tenir ce rôle ; les stewards tiendront le rôle de bureaucrates autant que nécessaire sur les wikis sans bureaucrates.

En général les stewards ne font rien sur les wikis que les utilisateurs locaux ne seraient autorisés à effectuer eux-mêmes, sauf en cas d’urgence ou de contribution inter-wiki. Ce rôle fut créé à l’origine pour dissocier la gestion des droits avancés du développement logiciel et de l’administration système.

En gros les stewards tiennent lieu d’opérateurs systèmes généraux (cf. opérateurs système ou sysops) — ils ont les moyens de bloquer et débloquer les utilisateurs sur n’importe quel wiki de Wikimédia, sans même prendre la permission d’un sysop local.

De nouveaux stewards sont élus à intervalles réguliers (une à deux fois par an) par la communauté générale de Wikimédia. Leur effectif total n’est pas limité. Des élections sont organisées par les stewards en exercice et durent environ trois semaines. Les candidats retenus doivent avoir un rapport soutien/rejet d’au moins 80 % avec le soutien d’au moins 30 contributeurs.

Les stewards en exercice également sont confirmés lors de ces élections par un appel public à la communauté pour exprimer ses commentaires et réactions, suivi d’une discussion et de l’établissement d’un consensus parmi les stewards. Une équipe de steward clôt les élections et les débats de confirmation. Une documentation plus complète est disponible aux pages Politiques des stewards, Processus électoral et Manuel des stewards.

Il y a actuellement 34 Stewards.

 

Élections 2015 des Stewards (du 8 février 2015 à 18h00 (UTC) au 28 février 2015)

 

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0 — Source : Stewards (liste des auteurs)


by gratusfr at February 08, 2015 09:00 AM

February 02, 2015

Framablog

Blackout de la Wikipédia en anglais pour protester contre SOPA le 18 janvier 2012

« Chers étudiants, faites vos devoirs à la maison avant mercredi car Wikipédia sera coupé du Net ce jour-là ». Tel est le tweet ironique envoyé par Jimmy Wales pour annoncer la fermeture totale de la version anglophone de Wikipédia demain, mercredi 18 janvier 2012, pour protester contre les mortifères lois SOPA et PIPA.

Ce n’est évidemment pas lui seul qui a pris cette grave et sans précédente décision mais l’ensemble de la communauté, comme l’explique le message de la directrice générale de la Wikimedia Foundation Sue Gardner traduit ci-dessous par nos soins.

Signalons que Framasoft se joindra également au mouvement, non seulement en guise de solidarité mais aussi voire surtout parce que nous pensons que ces lois américaines (à l’influence internationale) sont susceptibles d’impacter négativement l’ensemble d’Internet. Nous avions consacré une série d’articles à SOPA en décembre dernier (voir aussi le dossier de La Quadrature).

À priori les wikipédias italiennes et allemandes participeront également, ne serait-ce que par un bandeau informatif, mais pas la francophone. Il semblerait que la communauté se soit réveillée trop tard pour en discuter, que pour certains ces lois sont lointaines et cet engagement « politique » en désaccord avec « le principe de neutralité ».

C’est respectable mais pour ainsi dire dommage car il s’agit là d’un signal fort (et une bonne manière de sensibiliser d’un coup un grand nombre de personnes), sans oublier pragmatiquement que la majorité des serveurs sont aux USA et que ces lois peuvent brutalement couper les accès de la Wikipédia francophone aux Américains.

Wikipédia Blackout

Blackout anti SOPA de la Wikipedia en anglais le 18 janvier

English Wikipedia anti-SOPA blackout

Sue Gardner, 16 janvier 2012 – Wikimedia Foundation
(Traduction Framalang : Clochix, Poupoul2, DonRico)

Aujourd’hui, la communauté Wikipedia a décidé de fermer la version anglophone de Wikipedia pour vingt-quatre heures, dans le monde entier, à partir de 5h UTC le mercredi 18 janvier. Cette fermeture est un acte de protestation contre deux propositions de loi aux USA – le Stop Online Piracy Act (SOPA) présentée à la Chambre des représentants, et le PROTECTIP Act (PIPA) au Sénat – qui, si elles étaient votées, endommageraient gravement l’Internet libre et ouvert, dont Wikipedia.

Ce sera la première fois que la Wikipedia anglophone manifestera ainsi, et cette décision n’a pas été prise à la légère. Voici comment la présentent les trois administrateurs de Wikipedia qui ont animé la discussion de la communauté, au travers d’un extrait de la déclaration publique signée par NuclearWarfare, Risker et billinghurst :

La communauté de la Wikipedia anglophone estime que ces deux lois, si elles étaient votées, seraient dévastatrices pour le Web libre et ouvert.

Au cours des dernières soixante-douze heures, plus de 1.800 Wikipédiens ont participé à une discussion visant à définir les actions que la communauté pourrait vouloir entreprendre contre SOPA et PIPA. C’est de loin le plus fort niveau de participation à un débat jamais vu sur Wikipedia, et cela illustre combien les Wikipédiens se sentent concernés par ces propositions de lois. L’écrasante majorité des participants est favorable à une action de la communauté afin d”encourager une participation plus générale de la population contre ces deux lois. Parmi les propositions étudiées par les Wikipédiens, ce sont celles qui conduiraient à un « blackout » de la Wikipedia anglophone, conjointement avec des blackout similaires d’autres sites opposés à SOPA et PIPA, qui ont reçu le plus de soutien.

Après un passage en revue détaillé de ce débat, les administrateurs chargés de le clore constatent un soutien solide des Wikipédiens du monde entier, et pas seulement aux États-Unis, en faveur d’une action. L’opposition principale à un blackout généralisé du réseau Wikipedia venait de membres de la communauté préférant que le blackout se limite aux visiteurs américains, et que le reste du monde ne voie s’afficher qu’un simple bandeau d’explication. Nous avons néanmoins relevé qu’environ 55% des Wikipédiens en faveur du blackout préféraient une action mondiale, nombre d’entre eux faisant part d’inquiétudes concernant des lois similaires dans d’autres pays.

En prenant cette décision, les Wikipédiens essuieront des critiques pour avoir abandonné leur neutralité et pris un position politique. C’est une question justifiée et légitime. Nous souhaitons que les internautes accordent leur confiance à Wikipedia, et ne craignent pas d’être soumis à une quelconque propagande.

Mais bien que les articles de Wikipedia soient neutres, son existence ne l’est pas. Comme l’a écrit récemment Kat Walsh, qui appartient au conseil d’administration de la Wikimedia Foundation, sur une de nos listes de discussion :

Nous dépendons d’une infrastructure légale qui nous permet de publier nos sites. Et nous dépendons d’une infrastructure légale qui permet aussi à d’autres sites d’héberger du contenu produit par les utilisateurs, qu’il s’agisse d’information ou d’avis personnels. Le rôle principal des projets Wikimedia consiste à organiser et rassembler le savoir mondial. Nous l’intégrons dans son contexte et permettons à nos visiteurs de le comprendre.

Mais ce savoir doit être publié à un endroit où tout un chacun peut y accéder et l’utiliser. Si ce contenu pouvait être censuré sans autre forme de procès, cela serait néfaste pour qui veut exprimer son opinion, pour le public, et pour Wikimedia. Si l’on ne peut s’exprimer que si l’on a les moyens d’affronter des défis juridiques, ou si une opinion doit être approuvée au préalable par quelqu’un qui les a, on ne trouvera plus sur internet qu’un même ensemble d’idées consensuelles.

La décision d’éteindre la Wikipedia anglophone ne vient pas que de moi – elle a été prise collégialement par de nombreux éditeurs du réseau. Et je la soutiens.

Comme Kat et le reste du conseil d’administration de la Fondation Wikimedia, je considère de plus en plus la voix publique de Wikipedia et la bonne volonté que les gens ont pour Wikipedia comme une ressource qui doit être utilisée pour le bénéfice du public. Les lecteurs font confiance à Wikipedia parce qu’ils savent que malgré ses erreurs, Wikipedia a le cœur au bon endroit. Wikipedia n’a pas pour but de monétiser leurs visites ou de leur faire croire quoi que ce soit de particulier, ni même de leur vendre un produit. Wikipedia n’a pas de programme secret : elle veut seulement être utile.

C’est moins vrai pour d’autres sites. La plupart ont des motivations commerciales : leur objectif est de gagner de l’argent. Cela ne signifie pas qu’ils n’ont pas le souhait de rendre le monde meilleur (beaucoup le font), mais que leurs positions et leurs actions doivent être envisagés dans un contexte d’intérêts contradictoires.

Je nourris l’espoir que, lorsque Wikipedia fermera le 18 janvier, les internautes comprendront que nous le faisons pour nos lecteurs. Nous soutenons le droit de chacun à la liberté d’opinion et à la liberté d’expression. Nous estimons que tout le monde devrait avoir accès à du matériel éducatif pour un large éventail de sujets, même s’ils ne peuvent pas le payer. Nous croyons à un internet libre et ouvert où l’information peut être partagée sans entrave. Nous croyons que des propositions de loi telles que SOPA ou PIPA, ou d’autres lois similaires en cours de discussion à l’intérieur ou à l’extérieur des États-Unis, ne font pas avancer les intérêts du grand public. Vous pourrez prendre connaissance ici d’une liste de très bonnes raisons de vous opposer à SOPA et PIPA, proposée par l’Electronic Frontier Foundation.

Pourquoi une action globale, et pas limitée aux seuls États-Unis ? Et pourquoi maintenant, si certains législateurs américains semblent adopter une tactique de retrait vis à vis de SOPA ?

La réalité, à notre sens, c’est que le Congrès ne renoncera pas à SOPA, et que PIPA est toujours en pleine forme. Qui plus est, SOPA et PIPA ne sont que les indicateurs d’un problème bien plus important. Partout dans le monde, nous observons la mise en place de réglementations destinées à combattre le piratage et à réguler internet d’autres manières, avec pour effet de nuire aux libertés numériques. Notre inquiétude ne se limite pas à SOPA et PIPA, qui ne sont que des éléments du problème. Nous voulons que l’internet demeure libre et ouvert, partout dans le monde, et pour tous.

Le 18 janvier, nous espérons que vous partagerez notre engagement et que vous ferez tout votre possible pour faire entendre votre voix.

Sue Gardner

by alexis at February 02, 2015 07:18 PM

À la rencontre des « bots » qui veillent eux aussi sur Wikipédia

Connaissiez-vous les « bots » de Wikipédia ?

Le mieux est de commencer tout d’abord par demander à Wikipédia :

« Les bots sont des agents automatiques ou semi-automatiques qui interagissent avec Wikipédia comme le fait un utilisateur, mais pour des tâches répétitives et fastidieuses pour un humain. Les bots peuvent être utilisés pour créer des articles. D’autres peuvent être utilisés pour éditer ou même détruire des articles. Certains bots sont spécialisés dans la gestion des liens d’interlangue, la résolution des homonymies, les annulations de certains vandalismes ou encore les opérations sur les catégories. Des bots bien conçus peuvent apporter un bénéfice concret à Wikipédia. Cependant, parce que le système n’a pas été conçu pour supporter des bots, même un bon bot peut avoir des effets secondaires non souhaitables. »

C’est donc de ces satanés bots dont il est question dans la traduction ci-dessous. Bien moins pour glorifier l’intelligence artificielle que pour rendre hommage à ceux bien humains qui les programment dans les coulisses.

Remarque : Les wikipédiens francophones ont quant à eux souvent à faire avec le bot Salebot (Attention, bot méchant ! nous prévient-on sur sa page « Utilisateur »), un article spécialement dédié lui avait été consacré par Camille Gévaudan sur le site Écrans en août 2008.

Kristina Alexanderson - CC by-sa

Meet the ‘bots’ that edit Wikipedia

Daniel Nasaw – 25 juillet 2012 – BBC News
(Traduction : elfabixx, Pwetosaurus, Gatitac, Jose, ProgVal, Kaya, fck)

Rencontrez les « bots » qui éditent Wikipédia

Wikipedia est écrit et maintenu par des dizaines de milliers de volontaires bénévoles dans le monde, qui sont eux-mêmes assistés par des centaines de « bots » — des programmes informatiques autonomes — qui aident à garder l’encyclopédie fonctionnelle.

« Le pénis est l’organe mâle de copulation et de miction chez les mammifères. » dit la page Wikipédia en question.

Cette affirmation est indéniablement vraie, et donc mérite d’être dans Wikipédia, mais elle n’a assurément rien à faire dans l’article du site consacré à la Cour suprême !

C’est un facétieux lecteur anonyme de Wikipédia vivant en Caroline du Sud a proposé cette contribution à l’encyclopédie mondiale en ligne la semaine dernière, et il a suffi de quelques secondes pour que cette erreur soit détectée et supprimée.

Ce vandalisme n’a pas été trouvé par un autre contributeur, mais simplement par un programme d’intelligence artificielle appelé « bot », qui est une aphérèse de « robot ».

Virtuellement invisible

ClueBot NG, car tel est son nom, réside dans un ordinateur à partir duquel il intervient sur la vaste encyclopédie pour détecter et nettoyer le vandalisme, quasiment dès que celui-ci apparaît.

Il fait partie des quelques centaines de bots qui patrouillent sur Wikipedia à tout moment. Son rôle dans la restauration immédiate de l’article sur la Cour suprême illustre comment les bots sont devenus une partie indispensable — même si virtuellement invisible — du projet Wikipédia.

« Wikipedia serait une belle pagaille sans les bots », écrivait dans un courriel un administrateur de Wikipédia, connu sur le site sous le nom de Herfold.

À elle seule, la version anglaise de Wikipedia dépasse les quatre millions d’articles ce mois-ci. Elle contient autour de 2.5 milliards de mots, équivalent à des millions de pages, et est 50 fois plus grosse que l’Encyclopædia Britannica.

Wikipedia est maintenue dans toutes les langues par des dizaines de milliers de contributeurs — dont environ 77 000 font plus de cinq éditions par mois.

Le projet est devenu avec le temps tellement vaste et sa maintenance un tel travail intensif que cela défie les capacités de ses administrateurs et simples contributeurs humains de le maintenir en ordre.

Intervenir contre les vandales

C’est là que les (ro)bots interviennent.

« On s’amuse à penser au jour où les robots se mettront en grève juste pour que tout monde se rende compte de la quantité de travail qu’ils abattent », dit Chris Grant un étudiant de 19 ans à Perth en Australie, qui fait partie du comité de Wikipédia qui supervise les robots.

« Le site demanderait beaucoup plus de travail de notre part et épuiserait davantage les contributeurs ».

Les bots effectuent ainsi de nombreuses tâches éditoriales et administratives qui sont fastidieuses, répétitives et chronophages mais néanmoins vitales.

Ils suppriment le vandalisme et les grossièretés, organisent et cataloguent les entrées, et gèrent les coulisses de l’encyclopédie, ce qui lui permet de fonctionner efficacement et de garder son apparence soignée et uniforme dans le style.

En des termes plus concrets, les bots sont comme des étudiants qui veillent sur les livres, déplacent des piles d’un étage à un autre, corrigent les codes-barres au dos des livres, et effectuent d’autres tâches ingrates, qui permettent aux bibliothécaires qualifiés de se concentrer sur les acquisitions et la politique du lieu.

Les bots peuvent-ils écrire ?

« Wikipédia s’est tellement développée que je ne sais pas comment les gens pourraient bien la gérer si tous les bots s’en allaient » nous dit Brad Jorsch, un programmeur informatique en Caroline du Nord qui gère un bot qui traque les bandeaux rappelant aux rédacteurs d’ajouter des sources aux articles.

Les bots sont présents depuis presque aussi longtemps que Wikipédia elle-même.

Le site a été fondé en 2001 et l’année suivante, un bot appelé Rambot a créé environ 30 000 articles — à un rythme du millier par jour — sur les villes individuelles des États-Unis. Le bot a puisé ses données directement à partir de tabeaux de recensement américain. Et les articles se lisaient bien comme s’ils avaient été écrit par un robot. Ils étaient courts et convenus, et contenaient à peine plus que des séries de statistiques démographiques.

Mais, une fois qu’ils avaient été créés, des rédacteurs humains prenaient le relais et remplissaient les entrées avec des détails historiques, des informations sur la politique locale et les sites touristiques.

En 2008, un autre bot a créé des milliers de courts articles sur des astéroïdes, renseignants quelques lignes de données pour chacun à partir des bases de données de la NASA.

Aujourd’hui, la communauté Wikipédia demeure divisée quant à l’apport des bots aux articles. Certains administrateurs trouvent que de petits articles composés de quelques données n’ont que peu de valeur, d’autres trouvent que tout nouveau contenu est bon à prendre.

La peur des bots malicieux

Le résultat du débat a été que les bots ne sont désormais plus autorisés à écrire des articles entiers. Cependant, leur capacité à effectuer le plus gros de la maintenance libère les vrais contributeurs humains qui disposent alors de plus de temps pour effectuer une recherche, créer ou modifier un article et vérifier l’exactitude du travail des autres.

« Je ne pense pas que les gens réalisent quelle quantité de maintenance et de travail annexe sont nécessaires sur Wikipédia » dit Grant.

Certains administrateurs craignent les dégâts qu’un bot renégat pourrait un jour occasionner à l’encyclopédie. Pensez à Skynet dans les films Terminator.


Ces peurs sont infondées, d’après Grant.

Déjà, un robot n’est pas comme une automobile : si une partie d’une opération échoue, il s’arrêtera plutôt que de se fracasser quelque part.

« Il faudrait déjà que quelqu’un demande à un programmeur de rendre le bot fou et qu’il efface tout », dit Grant.

« Les bots avec les droits de supprimer des pages, bloquer des éditeurs, et prendre d’autres décisions drastiques ne peuvent être utilisés que par des contributeurs de confiance disposant de hauts privilèges administratifs », dit Grant.

Cependant, les bots aussi font des erreurs lorsqu’ils font face à des situations pour lesquelles ils n’ont pas été conçus. ClueBot NG, le bot anti-vandlisme, a cependant un très faible taux de faux positifs (lorsqu’il confond des articles légitimes avec du vandalisme). Étant donné que Wikipédia garde une trace des éditions, les erreurs peuvent être réparées presque aussi vite qu’elles surgissent, disent les administrateurs.

Les contributeurs humains ne craignent pas d’être un jour remplacés par les bots, disent les maîtres de bots. « Ecrire un article, citer ses sources, ou encore améliorer sa grammaire et son orthographe nécessiteront toujours le concours d’une personne », conclut Jorsch.

Crédit photo : Kristina Alexanderson (Creative Commons By-Sa)

by alexis at February 02, 2015 07:18 PM

Ça a débuté comme ça, par un simple tweet sur le peigne liturgique…

Aujourd’hui c’est le top départ de la désormais traditionnelle levée de fonds annuelle et internationale visant à financer et soutenir tous les projets de la fondation Wikimedia, l’encyclopédie Wikipédia en tête.

Vous ne le savez peut-être pas mais les dons collectés en France se partagent pour moitié entre la fondation et l’association Wikimédia France.

Il y a deux ans nous avions relayé un excellent reportage de la télévision suisse qui précisait la destination et illustrait l’usage des dons helvètes. Cette année nous vous proposons de mettre modestement en avant une action parmi tant d’autres de Wikimédia France : le partenariat avec le Musée de Cluny.

Je cite ce dernier (Elisabeth Taburet-Delahaye Conservateur général du Patrimoine, directrice du musée de Cluny et Claire Séguret Responsable adjointe Communication et Mécénat, musée de Cluny sur le blog du Ministère de la Culture) :

L’encyclopédie Wikipedia est aujourd’hui au cœur des pratiques quotidiennes de nos visiteurs, mais également des universitaires et des conservateurs. En mars 2012, Wikimedia Foundation se classe 5e groupe français en terme d’audience sur Internet.

En étant présent sur cette formidable plateforme, le musée répond à sa mission première de diffusion du savoir et va à la rencontre d’un large public. L’amélioration d’articles existants ou la création de nouvelles entrées sont également une possibilité pour l’établissement, au moment même de la refonte de son site, de sensibiliser ses équipes aux spécificités de l’écriture pour le web, mais aussi aux notions d’outil collaboratif ou à la question des licences libres. C’est également l’occasion d’un travail collectif au sein du musée, transcendant les habituels cloisonnements.

Et c’est ainsi que deux ateliers ont été organisés en juin dernier. Pour en savoir davantage nous vous invitons à écouter le très intéressant entretien ci-dessous (vidéo réalisée par Buzzeum).

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Mais ce qui est également intéressant c’est l’originalité de la toute première prise de contact dont il est rapidement fait mention dans l’entretien : un simple tweet d’Adrienne Charmet-Alix, directrice des programmes de l’association, s’étonnant du peu d’informations concernant un objet du musée, le peigne liturgique. Et rien non plus sur Wikipédia, pas d’article !

Qu’à cela ne tienne, une fois à la maison elle s’attelle à la tâche pour réparer cette incongruité. Mais nouveau problème : l’absence d’image pour illustrer le propos, tant il est vrai qu’il y a des articles qui se bonifient grandement avec des photos ad hoc

Alors elle interpelle gentiment le compte Twitter du musée via son propre compte :

Et :

Ceci fit prendre conscience à l’animatrice du compte (en l’occurrence Claire Séguret) qu’il y avait une demande et un besoin. Et c’est ainsi que l’aventure commença…

Fin de l’histoire, Je peux désormais vous donner le lien vers l’article (illustré) Peigne liturgique de Wikipédia et vous inviter à suivre ce lien ;)

by alexis at February 02, 2015 07:18 PM

Le voyage mouvementé de Wikitravel

En 2003 naissait le projet Wikitravel qui est un peu au voyage ce que Wikipédia est à l’encyclopédie : une rédaction collaborative de guides touristiques (pays, ville, etc.), multilingues, sous licence libre et sur un wiki.

Le fait est que cela a plutôt bien marché (exemple avec Paris). Ils en ont même fait de vrais guides papiers.

Sauf que jetez un œil au graphique ci-dessous et vous comprendrez vite que son histoire n’a pas été un long fleuve tranquille. De Wikitravel, on est passé à Wikivoyage pour espérer en arriver aujourd’hui à Wikimedia Travel. C’est tout le charme de la licence libre (en l’occurrence la CC By-Sa) et de ses forks possibles lorsque le projet prend, selon certains, une mauvaise direction.

C’est de cette histoire (à rebondissements) dont il est question dans l’article ci-dessous.

Remarque : On notera que son auteur (créateur de l’application WikiSherpa) est peut-être trop pessimiste car il se pourrait bien qu’on connaisse un happy ending grâce au concours de Wikimedia. Et puis, sans licence libre, on aurait été dès le départ totalement bloqué.

Timeline - Wikitravel

Tirer la leçon de la dramatique et lente agonie de Wikitravel

Lessons From The Dramatic Slow-Motion Death Of Wikitravel

Jon Evans – 29 septembre 2012 – TechCrunch
(Traduction Framalang : @ali0une, Pandark, aKa, LuD-up, @jfomhover, ali0une, lgodard, Karma-sama, martinien, senshu)

Il était une fois, en 2003, deux entrepreneurs avec un rêve. Ils s’appelaient Evan Prodromou et Michele Ann Jenkins, et ils ont rêvé d’un guide de voyage mondial édité collaborativement — un Wikipedia pour les voyages, si vous préférez. Ainsi, il créèrent Wikitravel. Et ils ont fait mentir l’expression anglaise « Lead zeppelin » qui sous-entend que le projet n’aurait jamais pu décoller. Deux ans plus tard, ils furent racheter pour 1,7 million de dollars (~1,3 million d’euros) par une compagnie nommée Internet Brands, pas mal d’argent pour ces nombreuses journées perdues avant que la startup ne devienne populaire. Et Wikitravel prospéra , et en prenant du recul, c’était plutôt bon.

Jusqu’à ce que le paradis s’en vienne à côtoyer les enfers…

Pendant six ans Wikitravel fonctionna bien. Il y avait bien la présence de quelques publicités mais rien d’intrusif. La plateforme technique sur laquelle il tournait prenait de l’âge et avait ses défauts, mais elle fonctionnait, et c’est tout ce qui compte, n’est-ce pas ?

En 2006 cependant, les administrateurs italiens et allemands (bénévoles et indépendants qui réparaient le site, éliminaient le spam, éditaient structure et langage, et le rendaient pour ainsi dire utilisable) ont forké toutes les pages du site en ces langues pour s’en aller migrer vers un nouveau site, appelé Wikivoyage, principalement à cause de la publicité placée par Internet Brands. C’était tout à fait légal parce que tout le contenu de Wikitravel est sous licence Creative-Commons. Et cela n’affecta pas vraiment Wikitravel (et en rien sa partie principale anglaise) qui continua à attirer un demi-million de visiteurs par mois. Son travail de guide pour la planète entière devenait meilleur de jour en jour…

Mais, il y a quelques mois, les administrateurs de Wikitravel en ont eu assez. Ils ont d’abord constaté l’inclusion de nouvelles publicités encore plus invasives et surtout ils ont perdu patience face à leurs demandes répétées de mises à jour techniques restées sans réponses. D’autant plus que quand Internet Brands se décida enfin à effectuer ces mises à jour la plateforme se retrouva toute pleine de bugs ! En conséquence de quoi les administrateurs de Wikitravel baissèrent les bras et voyagèrent à travers l’Internet jusqu’à cette oasis de contenu libre qui s’appelle la Wikimedia Foundation pour lui dire en substance ceci : « Nous n’en pouvons plus de notre logement actuel. Voudriez-vous héberger un site de voyage ? » La Wikimedia Foundation réfléchit, et décida finalement de répondre par l’affirmative.

Et puis l’enfer des procédures judiciaires s’est déchaîné.

Se sentant menacé par ce fork d’un Wikitravel hébergé par Wikimédia, Interned Brands, après avoir semble-t-il initialement proposé un partenariat, « intenta des poursuites contre les contributeurs bénévoles James Heilman et Ryan Hollliday, pour avoir utilisé le mot « Wikitravel » dans la phrase « Communauté Wikitravel » lors de la communication du fork », nous dit David Gerard. En réponse, la Wikimédia Fondation a elle_même intenté une poursuite stratégique contre la mobilisation publique et demandé des explications devant les tribunaux.

Nous allons laisser les sérieux avocats décider du sort de cette aventure. Je veux juste tirer quelques leçons personnelles de cette débâcle :

  • N’irritez pas vos utilisateurs les plus fidèles et actifs (NdT : power users). Vous pensez peut-être que la masse globale de vos utilisateurs est ce qui importe le plus, mais ce sont avant tout ces utilisateurs là qui fournissent avec passion le gros du travail. Ils sont pour ainsi dire le cœur et l’âme de votre site, et s’ils partent vous aurez de gros ennuis.
  • Ne retardez pas le paiement de votre dette technique. Comme la plupart des dettes, elle subit des interêts composés exponentiels :) Et vous ne connaissez pas son taux d’intérêt jusqu’à ce que vous ayez commencé à la rembourser. Je pense qui si Internet Brands avait géré Wikitravel avec plus de considération et de compétences techniques, le fork n’aurait jamais eu lieu.
  • Ne poursuivez pas vos utilisateurs en justice dans un moment d’aigreur et de dépit. Vraiment. Ne le faites pas. N’avons nous donc rien appris de la RIAA (NdT : à comparer avec notre Hadopi) ? Respirez profondément, prenez un calmant, et détendez-vous. En effet, outre la question d’ordre moral, à partir du moment où vous poursuivez vos utilisateurs, vous perdez toute crédibilité aux yeux d’une fraction énorme de l’Internet. Et la crédibilité compte. Hélas, beaucoup de gens ne le réalisent pas, jusqu’à ce qu’ils perdent la leur.

Une version provisoire du nouveau guide de voyage anglophone est maintenant disponible. En attendant la suite…

by alexis at February 02, 2015 07:18 PM

Wikipédia face aux institutions, par Éric Bruillard

Éric Bruillard est professeur au STEF – ENS Cachan.

L’article ci-dessous reprend une présentation faite le 15 décembre 2012 lors des Rencontres Wikimédia, à l’université Paris Descartes.

Remarque : Vous pouvez également accéder directement à la version ODT et PDF du document.

Kalexanderson - CC by

Wikipédia face aux institutions

Éric Bruillard – décembre 2012

Introduction

Il y a cinq ans, en mars 2007, j’avais écrit un article intitulé « Wikipédia : la rejeter ou la domestiquer ». J’avançais l’idée, qui a souvent été mal comprise, que Wikipédia ne pouvait pas « avoir une présence reconnue dans l’enseignement en France, ses principes mêmes (neutralité) n’étant pas compatibles avec les valeurs de l’école laïque et républicaine française, valeurs qui conduisent à privilégier certains points de vue et à en interdire d’autres ». J’ajoutais que Wikipédia pouvait cependant avoir une place, d’une part comme projet encyclopédique avec des participations actives à ce projet, comme faire écrire des articles à des élèves, et, d’autre part, comme une encyclopédie à laquelle beaucoup auraient recours, dans une posture de consommateur.

Ces deux directions ont été effectivement suivies, et des utilisations constructives sont repérables dans l’enseignement secondaire ou supérieur, quoique la « consommation » est certainement beaucoup plus développée que la participation. Mais Wikipédia aurait-elle maintenant une présence reconnue dans l’éducation ?

Dans un premier temps, nous allons tenter de situer les discours généraux sur Wikipédia, notamment dans l’éducation nationale. Ensuite, nous verrons en quoi Wikipédia est maintenant une véritable institution, statut qui n’est pas sans poser de nouvelles questions. Enfin nous traiterons la question de l’évaluation des articles de cette encyclopédie : une évaluation interne s’est installée alors que l’évaluation externe ne semble pas beaucoup progresser : serait-ce révélateur de relations encore difficiles avec un projet collectif que l’on a toujours du mal à appréhender ?

Wikipédia : quoi de neuf depuis 2007 ?

Le premier constat que l’on peut faire, sans avoir spécialement besoin de l’étayer, est celui de la croissance impressionnante du projet Wikipédia : une présence très importante (notamment via Google), des utilisations qui se multiplient, notamment dans l’éducation, de nouveaux projets associés…

Pourtant, face à ce formidable déploiement, on s’aperçoit, notamment à travers le discours d’étudiants ou d’enseignants, d’une méconnaissance persistante du fonctionnement de Wikipédia, d’idées reçues tenaces, d’utilisations contestées, d’interrogations sur la fiabilité…

Wikipedia nous aide d’ailleurs à cerner ce que qu’est une idée reçue : « une opinion, située entre le stéréotype, le cliché et le lieu commun », précisant qu’elle a « la particularité de s’admettre aisément » parce qu’elle est « très répandue, que celui qui la transmet la considère très souvent comme évidemment démontrée ; elle est agréable à admettre, parce qu’elle répond (le plus souvent simplement) à une question redondante, ou gênante, ou complexe : elle aide à ne plus réfléchir et s’impose insidieusement ». Justement, un peu de réflexion s’impose.

Comme il est possible à n’importe qui de créer ou modifier le contenu d’un article, que ce n’est pas réservé à des spécialistes, il ne semble pas possible qu’il y ait des articles de qualité et on ne peut en aucun cas s’en remettre à Wikipédia. Ce discours de sagesse populaire continue à être très souvent énoncé. Prenons juste un seul exemple : “Wikipedia is a free, web-based, collaborative, multilingual encyclopedia project. Anybody is able to change, add or remove articles on Wikipedia. This of course is prone to many problems as some authors may be: biased, vandalise the article or write incorrect information.”

Les études comparatives qui ont été menées attestent du contraire et l’expérience quotidienne de nombre d’entre nous montre qu’on lui fait malgré tout confiance. Peu d’études nouvelles sont disponibles. La seule étude récente est intitulée Assessing the accuracy and quality of Wikipedia entries compared to popular online encyclopaedias A preliminary comparative study across disciplines in English, Spanish and Arabic. Mais les auteurs remercient la Wikimedia Foundation pour son soutien financier. D’autres institutions ne sont sans doute intéressées à financer une évaluation des articles de Wikipedia, préférant laisser planer le doute et les idées reçues.

Quelle présence officielle dans l’éducation ?

Si la neutralité de l’éducation nationale française l’invite à ne pas citer de marque ou de nom de produit dans ses programmes officiels, sauf exception, elle est conduite à veiller sur ce qui est proposé. Une recherche sur le site officiel Eduscol atteste de la présence de Wikipédia.

On trouve des revues de presse ; un dossier déjà ancien sur les usages pédagogiques ; des recommandations, des définitions issues de Wikipédia, le fait que Wikipedia offre une nouvelle fonctionnalité (l’exportation de pages au format epub, ce qui permet de constituer une sélection d’articles à consulter hors ligne sur une liseuse ou sur smartphone).

On trouve également référence à Wikipedia dans des sujets de bac, des ressources pour la résolution de problèmes, des dossiers pédagogiques… mais avec le plus souvent des modes de citation approximatifs (cf page 2 de ce document). Dans les ressources pour la classe terminale générale et technologique, Physique-chimie, Série S (Eduscol), on trouve 10 références à Wikipédia.

Ce bref tour d’horizon nous en apprend plus sur le système éducatif que sur Wikipédia. Cette dernière apparaît pratique et très utile, mais demeure un motif récurrent de complaintes, attestant des difficultés (ou de l’incapacité ?) du système éducatif à traiter les évolutions en cours sur les savoirs, leur diffusion, leur mise en question… Une utilisation parfois « honteuse », que l’on peut rapprocher des usages des calculatrices en collège il y a quelques années[1] : une sur utilisation, une maîtrise très diversifiée et un manque de formation des élèves. Au début du collège, utiliser la calculatrice est considéré comme une tricherie, il ne faudrait s’en servir que pour contrôler les résultats des opérations que l’on fait à la main. Mais dès la 4e, la tricherie est quelque sorte légalisée, notamment avec les fonctions trigonométriques, et ceux qui ont acquis une bonne maîtrise des calculatrices, sont alors avantagés. Le système éducatif prend peu en charge, voire pas du tout, la formation des élèves à cette maîtrise.

Wikipédia - Eduscol

Wikipédia dans le site Eduscol – 10 décembre 2012

Les objets informatiques spécifiques du système éducatif ne sont pas bien traités par Wikipédia. Ainsi, l’article ENT est encore une ébauche de piètre qualité. On retrouve une même ébauche, non signalée comme telle, sur l’expression « manuel numérique », page modifiée pour la dernière fois le 28 juin 2010[2]. C’est une version quasi « ministérielle » qui est proposée, la page « discussion » n’est pas ouverte et aucun article dans une autre langue n’est associé. Ce n’est toutefois par mieux en anglais où l’article “digital textbook” est une présentation du programme de ministère de l’éducation de Corée du Sud ! Les exemples sont coréens, avec des liens vers Toshiba et Fujitsu. Il s’agit d’un article sur le projet coréen, et pas sur l’initiative californienne par exemple.

Enfin, pour clore ce rapide tour d’horizon, un site de l’académie de Montpellier propose de « créer un manuel numérique à l’aide de Wikipédia ». Il est écrit : « Wikipédia est une excellente ressource pour construire un livre numérique dans le but d’explorer un sujet ou d’entamer une recherche documentaire. Pour inciter les étudiants à utiliser Wikipédia comme outil de départ plutôt que comme finalité d’une recherche, un enseignant peut facilement fournir à ses étudiants une collection d’articles de références sous la forme d’un livre numérique. Retrouvez les différentes étapes de création d’un livre numérique dans un mode opératoire mis à disposition sur le site “Prof Web”. »

Si on clique sur l’adresse indiquée, on retrouve le même paragraphe à la virgule près, puis un petit mode d’emploi. Tous les éléments sont présents : citation et même copié-collé. Un exemple mais avec la parapluie de la bonne pratique (il faut utiliser simplement comme point de départ). On se sert de Wikipedia mais d’une manière non risquée !!! On ne cherche pas à comprendre, mais à trouver une pratique que l’on considère légitime et que les autres ne pourront pas contester.

Cette méfiance persistante sur un projet maintenant très établi ne cache-t-elle pas des caractéristiques encore mal connues ou mal comprises. Et Wikipedia, s’il est encore regardé de travers par les institutions, ne serait-il pas aussi une institution ?

Wikipédia est une institution

En effet, pour la recherche, une simple interrogation sur Wikipedia dans Google Scholar produit de très nombreux résultats ; depuis 2011 : 45 700 résultats ; depuis 2012 : 23 100 résultats (à titre de comparaison, on obtient pour les mêmes dates concernant Britannica : 13100 / 7320). Dans les travaux auxquels on accède, il y a des études sur le fonctionnement même de Wikipédia : contenus, conflits, participation, etc. ; des outils pour Wikipédia.

Issus de son fonctionnement même, l’encyclopédie fournit des corpus très utiles pour les linguistes, notamment les paraphrases et modifications locales dans l’historique des révisions des articles, conduisant à améliorer les performances d’applications de TAL : traduction automatique, question-réponse, génération…

Encore plus intéressant, dans un processus d’institutionnalisation de Wikipédia, le projet Semanticpedia associe le ministère de la culture, l’INRIA et Wikimedia France. Cette collaboration vise à « réaliser des programmes de recherche et développement appliqués à des corpus ou des projets collaboratifs culturels, utilisant des données extraites des projets Wikimédia ». Il s’agit notamment de fournir des données culturelles accessibles à tous, dans une version Web sémantique structurée ; en gros devenir la référence pour la culture avec des modes d’interrogation très avancés dans des formes de déclaration sémantique.

Wikipédia est même vu comme un nouvel outil d’évaluation : une évaluation de la réputation ponctuelle, la fréquentation de Wikipédia étant considéré comme outil de mesure ; mais aussi, l’influence qu’une personne a sur un pays ou même sur une civilisation, qui pourrait être mesurée en fonction des liens menant à sa page Wikipédia.

Ainsi, Wikipédia est devenu outil de référence, même s’il s’en défend. C’est déjà un attracteur très puissant pour les recherches et, selon Kien Quach Tat[3] (2011), au Vietnam, Wikipédia est ce qui permet aux lycéens de valider une information trouvée sur un autre site.

Quelle implication du fait que Wikipédia est une institution ? Peut-on être en dehors de Wikipédia ? Comme elle devient la référence, peut-on continuer à l’ignorer, si une information nous concernant est fausse, peut-on encore traiter cela par le mépris ou l’absence de réaction n’est pas une sorte d’acquiescement ? En tous cas, si Wikipedia gère très efficacement les vandalismes, on sait qu’elle est mal armée pour lutter contre des organisations qui cherchent à imposer leur point de vue. Un projet d’émancipation ne s’est-il pas transformé en un instrument de domination ? On n’en est pas (encore) là ! Demeure une question clé : comment évaluer un article de Wikipédia ?

Comment évaluer un article de Wikipédia ?

En 2007, Wikipédia précisait qu’elle n’avait pas les moyens de juger de la crédibilité d’une information et que la fondation cherchait des solutions à cette absence de validation du contenu des articles, notamment « par l’ajout de systèmes de notation, d’identification des versions non vandalisées et par des collaborations avec des chercheurs et des enseignants » (Bruillard, 2007). Des avancées importantes ont été réalisées. Wikipédia évalue elle-même les articles qu’elle produit. Ainsi, l’article Projet :Évaluation est consacré à « déterminer l’état des articles de Wikipédia selon deux critères : leur importance et leur avancement ».

Mais quelle évaluation externe peut-on trouver ?

Quand on lance la requête « évaluation article Wikipédia », via Google, environ 16 900 000 de résultats (0,42 secondes) sont fournis. Mais la grande majorité de ces résultats correspondent à des articles de Wikipedia. La requête « évaluer un article de Wikipédia » -wikipedia.org ne donne aucun résultat. Enlever les guillemets dans la requête conduit à 8 040 000 résultats (0,19 secondes). Que trouve-t-on ?

D’abord des conseils, il s’agit d’évaluer le nombre et la qualité des sources, de consulter l’historique (combien de personnes y ont contribué, et quand), de consulter l’évaluation de l’article et surtout de le comparer à d’autres sources !

Le tutoriel Cerise propose d’autres conseils :

  • « Voir si le plan est bien construit et détaillé
  • Juger de la qualité de la rédaction : syntaxe, orthographe, synthèse, illustration, …
  • Repérer les liens vers les notes et les définitions
  • Voir s’il y a une bibliographie récente et mise à jour
  • Voir s’il y a un portail sur le thème sélectionné. »

Les guides de la BU de l’université de Rennes 2 dans une page sur « évaluer l’information » consacre un petit encart à Wikipédia en conseillant de regarder les avertissements sur les pages, la date de création (onglet “historique”) et les débats (onglet “discussion”). Cela renvoie à un article du Monde.fr et étrangemenent, aux évaluations internes de Wikipédia.

Sur la Teluq, Marc Couture, dans son cours sur l’évaluation de la crédibilité des documents en ligne, traite du cas particulier de « la crédibilité de Wikipédia ». Il constate que les critères généraux ne s’appliquent qu’imparfaitement aux articles de Wikipédia. Ainsi, ceux reliés à l’insertion dans la littérature spécialisée : « Ce critère prendra donc une valeur toute relative compte tenu à la fois du rôle que joue une encyclopédie dans la littérature scientifique ou savante, et de la difficulté à évaluer le nombre de références à un article de Wikipédia. » Les critères sur l’auteur ne sont pas applicables, les autres (la validation du contenu, forme et la structure du document) sont soit sans garantie soit réfèrent aux classements et processus internes de Wiipédia.

Cherchant dans les sources en anglais, on trouve de nouveau beaucoup de redondances, avec une référence citée, reprise, tronquée dans la Wikipedia anglaise. Un article intitulé Wikipedia:Researching with Wikipedia n’a pas d’équivalent en français avec la recommandation rituelle : “Wikipedia should be a starting place for research, not an end destination and independent confirmation of any fact presented is advised”.

Cet article fournit un lien avec une page sur l’évaluation des articles de Wikipédia, page que l’on retrouve ici (source Phoebe Ayers, en octobre 2006). En fait, ce texte donne tous les éléments pour évaluer un article, les autres sources n’en sont souvent qu’une reprise tronquée. Au bout du compte, c’est une source datée de 2006 (et qui est peut-être antérieure) qui donne les meilleures informations et fait le point le plus complet sur les modes d’évaluation des articles.

Mais est-ce que les procédures d’évaluation préconisées sont opérationnelles ? Autrement dit, peut-on appliquer ces processus dans des utilisations courantes, c’est-à-dire hors situations particulières (notamment scolaires) et de nécessités de vérification. On peut raisonnablement penser que non, si je m’en réfère à mes propres utilisations et ce que peuvent dire les étudiants. Qui confronte systématiquement ce qui est écrit dans un article de Wikipédia à d’autres sources ?

Ce que l’on peut regretter, c’est l’absence de cartographie thématique, alors que l’on imagine qu’il y a des zones de fiabilités différentes, des repérages a priori pourraient guider le lecteurs (les articles dans le domaine X sont plutôt fiables, alors que dans le domaine Y c’est problématique), des marques reconnaissables. Alors que l’on comprend qu’il faut consulter l’historique et les discussions, il y a peu d’outils de visualisation nous donnant une image interprétable ; en conséquence, historique et discussions restent très difficiles à analyser rapidement. En effet, il s’agit de prendre en compte la dynamique collective et temporelle et de pouvoir juger une ressource de par l’histoire de sa construction et des discussions qui l’ont accompagnée. Mais comment le faire rapidement et de manière fiable sans instrumentation. History Flows[4] proposait des visualisations intéressantes. Mais il ne semble pas que ce travail ait été repris et il demeure mal connu.

Des enjeux de formation : guider des consommateurs via des passeurs outillés

L’évaluation dépend bien évidemment dépend de la finalité, du public visé, etc. et on pourrait refuser une sorte d’évaluation intrinsèque des articles de Wikipédia. Mais le jugement sur cette qualité a des incidences fortes, notamment sur les représentations sociales de ce projet encyclopédique. Chacun a ses propres croyances sur Wikipédia, mais il n’y a pas de « sagesse collective » ou de connaissance collective nous en donnant une image moins naïve. Comment juger de la qualité ? On voit que la question est délicate : qualité proportionnelle ou inversement proportionnelle au nombre de contributeurs ; processus linéaire d’accroissement avec quelques accidents ou des formes de plateau, voire des régressions ? La qualité des collaborations aurait un effet sur la qualité des articles.

Selon une étude récente, les changements apportés pour assurer la qualité des articles, avec de nouveaux contributeurs nombreux, aurait un effet négatif sur le recrutement de ces nouveaux contributeurs découragés par les mécanismes mis en place. Ainsi, incontestablement, un processus de professionnalisation a été organisé, processus qui a un effet dissuasif. D’un autre côté, on s’aperçoit que les « consommateurs », rôle que nous prenons tous à un moment ou à un autre pour Wikipédia, ont du mal à sortir d’une vision très naïve et se satisfont d’une sorte de « bonne pratique » paravent : on n’utiliserait que pour commencer une recherche, on ne s’arrêterait jamais sur un article de Wikipédia. Comportement que très peu de personnes adoptent, sauf dans des contextes très particuliers. Alors que l’on propose des modèles à discuter de perméabilité entre concepteurs et consommateurs, on s’aperçoit que pour Wikipédia, il y a d’un côté des concepteurs très instrumentés et d’un autre côté des consommateurs très peu outillés. Entre les deux, on peut s’interroger sur les connaissances, les instruments pour les « médiateurs » (enseignants, documentalistes, etc.). Ne devraient-ils pas en savoir collectivement beaucoup plus que les « simples » utilisateurs ?

Wikipedia est un excellent analyseur des évolutions éducatives : un discours rituel sur la nécessité de développer des utilisations du « numérique », une présence effective mais comme une espèce de sous culture, acceptable parce qu’elle rend des services, pratique mais décriée. Wikipedia est une mine pour les chercheurs, c’est aussi un projet en avance dans le domaine de la culture et dans celui du Web sémantique. Mais comment maîtriser cette technologie collective ? On ne perçoit pas encore bien toutes les potentialités et limites de l’écriture collective. Une tension apparaît : si on apprend par l’écriture, des contraintes de forme trop fortes découragent, l’exigence de qualité risque de conduire à un élitisme par trop restrictif. Il faudrait professionnaliser les intermédiaires, afin de palier le manque d’instrumentation, notamment permettant de visualiser des processus de construction pour juger une production. La question de l’expertise des éducateurs se pose avec une certaine urgence. Pourquoi n’arrive pas à se développer un regard plus professionnel sur les productions de ce travail collectif ?

Crédit photo : Kalexanderson (Creative Commons By)

Notes

[1] Voir par exemple, Bruillard Éric (1994). Quelques obstacles à l’usage des calculettes à l’école : une analyse, Grand N, n°53, p. 67-78.

[2] Page consultée le 6 mars 2013

[3] Kien Quach Tat (2011).. Recherche d’information sur le web et moteurs de recherche : le cas des lycéens. Thèse soutenue le 16 décembre 2011 à l’ENS de Cachan

[4] Viégas Fernanda B., Wattenberg Martin, Dave Kushal (2004). Studying Cooperation and Conflict between Authors with history flow Visualizations. In CHI 2004, April 24–29, 2004, Vienna, Austria. ACM.

by alexis at February 02, 2015 07:18 PM

[Communiqué] Framasoft condamne toute tentative de censure sur Wikipédia

Ne craignant pas le ridicule ni l’effet Streisand dont elle a inévitablement été l’objet, la DCRI (Direction Centrale du Renseignement Intérieur) a récemment illustré sa méconnaissance de ce qu’est l’encyclopédie libre et collaborative mondiale en tentant de censurer une page dont tout porte à croire qu’elle est loin de divulguer des informations classées secret défense.

L’association Framasoft se déclare profondément choquée par des mesures d’intimidation dignes d’un autre temps dont a été victime Rémi Mathis, contributeur bénévole de Wikipédia. Nous resterons très attentifs à la tournure des événements et déclarons notre soutien à Wikimédia France, l’association dédiée à la promotion de Wikipédia.

Parmi les innombrables réactions et le buzz de la twittosphère mondiale, lire particulièrement :

by Goofy at February 02, 2015 07:18 PM

Entretien avec le fondateur de Vikidia, l’encyclopédie libre pour les enfants

Vikidia, dans sa présentation la plus simple, est l’équivalent de Wikipédia pour les enfants. Ouvert depuis 7 ans, ce wiki réunit maintenant 16 000 articles et reçoit 600 000 visiteurs uniques par mois pour sa version première en français. Vikidia est détenu par l’association du même nom, avec le soutien de Wikimédia France et est hébergé par Tuxfamily. Des versions ont été ouvertes en espagnol, en italien et en russe.

Ses objectifs, ses bases et son fonctionnement très proches de ceux de sa grande sœur comprennent l’ouverture à la participation des enfants et adolescents pour sa construction et dans la plupart des aspects de son fonctionnement. C’est ce qui se passe effectivement avec une distribution très intergénérationnelle des contributeurs.

Orikrin1998, actif sur ces deux wikis a conduit cette interview d’Astirmays (Mathias Damour), le fondateur de Vikidia et également wikipédien. Celle-là a été complétée et actualisée pour être publiée sur le Framablog.

Vikidia

Entretien avec Astirmays (Mathias Damour)

Orikrin1998 : Bonjour Astirmays, et merci de m’avoir accordé le plaisir de t’interviewer.

Astirmays : Bonjour !

Orikrin1998 : Avant tout, peux-tu te définir tel que tu es dans la vie réelle, ce que tu fais, tes passions …?

Astirmays : J’habite à Annecy, je travaille dans un service chargé de l’application de la réglementation sur l’environnement, et les cours d’eau en particulier. Je profite du lac où je vais me baigner une bonne partie de l’année. Mon travail n’a donc pas de lien avec l’éducation, mais je me suis intéressé à ces questions à la fin et suite à ma propre scolarité.

Orikrin1998 : Comment as-tu découvert Wikipédia et eu envie d’y participer ?

Astirmays : Je me souviens qu’à l’été 2005, j’ai appris ce que sont les bases de fonctionnement de Wikipédia (ouvert à tous) et ça m’a tout de suite paru intéressant. Quelques mois plus tard, j’ai fait quelques modifications sous IP, et je me suis inscrit en janvier 2006, quand j’ai eu l’ADSL, en fait avec tout de suite l’intention d’y participer, peut-être pas massivement, mais disons sérieusement.

Orikrin1998 : Tu es le fondateur de Vikidia ; comment t’es venue l’idée de créer un tel site, et pourquoi ?

Astirmays : J’ai eu connaissance du projet Wikipédia Junior, sans m’y pencher plus que ça en premier abord, je participais à la discussion qui a mené à la création du label “bon article” comme variante d‘“Article de qualité”. En relisant les discussions de Wikipédia Junior et en commençant à y participer, j’ai vu rapidement que le projet n’était pas ce que j’avais imaginé d’abord, et qu’il y avait lieu de créer un wiki “junior” qui ait sa vie propre plutôt qu’une simple sélection d’articles. Certaines références en matière de pédagogie me permettaient de voir en quoi c’était possible de plusieurs points de vue : production de contenu, mode de gouvernance wiki. Un Wikipédia pour enfants pouvait être rapproché de certaines pratiques de classes ou d’écoles plus ou moins répandues, mais qui ont néanmoins fait leurs preuves, comme l’élaboration de ressources documentaires en pédagogie Freinet, l’école de Summerhill en Angleterre, qui fonctionne depuis 90 ans : les élèves et le personnel y tiennent une assemblée chaque semaine où peuvent être votées de nouvelles règles pour l’établissement. Je me suis aperçu par ailleurs que l’idée d’un tel wiki avait déjà été émise, et même mise en œuvre en néerlandais (WikiKids.nl ouvert début 2006) mais que personne ne semblait déterminé à mener un tel projet en Français ou comme projet international au sein du mouvement Wikimédia. Ayant une bonne représentation de ce qu’un tel projet pouvait être, j’ai alors décidé de l’ouvrir sans plus attendre !

Orikrin1998 : Cela a-t-il été dur ? Étais-tu seul au tout début, ou bien des proches ou des futurs vikidiens t’aidaient-ils déjà ?

Astirmays : Du temps, du travail certainement, mais dur, non. Le projet a été investi dès son lancement par un groupe de Wikipédiens, et on a eu la chance qu’ils s’impliquent comme ça, adhérant largement au projet, avec quelques tâtonnements et interrogations au début mais surtout beaucoup d’initiatives. Le lancement de Vikidia a certainement bénéficié de la dynamique du projet auquel il succédait : Wikipédia Junior, et en pratique c’était même pendant quelques mois un bandeau d’évaluation sur la page de discussion de près de 2000 articles de Wikipédia qui permettait d’annoncer ce wiki. On a eu de la chance également que les contributeurs se succèdent sans “trou d’air” important, jusqu’à aujourd’hui.

Orikrin1998 : T’attendais-tu à ce que Vikidia devienne ce qu’il est aujourd’hui ?

Astirmays : Je n’étais pas du tout certain que ça fonctionne, mais je l’espérais à peu près comme ce à quoi il ressemble maintenant, pas dans les détails bien sûr ! S’il y a un décalage par rapport à ce que j’imaginais dans le meilleur des cas, c’est d’une part que du côté participation, c’est régulier mais loin d’être massif, les contributeurs forment une communauté limitée. À l’inverse, je ne pensais pas à la qualité du résultat telle qu’on peut la mesurer notamment à travers les appréciations des lecteurs sur le livre d’or, qui sont maintenant déposées régulièrement.

Orikrin1998 : En ressens-tu de la fierté ?

Astirmays : Certainement oui, comme j’en ai ressenti à mon premier (et seul) article de qualité sur Wikipédia, et comme j’espère qu’en ressentent beaucoup de contributeurs de Vikidia en voyant le produit de leur travail intégré dans cette ressource !

Orikrin1998 : Quelles ont été, quelles sont et quelles seront tes contributions sur Vikidia ? Tiens-tu toujours un rôle de « fondateur », ou bien la masse d’utilisateurs t’a-t-elle supplanté sur ce plan là ?

Astirmays : Je ne suis pas un très gros rédacteur, mais il y a quelques articles dont je suis fier aussi. Quant à mon rôle, la communauté n’est pas si importante qu’on s’y perde ! Chaque contributeur compte. Pour employer un mot que je ne connaissais pas au lancement du wiki, je suis de fait comme un gestionnaire de communauté (« community manager »).

Orikrin1998 : Quels sont les objectifs du site maintenant ? De quel œil vois-tu l’éventuelle insertion de Vikidia dans la fondation Wikimédia ? Les utilisateurs sont nettement partagés sur ce point de vue.

Astirmays : Concernant les objectifs du site, les commentaires laissés par les lecteurs sont assez éclairants, on a beau avoir rédigé une masse déjà considérable d’articles, ils veulent encore plus de contenu, plus de sujets traités !

Après avoir travaillé au projet d’adoption de Vikidia par la Wikimedia Foundation, plusieurs raisons nous ont fait changé notre fusil d’épaule. La communauté Wikimédia internationale était peu réactive sur ce projet, et j’ai vu passer au cours du temps des objections assez radicales, portant par exemple sur la capacité des enfants à une participation constructive ou sur les obstacles légaux et juridiques supposés. Ces objections auraient certainement émergé à nouveau en cas d’avancée de la proposition. Une part des vikidiens voyaient plutôt avec enthousiasme une éventuelle adoption de Vikidia par la fondation qui détient Wikipédia, mais le scepticisme montait également de la part de participants plutôt anciens qui y voyaient un risque de perte de certains aspects de notre fonctionnement, sans avantages décisif en face. Les avantages d’une fusion comme une meilleure visibilité paraissaient moins convaincants au stade de développement où nous en étions arrivés. Enfin la Wikimedia Foundation, quoiqu’elle respecte une autonomie poussée de la communauté de chaque wiki, a selon moi un fonctionnement très centralisé pour tout le reste. Peut-être les grosses organisations qui ont réussi ne sont pas les mieux placées pour développer les innovations suivantes ! On a donc interrompu la démarche de demande/offre d’adoption de Vikidia par la Wikimedia Foundation.

Un sujet annexe devait être pris en compte, c’est l’existence de la version de Wikipédia en Simple English, selon un modèle qui n’a été copié dans aucune autre langue : viser un niveau de langage plus simple tout en se défendant d’être destiné aux enfants, ou bien en maintenant l’ambiguïté sur ce point. Dans l’optique de l’adoption de Vikidia comme projet ayant une vocation multilingue, la présence de Simple English Wikipedia ne facilitait pas la tâche puisque chaque option imaginable avait ses inconvénients ou ses difficultés : par exemple réorienter l’objectif de Simple English Wikipedia (y a-t-il quelque chose de plus difficile que de faire changer d’avis ou même d’identité tout une communauté ?) ou reprendre son contenu qui aurait été une sorte de fork interne à l’organisation… Abandonner le projet d’être adopté par la WMF nous libère sur cet aspect et nous avons décidé simultanément d’ouvrir une version de Vikidia en anglais, qui sera lancée à la fin du mois de février !

Orikrin1998 : Merci d’avoir répondu à ces quelques questions, et bonne continuation sur Vikidia !

Astirmays : Merci à toi, bonne fin d’après-midi !

by alexis at February 02, 2015 07:18 PM

Histoire d’une photo : le phare de Battery Point #Wikipedia

Voici une histoire toute simple mais qui raconte peut-être quelques chose de notre époque.

Lorsque KoS a demandé à son auteur l’autorisation de traduction voici quelle a été sa réponse :

Last week, someone contacted me via email and asked politely if I was ok with him translating one of my latest blog posts into French. I replied that the content of my blog was under a CC-BY SA 3.0 license, which allows the free re-use of the material for any purpose. A few days later, this person sent me the French version of my text that he had created with three other free knowledge enthusiasts. I’m still blown away by so much kindness and I’m deeply grateful for the work of the four people that I still don’t know who they are. Alors, “KoS, lamessen, Paul Scailyna and goofy” – merci beaucoup pour la traduction, vous êtes extraordinaire !

Frank Schulenburg - CC by-sa

Histoire d’une photo : le phare de Battery Point

Story Behind The Shot: Battery Point Lighthouse

Frank Schulenburg – 28 septembre 2013 – Site personnel
(Traduction : KoS, lamessen, Paul Scailyna et goofy)

« Alors, vous avez fait tout le chemin depuis San Francisco hier juste pour prendre une photo du phare ? »

« Oui, je suis photographe pour Wikipédia ».

Je suis assis à côté de Rick, conducteur de taxi à Crescent City, à six heures de voiture de là où je vis. Rick me conduit à l’aéroport, où je pourrai louer une voiture suite à un accident que j’ai eu la nuit dernière. Il me regarde et rigole. « Combien ils vous paient ? »

« Rien, je fais ça bénévolement. »

Rick me regarde. Il est stupéfait. « Mais ils remboursent au moins l’essence et l’hôtel. »

« Non, je paye tout de ma poche. »

« Pour prendre une photo de notre phare ? »

Visiblement Rick pense que je suis fou. « Oui, le phare. Nous n’avons pas de bonne photo du phare de Battery Point. »

Rick rigole encore, secoue la tête et sourit, « La prochaine fois, appelez-moi, je vous prendrai toutes les photos que vous voulez ».

Je n’avais pas envie de me lancer dans une discussion sur la difficulté de prendre vraiment une bonne photo d’un bâtiment. Combien de tentatives il me faut pour obtenir la bonne exposition, la bonne composition. Je n’ai pas non plus abordé « Wiki Loves Monuments », la compétition annuelle pour laquelle je prenais le phare en photo. Mais la réaction de Rick m’a fait réfléchir. C’était la troisième personne à qui je racontais mon histoire depuis mon arrivée à Crescent City, cette petite ville voisine de la frontière de l’Oregon. Et toutes les personnes avec qui j’avais parlé avaient eu la même réaction. Ils ont tous pensé que j’étais fou. Ou du moins étrange.

Crescent City est située sur la côte pacifique, dans la partie nord-ouest supérieure de la Californie. La pêche, le bois et le tourisme sont les principales sources de revenus. D’après Wikipédia, le revenu moyen par habitant en 2003 était de 13 000 dollars et près de 34 % des familles vivaient en dessous du seuil de pauvreté.

Est-ce bizarre de conduire près de 500 kilomètres pour prendre une photo d’un phare ? Peut-être. Du moins du point de vue de quelqu’un vivant à Crescent City. La plupart des gens avec qui j’ai discuté connaissaient Wikipédia. Cependant, aucun d’entre eux ne savait que les articles sont rédigés par des bénévoles. Pareil pour les photos. Certains pensaient que j’étais un photographe professionnel. À chaque fois que je disais « C’est une bonne chose de donner aux autres l’accès à une information libre », les gens acquiesçaient. Mais on voyait bien que le bénévolat n’est pas quelque chose de très répandu dans cette partie de la Californie.

Je suis rentré chez moi le même jour que celui où j’avais parlé avec Rick. J’ai beaucoup pensé aux gens que j’avais rencontrés. Et à leur réaction face à mon histoire.

Oui, c’est une bénédiction de pouvoir faire des choses qu’on aime pendant son temps libre. Ce mois-ci, des bénévoles du monde entier ont participé à « Wiki Loves Monuments », la plus grande compétition photo du monde. Ils y investissent leur savoir-faire, leur temps libre et parfois leur propre argent pour documenter le patrimoine culturel de plus de 50 pays. Au moment où je vous parle, plus de 250 000 images ont été déposées sur Wikimedia Commons, le dépôt de médias de Wikipédia. C’est un énorme succès ! Chapeau à ceux qui mettent en ligne mais aussi aux nombreux volontaires qui ont fait un super boulot dans l’organisation de ce concours. J’ai adoré, même si mon voyage à Crescent City s’est terminé de façon inattendue. J’aurais aimé prendre plus de photos de phares et passer le mot sur Wikipédia à des dizaines de milliers de bénévoles.

Heureusement, j’ai eu quelques photos acceptables du phare de Battery Point. Et je suis sûr que je vais y retourner. Il y a encore de nombreux phares le long de la côte de Californie et de l’Oregon qui n’ont pas une bonne photo sur Wikipédia…

Crédit photo : Frank Schulenburg (Creative Commons By-Sa)

by alexis at February 02, 2015 07:18 PM

Les universitaires ont intérêt à contribuer à Wikipédia — qui a intérêt à ce qu’ils contribuent…


présenté par Christophe Masutti

Le moins que l’on puisse dire, lorsqu’on fréquente les milieux universitaires, c’est que les enseignants-chercheurs partagent des avis très différents à propos de l’encyclopédie en ligne libre Wikipédia. Pour certains, c’est un non-sujet puisqu’il s’agit seulement de permettre à n’importe qui d’écrire n’importe quoi. Pour d’autres, il faut savoir y contribuer parfois pour corriger des erreurs, parfois parce qu’il est aussi du devoir du chercheur que de partager ses connaissances, et pour d’autres encore la pertinence de Wikipédia ne saurait être valide à cause de l’anonymat des contributeurs et de l’absence d’un comité éditorial dans les règles de l’art des revues universitaires classiques.

Une quatrième catégorie, en revanche, prend du recul par rapport aux régimes de publication académiques et considère que ce n’est pas parce que les règles de publications sont universitaires qu’elles doivent être universelles. Ceux-là proposent de contribuer activement à Wikipédia mais en tâchant d’opérer la distinction entre les objectifs et les normes de Wikipédia et les attentes habituelles des publications académiques.

L’American Historical Association est l’une des plus anciennes sociétés savantes aux États-Unis. L’une de ses publications mensuelles, Perspectives on History, a 50 ans d’existence et reste l’une des revues historiques les plus lues au niveau mondial. Stephen W. Campbell, un jeune chercheur, vient d’y publier un article-témoignage dont nous vous proposons ci-dessous une traduction. Il y synthétise rapidement l’attitude classique des historiens vis-à-vis de Wikipédia et propose justement de prendre un peu de recul par rapport aux questions épistémologiques de la neutralité et de l’objectivité.

Certains arguments sont bien entendus discutables, mais le plus important est que, en publiant ce témoignage dans une telle revue, on assiste certainement à une déclaration d’intérêt. Cela montre aussi que l’attitude des chercheurs par rapport à Wikipédia n’est pas un phénomène générationnel. William Cronon, le président de l’AHA en 2012, y est cité comme ayant encouragé la participation à Wikipédia.

La question est plutôt à entrevoir du point de vue de la participation active et volontaire : il y a une vie au-delà du régime de l’évaluation permanente et épuisante des instances de “valorisation” de la recherche académique…


Améliorer Wikipédia : Notes d’un sceptique éclairé

Source : Stephen W. Campbell, Improving Wikipedia: Notes from an Informed Skeptic, dans la revue : Perspectives on History, American Historical Association, mai 2014

Traduction Framalang : hack, r0u, KoS, Amargein, Gilles, Asta, Fchaix, goofy

En tant qu’historien américain qui étudie l’économie politique de la période d’avant la guerre de Sécession, j’ai toujours été fasciné par le mouvement de panique de 1837 – un cataclysme financier qui mérite son nom de « première grande dépression américaine », suivant l’expression employée dans un livre récent. Pendant les congés d’hiver 2012-1013, j’ai cherché « Crise de 1837 » sur Wikipédia et n’ai trouvé qu’une entrée assez décousue qui ne pointait que sur bien peu de sources secondaires. C’était fâcheux, c’est le moins qu’on puisse dire. Les rédacteurs de Wikipédia avaient marqué l’article comme partial ou incomplet et demandaient à un « spécialiste » de l’histoire des États-Unis de l’améliorer.

J’ai pris la décision d’améliorer l’entrée, et dans ce processus j’ai découvert des détails importants concernant les règles de Neutralité du point de vue de Wikipédia, les sous-cultures idéologiquement chargées qui, souvent, altèrent et falsifient ces entrées et une explication probable de mon aptitude à réhabiliter l’entrée avec succès. Depuis deux ans et jusque très récemment, j’ai été un critique véhément à l’encontre de Wikipédia, étant frustré par de trop nombreuses réponses dérivées de Wikipédia aux examens. Mais comme je vais le montrer plus loin, je suis devenu plus optimiste concernant la mission de Wikipédia et je crois qu’elle incarne de nombreuses valeurs auxquelles sont très attachés les universitaires.

Parmi ces derniers on trouve un large éventail d’opinions sur l’utilité de Wikipédia. L’ancien président de l’AHA William Cronon ne voyait que des avantages au fait d’encourager les historiens à contribuer davantage à Wikipédia, tandis que Timothy Messer-Kruse émet un jugement sévère en soulignant les écueils d’un site web qui ne fait pas la différence entre les opinions d’un expert et celles d’un profane, et dont la politique de vérification exclut les contenus seulement fondés sur des sources primaires inaccessibles – ce qui fait de lui un critique virulent de Wikipédia(1). Ma position se situe quelque part entre les deux.

En examinant de plus près cet article sur la Crise de 1837, j’ai remarqué que pratiquement tous les auteurs cités dans les références étaient des libertariens radicaux. La seule « référence externe » était un article écrit de façon informelle, aux sources sélectives, écrit par un obscur historien ne citant pas ses références, et rendu publique lors d’une conférence au Ludwig Von Mises Institute (LVMI), un think-tank d’Alabama qui n’est rattaché à aucune université ni soumis à un système de révision par des pairs.

Tenant son nom de l’économiste autrichien Ludwig Von Mises (1881-1973), l’organisation sponsorise des chercheurs prônant le « laissez-faire » économique et les théories du cycle économique de Friedrich Hayek. Certains LVMIstes (« membres » du LVMI) ont réduit à néant Abraham Lincoln, promu l’étalon-or, et donné une vision romantique du Vieux Sud en omettant l’esclavage. Le groupe rejette catégoriquement, d’après son site web, toute forme de régulation par l’État comme dangereuse pour « la science de la liberté ». Cela semble simpliste. La plupart des historiens reconnaissent que le terme « liberté » a plusieurs significations. L’accès à une assurance-maladie, la protection de l’environnement, ou celle des droits civiques, relèvent de la « liberté », mais nécessitent l’intervention de l’État

J’ai passé plusieurs jours de mes congés d’hiver à ajouter du contenu et des références sur le site, et les éditeurs de Wikipédia, vraisemblablement après avoir approuvé mes modifications, ont supprimé la mention qui fait référence à des informations partiales et incomplètes. Quant à savoir pourquoi cette expérience a été un succès, la réponse pourrait se trouver dans la politique de Wikipédia sur la neutralité de point de vue : les contributeurs doivent s’efforcer de « ne pas donner une fausse impression de parité, ni ne donner trop de poids à un point de vue particulier »(2). Tout économiste chevronné qu’ait été Hayek, l’interprétation de Von Mises était encore en minorité.

La façon dont j’ai édité pourrait expliquer pourquoi je ne me suis pas retrouvé dans une guerre d’édition chronophage. J’ai plus que doublé le nombre de références monographiques et d’articles de journaux révisés par des pairs tout en supprimant très peu du texte préexistant même si je le jugeais suspect. J’ai plutôt restructuré la prose pour la rendre plus lisible. Cette formule ne fonctionne peut être pas toujours, mais les historiens devraient essayer d’écrire autant que possible d’une manière descriptive sur Wikipédia et non de façon analytique, bien que cela puisse être contre-intuitif par rapport à notre formation et que la frontière entre description et analyse soit incertaine.

Les détracteurs de Wikipédia ont beaucoup d’objections valides. Il n’y a pas de rédacteur en chef ayant le dernier mot sur le contenu. La sagesse collective peut renforcer certains préjugés innés ou se révéler erronée au cours du temps. C’est le problème que Messer-Kruse a judicieusement mis en exergue dans ses recherches approfondies sur l’attentat de Haymarket Square – même lorsqu’un contributeur-expert, comme Messer-Kruse, élabore un argumentaire basé sur de solides preuves, les éditeurs bénévoles de Wikipédia peuvent tergiverser ou amoindrir le nouveau point de vue « minoritaire ». Enfin, il existe une possibilité pour que l’existence même de Wikipédia dévalue l’art et le travail d’enseigner et publier. Il y a quelques années, j’ai rédigé un article pour un projet d’encyclopédie sur l’esclavage américain d’un éditeur de référence bien connu. L’éditeur m’informa, après que j’eus fini mon article, que le projet serait interrompu pour une durée indéterminée, en partie en raison de la concurrence avec Wikipédia.

Il n’y a peut-être aucun sujet qui mène autant à la controverse que la pierre fondatrice de Wikipédia sur la neutralité. Les détracteurs se demandent si cet objectif peut être atteint ou même s’il est désirable(3). En décrivant ses règles qui mettent l’accent sur le double verrou de la « vérifiabilité » et du refus des « travaux inédits », Wikipédia indique qu’il vise à décrire les débats, mais pas à s’y engager. C’est cela qui fait hésiter les historiens. À partir du moment où nous sélectionnons un sujet de recherche et que nous collationnons des faits dans un ordre particulier, nous nous engageons involontairement dans un débat. Ajoutons à cela que les faits ne sont jamais vraiment neutres puisque ils sont toujours compris à l’intérieur d’un contexte idéologique plus vaste(4).

De plus, le plus surprenant parmi les règles de Wikipédia est la façon dont le site gère les approches complexes de ces nombreux problèmes philosophiques. Les contributeurs de Wikipédia insistent sur le fait que la neutralité n’est pas la même chose que l’objectivité. Le site évite de traiter les peudo-sciences, les fausses équivalences et soutient les principes de la revue par les pairs. Pour valider des arguments contradictoires, il donne la primauté à l’argument dans les publications érudites, et non à la validation par le grand public. Le règlement de Wikipédia reconnaît même que l’on ne peut pas considérer le principe de neutralité au sens le plus strict car les tentatives d’élimination de toute partialité peuvent se faire au détriment de la signification(5). Ce sont toutes ces normes que les universitaires devraient applaudir. Les rédacteurs de Wikipédia ont sans doute répondu aux critiques de Messer-Kruse, et bien qu’il n’incorporera jamais correctement des informations trop innovantes et récentes uniquement connues dans les milieux scientifiques, la beauté du site est qu’il contient les outils de ses propres améliorations.

Ayant conscience que certains de ces problèmes ne trouveront jamais vraiment de solution, j’en appelle aux historiens pour qu’ils consacrent quelques heures de leur précieux temps libre à l’amélioration de Wikipédia ; à titre d’encouragement, je demande aux administrateurs d’intégrer les contributions à Wikipédia dans leurs exigences de publication concernant l’attribution de poste de professeurs. Les docteurs récemment diplômés font face actuellement à une terrible crise de l’emploi et l’objectif tant convoité d’obtenir un poste de professeur à temps plein s’avère de plus en plus difficile à atteindre. Les contributions à Wikipédia pourraient être un bon moyen de valoriser leur CV en prévision d’un prochain entretien d’embauche. Les détails pour y parvenir restent probablement à régler.

Photo par mikedesign, licence CC BY-2.0 

Peut-être des historiens pourraient-ils s’identifier publiquement sur Wikipédia, sauvegarder leurs contributions, et être crédités si Wikipédia conserve leurs corrections. Publier ouvertement peut réduire le risque de troll, l’anonymat protégeant souvent les internautes des répercussions de commentaires indésirables. Les articles Wikipédia doivent venir en complément, et non en substitution, des articles traditionnels (dans des revues) et monographies, et les comités de validation devraient prendre en compte un certain quota d’articles en ligne par rapport aux articles traditionnels – peut-être quatre ou cinq entrées validées dans Wikipédia pour chaque article dans un journal traditionnel spécialisé.

Une des critiques récurrentes à l’égard des monographies est qu’elles conviennent seulement à un public spécialisé et limité, et finissent par s’empoussiérer sur des étagères de bibliothèques endormies. Peut-être que Wikipédia est le lieu idéal pour diffuser nos propres recherches et expertises à destination d’un public plus vaste, ce qui, théoriquement, permettrait d’améliorer la conception de l’histoire qu’a le public et la façon dont on en parle. Nombreux sont les représentants des sciences dures qui ont déjà pris en compte la publication électronique et comme d’autres l’ont souligné, nous risquons d’être marginalisés comme discipline si nous ne nous joignons pas à ce mouvement(6).

Au moment où j’écris ceci, environ un tiers du texte et la moitié des citations de l’article sur la crise de 1837 sont de ma main. J’ai dû mettre de côté ce précieux projet parce que le nouveau semestre venait de commencer, ce qui est bien regrettable parce que la page pouvait encore être améliorée, du moins ai-je procuré les lignes directrices aux autres spécialistes. Le site compte cinquante-huit « abonnés à cette page » et la section « Historique » affiche un grand nombre de suppressions qui ont été réintroduites – ce qui est peut-être l’indice de l’incorrigible obstination des partisans de Wikipédia. Les étudiants, les passionnés d’économie politique et le grand public disposeront toutefois de meilleures informations historiques, du moins je l’espère, à mesure que Wikipédia s’améliorera de façon continue.

Stephen W. Campbell est maître de conférence au Pasadena City College. Sa thèse de doctorat, terminée en 2013 à l’Université de Santa Barbara, analyse l’interaction entre les journaux, les institutions financières et le renforcement de l’État avant la guerre de Sécession.

Notes (Les ouvrages référencés en liens sont en anglais)

1.  William Cronon, « Scholarly Authority in a Wikified World », Perspectives on History, février 2012, http://www. historians.org/perspectives/issues/2012/1202/Scholarly-Authority-in-a-Wikified-World.cfm (consulté le 23 avril 2013). « The Professor Versus Wikipedia », On The Media, 9 mars 2012, http://www.onthemedia.org/story/191440-professor-versus-wikipedia/transcript/ (consulté le 27 février 2014).

2. Wikipédia : Neutralité du point de vue, http://en.wikipedia. org/wiki/Wikipedia:Neutral_point_of_view (consulté le 26 décembre 2013).

3. Jeremy Brown et Benedicte Melanie Olsen, « Using Wikipedia in the Undergraduate Classroom to Learn How to Write about Recent History », Perspectives on History, 50, Avril 2012 (consulté le 23 avril 2013).

4. Martha Nichols et Lorraine Berry, « What Should We Do About Wikipedia ? », Talking on Writing, 20 mai 2013, http://talkingwriting.com/what-should-we-do-about-wikipedia (consulté le 27 décembre 2013).

5. Wikipédia : Neutralité du point de vue.

6. Lori Byrd Phillips et Dominic McDevitt-Parks, « Historians in Wikipedia : Building an Open, Collaborative History », Perspectives on History, décembre 2012, http://www.historians.org/perspectives/issues/2012/1212/Historians-in-Wikipedia. cfm (consulté le 26 avril 2013).

* Ce travail est sous licence Creative Commons Attribution-NonCommercial-NoDerivatives 4.0 International.

by Goofy at February 02, 2015 07:18 PM

Wikimédia France

Quelle taille prendrait Wikipédia si on l’imprimait ?

Depuis sa création, Wikipédia n’a cessé de grandir, dans des proportions inimaginables à ses débuts. Au départ comparé aux autres encyclopédies existantes, elle les a rapidement dépassés en taille et en couverture pour redéfinir le standard encyclopédique actuel.

De fait, Wikipédia n’a plus commune mesure avec les encyclopédies qui furent imprimées sur papier. Là où Britannica — la plus ancienne et sans doute la plus reconnue des encyclopédies — contient 40 000 articles en langue anglaise, Wikipédia contient à l’heure actuelle plus de 27 millions d’articles dans plus de 250 langues, accompagné de plus de 23 millions de fichiers multimédia.

Ces chiffres sont difficiles à appréhender, comment comparer des objets aussi différents ? Britannica, dans son ultime version imprimée, occupait environ deux étagères… quelle place prendrait Wikipédia si on l’imprimait dans des conditions similaires ?

Nous avions déjà tenté de répondre à cette question en 2010, avec un dessin en 2D. Aujourd’hui, nous vous proposons une mise à jour à l’aide d’un allié inattendu : le jeu vidéo le plus vendu de tous les temps, Minecraft.

Minecraft est un jeu vidéo où le joueur peut construire des bâtiments en 3D un peu à la manière des Lego, par assemblage de blocs cubiques de différentes matières (bois, pierre, … et même un bloc « étagère de livres »). Nous allons mettre à profit ses qualités pour construire une bibliothèque virtuelle prenant la même place qu’une version papier de Wikipédia.

En partant de l’hypothèse conservatrice que chaque bloc étagère dans Minecraft peut contenir 10 000 articles et en arrangeant ces blocs sur deux rangées superposées, on peut construire un bâtiment de bibliothèque à deux étages qui (une fois rendu à l’aide d’un visualiseur à lancé de rayon), ressemble à ça :

Vue en contre plongée d'une bibliothèque de deux étages contenant de grands rayonnages de livres.

Aperçu de l’intérieur d’un bâtiment contenant une Wikipédia imprimée… en Minecraft.

Dans cette approche, Britannica occupe 4 blocs, là où Wikipédia en occupe plus de 2300 :

Quatre étagères de livres derrière une grille en fer.

L’encyclopédie Britannica, représentée par 4 blocs dans l’univers Minecraft.

Dans l’article de 2010, nous répartissions les articles en différentes catégories, suivant l’étude scientifique d’Aniket Kittur et ses collègues (1). Ici, nous utilisons une étude menée par  Jacopo Farina et ses collègues (2), plus récente et menée sur des bases un peu différentes. Les étagères sont donc classées selon les thèmes dégagés par cette dernière étude (histoire, sciences, géographie, etc.) dans des zones agrémentées de tapis colorées. Les drapeaux anglais indiquent les rangées d’étagères occupées par les articles anglophones (les autres langues ne sont pas indiquées, l’anglaise étant la plus représentée au sein de l’encyclopédie).

À titre d’exemple, les articles traitant de géographie et de lieux (le plus grand thème) prennent plus de 17 longues rangées sur un tiers de la largeur du bâtiment, dont trois seulement sont en langue anglaise :

Une longue rangée d'étagères, dont trois sont agrémentées de drapeaux anglais.

Vue sur la zone « géographie et lieux ».

Le rez-de-chaussé est occupé par les articles de Wikipédia proprement dit, le premier étage par la médiathèque « Wikimedia Commons » :

Vue générale avec le premier étage, contenant Wikimédia Commons.

Vue générale avec le premier étage, contenant Wikimédia Commons.

La vidéo ci-dessous vous invite à une promenade dans le bâtiment :
<iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="281" src="http://player.vimeo.com/video/116589864" width="500"></iframe>

Wikipédia construite en Minecraft from Noj Han on Vimeo.

Si vous disposez vous-même d’une copie de Minecraft, vous pouvez également y explorer la bibliothèque Wikipédia en y installant les  fichiers sources : Wikipedia-Minecraft.zip. Décompressez cette archive dans le répertoire « data/saves » de votre installation.

Allée centralelivresvueallee_commonsbatiment

Merci à Amélie, Clémence et Claire pour leur précieuse aide lors de la réalisation de cette construction.

Sources

    1. Aniket Kittur, Ed H. Chi, and Bongwon Suh, What’s in Wikipedia?: Mapping Topics and Conflict using Socially Annotated Category Structure. In Proceedings of the 27th international Conference on Human Factors in Computing Systems (Boston, MA, USA, April 04 – 09, 2009) — CHI ’09. ACM.
    2. Jacopo Farina, Riccardo Tasso and David Laniado, Automatically assigning Wikipedia articles to macrocategories. In Proceedings of the 22nd ACM conference on Hypertext and hypermedia (Eindhoven, The Netherlands, June 6-9, 2011) — HT’11. ACM.
    3. reportcard.wmflabs.org
    4. stats.wikimedia.org

by Johann Dréo at February 02, 2015 09:00 AM

February 01, 2015

Les échos d'en bas

Épisode 5 – Labellisations

Wikipédia en français compte 1 586 093 articles, 16 180 contributeurs actifs (80 admins actifs). Brèves du bistro Lundi. Labellisations : les votants sont-ils organisés en ‘fans clubs‘ « qui ne lisent même pas l’article proposé » ? Peut-être une des causes des défauts de ces articles, … Continuer la lecture

by Frakir at February 01, 2015 07:17 PM

January 30, 2015

Gratus

Tables Generator

Aujourd’hui, je vais vous présenter un site internet gratuit et sans inscription bien pratique. En effet, qui n’a pas (re)découvert la complexité de la syntaxe Wiki lorsqu’il s’agit de faire des tableaux ?

<figure class="wp-caption alignnone" id="attachment_359" style="width: 604px;">TablesGenerator<figcaption class="wp-caption-text">Capture d’écran du site — ©TablesGenerator.com</figcaption></figure>

Ce site permet de générer des tableaux automatiquement : on effectue d’abord les modifications que l’on veut grâce aux commandes et boutons, ensuite on remplis le tableau et enfin on clique sur le bouton Generate afin de générer le code automatiquement (logique).

Cela permet un gain de temps non négligeable car les copier-coller ou jeux d’onglets avec les pages d’aides ne sont plus nécessaire (sauf si on veut faire un tableau encore plus complet).

Il est également important de noter que le site peut générer des tableaux LaTeX, HTML, texte*, Markdown en plus du format MediaWiki.

Je donne — avant d’oublier — l’URL du site : http://www.tablesgenerator.com/

* Avec des caractères spéciaux ainsi que les signes + et -


by gratusfr at January 30, 2015 06:57 PM

January 28, 2015

Wikimédia France

Lancement des ateliers WikiCheese

Interview pour la télévision allemande ZDF

Le premier projet de crowdfunding de l’association Wikimédia France a été un franc succès. Du 24 novembre 2014 au 1er janvier 2015, la campagne a permis de collecter 7345 € sur la plateforme Kisskissbankbank. 114 personnes ont soutenu financièrement le projet et de nombreuses autres ont relayé les messages de la campagne sur les réseaux sociaux. La couverture presse a également été importante. Pas moins de 53 articles ont été consacrés à WikiCheese dans 17 pays.

Le projet va se décliner en 18 ateliers photo-dégustation dans les locaux de l’association à Paris. Le premier atelier qui s’est tenu vendredi 23 janvier a réuni une vingtaine de personnes. À l’occasion du lancement du projet, les médias sont venus nombreux. Des donateurs étaient également présents ainsi que les wikimédiens.

Entre deux interviews, nous avons photographié la fourme d’Ambert, l’époisse, le laguiole, le banon, le livarot, le massipou, l’emmental, le pouligny-saint-pierre, un fromage de chèvre cendré, et un le fromage anglais, le stilton. Les images sont en cours de traitement et viendront rapidement enrichir Wikimedia Commons.

Suivez l’avancement du projet sur Wikipédia:WikiCheese et retrouvez les photos de la soirée sur Commons ici !

by Pierre Yves Beaudouin at January 28, 2015 09:00 AM

January 25, 2015

CHWiki

JLB-OLB

Il est des pays où les gens au creux des lits jours où le lumpenfotograf se demande si tout cela vaut le coup, et si faire une centaine de kilomètres sous la neige pour un match de basket est vraiment une bonne idée. Mais n’écoutant que l’appel de la Freikultur et l’amicale pression d’un co-blogueur fin […]

by Clément at January 25, 2015 06:02 PM

Les échos d'en bas

Épisode 4 – POTY

Wikipédia en français compte 1 583 705 articles, 15 523 contributeurs actifs (75 admins actifs). Brèves du bistro Lundi. Bousculade du Nouvel An 2015 à Shanghai : clôture en conservation après de longues discussions : Forcément, en ne synthétisant qu’une grosse moitié des avis, on … Continuer la lecture

by Frakir at January 25, 2015 03:55 PM

January 21, 2015

Gratus

Je suis Charlie

Fusillade au siège de Charlie Hebdo

Wikipédia nous prouve que ce sujet est important : bien qu’il soit un article d’actualité, personne n’a osé le proposer à la suppression. Cette page a attiré beaucoup de contributeurs (hier après midi, on subissait des conflits d’éditions en séries (j’en ai jamais eu autant depuis que je contribue sur Wikipédia). L’évènement a également attiré beaucoup de lecteurs comme nous le montre cette capture d’écran de Wikiscan Live 24h réalisé le 8 janvier vers 19h20.

Wikiscan
Nous pouvons également remarquer la création de la boîte utilisateur {{Utilisateur Je suis Charlie}} déjà utilisé par un certain nombre de contributeurs.

Vous voulez avoir mon point de vue sur cette affaire ? Mon tweet résume assez bien mon état d’esprit (le retweet ne concerne que l’image).

<script async="async" charset="utf-8" src="https://platform.twitter.com/widgets.js"></script>

Crédit d'auteurs :
  - Logo « Je suis Charlie » : Domaine public ou CC-0
À noter au passage que ce logo/slogan a été réutilisé par divers médias, personnes ou institutions.
  - Capture d'écran : licence CC BY-SA 3.0. Auteur/crédit : wikiscan.org

by gratusfr at January 21, 2015 06:23 PM

Phabricator et Veto

Dans ce billet, je vais vous parler (entre autre) de phabricator. Ce site (lien) permet de créer des requêtes aux (gentils) programmeurs de MediaWiki d’améliorer, de corriger ou de modifier le logiciel. Il remplace Bugzilla qui n’est plus utilisé par Wikimedia.

J’ai eu l’occasion de m’inscrire sur ce site (inscription obligatoire pour modifications, lecture autorisée sans inscription) pour faire une requête (voir) afin d’autoriser les utilisateurs autopatrolled à renommer des images sur la Wikipédia francophone (droit actuellement réservé aux administrateurs) suite à ce sondage.

À noter que les développeurs ne sont pas très réactifs pour les problèmes d’importance low puisqu’une requête datant de 2012 concernant le remplacement du logo Wikipédia par une autre de plus grande résolution n’a toujours pas été traitée (voir) ce qui fait que les administrateurs des différents  Wikis doivent bidouiller dans MediaWiki:Common.css afin de changer le logo (voir requête pour la WP-fr, les administrateurs de WP-en ont déjà effectués la modification).

L’actualité Wikipédienne est également touchée par la proposition à la suppression du modèle {{Veto}} (- Veto) qui fait écho à cette section du Bistro dans lequel Elfix ↝ nous donne une explication « historique »  : « Ce modèle a été créé suite à une […] Prise de décision […] mais cette PDD n’a jamais été mise en application. Il n’a donc aucune signification. ».

Cette discussion a également permis de faire de la pub pour le modèle  Neutre fort décrit si bien par Barraki « ça [le modèle] me rappelle la pompe à rien Shadok : non seulement quand on pompe il ne se passe rien, mais plus on pompe, plus il ne se passe rien ! »

<script async="async" charset="utf-8" src="https://platform.twitter.com/widgets.js"></script>

Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez le dire. — Voltaire #JeSuisCharlie


by gratusfr at January 21, 2015 06:22 PM

January 20, 2015

Wikimédia France

Mise en place d’une WikiPermanence à l’Université Pierre-et-Marie-Curie à Paris

Une WikiPermanence est une rencontre physique entre des wikipédiens chevronnés et de nouveaux ou futurs wikipédiens qui souhaitent acquérir des connaissances et des conseils sur le fonctionnement de Wikipédia. Il ne s’agit pas d’une simple rencontre entre wikipédiens : la WikiPermanence est là pour répondre aux questions, permettre des démonstrations, offrir une aide aux premiers pas et, si cela se fait régulièrement, permettre un suivi. Une quinzaine de Wikipermanences ont déjà lieu régulièrement dans toute la France, que ce soit dans des tiers-lieux, chez des partenaires, ou encore au sein de médiathèques.

Wikipermanence à Rennes en 2012. Auteur : Trizek, licence : CC-By-SA

WikiPermanence à Rennes en 2012. Trizek, CC-By-SA.

Afin de faciliter l’appropriation de Wikipédia comme ressource documentaire, Wikimédia France et la Bibliothèque Universitaire Pierre-et-Marie-Curie s’associent pour mettre en place une WikiPermanence à la Bibliothèque de Chimie Enseignement, chaque premier mardi du mois à la pause méridienne.

Chaque session sera organisée autour d’un thème intéressant les étudiants. La première WikiPermanence se tiendra ainsi le mardi 3 février de 12h à 13h30, et s’intéressera notamment à la question « Être étudiant en sciences et contributeur Wikipédia ? ». D’autres thèmes sont pressentis pour les sessions suivantes, comme la fiabilité des articles, ce que signifie la publication sous licence libre…

N’hésitez pas à venir avec votre ordinateur portable, votre clé USB, vos questions ou même simplement par curiosité, c’est libre et gratuit !

by Litlok at January 20, 2015 04:07 PM

January 18, 2015

Les échos d'en bas

Épisode 3 – Griffon

Wikipédia en français compte 1 581 169 articles, 15 243 contributeurs actifs (71 admins actifs). Brèves du bistro Mardi. « l’équipe d’iStrat grimpe dans la hiérarchie des contributeurs afin de pouvoir ensuite discrètement embellir les notices de ses clients ». Mercredi. Le lecteur a-t-il vraiment besoin de … Continuer la lecture

by Frakir at January 18, 2015 09:38 PM

January 16, 2015

CHWiki

Bilan 2014

Après Ludo en 2013 et Erdrokan en 2014, c’est à mon tour de me coltiner le bilan de l’année écoulée. Mais comme je suis une grosse feignasse, vous pouvez toujours aller voir la liste des articles dans la catégorie Pour le plaisir des yeux, un recap des featured pictures supported by Wikimedia CH de l’année: […]

by Clément at January 16, 2015 07:58 PM

Gratus

Totem 2014

Wikipédia:Totem

Le totem choisi pour la génération 2014 est … LE GRIFFON

Pour rappel, le griffon a un corps mi-aigle (tête, ailes et serres), mi-lion (abdomen, pattes et queue).

<figure class="wp-caption aligncenter" style="width: 86px;"><figcaption class="wp-caption-text">Griffon</figcaption></figure>

Sur le podium, nous avons en deuxième place le dragon et en troisième place la chimère.

Voici l’histogramme de répartition des votes :

 Crédit d’auteurs

→ Griffon : domaine public
Histogramme soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Wikipédia:Sondage/Totem 2014 de Wikipédia en français (auteurs)


by gratusfr at January 16, 2015 04:35 PM

Wikimédia France

Le 1er Festival du Domaine Public soutenu par Wikimédia France

C’est quoi le Festival du Domaine Public ?

“Les œuvres du domaine public, lorsqu’elles sont numérisées, sont accessibles à tous ; elles peuvent être diffusées, échangées, modifiées librement. C’est un vaste patrimoine commun que chacun peut redécouvrir, s’approprier et réinventer comme bon lui semble.
Le domaine public réalise ainsi sa promesse : donner aux œuvres une « seconde vie », en permettant à tout un chacun d’y accéder sans demander d’autorisation ni de payer de droits.
Ce festival, [lancé par Alexis Kauffmann et Véronique Boukali, tous deux membres de Wikimédia France], se donne pour but de sensibiliser le plus grand nombre à l’importance et à la richesse du domaine public, par un ensemble de manifestations à la croisée de la culture, des nouvelles technologies et de la création.”

Pour retrouver tous les événements du Festival, et notamment ceux dans lesquels l’association s’implique, rendez-vous sur : http://festivaldomainepublic.org/ et sur Twitter : @dpfestival

 

 Source: http://festivaldomainepublic.org/a-propos.html

Un soutien de communication  en s’associant avec une école de design à Paris

Wikimédia France soutient ce premier “FDP” de plusieurs manières… et notamment à travers un partenariat avec l’Ecole supérieure des arts et techniques (ESAT) et ses étudiants pour la création d’une charte graphique. Jean-Philippe, chargé de communication chez Wikimédia France, a donc animé les étudiants autour d’un défi : la création d’une identité visuelle cohérente et attractive pour le grand public. Nicolas De Palmaert, Graphiste et professeur à l’école a accompagné pendant plusieurs semaines une dizaine d’étudiants dans le processus créatif. Véronique et Alexis ont également participé aux séances de briefing des étudiants, pour leur transmettre leur vision de ce festival. Il a accepté de répondre à nos questions.

Benchmark à l'Atelier Hourdé - Jean-Philippe WMFr

Benchmark à l’ESAT – Jean-Philippe WMFr – CC-BY-SA

Interview de Nicolas De Palmaert :

  • Bonjour Nicolas, pouvez-vous vous présenter rapidement ?

Bonjour, j’ai 37 ans. Je suis graphiste depuis 13 ans. Diplômé des Arts-Déco de Paris je travaille actuellement comme indépendant dans un atelier de création graphique et de scénographie dans le 93. Je suis aussi prof de graphisme depuis une dizaine d’année. (EPSAA, atelier Hourdé etc…)

  • Pourquoi votre participation à la création de l’identité visuelle du Festival du domaine public vous tenait tant à coeur ?

C’est d’abord un projet ambitieux. Ca me plait. C’est aussi une réflexion contemporaine sur le design et les droits d’auteur au cœur de l’actualité. Pour les élèves c’est une opportunité de rencontrer les acteurs du monde numérique. C’est leur avenir.

  • Vous êtes un passionné d’histoire de l’art et de design. Manager des étudiants sur un tel projet, en collaboration avec Wikimédia France, fut une bonne expérience pour vous ?

Bien sûr, ce fut une très bonne expérience, un échange fructueux pour être plus précis. L’équipe de Wikimédia France a été très investie auprès des élèves tout au long du processus de création, ce qui a été très apprécié. Et les élèves ont apporté tout leur talent et ont été très pro.

  • Vous êtes l’invité de Wikimédia France pour présenter deux personnalités entrants dans le Domaine Public le 30 janvier 2015 à la Gaîté Lyrique, un petit mot ?

Edward Johnston et Glovanni Mataloni sont les vraies vedettes ! Je ne suis que « l’aboyeur ».

  • Le mot de la fin ?

Il y a encore de nombreuses personnalités a faire découvrir. Le graphisme étant un métier jeune, on a de belles années devant nous !

Des propositions professionnelles et intéressantes de la part des étudiants :

Durant plusieurs semaines, les étudiants ont travaillé sur différentes pistes créatives, avec différentes méthodes et moyens techniques et artistiques. Le jury, constitué de Véronique Boukali, Alexis Kauffman et Jean-Philippe Kmiec, ont évalué et écouté les étudiants présenter leurs projets.

Les propositions graphiques des étudiants

Les propositions graphiques des étudiants – Jean-Philippe WMFr – CC-BY-SA

D'autres propositions des étudiants...

D’autres propositions des étudiants… – Jean-Philippe WMFr – CC-BY-SA

 

 

 

 

 

 

 

Interview des gagnantes, Manon Darcel et Lucie Broulou :

  • Bonjour, pouvez-vous vous présenter ?
 Manon Darcel et Lucie BroulouLucie Broulou, 24 ans, étudiante à l’ESAT en deuxième année de communication visuelle et Manon Darcel, 22 ans, étudiante à l’ESAT en deuxième année de communication visuelle.

  •   Connaissiez-vous le domaine public avant votre participation au concours ?
 Nous connaissions le domaine public avant la participation au concours, mais nous ne mesurions pas du tout l’importance de cette source d’informations! En effet, c’est un accès à la culture sans limites qui se renouvelle chaque année et nous n’en avions pas conscience.

  • Qu’avez-vous voulu exprimer dans vos créations ?
Notre concept est basé sur l’ouverture, l’accès à la culture que propose le domaine public. Nous avons pour cela utilisé le « C » barré du copyright. Au lieu de fermer le « C » par cette barre, nous avons préféré l’ouvrir vers des ondes qui se propagent sur l’artiste et son oeuvre, ainsi que vers l’avenir. C’est une façon de célébrer l’entrée des artistes dans le domaine public, plutôt que l’anniversaire de leur disparition.

  •  Qu’avez-vous retenu de cette expérience ?
Nous avons beaucoup appris de cette expérience: cela nous a permis de faire partie d’un projet professionnel dans le cadre de notre école. Nous avons dû faire face aux difficultés imposées par certaines contraintes, le tout en équipe. Il y avait un vrai enjeu: des clients à ne pas décevoir. On n’était plus dans le cadre de nos études. De plus, ce projet nous concerne particulièrement car il s’agit d’un accès nouveau à la culture et à l’Art. Cela demandait un travail d’organisation, de coopération, de création qui s’avère très complet et important pour notre formation.
  •  Le mot de la fin ?
Merci à tous ceux qui nous ont permis de participer à ce projet, et qui nous ont fait confiance!
Affiche officielle du Festival Du Domaine Public

Affiche officielle du Festival Du Domaine Public – Manon Darcel & Lucie Broulou – CC-BY-SA

Les organisateurs du Festival, Wikimédia France ainsi que tous les partenaires remercient chaleureusement les étudiants ainsi que la direction de l’école Atelier Hourdé pour leur participation.

by Jean-Philippe Kmiec at January 16, 2015 03:02 PM

January 14, 2015

Gratus

Gratus admin ?

J’ai posé ma candidature hier (voir). Voici un copier-coller d’une partie de cette candidature. N’hésitez pas à y indiquer vos avis, surtout s’ils sont favorables :)

Qui suis-je ?

Je contribue sur Wikipédia depuis mars 2013 et ai fais à ce jour plus de 16 300 contributions. Je suis également modificateur de filtre anti-erreur et dresseur de bot.

Pourquoi les outils ?

Je suis un contributeur assez touche-à-tout, les outils administrateurs me permettront de contribuer plus efficacement, notamment dans la maintenance, et de découvrir d’autres « horizons ». Même si j’effectue actuellement beaucoup de maintenance, il n’est pas exclus que je me retourne vers la patrouille que je faisais beaucoup à mes débuts.

En pratique, cela se traduira par une utilisation de l’outil pour de la maintenance technique (suppression de pages après clôture PàS, suppression de redirections inutiles , etc.) ainsi que pour la résolution des requêtes aux administrateurs simples (demandes de protections, modifications sur une page protégée, masquage de copyvios , etc.) et pourquoi pas plus compliquées avec le temps (expérience admin nécessaire comme les RA complexes, DRP, fusion nécessaire , etc.).

Actualité

13 janvier : Orikrin1998 est désormais administrateur (voir la consultation)
12 janvier  : Ouverture du vote pour la prise de décision « Officialisation de la restriction thématique (topic ban) ».
11 janvier : Ouverture du vote pour la prise de décision « Suppression de la double-catégorisation des personnalités par nationalité ».

by gratusfr at January 14, 2015 05:31 PM

January 12, 2015

Wikimédia France

Wikimédia France crée son conseil scientifique

Rémi Mathis a été président de l’association de 2011 à 2014. Il a choisi de se retirer lors de la dernière assemblée générale mais a été chargé par le nouveau président Christophe Henner de  fonder un Conseil scientifique de Wikimédia France, qui se réunira pour la première fois cette  semaine. Il nous en dit plus sur cette initiative.

Wikimédia France : Tu as quitté la présidence de Wikimédia France à l’automne dernier après plus de 3 ans comme président et 5 au conseil d’administration, mais tu n’es pas resté inactif puisque ton rôle a été de créer un « Conseil scientifique » ?

Photo: Hubert Nicanor - CC-By-SA

Photo: Hubert Nicanor – CC-By-SA

Rémi Mathis : Effectivement : cela faisait plusieurs années que nous y réfléchissions au sein du conseil d’administration. Il nous semblait important d’ouvrir Wikimédia France à des réflexions venues de personnes qui ne sont pas directement impliquées dans les actions menées de manière quotidienne. Le recul qu’a permis la grande réorganisation interne de l’association en 2013-2014 nous a donné cette liberté ; Wikimédia France a beaucoup mûri et c’était donc le bon moment pour se lancer.

Qui sont les membres de ce conseil scientifique ?

Nous avons voulu un comité assez restreint afin qu’il s’agisse d’un véritable lieu de réflexion, avec des rencontres régulières, et non d’un simple “comité théodule” ou d’un lieu de prestige. Les  membres ont été choisis pour leurs compétences diverses qui constituent des apports différents mais fondamentaux pour Wikimédia France.

Les voici, par ordre alphabétique :

  • Dominique Cardon, sociologue au laboratoire d’Orange Labs et professeur associé à l’université de Marne-la-Vallée
  • Camille François, Fellow au Harvard Law School’s Berkman Center for Internet and Society
  • Laurent Le Bon, conservateur général du patrimoine, président du musée national Picasso-Paris
  • Frédéric Martel, journaliste, écrivain, producteur à France Culture
  • moi-même, Rémi Mathis, ancien président de Wikimédia France, historien, conservateur des bibliothèques
  • Louise Merzeau, maître de conférence en sciences de l’information à l’université Paris Ouest
  • Henri Verdier, directeur d’Etalab, Chief Data Officer de la France
  • Cédric Villani, mathématicien, lauréat de la médaille Fields

 

D. Cardon (Lamiot - CC-BY-SA) C. François (personaldemocracy.fr) L. Le Bon (Pascal Ferro - CC-BY-SA) Frédéric Martel (Copyleft - CC-BY-SA) Louise Merzeau (Lamiot CC-BY-SA) Henri Verdier (Perline - CC-By-SA Cédric Villani (Renate Schmid - CC-BY-SA)

Bien sûr, la plupart des membres suivent les projets depuis longtemps et leur sont très favorables, mais la plupart ne s’étaient jamais impliqués dans le mouvement Wikimédia auparavant.
Nous avions même convié à ce conseil des personnes célèbres pour leur opposition à Wikipédia – comme Pierre Assouline, qui a hélas décliné – car un regard critique est toujours très enrichissant. Nous ne désirons pas recréer de l’entre-soi mais progresser ensemble.

Comment ce conseil prend-il place dans la gouvernance de Wikimédia France ?

Son rôle n’est pas du tout de prendre des décisions, il n’est pas un nouveau conseil d’administration [1]. Il sera plutôt là pour donner son avis sur les actions menées, à partir des documents produits par l’association et en collaboration avec le CA et les salariés, pour proposer un regard extérieur qui enrichisse la réflexion et évite de penser en vase clos qui peut être asséchant. Les experts qui le composent seront par ailleurs chargés de repérer et de proposer des opportunités pour l’association, car ils sont les plus à même de voir se dessiner des tendances à étudier et à suivre.

Quelles sont les prochaines étapes ?

La première réunion du conseil se tiendra le jeudi 15 janvier dans les locaux de Wikimédia France, en présence de la directrice exécutive et de membres du CA. Ce sera l’occasion de mettre au point un programme de travail : les réflexions pourront alors se fonder sur le projet stratégique de l’association et sur les éléments précis que nous rédigeons chaque trimestre pour rendre compte de l’emploi du budget.

Wikimédia France remercie chaleureusement les nouveaux membres du conseil scientifique pour leur implication à venir dans les projets de l’association.

[1] Wikimedia France  est administrée par un conseil de 12 membres maximum, élus pour deux ans par les adhérents de l’association réunis lors de l’assemblée générale annuelle. Renouvelé lors de l’Assemblée générale du 11 octobre 2014, le conseil d’administration est actuellement composé de douze membres. Plus d’informations : http://www.wikimedia.fr/conseil-dadministration 
 
 
 

by Anne-Laure Prévost at January 12, 2015 01:30 PM

January 11, 2015

CHWiki

« Je suis Charlie » à Genève

En ce début d’année marquant en événement majeur, nous nous devions d’apporter notre petite pierre à l’édifice. Hélas, mercredi, lors du rassemblement spontané suite à l’attentat contre Charlie Hebdo, nous n’avions pas notre matériel et l’obscurité de la soirée n’aidait pas aux prises de vue « à l’arrache ». Rien d’immortalisable pour la FreiKultur, donc. […]

by Erdrokan at January 11, 2015 08:31 PM

Les échos d'en bas

Épisode 2 – Charlie Hebdo

Wikipédia en français compte 1 579 003 articles, 15 246 contributeurs actifs (73 admins actifs).  Bilan 2014. Brèves du bistro Mardi. La récursivité est la rançon du succès mais aussi le poison de wikipédia. Mercredi. Charlie Hebdo en temps réel. L’article sur l’attentat a été … Continuer la lecture

by Frakir at January 11, 2015 05:38 PM

January 10, 2015

Coyau

Musique, Wikipédia, LilyPond, etc.

Il y a un peu plus d'un an, j'avais parlé (au détour de commentaires plus ou moins pertinents sur le yodle bluegrass) de partitions sur Wikipédia (je ne refais pas le sketch, si vous avez oublié, retournez le lire).

Depuis, j'ai un peu travaillé la question, j'ai renoncé à avoir une doc pour l'extension score, mais j'ai appris le LilyPond. J'ai tellement appris ça que j'ai fait des trucs étranges comme contribuer à mutopia (ce projet antédiluvien auquel on contribue par mail — à ceci près que personne ne lit les mails — rassurez-vous : j'ai arrêté les frais. Blagues à part, si ils ne lisent pas les mails et qu'ils ont un sens inné de l'interface, ils n'en ont pas moins un article sur Wikipédia, ici, que je n'ai pas lu depuis… oh…), jusqu'au moment où j'ai essayé musescore. En gros, ça sert à la même chose que LilyPond, mais avec une souris, à la place du clavier — point de théologie que je ne discuterai pas ici.

Si ça vous intéresse… bon, ok, je fais un paragraphe (avec des exemples). En très gros, LilyPond produit une partition en pdf prête à être posée sur un pupitre et un fichier midi indépendant alors que musescore fait une bidule très web avec un synthétiseur qui surligne la mesure qu'il est en train de jouer au fur et à mesure, mais qui marche nettement moins bien sur papier.
Si on regarde en détail, musescore est un peu rudimentaire en terme de fonctionnalités (par exemple, il ne gère pas le grégorien), et en terme de fini du rendu (pour aller vite, on reconnaît un rendu musescore à l'œil (les liaisons, par exemple) mais c'est wysiwyg, alors qu'un rendu lilypond tient la comparaison avec une partition Bärenreiter (si vous n'avez pas passé votre jeunesse avec une pile de partitions dans une main, un métronome dans l'autre et à chercher la salle de répétition, d'une part vous avez raté votre vie, et d'autre part c'est une maison d'édition qui fait des partitions de bonne qualité) — à condition d'y passer le temps (les réglages fins peuvent devenir assez chronophages, mais je n'ai rien trouvé de vraiment infaisable). Et puis LilyPond gère la musique d'ensemble, en saisissant une seule fois les notes, on peut produire un conducteur (la partition du chef d'orchestre avec toutes les parties) et le matériel d'orchestre (les partitions des musiciens), voire même avec les à défaut.
Après, il n'y a pas de moyen de passer d'un format à l'autre. L'interopérabilité n'est pas une priorité, ce sont des formats ouverts, si vous en avez besoin, z'avez qu'à le faire (putain de libristes…), de toutes façons, il semble que le format prédominant ne soit ni lilypond ni musescore : si vous voulez devenir maître de l'univers, allez apprendre le musicXML.

M'enfin, dans le fond, je ne voulais pas  me plaindre de ce que le monde est mal fait, ça n'y changerait rien. L'idée, c'était de faire le point sur là où j'en suis de comment faire pour ce genre de choses. Juste parce que c'est fun.

Vus les manques flagrants de performance du côté de la Wikimedia Fondation, j'installe LilyPond chez moi, histoire de pouvoir tester les bouts de code sans avoir à attendre des plombes le rendu. Tant que j'y suis, je prends une vieille version, genre la 2.14, qui correspond plus ou moins à ce qu'utilise l'extension score. Fondamentalement, ça marche comme les versions actuelles (2.18 et 2.19), mais il y a quelques points de détail qui ont changé ; ça reste marginal, mais je préfère ne pas travailler à l'aveugle (question de convenances) et ne pas attendre le rapport d'erreur sur fond rose de mediawiki pour me dire que je n'ai pas rétro-bidouillé à la main le truc). Les téléchargements, c'est ici, aller farfouiller dans les anciennes versions, s'armer de sang froid.

Avec ça, il suffit d'un quelconque éditeur de texte pour être autonome. Un éditeur de texte, la doc (tant qu'à faire, la doc de la bonne version, parce que sinon, ça va marcher moyennement) qui existe en html et en pdf (pour consulter en ligne et hors ligne, pour les jours où le site tombe), et un tube d'aspirine.

Ensuite, si on veut gagner du temps, et je suis toujours partant pour ça, vu que j'aime me voir taper des tas de trucs sur mon clavier, à toute vitesse et en faisant des quantités industrielles de fautes de rappe (oui, je sais, j'ai vu), mais au bout d'un moment, si j'ai la possibilité de moins me fatiguer et d'être un peu plus efficace, je préfère. Donc, comme éditeur de texte,  j'utilise Frescobaldi, qui est un éditeur de texte spécifique, qui fait de la coloration syntaxique, de l'autoco (par exemple, ici, ça ne fait pas) autocomplétion (voila), de la prévisualisation pdf et du synthétiseur midi. À croire que c'était fait exprès. En plus, pour les commandes courantes, il y a des boutons et des raccourcis claviers qui font le boulot à ma place (dans plusieurs versions de LilyPond, figurez-vous !). Et quand je fais une coquille, ça me surligne la ligne où j'ai merdé et ça me pond un rapport d'erreur. Et c'est 20 à 50 fois plus rapide que mediawiki sur le rendu.
Le site est ici, et il est un peu rudimentaire.
Il semble qu'il existe d'autres éditeurs, mais je ne les ai pas essayés (jEdit (lilypondtool), Denemo, Canorus, Emacs, Vim — oui, je recopie Wikipédia, et alors ?), donc je ne les commenterai pas.

Ensuite, je prépare mon petit bout de code dans Frescobaldi, et je le copie dans un
<score vorbis="1">
</score>
à l'endroit qui va bien. Ensuite, il faut de plus en plus souvent passer de plus en plus de temps à purger le cache (pas celui du navigateur, l'autre, celui de MedaWiki), parce que visiblement il faut palier à la main aux insuffisances de je sais pas qui.
Le dernier à partir vérifiera /etc/timidify/timidify.cfg et éteindra la lumière. Merci.

by Coyau (noreply@blogger.com) at January 10, 2015 02:28 AM