October 12, 2018

Vue de l'hôtel des Invalides depuis le côté Seine, sous la neige

Il y a quelques jours, j’ai assisté à la conférence « GLAM-WIKI (FR) » à Paris, dont l’objectif était de bâtir des relations et des partenariats entre le mouvement Wikimedia et le secteur culturel, qui partagent une mission de diffusion de la connaissance.

Cette conférence, appelée « Rencontres Wikimedia 2010 » en français, était la deuxième édition d'un colloque Wikimedia annuel qui se cherche encore (ce qui est naturel pour un évènement si jeune) ; le colloque précédent de 2007 visait davantage le monde universitaire et les « experts ». « GLAM-WIKI » est le nom d'une séries de conférences, débutées en 2009 à Canberra (Australie), et suivie de celle de Londres il y a quelques semaines. Les institutions culturelles sont appelées « GLAM » dans le milieu, un acronyme pour galleries, libraries, archives and museums : galeries, bibliothèques, archives et musées. Je leur préfère le nom de « memory institutions », également utilisé en anglais.

Une conférence introductive efficace

Le programme était intéressant, en proposant de bonnes synthèses sur Wikipedia, Wikimedia, et quelques initiatives et partenariats réalisés pendant les dernières années. Il s'agissait de « panels » et de présentations (la traduction en français par  « tables rondes » est assez maladroite).

Même si, au final, le programme visait davantage les représentants des organismes culturels, certaines sessions m'ont également été utiles (en tant que bénévole Wikimédien, et d'employé de la Wikimedia Foundation), notamment celle sur les métadonnées. C'est un domaine que je n'ai pu qu'effleurer lors du Multimedia usability project, mais auquel j'espère pouvoir consacrer du temps en 2011.

D'autres présentations étaient d'excellente qualité, comme celle de Ian Padgham, du SFMOMA. Sa présentation originale mais efficace consistait d'une bande dessinée (par lui) et a été donnée un français impeccable, coloré et très drôle. Ce fut rafraîchissant après deux jours de présentations plus formelles.

La salle, dans les locaux de l'Assemblée Nationale, était particulièrement accueillante. Quelques détails logistiques, tels que l'absence de prises électriques, ou l'absence des horaires dans le « Programme » en téléchargement sur le site officiel, ont provoqué des frustrations. D'un autre côté, on nous a rachetés avec des macarons.

La traduction simultanée en anglais ou en français (selon que l'orateur parlait dans une langue ou dans l'autre) était apparemment de très bonne qualité et a permis à tous les participants de profiter de cette conférence bilingue.

Futures éditions : davantage de rencontres

Si j'avais un conseil à donner pour l'organisation d'un évènement similaire à l'avenir, ce serait de plus mettre l'accent sur l'aspect « rencontres ».

Je conçois parfaitement que ce type d'évènement ait été une première en France, et que par conséquent le but était davantage de « planter la graine » que de réellement tisser des liens et faire fructifier des partenariats. Il est donc normal qu'une approche « introductive » ait été choisie cette année. Les conseils qui suivent s'adressent donc principalement aux organisateurs des prochaines éditions.

Bien qu'ils aient semblé être en minorité, de nombreux Wikimédiens s'étaient déplacés pour assister à cette conférence, certains venus d'autres pays. Je trouve dommage qu'il n'y ait pas eu davantage d'opportunités de réelles rencontres et d'ateliers.

En comparaison, l'atelier Wikimedia de la conférence « Museums and the Web» en avril 2010 avait vraiment permis aux membres des deux communautés de se rencontrer, au travers de discussions en petits groupes sur des sujets particuliers.

L'absence de badges nominatifs n'a pas non plus facilité de réelles rencontres. Sans badge, difficile de démarrer une conversation avec un inconnu lors des pauses café, par exemple. Une liste des participants, comprenant leur affiliation et leur adresse e-mail (avec leur accord préalable) aurait également été bienvenue.

Par ailleurs, il n'est pas très pratique de devoir s'organiser soi-même pour déjeuner, surtout en une heure et quart (ramenés à moins d'une heure avec les retards accumulés), pendant que les « VIP » (organisateurs et intervenants) déjeunent à l'étage. Je pense qu'une large majorité des participants aurait accepté de participer financièrement en échange d'un déjeûner-buffet sur place, en particulier nos collègues non francophones.

En résumé, l'évènement était sympathique et assez utile, et j'espère voir de futures éditions avoir lieu qui permettront des rencontres plus concrètes.

Ce mercredi, je participais à une réunion de l'équipe technique de la Wikimedia Foundation quand Mark Bergsma, notre Networking Coordinator basé à Amsterdam, a subitement dû s'absenter ; ce n'est que quelques instants plus tard que l'équipe a réalisé la raison de son départ. Un incident de climatisation dans le data center d'Amsterdam a déclenché un mécanisme de protection des serveurs, qui se sont automatiquement arrêtés afin de se protéger de la chaleur. Le centre d'Amsterdam gère généralement le trafic des sites Wikimedia en Europe ; Wikimedia dispose de procédures automatiques afin de pallier rapidement ce type d'incident en redirigeant l'ensemble des requêtes européennes vers les serveurs situés en Floride.

Ce processus de redirection est basé sur le DNS, c'est à dire le système qui fait le lien entre un nom de domaine (par exemple, « wikipedia.org ») et l'adresse IP de la machine qui l'héberge (par exemple, « 208.80.152.2 »). Malheureusement, ce système de redirection était défaillant au moment de l'incident de climatisation. L'équipe a rapidement identifié et corrigé le problème, mais c'était trop tard : l'erreur s'était propagée sur Internet dans les bases de données DNS.

En tout et pour tout, l'incident de climatisation et l'incident de DNS interne n'ont duré que quelques minutes. Mais à cette chaîne d'incidents s'est ajouté un autre problème : les bases de données DNS sur le web ont conservé les valeurs erronées trop longtemps, malgré les consignes des serveurs de Wikimedia, qui indiquaient qu'elles devaient être corrigées rapidement. Ainsi, les utilisateurs ne pouvaient pas accéder à Wikipedia, même si Wikipedia était bien là, en parfaite santé.

Cette série d'incidents est assez semblable aux chaînes d'incidents utilisées dans l'analyse des catastrophes aériennes (modèle de Reason, aussi appelé « effet gruyère ») : pris séparément, ces problèmes ne sont pas graves, ni même visibles, mais leur combinaison a rendu Wikipedia inaccessible pendant plusieurs heures.

Cependant, ce n'est pas la fin de l'histoire.

Aussitôt le problème résolu, Mark a rapidement rédigé et publié un article sur le blog technique de Wikimedia. L'objectif était d'expliquer la cause du souci et de rassurer les utilisateurs. Mais la twittosphère était déjà en pleine ébullition, et certains utilisateurs ont eu la bonne idée d'indiquer que la passerelle sécurisée secure.wikimedia.org, elle, fonctionnait toujours. Cette passerelle, qui habituellement ne doit gérer qu'un faible trafic, a aussitôt été saturée. L'ironie, c'est que secure.wikimedia.org est hébergé sur le même serveur que le blog technique qui, du coup, n'était plus accessible. Et demander aux internautes de ne pas utiliser la passerelle sécurisée n'a eu aucun effet. Du coup, l'équipe technique a décidé de désactiver temporairement secure.wikimedia.org, afin de rendre de nouveau accessible le blog technique, et ainsi l'article qui expliquait l'origine du problème.

La situation est revenue à la normale après quelques heures, au fur et à mesure que les bases de données DNS ont mis à jour leurs entrées. secure.wikimedia.org a été réactivé peu de temps après, quand la charge serveur est redevenue raisonnable.

L'un des projets sur lesquels l'équipe technique de Wikimedia a prévu de travailler prochainement est la création d'un « indicateur de statut » (status board), qui indiquera aux utilisateurs la « santé » des sites Wikimedia à un moment donné, un peu à la manière du Google apps status dashboard. Cet indicateur, qui sera hébergé de façon indépendante, permettra de tenir les utilisateurs informés des éventuels soucis et du retour à la normale. D'autres projets sont également en cours de finalisation afin d'améliorer de façon générale les performances et la redondance de l'infrastructure opérationnelle de la Wikimedia Foundation, en accord avec les recommandations du plan stratégique. J'y reviendrai dans quelques semaines.

October 06, 2018

« Nous sommes en 2018 après Jésus-Christ ; toute Wikipédia est occupée par l’absence de pub… Toute ? Non ! Car un appel au don peuplé d’irréductibles bandeaux résiste encore et toujours à l’envahisseur. »

Comme la WMF le dit elle-même, « Wikipédia est un lieu de connaissance et non de publicité ». Ce gentil message s’affiche dans un discret petit message ne prenant seulement que 80% de la hauteur de l’écran.

Cette année, je ne peux (heureusement) pas voir ces bandeaux, ayant déménagé outre-Atlantique. J’apporte cependant mon soutien aux lecteurs et contributeurs victimes d’un hébergeur qui part en roue libre.

Ce n’est pas la première fois que ces messages choquent la communauté, quand elle ne se demande pas si elle est victime d’un phishing. La WMF ne se contente plus de d’apposer des messages plus volumineux que le contenu utile, elle l’intègre directement dans les articles !

Face à cela, la réponse de la WMF reste toujours identique : c’est le moyen le plus efficace !

L’un des éléments que je trouve le plus détestable est de laisser croire que Wikimédia est au bord de la faillite alors qu’en réalité elle dispose d’une marge que l’on qualifiera de (très) confortable. Sans compter que le fait de réutiliser les mêmes codes (bandeaux volumineux, en gros, en rouge, etc…) que les sites les moins regardant niveau éthique n’est pas pour me remonter le moral.

Est-il vraiment nécessaire, afin de faire toujours plus de profit, de manquer ainsi de respect aux lecteurs et contributeurs ? Je ne pense pas.

On en arrive à un point où l’on se met à conseiller sur le Bistro d’utiliser un bloqueur de publicité sur le seul site du top 10 qui peux se vanter d’être ads free.

Mais ne soyez pas trop pessimistes, si vous donnez vous ne serez pas épargné par ces bandeaux et vous aurez même droits à des pourriels grotesques en prime.

[EDIT]

La campagne de don est nécessaire et permet de financer des améliorations majeures tels que la coloration syntaxique par exemple. Il est donc parfaitement normal et justifié que la WMF demande de l’argent. Je regrette simplement qu’elle place dans l’odre des priorité l’efficacité avant l’expérience utilisateur.

Images (cliquez sur le lien voir la licence et les auteurs)
* Campagne 2018 d'appel aux dons 01.png 
* File:Campagne 2018 d'appel aux dons 02.png

October 01, 2018


Brèves

Périodique wikis — Vous pouvez consulter trois périodiques : WikiJournal of Medicine, WikiJournal of Science et WikiJournal of Humanities publiés sur la Wikiversity en anglais. Les articles proposés sont relus par des pairs avant d'être publiés. Aux formats HTML et PDF, les articles sont dotés d'un DOI et sont signés par leurs auteurs. [1]

Aladdin and the Wonderful Lamp, film muet de 1917 d'une durée de 39 min 52 s.

Traduction — Le 30 septembre est la Journée internationale de la traduction, et la Wikimedia Foundation tient, elle aussi, à célébrer cette journée parce que la traduction constitue un apport essentiel au maintien de l'écosystème Wikimedia. « Presque tout ce travail est effectué par des volontaires du monde entier qui aiment leur langue et s'identifient aux valeurs du savoir libre. Ces bénévoles consacrent leur temps à traduire des articles, de la documentation et des messages d'interface utilisateur de logiciels dans leur langue. Par conséquent, les personnes qui parlent leur langue ont un meilleur accès à du matériel éducatif utile, comme des informations essentielles sur les vaccins, et permettent à un plus grand nombre de personnes encore d'apporter leurs propres connaissances. »[trad 1]
Le billet souligne le travail de deux wikimédiens français : Authueil‏ (qui a traduit plus de 600 articles en français à partir d'autres langues) et Patachonf (plus d'un millier d'autres langues), ainsi que d'un contributeur grec : Nikosgranturismogt (qui dépasse deux mille articles traduits en grec, surtout de l'anglais). Ces trois contributeurs sont des traducteurs amateurs, alors que Alfiya Akbutina est une traductrice professionnelle qui traduit surtout du russe vers le bachkir. Elle fait partie d'un groupe de femmes qui se disent des « grands-mères du wiki bachkir »[trad 2]. Akbutina est peu versée dans la technologie, mais éprouve beaucoup de plaisir à traduire des articles de différents domaines : médecine, artistes, technologie, mode... au gré de ses intérêts. [2]

Primer — Une start-up en intelligence artificielle, Primer, développe Quicksilver, un outil qui permet de détecter des articles sur des scientifiques à créer, de notoriété semblable à ceux déjà présents sur la Wikipédia en anglais. Quicksilver a parcouru environ 30 000 articles de ce wiki et leur élément Wikidata associé, puis 3 millions de phrases dans des documents décrivant leurs travaux et les scientifiques, pour finir avec 200 000 auteurs d'articles scientifiques. Créant des critères de notoriété à partir des articles de Wikipédia, le logiciel a proposé environ 40 000 articles à créer.

Rechercher des médias libres — Si vous êtes un aficionado de Wikipédia et des sites frères de l'écosystème Wikimedia, vous savez où trouver des médias publiés sous licence libre. Vous n'avez aucune idée ? Indice : Wikimedia Commons. Peut-être aimeriez-vous élargir vos horizons du libre ? Google peut cibler sa recherche sur des médias dits libres en modifiant le paramètre des droits d'usage. Le site de Creative Commons offre un moteur de recherche qui ne renverra que des médias publiés sous licence libre. Essayez par exemple Chopin.

Nuvola-inspired File Icons for MediaWiki-fileicon-doc-alt2.png Payés pour contribuer

Des contributions rémunérées (1) • Des contributions rémunérées (2) • Des contributions rémunérées (3) • Un contributeur sceptique • Le co-fondateur • EthicalWiki • Wiki-PR • Modification des conditions d'utilisation • Belfer Center • Banc De Binary • Vertébroplastie • Orangemoody • Racosch • hémisphère Sud

Payer pour que le Sud contribue — Lors de Wikimania 2018 en Afrique du Sud, des contributeurs ont soulevé l'absence de temps libre de certaines communautés pour pouvoir contribuer à l'élaboration de Wikipédia (ou d'autres wikis)[note 1]. C'est un problème considérant le modèle sur lequel sont fondés les wikis hébergés par la Wikimedia Foundation (WMF), un modèle basé essentiellement sur le bénévolat des contributeurs.
Le périodique Wired publie un article sur ce sujet, suggérant de payer des contributeurs du Sud pour contrer cette inégalité. Conscient de la sensibilité du sujet, l'auteur de l'article propose de promouvoir une activité qui semble relativement bien acceptée jusqu'ici par les communautés wikimédiennes : les résidences.

La prochaine édition de Wikimania — Après l'édition 2018, qui s'est déroulée en juillet dernier au Cap, en Afrique du Sud, retour en Europe ! Wikimania 2019 aura lieu du 14 au 18 août à Stockholm, en Suède. Des dates à réserver !

Wikimedia Endowment — La société Amazon a versé 1 million $US à la Wikimedia Endowment, fondation établie pour pérenniser financièrement l'écosystème Wikimedia. En effet, Wikipédia et les projets-frères sont financièrement soutenus par des donateurs individuels, mais cette source de financement, assise sur la confiance des internautes, pourrait se tarir dans un futur proche, d'où la fondation établie en 2016. En plus des dons individuels, la Wikimedia Endowment offre des arrangements pour des dons futurs (par exemple, par le biais d'une police d'assurance). [3]

Dans les coulisses de la Wikimedia

GFDL et Wikimedia Commons — Ce wiki « n’autorisera plus le téléversement des photos, peintures, dessins et enregistrements audio ou vidéo qui ne sont publiés que sous la licence GFDL. Cela prendra effet à partir du dimanche 14 octobre 2018. Les textes et livres, manuels, logos, diagrammes et captures d’écran des manuels et guides d’utilisation des logiciels publiés sous la licence GFDL sont encore autorisés. Un fichier fourni à la fois sous la licence GFDL et une autre licence acceptée, telle que Creative Commons BY-SA, est également encore autorisé. » (fr)[4]

Moteur de recherche — Le superviseur de l'équipe chargée du moteur de recherche des wikis a publié un billet sur le fonctionnement de celui-ci. Il explique que le processus de recherche suit grossièrement ces étapes : (1) l'ensemble des documents à rechercher est stocké dans une base de données, qui s'appelle alors un index, (2) un utilisateur soumet une requête, (3) les documents qui correspondent à la requête sont copiés de l'index, (4) ils sont classés selon leur degré de correspondance et (5) ils sont présentés à l'utilisateur, du plus probable au moins probable. Chacune de ces étapes est de façon superficielle simple, mais elles sont dans les faits complexes pour diverses raisons. Par exemple, vous lisez ce texte en français, une langue romane et donc syllabique, mais comment traiter les langues idéographiques, tels le chinois et le japonais ? Dans la suite du billet, l'auteur porte son regard sur l'étape (2).
Les ordinateurs et les humains excellent dans certains domaines, le plus souvent exclusifs. Par exemple, nous les humains avons en général beaucoup de facilité à traiter le langage, au contraire des ordinateurs. Lorsque vous lisez la phrase « J'ai vu l'oiseau, volant au-dessus des montagnes », vous comprenez intuitivement que l'observateur se trouve plus bas que l'oiseau. Par contre, si vous lisez « J'ai vu la ville, volant au-dessus des montagnes », vous savez que la ville ne peut pas voler et donc vous en conclurez probablement que l'observateur se trouve dans un aéronef. L'ordinateur, lui, ne saura probablement que conclure en lisant la seconde phrase, à moins qu'il n'ait été préalablement préparé. « L'aisance que les humains ont avec le langage cache souvent la plupart de la complexité, des connaissances et de la prise de décision qui va dans l'utilisation des mots et qui leur donne un sens. En général, les gens ne savent même pas ce qu'ils font pour traiter le langage — du moins jusqu'à ce qu'ils doivent programmer un ordinateur à le faire. »[trad 3] En attendant la mise au point d'une intelligence artificielle capable de lire et « comprendre » des millions de documents, il faut amener l'ordinateur à imiter la compétence humaine.
Le traitement d'une requête commence par l'analyse lexicale qui consiste à convertir une chaîne de caractères en une liste de symboles (des tokens). Dans la majorité des langues romanes, l'analyse lexicale se résume à séparer la requête en mots. Toutefois, l'espace n'est pas l'unique séparateur de mots, car la ponctuation joue un rôle dans le texte. L'ordinateur doit aussi traiter les mots composés (comme « tout-en-un »). Le point n'est pas toujours final (comme dans « C.O.D. »). En français, il est pertinent de séparer le mot élidé du mot qui suit (comme dans « t'aime »), mais pas en anglais (par exemple « don't »). D'autres aspects du langage écrit peuvent également « égarer » l'analyse lexicale.
Que faire pour les langues idéographiques, où l'espace ne joue aucun rôle sémantique ? Dans ce cas, il faut trouver les « mots » parmi les idéogrammes à l'aide d'un dictionnaire, c'est la segmentation des mots. Quels mots choisir ? Ceux qui sont les plus probables. Quand les idéogrammes sont mal écrits, le moteur de recherche doit pouvoir détecter les erreurs. Il doit aussi composer avec les noms propres. L'apprentissage automatique peut aider le moteur de recherche, mais ce n'est pas toujours suffisant. Il peut aussi s'appuyer sur des données statistiques et des données empiriques. Dans certains cas, pour les langages syllabiques, le moteur va diviser le texte en séquences de n lettres qui se chevauchent. Aux yeux d'un humain, c'est presque inutile, mais le moteur de recherche peut extraite une information utile à la condition de choisir le bon nombre de lettres.
Il n'existe aucune réponse simple à ces requêtes complexes. Dès lors, les programmeurs recherchent des règles qui fonctionnent le mieux, puis ajoutent des exceptions. L'auteur du billet met en garde, toutefois, contre les systèmes fortement « arrimés » à une seule langue, parce qu'ils planteront de façon spectaculaire lorsqu'ils seront exposés à d'autres langues. Ce scénario n'est pas improbable, parce que Wikipédia et Wiktionnaire se déclinent en de multiples langues, et pas seulement des langues romanes mais aussi le mandarin, le japonais et le télougou. C'est pourquoi il est partisan d'une approche simple et robuste (c'est-à-dire qui ne fera pas planter le système).
Il mentionne que la recherche peut aussi porter sur des termes qui comprennent des espaces ou tout autre séparateur (ex., « Thiokol SR73-AJ/TC-1 »). Le moteur peut aussi rechercher des noms propres, une tâche facile pour les humains, mais parfois très difficile pour les systèmes logiciels (ex., « Ðiện Biên Phủ » ou encore « John Smith », nom incomplet de plusieurs personnes ; voyez tous les John Smith dans la Wikipédia en français).
Il termine en mentionnant avoir tenté différentes approches pour la Wikipédia en chinois, où le mandarin traditionnel côtoie parfois le mandarin moderne, la Wikipédia en japonais, la Wikipédia en coréen et la Wikipédia en thaïlandais. Avec plus ou moins de bonheur. Néanmoins, l'équipe chargée du moteur de recherche poursuit ses efforts pour améliorer les résultats dans ces langues.
Dans une note de bas de page, il présente un exemple où l'ordinateur fait mieux les calculs, mais où l'humain perçoit facilement un motif. Demander à quelqu'un de trouver tous les entiers divisibles par 3 ou 5, mais pas les deux en même temps, puis de tous les additionner. Pour les entiers inférieurs à 100, c'est 2103. Sous la barre de 1 000, c'est 201003. Pour 10 000, c'est 20010003. Inférieurs à 100 000, c'est 2000100003. Jusqu'à 1 000 000, c'est 200001000003. Aucun humain n'aurait pu additionner aussi facilement ces nombres ; toutefois, aucun ordinateur n'aurait pu, sans programmation préalable, découvrir le motif. [NdT : ces résultats sont à rapprocher de la somme des premiers entiers.]

Courrier du lectorat

(Il nous fera plaisir de lire les messages déposés ici et, si nécessaire, d'y répondre dans les plus brefs délais.)

Je suis peiné de lire que des gens suggèrent de payer des citoyens du Sud pour qu'ils contribuent. Ils n'ont pas le niveau de vie de l'hémisphère Nord et ils manqueront toujours de temps libre, de soutien financier, etc., comparativement aux gens du Nord. Si la WMF les soutient, elle doit envisager de les soutenir ad vitam æternam, un proposition qui déplaira à la communauté wikimédienne. Par ailleurs, même s'ils sont soutenus financièrement par la WMF, ils écriront des articles sur leurs intérêts, comme les gens du Nord le font (ce qui est tout à fait normal). Est-ce que les internautes du monde entier y trouveront leur compte ? Je crois que non, mais je peux me tromper. Finalement, le nombre d'articles à écrire/améliorer est immense, sur une foule de sujets. Les gens du Sud qui seront payés constitueront une part minuscule de l'effort bénévole. Leur apport sera marquant par les sujets abordés, mais je crains que le nombre d'articles soit microscopique comparativement aux articles écrits par les gens du Nord. — Cantons-de-l'Est discuter [‌opérateur] 2 octobre 2018 à 02:57 (CEST)

« Voilà pourquoi je passe plus de temps à lire Wiki in extenso, aux environs de 2245. Il n'a pas été mis à jour depuis plusieurs décennies mais c'est encore suffisamment récent pour qu'on y parle de bombes solaires et de grenades à fragmentation. »
Hugh Howey, Phare 23
Retour des lecteurs : vos suggestions sur la présentation de RAW ou ses prochaines publications sont les bienvenues ici.
Rédigé/traduit par Cantons-de-l'Est et Simon Villeneuve.
Citations originales
  1. (en) « Nearly all of this work is done by volunteers from around the globe—volunteers who love their language and identify with the values of free knowledge. These volunteers invest their time into translating articles, documentation, and software user interface messages into their languages. As a result, people who speak their language have better access to useful educational materials, such as essential vaccine information, and enable even more people to contribute their own knowledge. »
  2. (en) « Bashkir Wiki-Grandmas »
  3. (en) « The ease that humans have with language often hides most of the complexity, knowledge, and decision-making that goes into using words and giving them meaning. People generally aren’t even aware of how much they do to process language—at least not until they have to try to get a computer to do it. »
Notes
  1. commentaire de Simon Villeneuve : lors de l'école d'été du numérique 2018, nous avons eu des témoignages semblables d'Haïtiens concernant l'absence de temps libre pour contribuer.
Références

September 07, 2018

Demain samedi 7 septembre, ça fera tout juste une semaine que la huitième édition du concours Wiki Loves Monuments a débuté. Chaque année, ce sont des bénévoles qui donnent de leur temps pour s’assurer que les images soumises dans le cadre du concours sont bien éligibles. Pendant ce travail de tri, des découvertes se font au jour le jour, voilà une sélection des photos qui ont particulièrement attirées l’attention des volontaires pour cette première semaine de compétition.

 

Abbatiale de l’abbaye de Chaalis par Anne Jea CC-By-SA 4.0

En bonus, une sélection des plus beaux châteaux pris en photo par Krzysztof Golik pour cette année 2018.

 

 

A ce moment du concours, près de 40% des photographes de cette huitième édition de Wiki Loves Monuments contribuent pour la première fois sur Wikimedia Commons. Comme eux, vous aussi participez au plus grand concours photo du genre au monde et aidez à améliorer Wikipédia !

→ Verser mes photos

 

L’article Une semaine et déjà plus de 1900 photos est apparu en premier sur Wiki Loves Monuments France.

September 03, 2018

Depuis le 1er septembre, le concours international annuel de photos de Wiki Loves Monuments est lancé pour collecter des images afin d’illustrer des articles de la plus grande encyclopédie en ligne qu’est Wikipedia. Cette année, la compétition a lieu dans  51 pays du monde. Le jury de chaque pays participant sélectionne les dix meilleures photos de la scène nationale qui participeront à la compétition internationale.


Wiki Loves Monuments , le concours annuel de photographie du mouvement Wikimedia, se déroule tout au long du mois de septembre. Petits et grands, vous avez jusqu’au 30 septembre pour participer. Les règles sont simples, tout ce que vous avez à faire est de vous connecter ou de vous faire un compte sur Wikimedia Commons, de prendre une photo originale d’un bâtiment répertorié dans la base Mérimé du Ministère de la Culture, et de l’importer sur Wikimedia Commons en utilisant cet assistant.  Vous pouvez utiliser cette carte interactive pour trouver et importer les monuments les plus proches de chez vous. En plus des prix nationaux et internationaux, il y a des nouveautés pour cette édition 2018 !

Des monuments historiques mais pas que

Depuis le début de la participation française au projet, 77 % des monuments historiques ont été photographiés et versés sur Wikimédia Commons. Cette sauvegarde du patrimoine, valorisée en partie sur Wikipédia, dépasse cette année le cadre des monuments historiques pour s’ouvrir à l’inventaire général du patrimoine culturel de la base Mérimée qui comptait en 2005 environ 147 000 fiches (contre 42 000 fiches pour les monuments historiques). Si un certain nombre des monuments historiques sont déjà bien connus du public, il s’agit en revanche d’une opportunité d’implication citoyenne et de valorisation pour ces autres éléments du patrimoine qui se font plus discrets.

Wiki Loves Monuments à l’UNESCO

Dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine (JEP), l’équipe d’organisation du concours et les salariés de Wikimédia France animeront un stand dédié au plus grand concours photo du monde au siège de l’UNESCO Paris à l’occasion du #UNESCOHeritageLAB. Pour la première fois après 70 ans d’engagement pour la sauvegarde et la promotion du patrimoine de l’humanité, l’UNESCO ouvre ses portes au grand public. À travers plus de 20 projets et startup réunis pour ces deux jours, l’UNESCO propose à chacun de prendre la mesure de la révolution en cours dans notre façon de valoriser, accéder, préserver et restaurer le patrimoine.

L’objectif de cette initiative est de faire se rencontrer le public des JEP, en particulier les 15-30 ans, et les porteurs de projets innovants au service du patrimoine, de sa valorisation, de son accès, de sa préservation ou de sa restauration.

Pour l’occasion et grâce à notre sponsor Cheerz les visiteurs pourront se prendre en photo devant un mur complet des images lauréates des précédentes éditions françaises et internationales. Ces photos seront par la suite diffusées sur les réseaux sociaux avec les hashtags #WikiLovesUNESCO et #WikiLovesMonuments afin de diffuser au maximum ce projet photographique d’exception qu’est Wiki Loves Monuments.

Prix ​​spécial photo européenne

Dans le cadre de l’Année européenne du patrimoine culturel 2018 un prix spécial sera consacré au patrimoine européen. Le Comité national allemand pour la protection des monuments a mis à la disposition de Wikimedia Allemagne des prix spéciaux pour le patrimoine européen .

La sélection des trois photos gagnantes se fera au niveau international parmi les photographies soumises au niveau national des différents pays européens participants à la fin de l’année.  Chaque pays sélectionne 10 photos à envoyer à l’équipe internationale pour le prix international et en parallèle elle sélectionnera 3 gagnants parmi les photos prises dans des pays européens.

Médaille d'or icon.svg 1000 €
Médaille d'argent icon.svg 700 €
Bronze médaille icon.svg 300 €

Née en 2010 aux Pays-Bas, cette initiative vise à encourager les internautes du monde entier à photographier les monuments historiques et de verser ensuite les clichés sur Wikimédia Commons, en optant pour une licence permettant leur libre diffusion et utilisation. En 2017, ce sont 245 445 photographies de plus de 50 pays qui ont participé au concours, dont 9 457 en France.

L’article Du nouveau en 2018 est apparu en premier sur Wiki Loves Monuments France.

September 01, 2018

Message de Simon Villeneuve,

Chères lectrices, Chers lecteurs,

Les Regards sur l'actualité de la Wikimedia (RAW) fêtent la publication de leur 200e numéro. Pour l'occasion, nous vous proposons un Courrier du lectorat, une section dédiée au courrier des lectrices et des lecteurs. En plus de donner un espace aux personnes désirant s'exprimer de manière occasionnelle sur un aspect particulier de l'écosystème Wikimedia, cette section remplacera le système antérieur de commentaires.

N'hésitez pas à vous y rendre et y écrire un petit quelque chose !


Message de Cantons-de-l'Est,

Je tenais à souligner ce passage et, cet été, j'ai trop peu suivi les actualités de la Wikimedia. Pour me faire pardonner, j'ai ajouté des informations jusqu'à ce que l'infolettre actuelle pèse au moins 50 ko en wikitexte. J'espère que vous y trouverez quelques pépites.

Selon mes archives personnelles ;-), cette aventure a officiellement commencé le 3 juillet 2011 ; l'infolettre a donc plus de sept ans. Je voulais insérer des brèves qui m'ont marqué pendant ces années, mais après avoir parcouru moins d'une quinzaine de parutions, j'avais déjà trop de matériel à présenter. Je vous propose plutôt de plonger dans le passé en parcourant au hasard des parutions antérieures (elles sont toutes gratuites :-).

Bonnes lectures !


Brèves

L'oiseau Siuru est mentionné dans le conte estonien Kalevipoeg. Cette œuvre du musée d'art de Tartu est élevée dans le domaine public.

Musée virtuel estonien — La Wikipédia en estonien a créé en partenariat avec des musées de l'Estonie un musée virtuel d’œuvres d'arts. L'ensemble des musées estoniens détient près de neuf millions d’artefacts, mais n'en expose que 3,5 %. Cette situation n'est pas exclusive à l'Estonie. C'est en 2017 que la communauté wikipédienne approche les musées estoniens. Le premier à répondre positivement, le musée d'art de Tartu, est le deuxième plus important du pays. Cette collaboration mène à l'exposition d’œuvres dans l’Europeana 1914–1918 project. Par la suite, un autre musée se joint au programme, ce qui permet de mettre en ligne l'exposition virtuelle The decisive years prior to Independence: Moments from the Estonian art of 1914–18, qui comprend 46 œuvres. Malgré le succès de ces deux projets, les musées estoniens, comme beaucoup d'autres musées, n'ont pas de culture de création d'expositions virtuelles, même si des bénévoles sont prêts à aider.

Quelques œuvres parmi d'autres du musée d'art de Tartu dont la reproduction est autorisée

L'Estonien qui parle au nom de la communauté wikipédienne imagine un futur où les musées participeront régulièrement et abondamment à la diffusion libre de leurs œuvres. À ce moment, la communauté wikimédienne sera un collaborateur de choix, mais aura-t-elle les ressources nécessaires pour rendre justice à toutes ces œuvres ? [1]

Transparence de la WMF — La Wikimedia Foundation a publié son neuvième rapport de transparence en juillet 2018, qui porte sur les six mois précédents (donc, de janvier à juin 2018 inclusivement). Voici quelques aspects qu'elle met en avant. Elle a reçu 388 demandes de suppressions ou de modifications. Elle n'a apporté aucune modification ou suppression, mais a conseillé de travailler en accord avec les communautés concernées. Elle a reçu 12 demandes en lien avec la DMCA ; elle a agi dans deux dossiers. Elle a reçu 23 demandes d'informations sur des contributeurs ; elle a transmis des informations de nature privée dans le cas de deux demandes. [2]

Plus de censure, plus d'informations recherchées — Selon une étude, les Chinois qui lisent régulièrement des informations censurées par les autorités chinoises recherchent des méthodes pour contourner le Grand Firewall de Chine. Ils seraient des millions à maintenir des réseaux privés virtuels (VPN) pour parvenir à leurs fins. L'un de leurs sites « clandestins » préférés ? La Wikipédia en anglais. [3]

Pas une encyclopédie — Selon une étude qui a comparé les encyclopédies imprimées et l'encyclopédie libre, « [...] Wikipedia ne correspond pas conceptuellement à une encyclopédie, sauf dans les cas où les gens l'utilisent pour des recherches ponctuelles. Dans le monde des médias numériques, Wikipédia n'a pas le même statut que l'encyclopédie dans le monde de la presse écrite. »[trad 1] [4]

L'avenir de la Connaissance — « Imaginez un avenir où Wikidata fournit des informations non seulement aux infobox (bien que ce soit un sujet délicat) mais aussi aux vieux et ennuyeux Wikipédia eux-mêmes. Oubliez les liens rouges : chaque nom de texte brut dans l'ensemble du projet peut être relié à son numéro Q. Grâce à l'intelligence artificielle et à l'apprentissage automatique, des concepts entiers peuvent être rapidement reliés d'une manière qui exigeait autrefois de nombreuses vies. [...] Actuellement, Wikipédia est ce qui se rapproche le plus de la "somme de toutes les connaissances humaines", mais à l'avenir, ce ne sera peut-être que l'interface utilisateur par défaut. Aujourd'hui plus que jamais, la véritable action se passe dans les coulisses. »[trad 2] [5]

Prenez du bon temps auprès de Beethoven, écoutez cette sonate pour violon de sept minutes.

RIP, Beethoven ! — Est-ce que Beethoven (1770-1827) pourrait vous adresser un message lié à son copyright ? C'est l'expérience qu'a vécu un professeur allemand en 2018. Il explique qu'en Allemagne, tout enregistrement musical publié avant 1963 est élevé dans le domaine public à la condition que le compositeur soit décédé depuis 70 ans à ce moment-là.
Dans le but d'enrichir ses cours sur la théorie musicale et en tant qu'écrivain sur la musique, il souhaite partager librement ses connaissances. Il a numérisé les enregistrements qu'il possède, tout comme ceux de son employeur. Ces enregistrements ont été par la suite publiés sur Open Educational Resources zur Musik, un site qui publie uniquement des médias dans le domaine public. Il a versé ensuite une vidéo sur YouTube pour promouvoir le site. Dans celle-ci, les visiteurs peuvent entendre des extraits musicaux. Moins de trois minutes après avoir téléversé la vidéo, il a reçu un avertissement de ContentID, un logiciel qui recherche les violations de copyright, lequel lui indique qu'il a violé un copyright. « Ce système a coûté des millions de dollars à développer et est souvent cité comme un exemple pratique de filtres de téléchargement par les titulaires de droits et les législateurs qui souhaitent rendre cette technologie obligatoire pour tous les sites Web qui hébergent du contenu d'utilisateur en ligne. Toutefois, ces affirmations ignorent les nombreux rapports faisant état d'une exécution souvent déficiente. »[trad 3] Lorsque le professeur a expliqué que la musique est dans le domaine public — YouTube pouvait consulter un site Web qui le déclarait —, la vidéo est restée en ligne. Cette expérience l'a toutefois amené à se demander si d'autres utilisateurs de YouTube recevaient de tels messages.
Il a ouvert un autre compte sur YouTube et a téléversé des extraits de musiques de Bartók, Schubert, Puccini et Wagner. Il a reçu d'autres avertissements, qu'il a contestés en expliquant que « 1) les compositeurs de ces œuvres étaient morts depuis plus de 70 ans, 2) les enregistrements ont été publiés pour la première fois avant 1963, et 3) ces demandes de retrait n'ont pas fourni de justification sur les droits de propriété en vertu de la loi allemande sur le copyright. »[trad 4] Lorsqu'il a publié une vidéo avec de la musique de Beethoven, il a reçu une autre requête : « Un contenu sous copyright se trouve dans votre vidéo. Son ayant droit autorise son usage dans votre vidéo YouTube. Toutefois, des publicités pourraient être ajoutées. »[trad 5] C'était encore une erreur de la part de ContentID. Il a essayé de communiquer avec un humain par courriel, mais le système de plaintes a indiqué qu'il était débordé.
Ce professeur aimerait rapporter que cette histoire s'est bien terminée, mais ce n'est pas le cas. Même lorsque ContentId a reconnu la validité de ses contestations, YouTube n'a pas élevé dans le domaine public les vidéos, ce qui l'ennuie puisqu'il souhaite que ces médias soient librement réutilisés dans le futur. Pour lui, les filtres automatiques sont imparfaits et ne constituent pas une solution technique valable pour répondre aux exigences légales en Europe.

Hall de la cour régionale de Berlin au 12-17 Littenstrasse à Berlin Centre. Une image de qualité de Wikimedia Commons.

Carence de contributeursThe Wikipedian, un blog tenu par le wikipédien anglophone William Beutler, publie un long billet sur les raisons qui amèneraient la très grande majorité des internautes à ne pas contribuer à l'élaboration de la Wikipédia, pourtant parmi les dix sites Web les plus consultés au monde.

« Pourquoi certaines personnes contribuent-elles à Wikipédia ? A contrario, pourquoi les autres ne le font pas ? Depuis que la communauté Wikipédia est devenue consciente d'elle-même, cette question contrarie ceux qui y participent parce qu'ils aimeraient voir plus de gens s'impliquer et aider à construire l'encyclopédie. Après tout, Wikipedia a été créée par une communauté d'individus avec des intérêts et des motivations diverses. Certains restent peu de temps, d'autres restent beaucoup plus longtemps, mais personne ne peut rester pour toujours. Pour cette raison, la communauté doit s'analyser elle-même et tenter de résoudre les problèmes qui la freinent. Mais c'est un sujet très, très difficile à aborder. »[trad 6]

À la mi-juin 2018, un autre contributeur anglophone, dans un billet publié sur Facebook, mentionne combien il est difficile de trouver de nouveaux contributeurs et spécule que Wikipédia constitue un passe-temps qui ne plaît pas aux gens. Son billet a suscité beaucoup de commentaires, plus de cent, de la part de wikipédiens et même du personnel de la WMF. William Beutler a résumé les commentaires les plus pertinents à ses yeux.

  • Même si Wikipédia est en ligne depuis au moins 15 ans, beaucoup de lecteurs ignorent qu'ils peuvent modifier les contenus de l'encyclopédie libre.
  • La majorité des internautes ne sont pas des écrivains, c'est-à-dire qu'ils sont incapables d'écrire plus que quelques phrases sur un sujet en particulier. D'ailleurs, la rédaction d'articles encyclopédiques est un processus lent, laborieux et épuisant.
  • « Ceux qui écrivent préfèrent s'exprimer personnellement, partager leurs opinions et leurs expériences. Wikipédia est à l'opposé : ce n'est pas un endroit pour écrire ce que vous savez, mais un endroit pour enregistrer ce que d'autres ont écrit sur ce qu'ils savent. »[trad 7]
  • La plupart des gens qui écrivent souhaitent que leur travail soit reconnu, le plus souvent par la mention explicite de leur nom. Wikipédia exige plutôt l'anonymat, les contributeurs s'effaçant devant les auteurs des sources utilisées pour la rédaction des articles.
  • Les internautes qui tentent de rédiger des articles sont régulièrement étonnés d'apprendre que Wikipédia impose des restrictions à ce qu'ils peuvent ajouter. Par exemple, il leur est interdit de copier-coller du matériel publié sous copyright.
  • Des internautes ne veulent écrire que sur un seul sujet, dans un seul article.
  • Pour plusieurs internautes, Wikipédia rime avec maintenance. Puisqu'il s'agit de travail, ils ne veulent pas s'y investir. Les gens qui occupent un emploi dans le secteur de l'information ne sont pas attirés par Wikipédia, parce qu'ils accompliront des tâches semblables, ce qui ne sera plus des loisirs.
  • Des contributeurs potentiels ne voient que la rédaction lorsqu'il s'agit de collaborer à la création de contenus ; ils ignorent toutes les autres tâches. « Ils peuvent photographier et illustrer, programmer des modèles et rédiger des programmes, organiser les informations, valider les contenus ou vérifier les dernières contributions pour protéger les articles de vandalismes ou d'absurdités. Vous pouvez être un wikipédien sans écrire un seul article ! C'est toutefois difficile de l'imaginer. »[trad 8]
  • Wikipédia est trop complexe à comprendre. « Wikipédia est un labyrinthe sans murs. »[trad 9]
  • [NdE : Beutler ne mentionne pas l'usage généralisé des smartphones, qui constituent pourtant une part appréciable des consultations contemporaines de Wikipédia et qui sont mal adaptés à la modification d'articles.]
  • [NdE : Le nombre de rédacteurs potentiels est peut-être proportionnel au nombre de lecteurs de Wikipédia, lequel est stable depuis 2013 selon un salarié de la WMF.]

Les internautes qui veulent rejoindre la communauté devront surmonter plusieurs obstacles.

  • La Wikipédia en anglais comprend plus de 5,5 millions d'articles [NdE : celle en suédois dépasse les trois millions d'articles, les Wikipédia en allemand et en français en comprennent plus de deux millions. [6] Quinze Wikipédias linguistiques publient plus d'un million d'articles. [7]‌]. Les articles les plus faciles à rédiger ont été créés. Les internautes sont donc condamnés à créer des articles qui exigent une maîtrise plus grande des sujets à exposer.
  • Il est moins gratifiant de relire et corriger des articles déjà créés.
  • Les règles et les conventions de Wikipédia sont difficiles à trouver et à maîtriser. Lorsqu'un internaute les trouve, il lui faut les parcourir, les comprendre et les assimiler.
  • Dans les débuts de Wikipédia, c'est-à-dire dans les années 2000, le but principal était d'ajouter des articles. Aujourd'hui, le nombre d'articles en ligne défie l'entendement, il est donc futile d'exiger de produire encore plus d'articles [NdE : même si l'encyclopédie est fort incomplète selon le contributeur Emijrp, qui avance plus de 100 millions d'articles encyclopédiques en tout‌]. Quel but serait-il souhaitable de poursuivre ? En 2006, Jimmy Wales exhorte la communauté à ajouter des sources avant d'ajouter des articles. [8] Faut-il poursuivre dans cette veine ? Quels buts proposer aux internautes qui ne participent pas ?
  • Écrire dans Wikipédia, c'est s'exposer à la critique. Qui souhaite être critiqué ?
  • Il est parfois difficile d'ajouter ou de modifier un article que d'autres ont rédigé : ne serait-ce pas une forme d'intrusion ou de vandalisme ?
  • Wikipédia a su grandir sans effort de ma part, pourquoi y participerais-je ?

Le harcèlement est un problème régulièrement soulevé, mais quelle est sa gravité ?

  • Les femmes sont particulièrement visées par le harcèlement. Peut-on dire qu'il s'agit d'un problème systémique ? À moins que les épisodes de harcèlements qui ont fait manchette n'amènent à croire que le harcèlement est systémique ? [NdE : Le fossé des genres joue probablement un rôle dans cette situation.]
  • Il est difficile de mesurer l'intensité du harcèlement, tout comme le nombre d'épisodes. Dans la vraie vie, les victimes sont réticentes à rapporter des crimes de crainte d'être jugées ou rejetées ; il en va de même pour le harcèlement dans Wikipédia qui, en plus, doit être exposé publiquement.
  • La rumeur que Wikipédia est un terrain fertile pour le harcèlement peut éteindre le désir de vouloir y participer.
  • Est-ce que le nombre de conflits a augmenté dans la communauté wikipédienne ? Oui, parce que les articles couvrent un plus grand éventail de sujets, il y a donc plus de possibilités de conflits. Par ailleurs, l'« espace » entre les articles a été réduit, il est donc raisonnable d'anticiper plus de « frictions ».

Que peut faire la communauté pour résoudre ces problèmes ? Ils sont complexes, il est donc illusoire de croire à l'existence d'une solution simple. Voici quelques propositions :

  • Améliorer la cohérence des pages d'aide.
  • Montrer que Wikipédia est plus que rédiger : patrouiller les dernières modifications, photographier, collaborer à la labellisation des articles, produire des cartes, créer des bots, améliorer la grammaire...
  • Améliorer les outils et leur intégration.
  • Pour les gens désireux de voir leur travail publiquement reconnu, afficher au hasard dans chaque article les pseudonymes des gens qui ont contribué à sa rédaction.
  • « Cesser de sur-contrôler les contributions et de sous-contrôler les comportements. »[trad 10]
  • Cesser de croire que tout le monde est un rédacteur, tout en apportant soutien à ceux qui le sont. De plus, noter ce qui les motivent à contribuer, puis mettre en place des mécanismes pour favoriser l'émergence de ces motivations. Publier des témoignages de contributeurs qui montrent leurs raisons de contribuer.
  • Soutenir encore plus de projets visant à intéresser les scientifiques, les acteurs du monde de l'édition et des bibliothèques.
  • Trouver des façons d'exposer des tâches précises à accomplir. « Twitter, Facebook et Reddit ont tous trois des flux web qui présentent de nouveaux contenus à explorer ; Wikipédia n'a aucune ressource similaire, qu'elle soit communautaire ou individuelle. »[trad 11]

Plus de recherche est nécessaire pour trouver des solutions.

Quelques endroits de la ville de Ljubljana photographiés en time-lapse.

Wikipédia en portugais — La Wikipédia en portugais a franchi le seuil symbolique du million d'articles en juillet 2018, la quinzième de toutes les Wikipédias linguistiques. À une certaine époque, les bots créaient régulièrement des articles. Aujourd'hui, cette communauté de 3 000 contributeurs actifs (c'est-à-dire qui ont complété au moins 5 modifications dans le mois) a renoncé à la création d'articles tous azimuts par les bots. De plus, beaucoup d'articles labellisés (bons articles et articles de qualité) n'ont pas été évalués selon une procédure de revue par les pairs. [9]

Wikimédien de l'année 2018 — Farkhad Fatkullin, un wikimédien russe, a été nommé Wikimédien de l'année 2018 par Jimmy Wales pour souligner ses efforts envers les communautés utilisant des langues minoritaires. « Ce qui me motive à contribuer au mouvement Wikimedia, c'est l'envie d'aider à préserver le patrimoine culturel, créé par d'innombrables générations de la race humaine, qui est documenté dans les langues — elles-mêmes le produit des émotions, des sentiments, des expériences et des pensées humaines. »[trad 12] Deux autres wikimédiens étaient en lice : Nahid Sultan, l'un des meneurs du chapter Wikimedia Bengladesh, et Jess Wade, une physicienne qui travaille depuis un an à enrichir la Wikipédia en anglais de biographies de femmes ingénieurs et de femmes scientifiques. [10]

La physicienne et wikipédienne Jess Wade en 2017.

Jess Wade — Cette wikipédienne anglophone souhaite augmenter la notoriété des femmes scientifiques auprès du grand public. À la suite d'un wikithon animé par Alice White, une wikipédienne en résidence à la Wellcome Collection, Wade a cherché des façons de mieux faire. Elle a écrit à gauche et à droite, sans grand succès. Le , elle a décidé de s'engager dans un projet ambitieux : enrichir la Wikipédia en anglais de biographies de femmes ingénieurs et de femmes scientifiques à raison d'un article par jour. Comment choisit-elle ses sujets ? Twitter est sa principale source d'inspiration. Elle a entre autres trouvé le compte @Blackphysicist qui présente des scientifiques noirs. Également, des collègues proposent des noms. « [Modifier] Wikipédia est si facile et si gratifiant que tout le monde peut y participer, que ce soit de son laboratoire, sa chambre à coucher ou son bureau. »[trad 13] Selon elle, le critère de notoriété de la Wikipédia en anglais est dépassé, parce que plusieurs institutions peuvent se targuer d'employer de grands chercheurs dont les travaux n'ont pas été reconnus internationalement. Avant que les contributions de Wade ne soient automatiquement validées (autopatrolled), la notoriété de certaines scientifiques étaient questionnée. Maintenant qu'elles sont automatiquement validées, ce n'est plus le cas, mais Wade a aussi intégré les règles de cette Wikipédia linguistique. Sa biographie préférée ? en:Gladys West (fr), une Afro-américaine née dans les années 1930 qui a développé les mathématiques essentielles à l'élaboration du GPS. [11]

Minorité de contributeurs, majorité de contributions — Des chercheurs ont étudié 235 701 162 contributions de 22 792 847 contributeurs uniques de 2001 à 2010. Plus de 19 millions étaient des contributeurs anonymes. Pourtant, 68 % du contenu ajouté était le fait de 3 112 210 contributeurs enregistrés, clairement une minorité. « Ce que nous avons observé, c'est qu'un leadership clair a émergé, mais c'est un leadership cyclique. Nous avons un groupe d'individus qui façonnent le contenu en travaillant le plus dur et en contribuant le plus d'heures. L'ordre du jour est façonné par ces personnes, et elles sont guidées par un sens de la mission, un peu comme les mouvements politiques ou religieux. » [trad 14] [12]

Wikiversity est l'avant-dernier des wikis de l'écosystème par le nombre de consultations. Même si elle n'est consultée « que » 4,2 millions de fois par mois, son trafic Web est presque égal à ProPublica, une « salle de nouvelles indépendante spécialisée en journalisme d'enquête d'intérêt public ». Cette organisation américaine dépense 13 millions US$ par année pour publier des articles, certains écrits par des lauréats du prix Pulitzer. Infrastructures logicielle et matérielle exceptées, Wikiversity est de coût nul pour la WMF.

Trafic Web 2017 — [NdE : Même si les informations datent, je les crois pertinentes un an plus tard] Un salarié de la WMF a prononcé une conférence lors de Wikimania 2017 sur le trafic Web dont jouit l'écosystème Wikimedia. Depuis 2014-2015, la WMF a sensiblement modifié la façon de compter le nombre de pages consultées. Par exemple, les bots sont exclus des décomptes. Pour respecter le droit à la vie privée, elle compte le nombre d'appareils distincts utilisés pour consulter, plutôt que le nombre d'internautes qui consultent (par exemple, le même ordinateur de bureau peut être utilisé par trois membres d'une même famille, mais il s'agit d'un seul appareil distinct et compte donc pour un). Les pages de l'écosystème Wikimedia sont consultées de 400 à 500 millions de fois par jour, soit de 14 à 15 milliards de fois par mois. La part du lion revient à Wikipédia avec 97,5 % de toutes les consultations. Les deuxième et troisième « meilleurs » sont Wiktionary (0,9 %) et Wikimedia Commons (0,9 %). Les autres wikis (Wikidata, Wikisource, etc.) ne comptent que pour 0,2 %. Dans le cas de Wikimedia Commons et Wikidata, toutes les informations reprises par un autre wiki (transclusion) ne sont pas comptées. Depuis 2013, le nombre total de consultations est presque inchangé, les appareils mobiles prenant de plus en plus d'importance (environ 1 milliard d'appareils en juillet 2017). Le passage généralisé à HTTPS en 2015 a diminué le nombre de consultations de 2 à 3 %, alors que les blocages en Chine (2015) et en Turquie (2017) ont chacun coûté 1 %. Lors de l'été dans l'hémisphère Nord et du 25 décembre jusqu'au 1er janvier, le trafic décroît sensiblement, puis remonte aux niveaux antérieurs. Les aperçus de page (activés par défaut pour les internautes anonymes ; appelés auparavant Hovercard) ont peut-être diminué le nombre de consultations. La WMF travaille sur deux outils de cueillette de données : rétention et engagement. Le premier vise à connaître le nombre de fois qu'un appareil précis a été utilisé pour consulter et le second vise à mesurer la durée entre l'accès à une page et la fermeture de l'onglet du navigateur Web.

Pas numérique égale inexistant — Les ouvrages qui ne sont pas diffusés de façon numériques sont-ils condamnés à être ignorés ? Une salariée d'Internet Archive (IA) avance que pour la jeune génération d'Américains habitués à lire grâce aux appareils toujours connectés, si un livre n'est pas en ligne, il n'existe pas à leurs yeux. Elle a fait ce constat après avoir tenté de lire à nouveau Executive Order 9066, un livre publié en 1972. Elle a toutefois réussi à numériser l'ouvrage. La seule copie, électronique, que vous pouvez consulter est prêtée par Open Library. [13] (consulter les diapos 21 à 25)

Dans les coulisses de la Wikimedia

Page d'accueil du blogue de FactGrid, un projet propulsé par le logiciel Wikibase, le même qui propulse Wikidata.

FactGrid — « MediaWiki, le logiciel gratuit et open source qui sous-tend Wikipédia et ses projets-frères, est bien connu et régulièrement utilisé hors de l'écosystème Wikimedia, propulsant des milliers de wikis individuels autour du monde. Moins de gens connaissent Wikibase — le logiciel qui sous-tend Wikidata, la base de connaissance de Wikimedia —, qui est aussi gratuit et open source. Il peut être utilisé pour des bases de données externes et des projets à données ouvertes et reliées. »[trad 15] Olaf Simons, wikipédien depuis 2004, est un historien travaillant dans une université allemande, où il maintient FactGrid, une base de données pour historiens. Grâce à Wikibase, il a pu rassembler une riche documentation sur les Illuminés de Bavière.
Il explique qu'il a reçu des documents de différentes sources, qu'il a rassemblés dans un wiki. Il a ensuite téléversé ces documents dans FactGrid, regroupant ainsi plus de 9 000 fichiers sur les Illuminés. Olaf Simons s'intéresse à ce groupe, qui a infiltré la haute sphère de la franc-maçonnerie, d'un point de vue scientifique. Il a entre autres eu l'occasion de travailler sur la correspondance des Illuminés et mentionne que ces documents ont un parcours digne d'un roman à suspense : les francs-maçons les ont confisqués, puis la Gestapo les a confisqués, les Soviétiques les ont saisis à la fin de la Seconde Guerre mondiale, puis restitués à la RDA, qui les a redonnés aux francs-maçons. En 2018, 19 volumes sur 20 sont conservés à Berlin dans les Archives secrètes d'État de la Fondation prussienne pour l'héritage culturel. Le volume 10, qui comprend les noms des membres, se trouve toujours à Moscou.
Olaf Simons raconte ses débuts dans l'usage d'un wiki pour soutenir ses recherches : « Il m'a semblé tout à fait évident d'utiliser les outils disponibles dans l'univers de Wikimedia pour mon travail d'historien. J'ai mis en place un wiki conventionnel pour commencer à mettre en ordre le matériel de notre petit champ de recherche. Ce fut un choc pour mes collègues au début parce que j'ai commencé à travailler en toute transparence. Le wiki était visible pour tout le monde dès le premier jour. Tout le monde pouvait voir sur quoi je travaillais et n'importe qui aurait pu voler mon travail - c'était l'inquiétude de mes collègues immédiats. Mais c'est le contraire qui s'est produit : tous ceux qui travaillent dans ce domaine ont soudainement voulu un compte dans ce wiki parce que c'était le seul endroit où nous pouvions tous travailler avec le matériel ensemble. Ainsi, le wiki a réuni les chercheurs plutôt que de les séparer. »[trad 16] Il ajoute que la majorité des documents sont en allemand, mais que c'est le monde anglo-saxon qui démontre le plus d'intérêt pour ces recherches. L'usage d'un wiki lui semblait approprié, parce que l'interface du site est multi-lingue.
Olaf Simon a ensuite envisagé un passage à Semantic Mediawiki, une extension de MediaWiki qui met l'accès sur le Web sémantique, mais des salariés de Wikimedia Deutschland l'ont rencontré et le chapter a décidé de signer un partenariat avec Simons pour une transition vers Wikibase. L'installation du moteur de Wikibase et la mise en place de l'infrastructure logicielle ont été faites rondement. Toutefois, le téléversement des données du wiki a été une épreuve qu'ils ont dû surmonter.
Par la suite, le projet d'ajouter des notices d'autorité compatibles avec le GND a été proposé. Cette idée cadre bien avec les projets d'Olaf Simons : rendre FactGrid le plus ouvert possible au monde. Pour lui, le dossier des Illuminés est une vitrine de FactGrid, ce n'est pas FactGrid. « Jusqu'à présent, chaque projet de recherche lance une nouvelle plate-forme et sa propre base de données sur laquelle les données finissent par devenir obsolètes avec l'obsolescence du logiciel. C'est la situation que nous voulons laisser derrière nous. Ce n'est passionnant qu'une fois que les différents projets de recherche s'imbriquent et que d'autres projets travaillent avec ses propres données - pourquoi pas dans la même ressource ? »[trad 17]
À la fin août 2018, Simons indique que FactGrid est suivi par des collègues, mais qu'aucun ne souhaite y ajouter ses projets, même si le dossier des Illuminés est complet à ses yeux. Il admet qu'il a encore des obstacles à surmonter pour démontrer que n'importe quel projet de recherche historique peut rejoindre FactGrid, grandir et être reconnu des pairs. Selon lui, les outils de visualisation et d'océrisation sont essentiels à la croissance de FactGrid. Lorsqu'ils seront fonctionnels et faciles à utiliser, le wiki pourra intéresser ses collègues. Il est d'ailleurs à la recherche de personnes qui connaissent bien Wikidata et les requêtes SPARQL pour développer ces outils. [14]

Wikidata, plaque tournante de diverses bases de données? — C'est l'idée qui a été discutée lors d'une série d'ateliers qui se sont tenus à Anvers du 22 au 25 avril 2018. Les participants à ces rencontres, dont trois membres du chapitre de Wikimedia Deutschland, conçoivent le projet de fédérer de nombreuses bases de données via Wikidata. De par sa polyvalence, le logiciel Wikibase en serait l'outil tout désigné même si beaucoup de travail serait nécessaire à cette harmonisation : « Les projets seront confrontés à la nécessité de développer des interfaces conventionnelles qui parleront alors secrètement SPARQL dans ses rapports avec la base de données. » [15]

IAInternet Archive affirme prendre une copie d'au-delà de 99 % de toutes les pages Web liées dans toutes les Wikipédias linguistiques depuis 2013. [16] (consulter la 13e diapo) Grâce à la Wayback Machine, on peut retrouver le contenu d'une page Web qui n'est plus en ligne. Dans la Wikipédia en anglais, un bot fait un travail de maintenance en lien avec ces pages Web : WaybackMedic. Dans Meta-Wiki, ce travail échoit à InternetArchiveBot. Ces deux bots informent Internet Archive des pages Web à copier pour consultation future.

EventStreams — Est-ce que vous consultez la page des modifications récentes ? Si oui, vous avez l'occasion d'observer en direct la plupart des modifications apportées à l'encyclopédie (certaines opérations techniques — masquage de propos diffamatoires, blocage de contributeurs problématiques, etc. — ne sont pas publiées pour des raisons de confidentialité ; les suppressions et les renommages de pages non plus). Ce flux, qui est publié dans chacun des wikis de l'écosystème Wikimedia, peut être consommé en temps réel via l'API du moteur du wiki. L'équipe logicielle de la WMF travaille sur un système, EventStreams, qui produit des flux de données supplémentaires grâce à l'application Apache Kafka. [17] Les données sont transmises sous un format normalisé, ce qui est un avantage, mais doivent être remaniées pour les rendre facilement compréhensibles à l'humain. Parmi les flux supplémentaires, on observe : création de pages, suppression de pages, restauration de pages, renommage de pages et modifications des propriétés des pages.
L'observation de ces flux, seuls ou combinés, se fait grâce à une interface JavaScript. Vous pouvez avoir un aperçu des informations transmises dans votre navigateur Web :

  1. Allez à https://wikimedia.org/
  2. Ouvrez une console Web
    • Firefox : menu Outils ==> Développement web ==> console Web
    • Google Chrome : « Personnaliser et contrôler Google Chrome » (les trois points verticaux à la droite) ==> Plus d'outils ==> Outils de développement ==> onglet Console (étirer cette fenêtre si nécessaire)
  3. Collez ces lignes dans la console, suivi de Entrée :

///////////////////////////////////
// We’ll subscribe to page-create, page-delete and page-move (rename) events, starting 1 day ago.
///////////////////////////////////

// Calculate the timestamp of 1 day ago.
///////
var dt = new Date();
dt.setDate(dt.getDate() - 1);
var oneDayAgo = dt.toISOString();

var url = `https://stream.wikimedia.org/v2/stream/page-create,page-delete,page-move?since=${oneDayAgo}`;

// Use EventSource (available in most browsers, or as an npm module: https://www.npmjs.com/package/eventsource)
// to subscribe to the stream.
var recentChangeStream = new EventSource(url);

// Print each event to the console
recentChangeStream.onmessage = function(message) {
  //Parse the message.data string as JSON.
  var event = JSON.parse(message.data);
  console.log(event);
};

Pour en savoir plus sur les EventStreams

Amélioration des différences entre versions —Lorsqu'un contributeur surveille l'évolution d'un article, il fait souvent une comparaison entre deux versions successives de l'article au moyen de la fonction Différence de versions (« diff » dans le jargon de Wikipédia) accessible depuis son historique. Jusqu'à récemment, si la modification d'un article consistait à déplacer un paragraphe, il était difficile de vérifier si ce paragraphe avait été lui-même modifié. C'est désormais possible, y compris sur la version mobile de Wikipédia. Le paragraphe déplacé est signalé par une petite flèche, au lieu des signes - et + utilisés jusque-là pour indiquer sa suppression et son ajout. Les modifications du paragraphe déplacé sont indiquées comme pour un paragraphe non déplacé. [18]

Flux de rédaction — L'un des objectifs qu'a fixé la WMF pour 2030 est d'améliorer l'équité de la connaissance parmi les wikis de l'écosystème Wikimedia. Des salariés de la WMF se sont penchés sur ce dossier par le biais de la contribution wikipédienne dans les wikis. Elle va de la correction d'une faute de frappe à la correction d'une année de naissance, elle va de l'insertion d'un lien externe à l'insertion d'une illustration, elle va de la suppression rapide d'un article à la pose d'un bandeau d'admissibilité et elle va de la traduction d'un passage à la mise en page d'une citation. En étudiant cinq Wikipédias linguistiques, dont celle en français, les salariés ont créé une taxonomie de la contribution qui comprend trois parties : création (créer un article, ajouter une section, ajouter une illustration ou réorganiser un article), maintenance (poser un bandeau demandant d'allonger une section, identifier une liste comme incomplète, corriger une faute de frappe ou ajouter une référence) et modération (annuler une modification, rectifier une correction erronée, avertir un contributeur de cesser d'agir d'une certaine façon ou proposer un article à la suppression). Ils ont ensuite identifié 88 flux de rédaction distincts, c'est-à-dire les étapes que suivent des wikipédiens pour atteindre le même but. Dans les cinq wikis, ils ont identifié 550 étapes distinctes. Ils ont évalué chaque flux dans le but de déterminer lesquels devaient être mieux soutenus par les équipes de la WMF. Ils ont aussi étudié la possibilité d'adapter les flux pour les appareils mobiles. Leur travail a permis de dégager le fait qu'il n'existe pas de solution tout-en-un. Les équipes logicielles (une pour les appareils avec Android, l'autre pour les appareils avec iOS, etc.) ont ajouté des critères supplémentaires. Pour synthétiser les observations et les exigences, une salariée de la WMF a créé un diagramme de flux à l'intention de ses collègues. Ainsi, chaque équipe de programmeurs peut observer l'impact de ses décisions sur les productions des autres équipes. À la fin du billet, les salariés donnent les 10 flux de rédaction les plus courants :

  1. augmenter directement un article (qui peut exiger d'exécuter des sous-flux)
  2. poser une bandeau dans une page ou une section
  3. ajouter un média à une page
  4. ajouter une galerie de médias à une page
  5. ajouter une légende à un média dans une page
  6. renommer une page
  7. copier-modifier / refondre
  8. souhaiter la bienvenue de façon manuelle à un nouveau contributeur
  9. relire des modifications, dans le but d'y trouver un vandalisme (très courant, difficile à exécuter sur appareil mobile)
  10. patrouiller les nouveaux articles

Vous pouvez explorer la taxonomie et les flux de rédaction en parcourant Contribution taxonomy.

Kiwix — « La Wikimedia Foundation a annoncé un partenariat avec Kiwix, la solution logicielle gratuite et open source qui permet d'accéder hors ligne au contenu éducatif, d'étendre et d'améliorer l'accès à Wikipédia et à d'autres projets Wikimedia dans le monde entier. »[trad 18] La WMF versera 275 000 US$ à Kiwix dans le cadre de ce partenariat. [19]

Un phonographe de la société Edison joue Iola du Edison Military Band (Edison Record #9417, août 1906). Un média de qualité de Wikimedia Commons.

Usage de vos illustrations — Si vous téléversez des illustrations dans Wikimedia Commons, vous serez peut-être intéressé de savoir où elles sont utilisées dans l'écosystème Wikimedia. Naviguez à GLAMorous, saisissez votre pseudonyme en vis-à-vis de « OR user name », puis cliquez sur « Do It! ». Quelques instants plus tard, vous verrez une liste des wikis « coupables » ;-). L'outil peut lister les illustrations utilisées dans un wiki précis en cochant « Show details ».

Une des illustrations « libérées » par Berria.

Wikimedia en basque — Un groupe de wikimédiens, avec le soutien financier du département de la culture du gouvernement basque, est parvenu à signer une entente avec Berria, le seul quotidien publié en basque. Le journal publie régulièrement des illustrations pour enrichir l'écrit. Après négociations et une entente de service pour classer les illustrations, le journal a décidé de publier ces illustrations sous CC BY-SA. Elles peuvent donc être téléversées dans Wikimedia Commons. L'entente est valable pour toutes les anciennes et toutes les futures illustrations. La plupart portent sur des données économiques, mais on trouve parfois des illustrations intéressantes parmi les milliers de fichiers téléversés (des cartes, par exemple). [20]

Harcèlements et wikitraque — Vous croyez être la cible d'harcèlement ou d'une wikitraque ? La WMF publie l'Interaction timeline tool qui sert à comparer l'historique de contributions de deux comptes. Même si ce n'est pas une preuve, une répétition de proximités temporelles de deux comptes constitue un indice qu'un contributeur « poursuit » l'autre.

Rendu validé — En septembre 2012, l'équipe de développeurs de MediaWiki a modifié le langage HTML de l'ensemble des sites Wikimedia : ils sont passés de HTML 4 à HTML5. [21] Pour éliminer des instructions fautives, Tidy était utilisé. Toutefois, les développeurs utilisaient une version compatible avec HTML 4. Les années passant, l'équipe a envisagé d'utiliser une autre bibliothèque logicielle pour traquer et éliminer les instructions fautives. Elle a décidé de créer une bibliothèque logicielle propre à MediaWiki qui est présentement utilisée, après trois ans d'efforts. L'équipe devait à la fois composer avec l'éditeur visuel et le wikitexte, ce dernier comprenant régulièrement des modèles que le premier devait reconnaître (et dont la mise au point a duré quelques années).
En 2016, l'équipe a décidé de tester deux bibliothèques logicielles en même temps. Elle a testé le rendu de plus de 60 000 articles provenant de 40 wikis sur des serveurs de tests. Tous les articles étaient soumis aux deux mêmes bibliothèques logicielles. 7 % des articles n'étaient pas rendus identiquement, ce qui était supérieur aux attentes de l'équipe. Elle a donc poursuivi ses efforts, tout en demandant aux communautés wikis de rectifier des modèles grâce à des messages d'erreurs émis par MediaWiki. Cette période de rectification a commencé en 2016 et s'est poursuivie en 2017.
Au début décembre 2017, les Wikipédias en allemand et en italien ont accepté d'utiliser sur une base régulière la nouvelle bibliothèque, qui est formée entre autres de « Linter » (allusion à lint) et de « RemexHtml » (probablement une allusion à regex et HTML). Les rapports de ces deux communautés ont permis d'améliorer Linter. Toutefois, en janvier 2018, le déploiement sur la Wikipédia en russe a provoqué un bogue qui a obligé l'équipe à introduire une erreur technique dans Linter.
En avril 2018, Linter a été déployé sur la Wikipédia en anglais, où l'équipe logicielle a dû apporter son soutien pour éliminer beaucoup de bogues dans les modèles. Un seul développeur a également corrigé des centaines d'erreurs sur des dizaines de petits wikis. Aujourd'hui, le nombre d'erreurs dans l'écosystème Wikimedia est minime et l'équipe continue d'observer le nombre de bogues.
Par ailleurs, l'élimination, ou une présence minimale, de ces bogues est nécessaire à l'exécution correcte des TemplateStyles. [22]

Besoin de références — Vous vous souvenez de la recherche pour avoir les outils permettant de détecter de possibles vandalismes (exemple) ? Une nouvelle campagne d'identification de modifications est proposée : dans le cadre de son travail en cours sur la vérifiabilité, l'équipe de recherche de la Wikimedia Foundation étudie des techniques d'apprentissage automatique pour signaler les phrases nécessitant une référence.
Pour y participer, rendez-vous sur https://labels.wmflabs.org/ui/frwiki/ (on vous demandera une autorisation pour agir en votre nom ; cette procédure OAuth est habituelle dans l'écosystème) et demandez un (ou plusieurs) « workset » (échantillon) nommé « Étiquetage de phrases sans sources II ». Un « workset » peut mettre un peu de temps à charger, vu que l'outil pioche dans des articles plus ou moins longs. Chaque « workset » prend au maximum 10 minutes d'analyse et contient 5 tâches. Il n'y a pas de minimum de « workset » à compléter, mais bien sûr, plus vous apportez d'étiquettes, plus les progrès sont rapides.
Nous avons tout intérêt à participer à cette campagne, qui pourra permettre la création d'outils futurs : on pourra améliorer la patrouille en identifiant les faits à référencer, ou indiquer automatiquement à un nouveau qu'il manque une référence pour le type de fait proposé.
Des statistiques d'avancement sont disponibles et il reste du travail !

Line — Le service de messagerie instantanée Line est principalement utilisé en Asie. En collaboration avec la WMF, la communauté de la Wikipédia en japonais peut désormais échanger sur Line et les internautes japonophones peuvent échanger avec cette communauté. [23]

Blogue Wikimedia — Le site a changé d'adresse : https://wikimediafoundation.org/news/, et sa présentation a été refondue.

Responsabilité controversée — En juillet 2018, la Cour suprême de Californie (CSC) rend son verdict dans l'affaire judiciaire Hassell v. Bird (en) où une femme est accusée d'avoir écrit des propos diffamatoires sur le site Yelp contre une firme d'avocats. Lorsque le procès s'est ouvert devant une cour d'instance inférieure, l'accusée était absente ; elle a donc été automatiquement déclarée coupable. Par la suite, les plaignants ont exigé à la fois de la femme et de Yelp de retirer les propos. Yelp a porté l'affaire devant une cour d'appel de district de la Californie pour trois raisons : (1) Yelp étant une plateforme neutre, la section 230 de la Communications Decency Act (en) protège sa responsabilité des critiques écrites par les internautes, (2) Yelp ne devrait pas agir sans avoir au préalable reçu un avis légal et obtenu l'occasion de défendre ses droits dans le procès originel et (3) la décision de la cour de supprimer les écrits a miné la liberté d'expression de Yelp. La cour d'appel a refusé d'entendre la cause. Yelp a donc demandé à la CSC de se pencher sur ce dossier. Comme Patreon et GitHub, la WMF a remis un amicus brief à la CSC [24]. La CSC exonère Yelp selon la section 230 de la Communications Decency Act. Elle mentionne aussi que les plaignants ont formulé leur demande de façon à contourner la section 230. Toutefois, la femme n'est pas exonérée de supprimer ses critiques tout comme de payer les frais de cour. Pour la WMF, cette décision est bienvenue parce qu'elle peut continuer de mettre en ligne des informations controversées sans craindre d'être poursuivie pour diffamation. Néanmoins, les contributeurs sont toujours tenus d'étayer — par des sources externes et fiables — les propos controversés écrits dans n'importe quel wiki de l'écosystème Wikimedia. [25]

Tableau de bord de Cognate — Depuis un an, les différentes versions linguistiques des Wiktionnaires sont reliées par une extension MediaWiki appelée Cognate. Celle-ci détecte automatiquement l’existence d’une page au titre similaire dans les autres versions et ajoute tous les liens dans la colonne latérale. Auparavant, ces liens étaient ajoutés par des scripts qui modifiaient les pages dans chaque projet pour ajouter les liens régulièrement.
Une nouvelle interface exploitant cette extension a été mise en ligne le 14 août, le Tableau de bord des liens des Wiktionnaires, après des mois de développement par Goran S. Milovanovic, expert en mégadonnées financé par l’association Wikimedia Deutschland. Cette interface offre plusieurs informations : nombres de pages partagées entre deux Wiktionnaires sélectionnés, les Wiktionnaires formant des nœuds de connexions, une liste de toutes les entrées présentes dans un Wiktionnaire mais absentes dans un autre, une liste des entrées présentes dans un grand nombre de Wiktionnaire mais absentes dans un Wiktionnaire en particulier, les entrées qui possèdent le plus de liens entre les Wiktionnaires. Ce tableau de bord est utile pour les personnes qui souhaitent contribuer et déjà plus de 500 pages ont été créées car elles manquaient au Wiktionnaire francophone mais étaient présentes dans de nombreuses autres versions du projet.

Courrier du lectorat

(Il nous fera plaisir de lire les messages déposés ici et, si nécessaire, d'y répondre dans les plus brefs délais.)
J'ai pris l'initiative de mettre quelques images pour illustrer les propos. N'hésitez pas à enlever si vous jugez que ce n'est pas approprié --- Simon Villeneuve 4 septembre 2018 à 06:17 (CEST)

Wikiquote-logo-30000.png
  • A propos de la section #Carence de contributeurs , il y est oublié la raison la plus prosaïque qui explique que les internautes ne contribuent pas à l'élaboration de la Wikipédia. C'est que contribuer à wp est extrêmement chronophage et que la plupart des personnes sont déjà surbookées donc amha, ce n'est pas tant l'envie qui manque mais le temps tout simplement- les journées ne font tjrs que 24 h Clin d'œil-Titou (d) 1 septembre 2018 à 11:10 (CEST)
  • Toujours dans la section #Carence de contributeurs, parmi les solutions proposées, je suis surpris par deux d'entre elles - je pense qu'il y a un aspect culturel, dans cette surprise :
    1- Pour les gens désireux de voir leur travail publiquement reconnu, afficher au hasard dans chaque article les pseudonymes des gens qui ont contribué à sa rédaction.
    2- « Cesser de sur-contrôler les contributions et de sous-contrôler les comportements. »
    Ce besoin de reconnaissance comme étant un frein, je ne l'ai jamais vu sur wp:fr. Donc, ce serait chercher à résoudre un problème qui n'en est pas un « chez nous » : quelqu'un a déjà vu quelque chose de similaire ?
    Par ailleurs, qu'entendez-vous/entend-il par « afficher au hasard dans chaque article les pseudonymes des gens qui ont contribué à sa rédaction » ?
    Je ne comprends pas la logique du deuxième point. Je comprends que certains voient comme un frein les exigences de WP et le harcèlement, mais le contre-coup, c'est s'exposer à une baisse de la qualité et de l'intégrité des ajouts, et de faire une chasse aux sorcières. Là aussi, ce genre de phrases-choc sont me semble-t-il très américaines : il faut davantage les mesurer, selon moi.
    Cordialement, — Daehan [p|d|d] 1 septembre 2018 à 12:11 (CEST)
    Daehan, Pour chaque page, la liste des contributeurs est connue. Le moteur de Wikipédia pourrait l'afficher dans l'ordre alphabétique, selon la somme de caractères ajoutés/supprimés (ce qui ne rendrait pas justice aux améliorations sémantiques), selon l'ordre chronologique de la première/dernière contribution, ou une autre façon de faire. Comment rendre justice au travail accompli sans toutefois mettre en premier le travail de quelques contributeurs selon l'un des critères précités ? L'affichage au hasard résout ce souci. De plus, le moteur pourrait afficher une partie des contributeurs, toujours au hasard. — Le message qui précède, non signé, a été déposé par Cantons-de-l'Est (discuter), le 2 septembre 2018 à 08:27‎ HAE.
  • Toujours dans la section #Carence de contributeurs : parmi les solutions proposées qui fonctionnent bien, j'aurais signalé le rôle d'accueil et de soutien technique des wikipermanences mensuelles et des rencontres organisées par les groupes régionaux (dans mon cas, la Cubale bordelaise). --Als33120 (discuter) 1 septembre 2018 à 15:10 (CEST)
  • Cantons-de-l'Est, J'ai relu quelques brèves dans Wikipédia:RAW/2013-05-26, notamment sur Wiki Loves Public Art. J'ai découvert quelques photos intéressantes, qui m'ont données un peu de bonheur. J'avoue lire en diagonale les RAW, mais j'y trouve régulièrement des brèves intéressantes qui me donnent un sentiment de fierté à cause de tout le travail accompli par des internautes de partout sur la planète et qui croient aux vertus du libre. Berlekemp (discuter) 1 septembre 2018 à 16:14 (CEST)
Wikisource-logo.svg
  • Cantons-de-l'Est, Même si j'ai (très peu) collaboré à Wikisource, j'ignorais qu'il était autant consulté. En passant, merci pour les RAW :-). Saguameau (discuter) 1 septembre 2018 à 23:18 (CEST)
  • Petit rappel ici, histoire peut-être d'encourager son créateur et bien sûr tous ceux et celles qui désirent y contribuer, à l'effet que les RAW sont également diffusés sur fr.planet.wikimedia.org en bonne compagnie d'ailleurs avec le Wikimag. Et comme l'adresse du site l'indique, cela concerne la diffusion des informations en lien avec les projets de l'écosystème Wikimedia si bien que, grâce aux flux RSS qui en permettent la lecture, d'autres bulletins d'information pourraient s'y ajouter dont le Wiktionnaire, ce qui pourrait être susceptible d'intéresser dans ce dernier cas, entre autres, un contributeur comme Noé. Stefanos Stefanos (discuter) 1 septembre 2018 à 23:21 (CEST)
  • Section #Carence de contributeurs : L'une des pistes de solution que la communauté sera sans doute amenée à explorer afin de pouvoir augmenter la participation en ce qui a trait au nombre de contributeurs et contributrices passera peut-être par l'enseignement de Wikipédia tout en faisant en sorte que cet enseignement soit dispensé dans des institutions académiques reconnues. Bien évidemment encore au stade exploratoire sous cette forme, on peut néanmoins citer en exemple le cours de certificat Wikipédia pour l'année académique 2018-2019 qui va se donner à la Christ University de Bangalore, en Inde, et qui sera suivi par un groupe de 37 étudiants. D'une durée de 45 heures, le cours donne droit à 2 crédits pour les dossiers académiques de l'université. Cf. On peut consulter le syllabus du cours dont les objectifs sont clairement définis. Cf. Stefanos Stefanos (discuter) 2 septembre 2018 à 07:01 (CEST)
  • #Carence de contributeurs : Je ne comprend toujours pas pourquoi le manque de lisibilité de l'interface du site n'est pas citée comme un obstacle. En creusant un peu auprès des non-contributeurs que je recontre, on s'apperçoit qu'il s'agit d'un reproche majeur quand on s'intéresse à la question ("c'est moche" revient très souvent). Ce reproche est internalisé par les simples visiteurs par habitude, certes, mais la vue est peu attirante et incite peu d'y rester. Enfin, si le site et les pages communautaires sont peu accessibles, alors il sera encore plus difficile pour un novice de s'y retrouver.-- J. N. Squire[Discussion constructive] 2 septembre 2018 à 21:46 (CEST)
L'aspect visuel des pages de Wikipédia évolue peu avec le temps, tout comme celui d'autre sites web tels l'Astronomy Picture of the Day, qui a grosso le même aspect depuis ses débuts au milieu des années 1990.
Notification J. N. Squire : Si vous faites allusion, entre autres, à l'aspect "moche" de la présentation générale ou si l'on veut de la mise en page des articles, on peut ajouter que cet aspect a été pris en compte par certains développeurs: en 2010, une application pour iPad nommée "Discover", développée par Cooliris, permettait d'afficher les pages de Wikipédia dans un format genre magazine. Cf. Quelques années plus tard est apparu Wikiwand qui faisait, en gros, la même chose mais cette fois pour diverses plateformes. Je ne peux pas vous dire, dans un cas comme dans l'autre, si ces applications ont connu du succès. Stefanos Stefanos (discuter) 2 septembre 2018 à 21:03 (CEST)
Notification Stefanos Stefanos : Je faisais effectivement référence à cela. Cependant, il est intéressant de noter qu'en général l'effort est surtoutfait sur l'aspect lecture. Par exemple, pour modifier les articles, Wikiwand redirige... vers la fenêtre d'édition des versions linguistiques de wikipedia.org. -- J. N. Squire[Discussion constructive] 2 septembre 2018 à 21:46 (CEST)
Notification J. N. Squire : Oui, c'est ce que j'avais constaté quand je l'avais utilisé. L'application apporte un changement esthétique ou "cosmétique" si l'on veut sans modifier réellement l'interface. Stefanos Stefanos (discuter) 2 septembre 2018 à 22:21 (CEST)
Je comprends que J. N. Squire critique moins un aspect « moche » que le peu de visibilité de la nature contributive du site. Il est connu que les utilisateurs s'habituent à l'aspect général d'un site et pour espérer attirer leur attention ailleurs que sur l'article, il faudrait faire de petits changements (comme, par exemple, les notifications il y a quelques années). On a déjà fait la proposition d'un bouton « modifier » d'une couleur de fond différente, mais ça s'est noyé dans les sables mouvants des PoV divergents. --- Simon Villeneuve 4 septembre 2018 à 06:17 (CEST)
« Sur Wikipédia, fort heureusement, le but est de faire une encyclopédie, pas de l'audimat[1]. »
Rama
Retour des lecteurs : vos suggestions sur la présentation de RAW ou ses prochaines publications sont les bienvenues ici.
Rédigé/traduit par Cantons-de-l'Est, Djiboun, Noé, Simon Villeneuve et Trizek.
Citations originales
  1. (en) « The results show that Wikipedia does not conceptually correspond to an encyclopaedia, except in cases where people use it for one-time searches. In the world of digital media, Wikipedia does not have the same status that the encyclopaedia holds in the world of print media. »
  2. (en) « Imagine a future where Wikidata provides information not just to infoboxes (although that is a tricky subject) but also to boring old Wikipedia itself. Forget “red links”: every plain text noun in the whole project may be connected to its “Q number”. Using AI and machine learning, entire concepts can be quickly linked in a way that once required many lifetimes. [...] At present, Wikipedia is the closest thing we have to the “sum of all human knowledge” but in the future, it may only be the default user interface. Now more than ever, the real action is happening behind the scenes. »
  3. (en) « This system took millions of dollars to develop and is often pointed to as a working example of upload filters by rights holders and lawmakers who wish to make such technology mandatory for every website which hosts user content online. However, these claims ignore the widespread reports of its often flawed execution. »
  4. (en) « 1) the composers of these works had been dead for more than 70 years, 2) the recordings were first published before 1963, and 3) these takedown request did not provide justification in their property rights under the German Copyright Act. »
  5. (en) « Copyrighted content was found in your video. The claimant allows its content to be used in your YouTube video. However, advertisements may be displayed. »
  6. (en) « Why do some people contribute to Wikipedia? Conversely, why don’t others? Ever since Wikipedia became a self-aware community, this question has vexed those who participate in it, and would like to see more people pitch in and help build the encyclopedia. After all, Wikipedia was created by a community of individuals with diverse interests and motivations. Some stay for a short while, and others stay much longer, but no one can stay forever. For this reason, the community must analyze itself and attempt to address the problems which hold it back. But this is a very, very difficult topic to grapple with. »
  7. (en) « Those who do write tend toward personal expression, sharing opinions and experiences. Wikipedia is the opposite of this: it’s not a place to write what you know, but a place to record what others have written about what they know. »
  8. (en) « These include contributing photographs and illustrations, coding templates and writing software, curating information, reviewing content, or patrolling new changes to keep articles free from vandalism or nonsense. You can be a Wikipedian even if you never write an article! But this isn’t readily apparent. »
  9. (en) « Wikipedia is a maze without walls. »
  10. (en) « Stop over-policing contributions and under-policing behavior »
  11. (en) « Twitter, Facebook, Reddit all have feeds with new content to consume, but Wikipedia has no such centralized resource, whether communal or individualized. »
  12. (en) « What keeps me contributing to the Wikimedia movement is the urge to help preserve the cultural heritage, created by innumerable generations of the human race, which is documented in languages – themselves the product of human emotions, feelings, experiences, and thoughts. »
  13. (en) « editing Wikipedia is so easy and rewarding that everyone can get involved, whether it is from their lab, bedroom or office. »
  14. (en) « What we saw is that a clear leadership has emerged, but it’s a leadership that cycles. We have a group of individuals who shape the content by working the hardest and clocking the most hours. The agenda is shaped by these people, and they’re driven by a sense of mission, much like political or religious movements. »
  15. (en) « MediaWiki, the free and open source software behind Wikipedia and its sister projects, is widely known and used outside the Wikimedia ecosystem, powering thousands of individual wikis around the world. Fewer people know that Wikibase—the software behind Wikidata, Wikimedia's knowledge base—is also available as free and open software, and can be used for external databases and linked open data projects. »
  16. (en) « It seemed perfectly obvious to me to use the tools on hand from within the Wikimedia universe for my work as a historian. I set up a conventional wiki to begin to put the material from our small field of research in order. It was a shock for my colleagues at the start because I began to work completely transparently. The wiki was visible to everybody from day one. Everyone could see what I worked on and anyone could have stolen my work—that was the worry of my immediate colleagues. But the opposite happened: Everyone who works in that area suddenly wanted an account in that wiki because it was the only place where we could all work with the material together. So the wiki actually brought the researchers together rather than driving them apart. »
  17. (en) « So far every research project opens up a new platform and its own database—on which the data eventually becomes obsolete with the software going out of date. That is the situation we want to leave behind. It only gets really exciting once different research projects interlink and other projects work with one’s own data—why not within the same resource? »
  18. (en) « La Wikimedia Foundation a annoncé un partenariat avec Kiwix, la solution logicielle gratuite et open-source qui permet d'accéder hors ligne au contenu éducatif, d'étendre et d'améliorer l'accès à Wikipedia et à d'autres projets Wikimedia dans le monde entier. »
Notes
Références
  1. Rama, « Utilisateur:Rama/populisme », sur Wikipedia.org,

August 13, 2018

Si si c'est mon plus long voyage, j'ai traversé 3 continents pour revenir a l'Afrique.
J'ai démarré de l'Afrique du nord pour attendre le point le plus au sud de ce continent.
L'espérance. .. les découvertes pour moi était grandes et fantastique.
Au fait j'ai décollé 3 fois et j'ai atterit 3 fois.
Je suis passé par 6 aéroports et visité 2 belles villes dans 2 continents différents.
J'ai vu l'hiver en plein été.
Mother City est une ville calme et pacifique malgré ce qu'on dit d'elle et ce qu'on entend.
De la cohabitation, le mixage y est et l'acceptation de l'autre est bien encré.
J'ai vue des mosquées construite 20 ans avant que la france occupe le nord de l'Afrique.
J'ai vue des abdelkader dans le pays des zoulou.
Ma venue était programmée. Pour aider a partager la conaissance apporter la mienne et partir avec la leurs. A mon départ vers chez moi je suis reparti lourdement chargé de nouvelles connaissances j'ai donné ce que je pouvais donner sans être sur que c'était pas équitable.
Je ressentait que jetait pas suffisaient in bon donateur.
Le cape du  goud hope te donne ce hope dont on a tous besoins.
Cest deja cela.
Mon seul conseil que j'ai donné aux gens du cap
A abdulkader le taxieur " c'est un diamant que vous avez, préservez  le , c'est votre richesse et votre fierté.'
'


July 27, 2018

Hello,

today, I want to present you some Wikipedia’s aspect which can give you a good time or facepalm.

Wikimedia’s ecosystem have many projects in many languages. I can edit all of them… but one. After five years, I’m still blocked on one of the biggest project : the english Wikipedia.

I’m one of these person which consider that privacy, including on the web, is a really important things. So, to avoid tracking in any sort, I use a famous network : Tor.

The wikimedia’s policy is to forbid anonymous contributions from open proxy or Tor network in order to avoid abuses. BUT, there is a statut which allow you to bypass theses protections, for exemple to avoid China’s wall.

Administrators have, by default, this statut. It’s for this reason that I still can edit the french Wikipedia through Tor. But when I want to edit others projects, like Commons, I have to open an other navigator to edit.

Because switch navigators for cross-wiki is a really pain in the ass, I’ve requested the global statut. And they give it to me.

It’s at this occasion that I discovered that english Wikipedia community doesn’t recognize this statut and I have to request it in local too…

In the first time, they give me the local statut after CU’s check (their procedure) and they decide to remove after short time because they consider that I don’t need it, since I’m not corean or chinese 😉

Yes, I’m a administrator on the french Wikipedia, one of the biggest project. Yes I’m an OTRS agent and my IRL identity is known. Yes, I have the global statut. Yes I made more of 29 600 edits and have contributed since many years.

Yes, I still blocked on the english Wikipedia.

What if I see an error to correct ? If I have chance, my IP is not blocked and I correct (illegaly). If not, the error still in place. If they consider I dont need to contribute, I consider I dont need to push myself. Sorry english Wikipedia, I’m too lazy to log in myself in another navigator just because « I dont need it ».

I dont need to contribute on english wikipedia, I’m only a volunteer.

Yes, this situation is stupide but it’s not a problem, since I can still edit the rest of the wikimedia’s environment with pleasure.

July 05, 2018

Dans le domaine du numérique, l’Union Européenne sait faire des choses biens et d’autres qui le sont beaucoup moins.

Parmi les mesures récentes qui sont une excellente chose, nous pouvons citer l’entrée en vigueur du RGPD qui m’a bien occupé ce dernier mois, mais ceci est une autre aventure dont je m’étalerai plus longuement dans un autre billet.

À cause de cela, j’ai suivi de loin l’affaire dont nous allons parler dans ce billet, je vais alors tenter de me rattraper maintenant.

Aujourd’hui, le texte va être étudié par le parlement européen.

Il s’avère que ce texte soulève une opposition importante, par exemple 70 personnalités du web incluant Vinton Cerf (père fondateur d’Internet), Tim Berners-Lee (inventeur du WWW), Bruce Schneier (spécialiste en sécurité informatique) se sont opposé au texte via une lettre ouverte.  On peut également citer une forte désapprobation de la part de 169 professeurs universitaires [2] et de 145 organismes opérant dans les domaines des droits de l’homme, de la liberté de la presse, de la recherche scientifique et de l’industrie informatique [3].

Wikipédia est également touché par ce texte qui risque de lui porter un préjudice important. C’est pour cette raison que le cinquième site le plus fréquenté du monde s’est opposé frontalement à ce texte, que ce soit de la part de la direction (CA de la WMF) ou des contributeurs bénévoles qui ont rendu les versions italienne, estonienne, lettone et espagnole  inaccessibles, d’autres comme les versions francophones ou anglophone se contentent d’avertir les lecteurs via des communiqués ou des bandeaux.

Bien qu’il y a déjà eu des précédents, une telle réaction de la part de Wikipédia, qui n’est pas réputé pour ses prises de positions politiques montre qu’un malaise existe.

Mais en fait, que reproche-t-on à ce texte ?

Si vous avez bien révisé votre guide du petit censeur, vous saurez que pour justifier une censure sans obtenir un lever de boucliers, vous devez mettre en avant la lutte contre la pédopornographie ou le terrorisme. Ici, le motif avancé est la protection des ayants-droits (vous savez, pour lutter contre le téléchargement illégal alors qu’il semblerait que ce ne soit pas si nocif que ça pour l’industrie (source)).

En effet, sous la pression de l’industrie du disque, des ayants-droits, etc., il est envisagé de filtrer en amont les contenus téléchargés grâce à des bots.

Ces processus coûteux à mettre en place sont destinés à repérer et bloquer les contenus protégés, en méconnaissant les exceptions aux droits d’auteurs (parodies, citations, …). Cela a donc des répercussions autant sur les petits hébergeurs qui ne peuvent mettre en place un tel système que pour les utilisateurs qui voient leur liberté d’expression menacé.

Pour entrer dans les détails, en effectuant une communication au public, le site devra par défaut obtenir l’autorisation des ayants droit avant de donner accès à n’importe quel contenu. S’il ne dispose pas de cette autorisation, il ne pourra plus être qualifié d’hébergeur et aura donc une responsabilité directe sur la légalité des contenus mis en ligne par les tiers (et la vous comprenez pourquoi la WMF commence à avoir des sueurs froides). Pour éviter des problèmes, le site doit filtrer grâce à des empreintes fournis par les ayants-droits.

Selon Raegan MacDonald, Head of EU Public Policy chez Mozilla « si ces propositions étaient adoptées, l’UE ferait un pas en arrière en laissant passer une loi fragmentée et archaïque sur le droit d’auteur ».  Le texte ne se limite pas aux seuls contenus audio ou musicaux, mais aussi sur l’ensemble des œuvres sous droit d’auteur, dont les logiciels.

Pour Wikimédia France, les contenus « reconnus comme pouvant potentiellement enfreindre la loi seront automatiquement bloqués », avec le jeu de l’article 13. « Or la complexité du droit d’auteur, les différences entre pays et les exceptions au droit d’auteur ne peuvent être correctement appréhendées par des algorithmes ». L’entité anticipe un risque d’autocensure : « les plateformes opteront pour un principe de précaution en bloquant plus de contenu que nécessaire ce qui réduira la diversité de ces plateformes en empêchant les personnes peu aguerries aux nouvelles technologies d’y participer ».

Internet n’est pas une zone de non droit (biens que des « professionnels du secteur » aient encore des problèmes avec la loi du 6 janvier 1978 mais j’en reparlerai dans un autre billet) et les contrefaçons, tout comme les harcèlements peuvent être poursuivis devant les tribunaux.

Toutefois, si ce texte passe, vos mèmes ou vos tweets sur les matchs de football avec photographies se feront bloquer par défaut. Viva la liberté d’expression !

Et vous pensez que je suis dans l’hyperbole en invoquant le principe de liberté d’expression ? Pourtant le Rapporteur spécial des Nations Unies (ONU) sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’expression et d’opinion a adressé une lettre très critique à l’Union européenne. Vu que je rédige ce billet assez rapidement, je n’ai pas encore eu l’occasion de lire en détail cette lettre. Je suis désolé si ce billet paraît un peu brouillon, je n’ai eu le temps que de rassembler des ressources et débroussailler le terrain.

Sources / ressources :
* L’Internet libre et ouvert est en danger : vous pouvez arrêter ce désastre
* Filtrage : déluge de critiques sur l'article 13 du projet de directive sur le droit d'auteur
* Directive Copyright : combattons le filtrage automatisé... et la centralisation du Web !
* La directive copyright et le problématique article 13
* Directive Droit d’auteur : à l'ONU, les inquiétudes du Rapporteur spécial à la liberté d'expression
* Wikipédia mène la fronde contre la directive européenne sur le droit d'auteur

Sur une note plus légère, la version francophone de Wikipédia s’approche dangereusement du seuil des 2 000 000 articles créer. Pour fêter l’occasion, le site s’est fendu un petit communiqué de presse et préparé un nouveau logo spécialement pour l’occasion qui remplacera celui présent actuellement pendant probablement un mois (sondage).

La mise en place par défaut de la coloration syntaxique est également un (très) bon point.

July 01, 2018

Wiki Loves Monuments* est un concours photographique mondial qui se déroule lors du mois de septembre et visant à valoriser les monuments historiques, via les projets Wikimédia (principalement Wikipédia et Wikimedia Commons). L’édition française du concours est organisée par Wikimédia France, association pour le libre partage de la connaissance.

Chacun peut participer et améliorer Wikipédia. Les monuments historiques sont tout autour de vous !

En savoir plus

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June 30, 2018

Comment participer ?

Découvrez comment participer au plus grand concours photographique de monuments au monde sur la page Commons française dédiée à l’événement !

 

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June 03, 2018

Annonces

Sondage28 mai : ouverture des discussions à propos du sondage sur l'Ajout à conventions typographiques.

Revue de presse

  • Le Wikiconcours 2017-2018 est terminé : une classe de lycéens scientifiques de Brest a gagné le concours avec leurs participations sur une quinzaine d'articles. (source)
  • Philip Roth est mort : l'écrivain américain avait défié la communauté wikipédienne anglaise en contestant l'article sur son livre La Tache. (source)
  • Lettre ouverte de la Fondation Wikimédia : l'organisation appelle les autorités turques à débloquer Wikipédia. (source)

Échos du bistro

  • Certains contributeurs veulent mettre en place une procédure pour relire les vieux articles de qualité qui s'éloignent des critères d'aujourd'hui. (discussion)
  • L'affaire de Jeufosse, un article issu du Wikiconcours lycéen, présente plusieurs problèmes selon des wikipédiens. (discussion)
  • Un contributeur anonyme a laissé un message sur le bistro, avec pour sujet des réformes autour du statut des administrateurs. (discussion)
  • Un utilisateur vient de rejoindre le club fermé des contributeurs de plus de 10 ans. (discussion)
  • Plusieurs outils sont disponibles pour accéder rapidement au bistro. (discussion)
  • La chocolatine versus le pain au chocolat, le retour. (discussion)
  • Deux millions d'articles : faut-il refaire un communiqué de presse ? Il est aussi également questions d'idées pour améliorer la présentation de l'Accueil de la communauté pour tous. (voir la discussion)

Articles les plus consultés

Cette rubrique recense les articles les plus consultés sur la Wikipédia francophone au cours de la semaine écoulée (21 au 27 mai). Vous pouvez accéder au rapport de façon permanente sur cette sous-page.
  1. Pierre Bellemare a été vu 341 074 fois.
  2. Meghan Markle a été vu 339 031 fois.
  3. Élisabeth II a été vu 178 090 fois.
  4. Ligue des champions de l'UEFA a été vu 168 204 fois.
  5. Zinédine Zidane a été vu 154 628 fois.
  6. Philip Roth a été vu 143 707 fois.
  7. 13 Reasons Why (série télévisée) a été vu 129 899 fois.
  8. Loris Karius a été vu 126 227 fois.
  9. Henry de Sussex a été vu 116 329 fois.
  10. Cristiano Ronaldo a été vu 107 520 fois.

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Un chat jouant avec un agame arlequin, au Laos. (définition réelle 5 557 × 3 125)
Un chat jouant avec un agame arlequin, au Laos.
(définition réelle 5 557 × 3 125)

Anniversaires à venir

Comité de rédaction

Cette édition a été rédigée par Lofhi et J. N. Squire.

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Commentaires sur cette édition

A mon avis, c'est les anniversaires de juin qu'il fallait annoncer Sourire. Bon et je dis pas çà pour les cadeaux... Enrevseluj (discuter) 30 mai 2018 à 20:28 (CEST)

May 27, 2018

Annonces

Mediawiki29 mai : l'encyclopédie en français, en russe et en japonais seront en lecture seule pour des raisons de maintenance des serveurs, pour une durée maximale estimée de 15 minutes entre 12 h et 14 h, heure de Paris, même si 13 h est l'heure la plus probable (entre 10:00 UTC et 12:00 UTC).
Prise de décision22 mai : lancement de la discussion de la prise de décision sur les modifications de compétences du Comité d'arbitrage
Portail22 mai : création du portail sur la littérature norroise.

Planète Wikimedia

C'est approuvé : seuls les utilisateurs autoconfirmés peuvent à présent créer des articles sur Wikipédia en anglais - Ticket Phabricator

Après une période d'essai de six mois, la communauté anglaise supporte à 88.8 % la restriction autour de la création des articles, qui impose d'avoir le statut d'utilisateur autoconfirmé. Il s'agit d'un statut donné automatiquement quatre jours après la création d'un compte, l'utilisateur pouvant alors renommer les pages, importer ou téléverser des fichiers et modifier des pages semi-protégées.

La communauté de Wikipédia en anglais avait voté cette période d'essai de six mois en avril 2011 et la Fondation Wikimedia a convenu qu'un tel essai devait être implémenté après plusieurs discussions en juin 2017. Abrégé ACTRIAL, le test a été mis en oeuvre le par la Fondation et a pris fin le 14 mars 2018 après 6 mois.

Plusieurs conclusions se sont dégagées grâce à un rapport :

  1. L'activité des nouveaux utilisateurs n'est en grande partie pas affectée.
  2. Moins de pages de mauvaise qualité et inappropriées ont été créées dans l'espace principal (celui des articles).
  3. Enfin, plus compliqué, car spécifique à enwiki. Un « basculement » a été observé durant la période d'essai : il y a eu plus de créations de brouillons que d'articles. Ce qui veut dire que les New Page Reviewers qui vérifient les nouveaux articles avaient moins de contenu à vérifier, tandis que le projet Articles for creation qui s'occupe de relire les brouillons avait plus de contenu à relire. D'après le rapport, l'atelier de relecture a du mal à suivre l'augmentation du nombre de soumissions des nouveaux contributeurs, tantdis que les New Page Reviewers disposaient d'une plus grande marge de manœuvre, puisqu'ils sont des contributeurs qui disposent d'une permission supplémentaire qui permet de marquer un article comme relu : s'il n'est pas relu, l'article n'est pas indexé dans les moteurs de recherche.

La rapport montre généralement que les préoccupations qui ont été soulevées par les contributeurs avant l'essai au sujet d'un possible impact négatif sur les contributions des nouveaux éditeurs n'ont pas eu lieu et que globalement, les effets étaient positifs. On peut noter que certains contributeurs souhaitent que la note au sujet des difficultés qu'avait eues l'atelier de relecture pendant la période d'essai soit retirée, car, comme la Fondation l'avait dit dans le rapport, elle ne connaît que très peu le fonctionnement de l'atelier de relecture et son processus, la difficulté observée ne serait donc pas liée à l'essai.

Revue de presse

🔎 Un marathon mondial pour les femmes - Amnesty

Fruit d'une collaboration entre Amnesty International et Wikimedia, ce sont des centaines de militants qui ont participé les 19 et 20 mai 2018 à un marathon mondial sur les défenseures des droits humains qui consacrent leur vie au combat contre l'injustice. Ces centaines de militants dans plus de 20 pays ont écrit plusieurs biographies sur des défenseures des droits humains sur l'encyclopédie.

« Wikipedia est visité chaque mois par 1,4 milliard d'appareils, mais seule une fraction de ses utilisateurs actualise son contenu. Près de la moitié seulement de la population mondiale a accès à Internet, et les personnes qui actualisent le plus souvent les pages de Wikipedia sont généralement des hommes blancs, européens ou nord-américains. Les contenus tendent à refléter leurs centres d'intérêt. Nous tenons donc là une occasion d'encourager les gens à actualiser davantage ces pages et à ajouter plus de contenu sur les différentes identités afin de mieux rendre compte du monde où nous vivons. »

🔎 Dites bonjour à la Lune - Le Soir et The Verge

Arch Mission Foundation, un organisme à but non lucratif, dont la principale activité est de disperser des archives de l'humanité loin de la Terre, ont décidé d'envoyer une version de Wikipédia sur la Lune. Les centaines de milliers d'articles de Wikipédia en anglais seront écrites sur des petites plaques de métal plus minces qu'un cheveu humain d'ici deux ans. Wikipédia en anglais représente environ un peu plus de 13 Go, ce qui veut dire qu'aujourd'hui elle peut être contenue sur un CD-ROM.

Quelle est la raison qui motive l'organisme ? « Les futurs humains, ou extraterrestres pourront trouver ces archives dans un avenir très lointain, et avoir un aperçu de la vie au cours du segment relativement court de l’existence humaine. » L'organisme enverra donc ces articles anglais et les top des articles des autres communautés sur carrés minces de nickel, car il ne se corrode que très peu.

🔎 Si une auteure asiatico-américaine n'a pas de page Wikipédia, existe-t-elle ? - The Outline

C'est la question délicate à laquelle The Outline (en) s'est intéressé à travers le Asian American Writers' Workshop. Ce marathon a permis l'ajout et la mise à jour d'informations sur plus de 50 écrivaines et organisations d'origine asiatique tout en apprenant à de nouvelles contributrices comment éditer des articles.

L'idée de cet événement a vu le jour il y a cinq mois, quand une contributrice a regardé la page au sujet des écrivains asiatiques américains et s'est rendu compte que celle-ci n'avait que 240 noms, sans compter l'introduction et un ensemble de catégories « très problématiques ». L'article rappelle que la communauté des contributeurs de Wikipedia a été fréquemment critiquée pour son parti pris systémique en raison de sa population d'hommes blancs à prédominance anglophone, donnant lieu à de grosses lacunes dans des sujets comme l'histoire des hommes noirs et le sexisme.

Selon le média, Wikipédia « s'appuie également sur les articles de recherche scientifique, les articles de journaux, les livres et autres médias comme citations et sources pour ses entrées, ce qui peut renforcer les préjugés existants ». Par ailleurs, Megan Wacha, présidente de Wikimedia NYC, qui a dirigé la formation technique durant le marathon, affirme que « même si Wikipedia vise à représenter un point neutre, ce n'est pas vraiment une chose que nous pouvons faire dans ce monde. Tout ce que nous faisons est politique, tout ce que nous choisissons de représenter est politique et l'édition de Wikipedia est politique en soi ».

Selon une autre participante, « la partie montage n'est pas intimidante, c'est la partie d'après qui peut décider que l'article n'est pas à la hauteur des normes qui est légèrement stressant ». La reporter estime qu'il y a un problème d'activité sur Wikipédia, car « il y a actuellement plus de 33,6 millions de comptes d'utilisateurs anglais enregistrés, mais seulement 134 155 d'entre eux sont actifs, ce qui signifie que moins de 0,004 % ont fait quelque chose comme édité ou créé une entrée au cours des 30 derniers jours ». Néanmoins, il s'avère que Wikipédia a toujours été écrit par un petit nombre de contributeurs.

Pour palier à ces multiples problèmes, le marathon a permis de créer plusieurs articles anglais, comme Alice Sola Kim (en), Weike Wang (en), R.F. Kuang (en), Tanwi Nandini Islam (en), Sarah Gambito (en), Kaya Press (en) ou encore Asian American Literary Review (en). Un deuxième marathon est prévu pour le 27 mai, et la coordinatrice Wu se dit optimiste suite aux retours qu'elle a reçus. Selon elle, « Wikipedia est en fait assez démocratique en ce sens pour que nous puissions y aller et la changer si nous le voulions » et conclut que « c'est juste une petite façon de reprendre le pouvoir en ligne ».

Si vous êtes près de New York et que vous voulez participer à l'événement, rendez-vous sur cette page.

🔎 Un travail qui rayonne même en dehors de Salem - Le Temps

On ne présente plus le Projet:Les sans pagEs. Les femmes condamnées à mort pour sorcellerie entre le XVe et le XVIIIe siècle est le sujet sur lequel le projet travaille depuis plusieurs semaines maintenant. Les femmes sur Wikipédia sont sous-représentées et « le vide le plus important se trouve avant 1900, où seules les femmes issues de familles nobles sont citées ».

En 2016, selon le journal, Wikipédia en français comptait environ 450 000 biographies d'hommes et 75 000 de femmes, aujourd'hui on compte 90 370 biographies de femmes, soit une augmentation de 20.4 % ! Natacha Rault représentante du projet à plusieurs reprises dans ces articles de médias, indique qu'un éditathon est prévu pour cet automne afin de « rédiger des biographies de sorcières ou compléter celles dont on ne sait encore que très peu », dans le cadre du Wikialpenforum.

Ce sujet est lié à la cause que défend le projet puisque « ces condamnations pour sorcellerie marquent le début de la théorisation misogyne par les scientifiques et les intellectuels » et que le traité Malleus Maleficarum en est un exemple. Plus intéressant, le projet tente aussi de les cartographier ; voir Liste des victimes de chasses aux sorcières.

Échos du bistro

  • « The Philip Cross Affair », une affaire au sujet d'un contributeur anglophone. (voir discussion).
  • 10 000 contributions, ça se fête. (voir discussion).
  • Le Modèle:Problèmes multiples est de plus en plus souvent utilisé et ça ne convient pas à tout le monde. (voir discussion).
  • Image à droite ou à gauche ? Par défaut, à droite, mais dans certains cas, à gauche. (voir discussion).
  • Un nouveau modèle pour afficher une liste de liens relatifs à un chercheur. (voir discussion).
  • Conventions typographiques : participez à la discussion. (voir discussion).
  • Des anachronismes généralisés ? Certains articles ont des catégories qui pourraient être considérées comme des anachronismes. (voir discussion).
  • Elle est là, elle est de retour : l'apostrophe ! Pour rappel, l'apostrophe typographique ou apostrophe courbe (« ’ ») est fortement déconseillée. (voir discussion).
  • Si vous avez du temps libre, n'hésitez pas à lire le bulletin d'informations de Wikimedia Belgie. (voir discussion).
  • Vous aimez les drapeaux ? C'est dommage... car des contributeurs rappellent que selon un sondage, ils ne doivent pas être utilisés dans les infobox. (voir discussion).

Articles les plus consultés

Cette rubrique recense les articles les plus consultés sur la Wikipédia francophone au cours de la semaine écoulée (14 au 20 mai). Vous pouvez accéder au rapport de façon permanente sur cette sous-page.

  1. Meghan Markle a été vu 1 330 025 fois.
  2. Élisabeth II a été vu 452 475 fois.
  3. Henry de Sussex a été vu 290 193 fois.
  4. Henry de Galles a été vu 273 772 fois.
  5. Charles de Galles a été vu 253 632 fois.
  6. Diana Spencer a été vu 210 619 fois.
  7. William de Cambridge a été vu 203 913 fois.
  8. Catherine Middleton a été vu 184 525 fois.
  9. Philip Mountbatten a été vu 158 677 fois.
  10. Pentecôte a été vu 155 365 fois.

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Entrainement à la lutte anti-incendie du 18e Civil Engineer Squadron Fire Department. (définition réelle 1 279 × 834)
Entrainement à la lutte anti-incendie du 18e Civil Engineer Squadron Fire Department.
(définition réelle 1 279 × 834)

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Comité de rédaction

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Commentaires sur cette édition

  • Avant ACTRIAL, la communauté anglophone souhaitait interdire la création d'articles aux nouveaux du fait de leur faible qualité. À présent qu'il est prouvé que la qualité n’est pas une raison valable, ils ont malgré tout décidé d'interdire la création des articles, car cela représente trop de travail. Qui veut noyer son futur... Trizek bla 27 mai 2018 à 12:11 (CEST)
  • Concernant l'usage des drapeaux dans les infobox, comme le dit Sammyday (d · c · b) : « Le sondage qui a neuf ans (comme rappelé ci-dessus) est presque antérieur à Aide:Modèle pays et drapeau, et ne peut être considéré comme une prise de décision, ou même une recommandation (comme tout sondage, il indique une tendance T à un instant I...). » Voir ici.--Zugmoy (discuter) 1 juin 2018 à 16:03 (CEST)

May 20, 2018

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Wikiconcours Noir et Blanc.png30 avril : clôture de l'édition mars 2018 du Wikiconcours.
Utilisateur29 avril : Bastenbas est désormais administrateur (voir la consultation).

Revue de presse

🔎 Wikipédia fait mur à une cyberattaque - Sciences et Avenir

L'équipe de sécurité de la Fondation Wikimedia peut aujourd'hui souffler, mais la situation était bien plus compliquée il y a deux semaines. En effet, les serveurs de la Fondation ont encaissé une attaque d'un botnet. Il y a en général une moyenne de 30 connexions ratées à cause d'un mauvais mot de passe sur des comptes de wikipédiens sur un intervalle de 5 minutes, mais à partir du vers 11 h 50, le nombre a augmenté, dépassant progressivement la barre des 200, des 400, pour attendre jusqu'à un maximum de 2 980 tentatives de connexions.

La première attaque s'est étalée sur 16 heures avec en moyenne brute ~ 2 600 tentatives. La seconde attaque a commencé à 10 h 0 le pour une durée d'environ 23 h 0. Enfin, la dernière a pointé son nez le vers 10 h 20 pendant un peu plus de 24 heures.

Côté contributeurs, l'attaque n'est pas passée inaperçue, plusieurs messages sont apparus sur les différents bistros des communautés et parfois même les bulletins des administrateurs. Un ticket sur le Phabricator, le tableau de bord des développeurs, a été ouvert par un contributeur afin de signaler le problème. On apprend dessus grâce aux signalements que plusieurs communautés sont touchées : contributeurs italiens, anglais, francophones, allemands, espagnoles, hongrois, persans ou même des utilisateurs de Wikipédia en marathi (voir le ticket). Tous les contributeurs de ces communautés n'étaient pas touchés, mais ceux qui l'étaient ont reçu une notification automatique de Wikipédia en anglais : « Il y a eu une tentative échouée de connexion à votre compte depuis un nouvel appareil. Assurez-vous que votre compte a un mot de passe suffisamment sécurisé ».

Les informations autour de l'attaque ne sont pas si nombreuses : l'équipe de sécurité a restreint l'accès à un autre ticket créé avant le ticket public, pour des raisons évidentes de coordination afin de permettre d'organiser au mieux un mur face à l'armée de bots. La tentative semble concluante, ou en tout cas la sécurité est déjà très efficace, puisque dans un message public, le chef de l'équipe de sécurité, John Bennett, annonçait que même si la source de l'attaque n'était pas encore connue, la grande majorité des tentatives avaient échoué et qu'ils s'occupaient personnellement du petit nombre de comptes qui auraient pu être compromis (source). Le type de cette attaque suggère que les bots ont tout simplement essayé de se connecter avec les mots de passe les plus courants, d'où la nécessité d'avoir un mot de passe robuste qui ne figure pas sur la page les 10 000 mots de passe les plus utilisés (en). Plus d'informations sur la page d'aide.

Une analyse de l'attaque est déjà prévue afin de mieux la comprendre et de la prendre comme exemple pour perfectionner les systèmes de sécurité (source). D'ici là, n'hésitez pas à demander aux stewards d'activer la double authentification si vous le souhaitez sur cette page. Vous pouvez aussi simplement utiliser le modèle Utilisateur identifiable.

🔎 « Les 15 personnes qui empêchent les contributeurs de Wikipédia de s'entretuer » - The Wall Street Journal

Si la situation est compliquée de notre côté, que d'autres communautés l'ont tout simplement supprimé, il existe toujours chez de nombreuses communautés, dont Wikipédia en anglais : l'ArbCom, ou Arbitration Committee, plus connu sous le nom du CAr chez les francophones, autrement dit, le Comité d'arbitrage. Le Comité d'arbitrage anglais a une certaine notoriété puisqu'il réunit les arbitres de la communauté la plus connue de Wikipédia et plusieurs articles sur le sujet ont déjà été publiés dans la presse en anglais. L'article source fait un rapide résumé de ce « tribunal » wikipédien.

Quand la discussion dérape et que les arguments s'enveniment, ce sont les arbitres qui doivent tenter de résoudre les conflits entre les contributeurs. Ira Matetsky compare le comité à une « Cour suprême » qui s'occupe de situations qui peuvent parfois même ressembler dans le fond à l'arrêt Brown v. Board of Education. L'article rappelle que c'est le fondateur de Wikipédia, Jimmy Wales, qui a créé le Comité d'arbitrage afin qu'il soit utilisé comme dernière tentative du processus de résolution des conflits wikipédiens.

« Il y a des choses qui ne commenceraient pas un conflit n'importe où ailleurs et qui peuvent encore commencer un sur Wikipedia. »

— Newyorkbrad, dit Ira Matetsky, avocat plaideur à Manhattan, arbitre respecté du Comité d'arbitrage anglais.

Au fil des années, le Comité d'arbitrage anglais s'est perfectionné. Pendant ses premières années, les arbitres ont pu s'occuper de 100 arbitrages. Actuellement, pour l'année 2018, seuls 3 arbitrages ont été rendus. Selon Ira Matetsky, cela est dû aux « normes du comité [qui] sont plus élevées et au fait que le site a accumulé ce qui équivaut à un ensemble de lois ».

Aujourd'hui, l'ArbCom est respecté par la plus grande partie de la communauté et celui-ci « refuse d'entendre [plus souvent] les cas où les arbitres croient que les contributeurs peuvent résoudre les différends par d'autres moyens », tel est décrit l'objectif principal du comité. Néanmoins, des décisions sont toujours prises quand cela est nécessaire. En mars dernier, le comité a permis aux administrateurs d'interdire à certains éditeurs de contribuer ou de supprimer des infobox.

Le comité n'est pas pour autant immaculé : « trop américain », « qui ne pardonne pas assez », « trop autoritaire ». Un contributeur rappelle quant à lui qu'on « [ne peut] pas faire face à [nos] accusateurs parce que vous ne connaissez pas la personne derrière le pseudonyme ». Enfin, l'article n'est pas passé inaperçu. Une personne anonyme a partagé son avis sur la page de discussion de Ira Matetsky, où elle a écrit : « Je suis très déçu que vous ayez si manifestement déformé et biaisé l'image de l'ArbCom et la façon dont il fonctionne. Ce n'était rien d'autre qu'un article de propagande et vous le savez. Totalement malhonnête et manipulateur d'un jeune journaliste de confiance. PS: je sais que vous allez annuler ma modification pour cacher les critiques » (voir discussion).

🔎 « 1Lib1Ref : la campagne Wikipedia joue les prolongations » - Actualitte

C'est encore un succès : la troisième édition de la campagne est reconduite du 15 mai au 5 juin 2018. Celle-ci a pour objectif de mieux sourcer les articles Wikipédia avec l'aide des bibliothécaires. C'est d'ailleurs un succès mesurable : « 6 503 modifications ont été faites en utilisant le hashtag #1Lib1Ref sur 4 285 articles. 824 contributeurs ont participé à l'opération dans 22 langues différentes ». Plus d'informations grâce à ce kit.

🔎 « Un second round pour l’éditathon Wikipédia “Femmes & Sciences” » - Echosciences Grenoble

Toujours la banane, toujours debout, sont les contributrices et contributeurs attachés à une meilleure représentation des femmes sur l'encyclopédie. Le second editathon « Femmes & Sciences » organisé par La Casemate et les Wikipédiens de la « cabale » de Grenoble, en partenariat avec l’association Parité Science, a eu lieu le mercredi 26 avril.

Toujours le même objectif : expliquer comment Wikipédia fonctionne, tout en parlant de l'envers du décor, de ceux qui contribuent dans l'ombre à leurs façons et surtout les règles et recommandations qui encadrent l'encyclopédie. Plusieurs articles ont pu être améliorés, traduits ou créés, toujours grâce au travail de fond du Projet:Les sans pagEs.

🔎 « Wikipédia : les trois auteurs les plus cités sont des scientifiques australiens » - Radio Canada

Selon Radio Canada, l'article sur la classification de Köppen est cité 2 830 341 fois.

Lu, vu et entendu

Jean-François Abramatic, premier président du World Wide Web Consortium : « L’idée, c’était de laisser mille graines fleurir. Il y a eu des fleurs magnifiques, comme Wikipédia. Mais il y a aussi eu des fleurs empoisonnées. Nous avons fait notre possible, ce sera à la génération suivante de s’en occuper. » - Le Monde

Échos du bistro

  • « J'ai dix ans », le retour d'expérience d'un ancien contributeur. (voir discussion)
  • Page humoristique non-traduite, on tolère ça combien de temps ? (voir discussion)
  • Débats sur l'incertitude juridique des imports de données depuis Wikipedia vers Wikidata. (voir discussion)
  • Titre d'un article sur l'implication israélienne dans la guerre civile syrienne. (voir discussion)
  • La neutralité sur Wikipédia avec 3 bananes. (voir discussion)
  • Un micro-sondage sur la performance d'affichage des pages va être lancé sur frwiki. (voir discussion)
  • Docteure honoris causa ? Attention aux allergiques des marronniers. (voir discussion)
  • Que faire des vandales scolaires ? (voir discussion)
  • Besoin d'aide pour accéder à une source avec un paywall ? Demandez ! (voir discussion)
  • Langues et carte interactive : les libellés sont maintenant en français par défaut, grâce à un nouveau paramètre. (voir discussion)
  • Renommage de catégorie désiré ? Utilisez les scripts. (voir discussion)
  • Gouvernement de Macron ou de Philippe ? Attention aux allergiques de la Constitution française. (voir discussion)
  • Une petite faim ? Venez au Wiknic à Paris. (voir discussion)
  • Bientôt 2 millions d'articles sur Wikipédia : sommes-nous assez pour tout vérifier ? (voir discussion)
  • Notes et références, références et notes, ou notes ? Aucune organisation n'est privilégiée. (voir discussion)
  • L'équipe de recherche de la Fondation lance un nouveau projet : créer une intelligence artificielle qui ajoutera toute seule {{refnec}} aux endroits nécessaires. La Fondation demande la participation des contributeurs afin de la perfectionner. (voir discussion)

Articles les plus consultés

Cette rubrique recense les articles les plus consultés sur la Wikipédia francophone au cours du 7 au 13 mai. Vous pouvez accéder au rapport de façon permanente sur cette sous-page.

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Le plafond de la Sagrada Família. (définition réelle 4 600 × 7 151)
Le plafond de la Sagrada Família.
(définition réelle 4 600 × 7 151)

Anniversaires à venir

Comité de rédaction

Cette édition a été rédigée par Lofhi et J. N. Squire.

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April 10, 2018

Aujourd’hui, je vais laisser la parole à Mathieudu68, un ex-arbitre qui revient sur son mandat et livre sa vision des choses sur des sujets qui agite toujours Wikipédia.

Tout d’abord, je remercie chaleureusement mon ex-collègue Gratus d’avoir bien
voulu m’ouvrir son blog.

Plus que de dresser le bilan de mon année de mandat, ce billet sera surtout
l’occasion de dresser une réflexion sur le CAr, son avenir et pourquoi il est
soudainement voué aux gémonies par une minorité, il est vrai très active, de la
communauté.

Bilan personnel

J’ai candidaté en mars 2017 parce que personne ne se portait volontaire (j’ai été le seul candidat à cette élection groupée).
Ma candidature a surpris car j’étais alors peu actif sur Wikipédia depuis
quelques mois, venant à peine de revenir. Plusieurs contributeurs ont d’ailleurs
été inquiets à ce sujet, mais je savais que j’allais reprendre un rythme de
contributions soutenu, ce qui a bien été le cas par la suite.

Mon bilan comme arbitre est quantitativement peu important, ce qui est à mettre
en parallèle avec la faible activité du comité depuis deux ans. Je n’ai eu en
réalité, qu’un seul arbitrage à traiter sur le fond, c’est celui entre Lepetitlord et Hotter3.
Un arbitrage très classique, avec un conflit personnel ancré sur une thématique
bien précise. Le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a pas attiré les foules
(les critiques du CAr ne s’intéressent pas à ce genre de contributeurs somme
toute discrets et de conflits localisés), et on a pu travailler tranquillement.
J’estime avoir bien œuvré à cette occasion. J’ai passé de nombreuses heures à
décortiquer et lire tous les arguments des parties et témoignages et à lire
l’ensemble de leurs interactions. J’en ai passé à peu près autant à réfléchir à
mon commentaire puis à la rédiger.

Au final, ce sont mes propositions, qui ont l’air d’avoir séduit mes collègues,
qui ont structuré la décision d’arbitrage. Telles que je les avais pensées, mes
propositions avaient pour objectifs de faire cesser le conflit, mais non le
dialogue, entre ces deux contributeurs avec une menace de forte sanction au
moindre « pet de travers » entre les deux. Ceci pour qu’ils continuent à
contribuer sur leurs domaines, à apprendre à dialoguer, et qu’ils restent au
final sur Wikipédia, où tous deux ont beaucoup apporté. Mes propositions de
sanctions en cas de dérapage, qui ont été globalement retenues, étaient un peu
comme la bombe nucléaire, suffisamment dissuasives pour qu’elles n’aient jamais
à s’appliquer. Malheureusement, cela n’a pas marché. Elles ont dû être
appliquées quelques mois plus tard et, au final, un des deux protagonistes a
quitté Wikipédia, dégoûté.

J’ai eu le sentiment de bien faire, mais ça n’a pas fonctionné et l’arbitrage
est au final un échec. C’est, pour moi, une grande déception (la plus grande,
bien plus que les critiques reçues ou les conflits avec certains admins) car j’y
ai passé beaucoup de travail et de temps, et j’ai fait du mieux que j’ai pu.
Peut-être qu’il y avait mieux à prendre comme décision, peut-être qu’il n’y
avait tout simplement rien à faire parce que certains conflits ont tellement
pourri qu’ils en sont de toute façon insolubles. Je n’en sais rien mais je suis
très déçu de ne pas avoir réussi.

C’est le point principal de mon mandat puisque le seul arbitrage auquel j’ai
participé. Mon autre grande action a été de coordonner la nomination des CU en
2017. Cela s’est très mal passé, d’une part parce qu’il y a eu des quiproquos,
et d’autre part parce que j’ai mal ressenti (et ce ne fut pas qu’à cette
occasion) certaines directives de Racconish qui s’est un peu considéré, sans
doute de par son expérience, comme le chef de notre comité. Je ne suis pas le
seul, en interne, à lui avoir fait de telles critiques, et j’ai passé la
deuxième moitié de mon mandat dans un climat tendu avec lui. Ce n’était pas
l’idéal. Au final, je pense que nous avons tous les deux eu des torts, et que
cela n’a pas aidé la crise traversée par le comité d’arbitrage, et j’en suis
désolé. Surtout, ce sont les CU qui en ont pâti, puisqu’il y a eu des manques et
il a fallu quelques mois plus tard refaire une nouvelle nomination. À notre
décharge, il nous était difficile de prévoir que Hexasoft et Schlum, qui avaient
candidaté à nouveau et semblaient toujours très motivés, allaient soudainement,
pour le premier, disparaître purement et simplement de la surface de Wikipédia,
et pour le second perdre sa motivation à effectuer son rôle de CU (et,
visiblement, à pouvoir continuer à contribuer activement sur Wikipédia). Il est
vrai aussi que, l’année dernière comme il y a un mois, il y a eu très peu de
candidats, et ça n’aide pas.

Par ailleurs, je sais que beaucoup de contributeurs ont été surpris que
Prométhée ne soit pas renouvelé. Je ne vais pas révéler les discussions internes
des arbitres, mais j’aimerais préciser que la décision de non-renouvellement, si
elle n’a pas été unanime, a été assez largement majoritaire. Nous avons relevé
plusieurs cas où Prométhée a clairement été en délicatesse avec la politique de
confidentialité, et nous nous en sommes expliqués avec lui. Je ne rentrerai pas
davantage dans les détails.

La problématique des CU et des OS

Puisque j’en suis aux CU et aux OS, c’est l’occasion de donner mon avis sur un
débat qui existe depuis longtemps, et qui rebondit à nouveau avec la nouvelle
prise de décision sur le CAr en préparation : est-ce que c’est bien le rôle du
CAr de faire ces nominations ? Pour ma part, je pense que non. Je n’ai jamais
trop compris pourquoi ce rôle incombe aux arbitres même si, bon, il fallait bien
le faire.

D’un autre côté, je pense aussi que des élections par toute la communauté ne
seraient pas non plus les bienvenues. Ces deux postes sont techniques et
sensibles, et ils nécessitent des compétences qui doivent être évaluées au
préalable. Avec des élections, je ne vois pas comment ces évaluations auraient
lieu, et surtout je crains qu’il ne s’agisse que d’un concours de popularité. Je
vois déjà les votes favorables parce que le candidat est gentil, parce que c’est
un bon contributeur, ou les votes défavorables idiots du genre « il a commis une
guerre d’édition le 31 février 2005, c’est très vilain », qui ne sont pas
pertinents du tout. Il faut dire ce qui est : on peut être un excellent
contributeur à Wikipédia, qui apporte des AdQ et respecte toutes les règles, et
être un CU catastrophique faute de maîtrise technique. Je pense donc que
l’élection ne serait pas adaptée.

Il faut donc que ce soit un groupe de contributeurs qui fassent ces nominations.
Les admins sont trop nombreux. Il y a aussi les bureaucrates. Pourquoi pas, sauf
que ce sont des gens élus à vie (et moi ça me dérangerait de donner un tel
pouvoir à des gens parfois élus il y a plus de dix ans), et en plus certains
d’entre eux (Clem23, Esprit Fugace, Anthère) ne semblent plus vraiment être là.
Au final, j’ai l’impression que si les arbitres ont hérité du bébé, c’est un peu
parce que c’est la solution « la moins pire ». Mais elle devient gênante
maintenant qu’il n’y a périodiquement plus assez d’arbitres.

Il reste l’hypothèse de créer une structure /ad hoc/. Un comité de nomination,
qui ne serait là que pour ça. Pourquoi pas, mais on retombe sur le même problème
: les gens élus seront-ils compétents techniquement pour évaluer les candidats ?
Vous me direz, les arbitres ne le sont pas forcément. C’est vrai. C’est
d’ailleurs pourquoi, en réalité, les arbitres évaluent surtout les réponses des
candidats sur la politique de confidentialité. Pour le côté technique, le
questionnaire a été élaboré par Schlum, CU expérimenté en place depuis
longtemps, qui nous a aussi fourni les réponses attendues à chaque question.
Heureusement parce que, je l’avoue, j’aurais été incapable de répondre à toutes…

Au final, j’avoue que je ne sais pas trop quoi faire avec ces nominations.
J’hésite entre les laisser aux arbitres et créer un comité de nomination. Les
autres solutions (élections directes ou nomination par les bureaucrates) me
semblent à écarter.

Le conflit arbitres/certains admins

Avec l’arbitrage où j’ai dû rendre un avis, et la nomination des CU, cela a été
le troisième point essentiel de mon mandat, le plus démotivant. Cette
problématique a d’ailleurs été abordée dans plusieurs billets, ici-même, par
Gratus. Je partage d’ailleurs largement ses observations et ses analyses. C’est
un fait, une partie de la communauté — avec des arguments tout à fait recevables
d’ailleurs — veut supprimer le CAr. Parmi ces personnes, il se trouve aussi des
admins. C’est leur opinion, c’est leur droit, et je n’ai aucun problème avec ça.

Là où j’ai vu un problème, c’est quand ces admins ne se contentent pas d’avoir
leur opinion, mais agissent de manière illégitime pour essayer de parasiter le
fonctionnement du comité ou même, pire, tenter de dépouiller les arbitres de
leurs compétences (pourtant données par un règlement issu de plusieurs prises de
décision) pour les reprendre abusivement à leur compte. C’est bel et bien ce qui
s’est passé à deux reprises au cours de mon mandat, et je sais que j’ai exaspéré
ces personnes (au point qu’on m’insulte et me menace sur IRC) en ne me laissant
pas faire.

La première affaire est celle de l’arbitrage Atonabel contre Omar-toons.
Nous avons estimé que cet arbitrage était recevable. J’y participais et,
théoriquement, cela aurait dû être mon deuxième arbitrage où je devais exprimer
un avis de fond. Cela n’a pas été possible puisque Omar-toons n’a tout
simplement pas pu mettre une seule ligne d’argumentaire dans la mesure où… il a
été bloqué par les admins durant toute la durée que le règlement lui laissait
pour déposer ses arguments. Qui plus est, le motif de blocage, s’il ne
recouvrait pas toute la dimension de l’arbitrage, était tout de même proche de
ce qu’il nous incombait de traiter, ce qui est déjà un premier gros problème en soi…

En constatant cela, nous avons édicté une mesure conservatoire d’urgence pour
demander son déblocage, le temps qu’Omar-toons mette son argumentaire en
défense. Les admins qui se sont exprimés nous ont littéralement envoyés chier.
Désolé pour la vulgarité, mais je ne vois pas comment le dire autrement, vu le
ton employé. C’est déjà, en soi, une très mauvaise manière et franchement, un
manque de bon sens criant… Mais c’est même pire que ça puisque, d’après le
règlement issu de prises de décision prises par la communauté, les admins sont
censés techniquement exécuter les décisions des arbitres, sans pouvoir s’y
opposer. Là, ils se sont sciemment assis sur notre mesure conservatoire, et donc
sur le règlement. Et, malheureusement, malgré « le droit wikipédien » en notre
faveur, nous ne pouvions rien faire de plus. Nous n’avons pas les moyens de
forcer les admins à respecter nos décisions, quand bien même ils sont censés
être obligés de le faire. Nous avons donc été contraints, la mort dans l’âme, de
déclarer notre arbitrage recevable impossible à traiter. C’est n’importe quoi et
c’est entièrement de la faute de ces admins. J’aimerais d’ailleurs faire un
distinguo. Certains, à n’en pas douter, ont agi de bonne foi, par
incompréhension du règlement ou de la situation, ou parce qu’ils ont estimé en
leur for intérieur que c’était la meilleure chose à faire. Mais certains de ces
admins, qui sont notoirement anti-CAr, étaient clairement de mauvaise foi, et
leur objectif était de nuire au CAr. Ils ont réussi.

La deuxième affaire a été l’arbitrage Writium/Chaoborus (et je tiens à préciser, pour éviter toute ambiguïté, que le pauvre Chaoborus n’y est pour rien dans le pataquès qui a suivi). La situation était la suivante : un contributeur, Writium, a fait l’objet d’une RA pour ses modifications non-constructives. Plusieurs admins se sont alors exprimés en faveur d’un
blocage indéfini, vu l’étendue des dégâts, et Chaoborus a conclu la RA en
appliquant la sanction décidée. Writium, qui l’estime injuste, a décidé de
lancer un arbitrage contre Chaoborus (visiblement parce que c’est lui qui a
techniquement bloqué, même si la décision a été collégiale). Bon, bien
évidemment, l’arbitrage était ridicule et n’avait aucune chance d’être déclaré
recevable. Le problème, c’est que les admins ne nous ont pas laissés faire notre
travail. L’un d’entre eux a supprimé d’autorité l’arbitrage lancé, sans même
attendre qu’on ait fait la moindre demande en ce sens. Le résultat est là.
Cet admin et quelques autres ont estimé inadmissible que mon collègue Cangadoba
restaure l’arbitrage pour que les arbitres puissent ensuite donner leur
décision. Ce serait soutenir un perturbateur professionnel. Bah non, c’est
simplement une application toute bête de la chose suivante : les admins gèrent
ce qui relève des admins, et les arbitres gèrent ce qui relève des arbitres. Ce
qui n’était pas normal, c’est qu’un arbitrage soit d’autorité déclaré nul et non
avenu par quelqu’un qui n’a pas été élu pour s’en occuper. Et que Do not follow,
l’admin en question, ne comprenne pas où est le problème m’a franchement laissé
pantois. Qu’est-ce qu’il aurait dit si j’étais allé rejeter des RA à la place
des admins ? Dans le même registre, il a fallu que je mène une guerre d’édition
sur notre propre page contre un simple péon, Fanchb29 (qui explique
régulièrement sur le Bistro qu’il faut supprimer le CAr), qui, lui aussi,
s’était mis en tête de décider tout seul et à la place des arbitres élus que
l’arbitrage n’était pas recevable. J’ai dû me pincer plusieurs fois pour y croire…

Quel avenir pour le comité d’arbitrage ?

Comme Gratus l’a écrit ici-même et sur Twitter, cet épisode surréaliste était le
plus éclatant des symptômes : /« Le Car a tellement perdu en légitimité qu’on
renie désormais la capacité et l’autorité de Mathieudu68 et Cangadoba à gérer la
page de l’institution ET à traiter des arbitrages »/.

C’est effectivement de cela qu’il s’agit. C’est un fait, l’existence du CAr,
remise en cause depuis des années et de graves dérapages survenus en 2011, est
de plus en plus contestée. Encore une fois, c’est une opinion tout à fait
légitime, mais elle ne permet pourtant pas de s’affranchir des règles en
vigueur, or c’est ce qui a été fait.

Maintenant, il est certain que le CAr ne peut pas rester en l’état. Faut-il le
supprimer ? Je ne le crois pas, et je vais dire pourquoi en mettant les pieds
dans le plat. Si certains admins cherchent depuis longtemps à supprimer le CAr,
c’est, en réalité, j’en suis malheureusement convaincu, pour en récupérer les
prérogatives. Et avoir ainsi la compétence exclusive des sanctions individuelles
à prononcer sur Wikipédia. Et là, on voit tout de suite où est le problème.
C’est que la manière dont les admins traitent les dossiers n’est absolument pas
soumise à procédure, contrairement au comité d’arbitrage. Je vais être clair,
depuis un an environ, les personnes mises en cause n’ont tout simplement pas de
possibilité de réellement se défendre, leurs interventions étant tout simplement
retirées…

Je vais prendre un exemple tout récent. On en arrive aujourd’hui à des cas comme
celui de Synthwave.94, qui a cinq ans de présence, 130 000 modifications et plusieurs AdQ, et n’a jamais été bloqué. Pourtant, il se retrouve menacé de blocage indéfini pour sa
première incartade (une guerre d’éditions ; et encore, des contributeurs
d’importance comme Nouill, Marilouw et Guil2027 estiment qu’il n’a rien fait de
mal) en cinq ans. C’est du grand délire et c’est clairement un effet de
l’absence de CAr. De plus en plus, des admins, au nom de « l’efficacité » et
d’une propension à vouloir tout régler, n’agissent plus que par le prisme de la
sanction et en perdent franchement tout sens de la mesure.

Il faut donc un comité d’arbitrage pour contrebalancer cette toute puissance des
admins, j’en suis convaincu. Mais ce comité doit être réformé car actuellement,
il ne fonctionne qu’épisodiquement et n’intéresse plus la communauté (il n’y a
plus de candidats et très peu de gens s’intéressent aux élections d’arbitres).
Que peut être ce comité ? Déjà, je pense qu’il faut qu’il se recentre sur ses
deux missions principales : arbitrer des conflits et nommer les CU et les OS
(sauf si l’on crée donc un comité de nomination). Il faut supprimer la notion
d’arbitrage communautaire qui a brouillé les règles, et laisser cela aux admins.
Je pense aussi qu’il faut supprimer le pouvoir de sanction (destitution
temporaire ou définitive) d’un admin par le CAr, qui n’a plus grand sens depuis
que le principe des contestations a été installé.

Je pense que deux grandes mesures devraient être prises :

  •  La première, c’est de donner aux arbitres davantage de moyens d’être
    médiateurs. Il faut simplifier la manière dont on les saisit, et peut-être
    leur permettre de s’autosaisir d’un conflit personnel en cours. J’ai vu avec
    Lepetitlord – Hotter3 que, finalement, les arbitres n’ont rien pu faire
    parce qu’ils ont été saisis trop tard. Le conflit avait trop pourri. Il faut
    que les arbitres puissent intervenir quand il est encore temps, quand le
    conflit est encore résoluble. Je pense qu’il est vraiment très important de
    réfléchir là-dessus.
  • La deuxième mesure, c’est de faire clairement du CAr une instance d’appel
    d’une décision des administrateurs. Ceci, pour éviter les démonstrations de
    toute-puissance qu’on voit actuellement. Bien sûr, il faudra que cette
    possibilité soit encadrée. Il ne faut pas que le travail de maintenance soit
    entravé, et il est hors de question de permettre au moindre vandale de
    passage ayant écrit « prout, pipi caca » dans les articles de faire appel du
    blocage qu’il a reçu. Je pense qu’on pourrait imaginer un système semblable
    à celui des contestations individuelles du statut d’administrateur. Ainsi,
    si x contributeurs ayant un minimum de contributions et d’ancienneté (on
    peut retenir les mêmes seuils que pour les contestations) saisissent le CAr
    pour dire que telle décision des admins ne leur paraît pas convenable, alors
    on considère qu’il y a appel. Le CAr devient ainsi l’arbitre entre les
    admins et une partie de la communauté qui conteste leur décision. Le CAr
    aurait le choix entre trois options : confirmer la décision des admins,
    l’amender ou la révoquer. En revanche, il n’aurait aucun pouvoir de
    sanctionner à titre individuel les admins qui ont pris la décision.

Pour conclure

Voilà, j’en ai fini, et je suis désolé d’avoir été aussi long. J’en ai aussi
fini avec le CAr, pour longtemps je pense (même si je vais peut-être intervenir,
par exemple pour mettre en avant les propositions que je viens de faire, dans la
Prise de décision en train de s’élaborer). Comme j’ai eu l’occasion de l’écrire
récemment sur Wikipédia, j’ai hâte de rester dans mon coin à contribuer
tranquillement, comme je le faisais avant d’être devenu arbitre (et j’ai
continué pendant, aussi ^^^). Ce fut quand même une belle expérience, et bravo
et merci à tous mes ex-collègues (malgré les divergences qu’on a parfois eues,
ce qui est normal). Bonne continuation à eux aussi.

Mathieudu68

April 02, 2018

Hier, c’était le premier avril. Le poisson préparé sur la version francophone de Wikipédia est juste… incroyable !

Capture d’écran de la page d’accueil (CC-BY-SA 3.0).

En effet, wikipédia a décidé de revenir en arrière et d’adopter un look minitel, avec refonte du logo et animations à la clé. Il me semble que c’est la première fois que Wikipédia fait un poisson aussi important.

Lorsque l’on tapait les commandes du code Konami, le lecteur était redirigé vers un jeu. Le tout fonctionne grâce à un peu de JavaScript et de CSS.

Le code source du projet est publique et sous licence MIT.

Le poisson d’avril était également présent sur le bistro, où l’ex-bandeau d’avertissement (orange) de réception de message a été recyclé pour rediriger sur une vidéo Youtube.

Sauf que l’humour, y compris en ce jour particulier, reste soumis à sa police qui tâche à retirer les poissons qui ne sont pas à leurs goûts (ne vous inquiétez pas, les attaques à la frontière de l’islamophobie ne sont pas assujetis à sa réglementation).

Nous avons aussi un article assez bien travaillé (sur trois mois) qui a depuis été redirigé vers la section pastiche. Ne vous inquiétez pas, la tolérance faisant partie de l’ADN de la Wikipédia francophone, l’auteur s’est fait accusé de participer à la culture du viol avec ses blagues sexistes.

March 26, 2018

Magnus Manske est un développeur inconnu du grand public, on lui doit pourtant des contributions nombreuses et décisives pour le développement initial de Wikipédia, sa maintenance continue et son ingénierie, au point que les wikipédiens célèbrent chaque 25 janvier le Magnus Manske Day.

On imagine aisément à quel point ses journées sont bien remplies, d’autant qu’il donne son temps et son énergie pour le Libre sur son temps… libre !

Dans l’article dont nous vous proposons la traduction, il explique avec un brin de malice pourquoi les bugs apparemment les plus simples à traiter peuvent s’avérer les plus longs à régler… Deux minutes de lecture pour un petit article qui parlera à nos amis développeurs (ces indispensables travailleurs de l’ombre) comme il a parlé à Luc, notre tech warrior tout-terrain…

 

Non, je n’ai pas corrigé ton bogue, voici pourquoi

par Magnus Manske – article original : Why I didn’t fix your bug

Photo par Jason Krüger [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons

Beaucoup d’entre vous m’ont envoyé des rapports de bogue, des demandes de nouvelles fonctionnalités et signalé d’autres problèmes liés à mes outils dans le WikiVerse. Vous m’avez contacté via le BitBucket Issue tracker (et apparemment je suis aussi sur Phabricator maintenant), par Twitter, divers emails, des pages de discussion (les miennes, celles d’autres utilisateurs, via Wikitech, etc.), avec des applications de messagerie, et même en chair et en os.
Et je n’ai rien fait. Je n’ai même pas répondu.

Rien n’indique que j’ai vu le problème.

C’est frustrant, je sais. Tu veux juste que ce petit truc soit réparé. En tout cas, tu te figures que c’est un tout petit changement à opérer.

Voyons maintenant les ressources disponibles, ce qui, en l’occurrence, est mon temps. En commençant par les gros travaux (estimations générales, des variations saisonnières sont inévitables) :

Il y 24 h dans une journée

– 9 h de travail (y compris le trajet en voiture)

– 7 h de sommeil (j’espère en tout cas)

– 2 h de vie privée (manger, faire de l’exercice, prendre une douche, lire, passer du temps avec ma copine, etc.)

= il reste 6h

On ne peut pas discuter avec ça, n’est-ce pas ? Maintenant, 6h qui restent, c’est une estimation haute, évidemment ; le travail et la vie privée peuvent (et ça arrive) prendre bien plus de temps, sur une base quotidienne et très variable, comme c’est le cas pour chacun de nous.

Alors je peux régler ton problème, c’est ça ?

Voyons voir :

6h

– 1h de maintenance (redémarrage des outils, mise à jour des pages GLAM, ajout et correction des catalogues mix“n”match, etc.)

– 3h de développement/réécriture (parce que c’est de là que viennent les outils)

= il reste 2h

Deux heures par jour, ça fait beaucoup, non ? En réalité, c’est beaucoup moins, mais restons-en là pour l’instant. Quelques-uns de mes outils n’ont pas de problèmes, mais beaucoup en ont plusieurs en cours, donc supposons que chaque outil en a un :

2h = 120 min

/130 outils (estimation basse)1

= une moyenne de 55 secondes par outil

C’est assez de temps pour trouver et aborder le problème, ouvrir le(s) fichier(s) de code source, et… zut le temps s’est écoulé ! Désolé, problème suivant !

Donc, au lieu de tous les traiter, je m’occupe de l’un d’entre eux. Jusqu’à ce que ce soit réglé ou que j’abandonne. L’un ou l’autre peut prendre des minutes, des heures, voire des jours. Et pendant ce temps, je ne me penche pas sur les centaines d’autres problèmes. Parce que je ne peux rien faire pour eux à ce moment-là.

Alors, comment puis-je choisir un problème sur lequel travailler ? C’est une heuristique complexe calculée à partir des facteurs suivants :

  • Nombre d’utilisateurs concernés
  • Gravité (« problème de sécurité » vs « faute d’orthographe »)
  • Opportunité (ce qui signifie que je l’ai remarqué lorsqu’il a été déposé)
  • Disponibilité (est-ce que je me concentre sur autre chose lorsque je remarque le problème ?)
  • Plaisir possible et humeur du moment (eh oui, car je suis bénévole, ça vous dérange ?).

 

Aucun événement particulier n’a été à l’origine de la publication de ce billet. Je le garderai en référence pour en donner le lien, quand l’occasion se présentera.

February 03, 2018

Pour comprendre la vanne dans le titre, je vous invite à lire cet article Wikipédia.

Les vérificateurs d’adresses IP (CU) sont des bénévoles importants au bon fonctionnement du projet car ils permettent, sur le plan technique, de détecter les nuisibles.

La semaine dernière, des administrateurs se sont plaints d’un manque de réactivité des requêtes et pointent du doigt un sous-effectif.

Bien sûr, ce problème (pour certains) ne proviendrais pas d’un manque de candidatures (1 à 2 candidatures en plus des CUs en place) mais à cause du Car qui est chargé de les nommer. Et en remède, il a été proposé de se passer du Car pour faire des élections directement par la communauté.

Cette semaine, l’arbitre encore en place Mathieudu68 déplore ce comportement voulant retirer toutes prérogatives aux arbitres et répond « Alors, pour les CU et en ce qui me concerne, je considère que vous n’avez qu’à, au point où on en est, aller jusqu’au bout de votre démarche consistant à dépouiller les arbitres de leurs compétences pour les reprendre, sans demander de comptes à qui ce soit, à votre compte. Et ma réponse tient en deux mots : démerdez-vous. »

La section en question commençant à devenir tltr, je vais vous faire un résumé (commenté) du contenu.

Tous d’abord, un contributeur (non administrateur) réexplique que le Car est inutile et qu’il est possible de le court-circuiter, ce qui est cependant problématique au niveau des règles de la WMF (une partie de la section concerne la faisabilité ou non de cette action).

Un admin explique que les arbitres doivent prendre leurs responsabilités envers la communauté et ne pas dire « je n’ai pas envie de remplir mes fonctions parce que j’estime que les administrateurs ne sont pas bienveillants ». Une phrase comme « Je commence à en avoir marre de ne pas voire mes décisions appliquées et mes prérogatives contestées, alors allez jusqu’au bout du processus et ne me faîtes pas perdre mon temps » serait plus exacte.

 Les jambes sont maintenues par une barre d'écartement attachée à ses chevilles. Porte également un bâillon (BDSM) à boule.
Vous souhaitez devenir arbitre ? Indiquez que vous êtes *SM* (pas le banni) dans votre lettre de motivation.

Un autre admin n’a « pas observé une détérioration des relations admins/opérateurs », je ne peut que conseiller de prendre un rendez-vous chez un ophtalmo. Il ajoute « mais d’une part je n’ai pas vu de plainte, sous forme d’une RA ou autrement, suite à ce que je considère comme ayant dépassé les limites [les propos envers les arbitres] » : pour rappel, j’avais écrit une RA pour dénoncer des propos inacceptables, ce qui a mené à un blocage en écriture de l’administrateur ayant tenu les propos. La suite est une vraie perle : « Ce serait au CAr de s’adapter : état dans l’état, il lui est possible – je pense et ça a été fait – de demander des amendements aux initiatives des administrateurs, en principe réversible. » Le Car a effectivement demandé des amendements aux administrateurs… qui se sont empressés de voter communautairement contre, s’opposant frontalement au Car.

« il ne manquerait plus que ce soit de notre faute » , je le dis clairement : oui. Ce sont les administrateurs qui ont décidés de ne pas appliquer une décision Car. Ce sont des administrateurs qui ont tenus des propos corrosifs, voire inacceptable envers les arbitres. Ce sont les administrateurs qui s’empressent de bloquer les partis d’un arbitrage et ne veulent même pas entendre de solutions alternatives permettant de concilier justice et protection de l’encyclopédie.

Enfin je vais finir par le commentaire d’un administrateur qui rappelle qu’il ne faut pas généraliser et mettre tous les administrateurs dans le même panier. En effet de nombreux administrateurs font de la maintenance sans s’impliquer dans des sujets polémiques et font un merveilleux travail. Ne les oublions pas.

 

January 14, 2018

Couvrez ce Car, que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées.

Le comité d’arbitrage (Car) est une institution présente sur la Wikipédia francophone qui est chargé de régler les conflits entre les participants. Leurs membres sont élus par la communauté, et leurs compétences et pouvoirs sont également donnés par la communauté à travers plusieurs prises de décision successives regroupées dans ce que l’on appelle le règlement Car.

Dans un précédent billet, j’avais notamment regretté que les administrateurs se soient opposés frontalement aux arbitres en refusant d’appliquer les décisions de ces derniers.

J’avais également indiqué ne pas vouloir me représenter notamment pour la raison suivante (je cite) :

  • Il faut malheureusement constater que le Car est « inutile » en l’état, non pas à cause de la mauvaise volonté des arbitres mais simplement car la communauté (dont les administrateurs), ne reconnait pas la légitimité du Car à prendre des actions ou décisions. Si c’est pour pisser dans un violon, autant s’épargner les attaques et autres joies liées au statut.

Il faut avouer que j’ai mal digéré cette opposition frontale, qui m’avait d’ailleurs incité à rendre le balai entre le 1er juin et le 4 août 2017 et rédiger un AdQ pour changer d’air.

Puis le temps passe, et m’éloigne du Wiki-drama pour participer au WCC et rédiger un autre AdQ.

Puis voilà que je revois passer le comité d’arbitrage dans ma liste de suivi… pour me rendre compte qu’il est engagé dans une guerre d’édition !!

Je jette un œil, puis me dit qu’il y a vraiment un problème ici. En effet, des contributeurs se prennent le droit de retirer une demande d’arbitrage, voire d’ajouter une mention indiquant qu’il est impossible de déposer une demande d’arbitrage, le nombre d’arbitres étant insuffisant.

Un arbitre s’efforce alors de révoquer afin de pouvoir faire les choses dans les règles de l’art, bref faire son « travail ». Cette guerre d’édition soulève un problème qui peut tenir en un tweet :

En effet, il y a tellement peu de respect pour les arbitres actuellement en place que des contributeurs se prennent le droit de décider de la recevabilité des demandes à la place des arbitres (ce qui est une prérogative des arbitres), voire leurs empêchent même de recevoir de demandes au motif que de toutes façons ils ne sont pas assez nombreux.

Les opérations, présentés comme étant « une simple action de maintenance dans le but d’informer correctement les lecteurs de la page en question » (??!), sont en réalité une entorse à des prises de décision.

Le fait que la demande soit de toute évidence non recevable (et a été considéré comme tel par le Car) ne change rien au fait que la communauté ne fasse même pas suffisamment confiance aux arbitres pour gérer intelligemment un trollage  mais se sentent dans l’obligation d’agir à la place des arbitres, quitte à faire une guerre d’édition.

Avant que l’on me traite de je ne sais quel nom, je tiens à préciser que je n’ai rien pour ou contre le fait de supprimer le Car ou refuser les arbitrages au motif que les arbitres sont trop peu nombreux etc…

Cependant, j’aime bien quand les choses sont clairement définis, fait dans les règles et en respectant la volonté de la communauté. Lorsque j’ai lancé la prise de décision en ce qui concerne les topic-ban, je l’ai fait pour officialiser la pratique qui prenait de l’ampleur chez les administrateurs à l’époque. Cela a permis de définir clairement ce que voulais la communauté, et ainsi offrir une sécurité et pour la communauté (réduction des risques de dérapages), et pour les administrateurs (moins de risques de contestations).

Je suis simplement partisan que la communauté doit déconstruire de la même manière qu’il a construit. S’il considère qu’une prise de décision est obsolète, alors elle en lance une nouvelle pour faire les choses proprement, au lieu de privilégier une situation bancale et assez irrespectueuse pour les arbitres.

Je suis donc prêt à lancer les paris que, grâce (ou devrais-je dire à cause) a toutes ces affaires, Cangadoba sera le dernier arbitre à effectuer la fonction d’arbitre, vu qu’il y a une grande chance qu’il n’y ait aucun contributeur « sérieux » qui souhaite se prendre plein le museau, d’un coté par les protagonistes des arbitrages, de l’autre par la communauté qui lui crache littéralement à la figure (on lui dit qu’il est inutile, qu’il n’a pas à s’occuper de ce dont pour quoi il a été élu, et on refuse d’appliquer les décisions qu’il prend).

Concernant les arbitres en place, Cangadoba a déclaré lors de sa candidature qu’il ne se présentera pas une nouvelle fois et Mathieudu68 a déclaré suite à cette affaire je cite : « je n’ai sûrement pas l’intention de me représenter dans ce pathétique panier de crabes. Je me suis présenté comme arbitre pour aider, et avant je ne mettais pas les pieds sur ce genre de page, restant à contribuer dans mon coin. Hé bah putain, soyez certain que je regrette de ne pas être resté tranquille dans mon coin hein. On ne m’y reprendra pas de sitôt à jouer les bonnes poires (dans tous les sens du terme) sur ce projet d’encyclopédie. »

Enfin, Mathieudu68 a déclaré vouloir « saisir la Wikimedia Foundation de cette situation et l’informer qu’une partie des administrateurs est entrée en rébellion, sans décision ni soutien officiel de la communauté, contre l’arbcom francophone ».

Il faut avouer que l’envie m’a prise de lancer une prise de décision, mais je n’étais pas enchanté à l’idée de me prendre des critiques, contestations et perdre mon temps sur ce dossier.

Comme quoi il est assez magique de constater qu’une demande d’arbitrage manifestement irrecevable a eu le pouvoir d’achever le Car.

December 04, 2017

Le jury de Wiki Loves Monuments est fier de vous annoncer les 10 images gagnantes de cette nouvelle édition 2017, la 7e en France !

En France, cette année, ce sont pas moins de 9500 images qui ont été mises en ligne par 358 personnes. En comptabilisant tous les pays participants, Wiki Loves Monuments a permis la mise en ligne de 245 000 images par près de 10 000 personnes.

Merci encore à tous les participant.e.s ainsi qu’aux contributeurs.trices de Wikimédia Commons.

1ere photo gagnante : Village martyr d'Oradour-sur-Glane par Davdavlhu

1er : Village martyr d’Oradour-sur-Glane par Davdavlhu

 

2eme photo gagnante : Abbaye de Cerisy-la-Forêt par Selbymay

2e : Abbaye de Cerisy-la-Forêt par Selbymay

 

3e photo gagnante : Château de Peyrusse-le-Roc par Krzysztof Golik

3e : Château de Peyrusse-le-Roc par Krzysztof Golik

 

4e photo gagnante : Chapelle de la Vieille Charités, par Alexrk2

4e : Chapelle de la Vieille Charités, par Alexrk2

 

5e photo gagnante : Maison Carrée, par Martin Kraft

5e : Maison Carrée, par Martin Kraft

 

6e photo gagnante : Allée couverte de Kerbalannec, par Dominique Felga

6e : Allée couverte de Kerbalannec, par Dominique Felga

 

7e photo gagnante : Brémondans, l'église de Leugney, par JGS25

7e : Brémondans, l’église de Leugney, par JGS25

 

8e photo gagnante : vue de la façade du château du Rivau depuis le conservatoire des légumes, par Aliasse16

8e : vue de la façade du château du Rivau depuis le conservatoire des légumes, par Aliasse16

 

9e photo gagnante : Quéribus sous la Voie lactée, par PhilippeContal

9e : Quéribus sous la Voie lactée, par PhilippeContal

 

10e photo gagnante : Basilique Saint-Nicolas, par GO69

10e : Basilique Saint-Nicolas, par GO69

 

L’article Les gagnants de Wiki Loves Monuments 2017 ! est apparu en premier sur Wiki Loves Monuments France.

November 24, 2017

J’avais promis en décembre 2015 de vous parler des relations entre Wikipédia et Tor. Malheureusement je n’ai pas tenu parole. Afin de me rattraper, je vais vous présenter un projet en cours concernant ces deux projets (en réalité, je vais me contenter de traduire).

>>  Grants:IdeaLab/A Tor Onion Service for Wikipedia

Idée du projet

Quel est le problème que vous tentez de résoudre ?

Les utilisateurs voulant lire Wikipédia tout en protégeant leurs vie privée peuvent déjà utiliser le navigateur Tor pour lire Wikipédia. Cependant un service .onion va augmenter leurs vie privée au sens que les utilisateurs ne quitteront jamais le réseau Tor.

Les discussions concernant Wikipédia et Tor sont récurrent depuis 2006, en particulier pour déterminer s’il faut autoriser ou non les utilisateurs d’éditer Wikipédia via Tor. Le principal obstacle à cela est l’impossibilité pour le moment de trouver un moyen d’éviter les abus via Tor, en particulier en ce qui concerne les faux-nez. Cette proposition ne touche ce sujet que de manière tangentielle, car son objectif n’est pas de plaider en faveur d’un élargissement des politiques existantes en matière d’édition sur Tor.

Quelle est votre solution ?

La solution consiste à construire un proxy servant Wikipédia en lecture et en écriture en tant que service .onion faisant partie intégrante du réseau Tor.

Objectifs du projet

  1. Donner aux utilisateurs une nouvelle manière d’acceder à Wikipédia avec une plus grande garantie pour vie privée
  2. Supporter Tor en tant que technologie supportant la vie privée

Éventuellement, si ce projet est un succès ce proxy pourra être dirigé directement par la Foundation Wikimedia (WMF), afin d’éliminer une tierce partie qui pourrait agir en tant qu’homme du milieu.

Informations complémentaires

Un service .onion Tor (ou service caché) est un site qu’un utilisateur peut visiter ou un service qui utilise la technologie Tor pour assurer la sécurité et, si le propriétaire souhaite, l’anonymat à ses utilisateurs. Des exemples de services cachés sont l’application de messagerie ricochet ou le proxy .onion d’Internet Archive. [NdTr : Il existe également un .onion Facebook].

Le proposant fait remarquer qu’avoir un service .onion pour Wikipédia peut être potentiellement très utile pour les lecteurs tout en ayant un petit impact sur le processus d’édition actuel.

Proposition

Pour le moment, éditer Wikipédia à travers Tor est inpossible et, à ma connaissance, il n’y a aucun .onion servant Wikipédia. Les utilisateurs souhaitant éditer Wikipédia via Tor ont besoin de demander le statut IP block exemption. [NdTr : la version globale vous permettra d’éditer partout sauf sur wp-en].

L’idée de mettre en place le service consiste à :

  1. des proxys Wikipédia pour pouvoir être lu à travers le service caché ;
  2. utiliser OAuth (qui est activé sur Wikipédia) afin qui utilisateur puisse éditer Wikipédia via le service en utilisant son propre pseudonyme (seulement pour les utilisateurs disposant déjà du statut IP block exemption).

Changement de politiques

Cette proposition ne va entraîner aucun changement dans les politiques actuelles parce que les utilisateurs souhaitant éditer doivent continuer à demander le statut. Une autre chose intéressante serait d’ajouter une procédure sur Tor pour demander une telle exemption. En ce sens, la politique de non-proxies ouvertes reste la même.

Bénéfices

Comment un service .onion peut être bénéfique aux lecteurs de Wikipédia ?

  1. Nous savons que Wikipédia – par exemple les serveurs de la WMF – ont fait l’objet de surveillance de masse par des agences gouvernementales [NdTr : coucou PRISM]. Un tribunal de 4e circuit aux États-Unis a récemment statué à l’unanimité que cette activité conférait un statut à la Wikimedia Foundation dans son procès contre la NSA.
  2. Donner la possibilité de visiter Wikipédia de façon anonyme évite le risque que la Wikimedia Foundation puisse être contraint légalement à fournir des informations sur ses visiteurs [Ndtr : pas des contributeurs].
  3. Donner un proxy qui, de par l’architecture des services cachés, ne peut pas être subjet aux censures gouvernementales comme pour le cas récent de la Turquie.
  4. Fournir un service caché protège les utilisateurs contre les nœuds de sortie Tor malveillants. Étant donné le fonctionnement de Tor, les nœuds de sortie sont en position d’écoute des communications vers le site Web de destination que l’utilisateur veut atteindre (dans ce cas, Wikipedia). La recherche a montré que si un utilisateur navigue sur plusieurs sites Web et fuite des informations sur son identité sur l’un de ces sites, ces informations peuvent être utilisées par un nœud de sortie malveillant pour dé-anonymiser le trafic vers d’autres sites provenant du même utilisateur. Dans le cas de Wikipédia, ce risque est limité par le fait que Wikipédia est servi via HTTPS avec HTTP Strict Transport Security.

Alors que les avantages décrits aux points 1. et 2. ci-dessus peuvent être obtenus en visitant le site Web wikipedia.org en utilisant un navigateur compatible Tor, un service caché est nécessaire pour prévenir le risque associé aux nœuds de sortie malveillants.

Comment un service .onion Wikipédia est bénéfique à notre mission en général

En général, on peut affirmer que la généralisation de Wikipédia répond bien à la mission de notre mouvement. Cependant, fournir Wikipédia sur Tor permettrait de faire connaître Tor comme une technologie de protection de la vie privée des utilisateurs : rendre un site web largement accessible via Wikipédia via un service .onion permettrait non seulement aux utilisateurs soucieux de la vie privée de naviguer sur Wikipédia, mais cela rendrait également le sinistre « darknet » un peu plus semblable au « clearnet », c’est-à-dire Internet. Ceci est essentiel pour diffuser l’utilisation de Tor parmi les utilisateurs « moyens ».

Risques

Cela peut-il être utilisé par des éditeurs malveillants (vandales, spammeurs, faux-nez) ?

Non, les utilisateurs sous IP contineront d’être bloqué et les utilisateurs inscrits (éditant sous leur propre pseudonyme) continuront de devoir demander le statut.

Quelles autres problèmes peuvent être liées à une distribution de Wikipédia via un proxy anonyme ?

Si le service est largement utilisé, cela peut fausser quelques unes de nos statistiques & anayses dans le sens où nous verrons simplement une augmentation du traffic venant de Wikipédia par le réseau Tor.

Challenges

Quels challenges avons-nous besoin de surpasser pour que ce projet soit un succès ?

Nous avons besoin de logiciels pour rediriger Wikipédia et fournir une authentification OAuth aux utilisateurs. Certaines solutions existent déjà et pourraient être améliorées ou adaptées à ce cas d’utilisation :

Et concernant l’installation du service et sa maintenance ?
  1. Nous avons besoin d’expertises pour installer et maintenir le service .onion ;
  2. un service similaire mis en place par Internet Archive a été attaqué par différents robots déviants, ce service devrait donc être configuré et configuré pour atténuer ces attaques sans affecter les utilisateurs réguliers. Des étapes d’atténuation sont disponibles ici.
  3. DDoS contre l’oignon / service caché. Cela n’aura pas d’impact sur Wikipédia, mais cela pourrait rendre le service indisponible. Des étapes d’atténuation sont disponibles ici.
  4. Entretien constant. De nouvelles versions de Tor sont publiées souvent (tous les quelques mois). Ce logiciel devrait être tenu à jour.

FAQ

Comment Tor fonctionne ?

En des termes très généraux, une connexion à un site internet via Tor fonctionne ainsi :

  1. Le navigateur utilisant Tor demande un « circuit » à Tor
  2. Le navigateur établie une connexion chiffrée avec le réseau Tor, la connexion passe par trois serveurs : l’entrée (un guard), le milieu (middle) et la sortie (exit). À chaque étape, une couche de chiffrement est supprimée afin qu’aucun nœud n’ait une connaissance complète de la connexion. Les connexions à des sites Web et à des services et des sites Web sur le clearnet émergent uniquement des noeuds de sortie

Comment un service caché fonctionne ?

Un service est mis en place sur un serveur et se connecte au réseau Tor, en sélectionnant de manière aléatoire certains relais dans le réseau et leur demande d’agir en tant que points d’introduction. Ensuite, le service caché assemble un descripteur de service caché, contenant sa clé publique et un résumé de chaque point d’introduction. A partir de ce processus, une chaîne de 16 chiffres identifiant le service est calculée, cette chaîne suivie de .onion sera l’adresse du service caché. Le service caché et les points d’introduction sont ensuite annoncés dans une base de données publique partagée disponible via le réseau Tor. Lorsqu’un utilisateur souhaite contacter un service caché, il établit un point de rendez-vous avec le service considéré comme l’un des points d’introduction. Enfin, l’utilisateur et le service se connectent au point de rendez-vous avec le réseau Tor. Le service et l’utilisateur se connectent tous deux au réseau Tor via des circuits Tor (comme décrit ci-dessus), de sorte que leurs adresses IP réelles sont inconnues l’une de l’autre.

Quelle est la différence entre un noeud de sortie et un service caché ?

Avec le navigateur Tor, vous pouvez visiter n’importe quel site internet (aussi appelé « clearnet ») et les services cachés (appelés « darknet », puisque ces sites ne sont accessibles que via Tor). Un utilisateur se connectant au réseau Tor se verra attribuer un circuit, c’est-à-dire que ses connexions à n’importe quel site Web seront acheminées dans le réseau Tor à travers plusieurs nœuds (ou « bonds »). Si vous voulez visiter un site Web sur le clearnet (disons wikipedia.org) le navigateur se connecte à un nœud d’entrée, la connexion est ensuite transmise à un nœud intermédiaire et enfin à un nœud de sortie. Cette connexion est configurée de manière à ce que plusieurs couches de chiffrement soient « décollées » lorsque la connexion est transférée d’un nœud à l’autre (d’où le nom Tor, c’est-à-dire le routeur Onion).

Les nœuds de sortie sont les plus problématiques à exploiter car ils sont le point d’où le trafic émerge du réseau Tor pour contacter les sites Web sur Internet. Ils sont les plus problématiques de deux façons :

  1. si certains utilisateurs abusent du réseau Tor à des fins malveillantes (par exemple ils mettent en place un bot insérant du spam dans les commentaires d’un site web, et changent fréquemment de circuit pour que leur adresse IP change et ne puisse pas être bloquée), le noeud de sortie sera identifié et marqué comme « serveur malveillant ».
  2. Si l’utilisateur visite un site Web via HTTP (et non HTTPS), un noeud de sortie malveillant est capable d’espionner le trafic lui-même vers le site Web de destination. Même si le noeud de sortie ne connaît pas l’adresse IP d’origine de l’utilisateur, ce trafic peut contenir des informations sensibles ou d’autres données pouvant conduire à dé-anonymiser un utilisateur.

Un service  caché est un site web qui n’est servi que par le réseau Tor. Lorsqu’un utilisateur se connecte à un service caché, cette connexion ne quitte jamais le réseau Tor.

Billet de blog sous  licence Creative Commons Attribution-partage dans les mêmes conditions (auteurs|source).

Voir aussi T168218 - Tor hidden service for WMF websites

November 15, 2017

Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à une question fondamentale (bien moins que l’orthographe de la capitale japonaise ou des PàS cependant).

Devons-nous dire ?

  • Wikipédia est tellement belle, elle ne devrait pas s’exposer ainsi à des inconnus !
  • Wikipédia est tellement beau, il ne devrait pas s’exposer ainsi à des inconnus !
  • Le wikipédia est tellement beau, il ne devrait pas s’exposer ainsi à des inconnus !
  • La wikipédia est tellement belle, elle ne devrait pas s’exposer ainsi à des inconnus !

D’après un sondage sur Twitter, 58 % des gens considèrent que la première proposition est la bonne. Mais est-ce LA BONNE™ réponse ?

Photographie d'une page du Larousse Poche 2014

Comme tout bon Wikipédien qui se respecte, mon premier réflexe est de rechercher une source fiable. Ainsi, mon Larousse de poche 2014 affirme que Wikipédia est un nom propre. Adieu donc les noms communs.

Pour le reste, voici un petit sondage de 2006 😉

Il semble que dans la pratique, le féminin est plus utilisé.

FIN

November 02, 2017

Les domaines nationaux sont des ensembles immobiliers présentant un lien exceptionnel avec l'histoire de la Nation et dont l'Etat est, au moins pour partie, propriétaire.

Ces biens ont vocation à être conservés et restaurés par l'Etat dans le respect de leur caractère historique, artistique, paysager et écologique.

> Article L621-34 : Code du patrimoine

On est ici en face d’une copyfraude légalisé puisque photographier sans autorisation ces anciens bâtiments dans un but commercial est illégal.

L'utilisation à des fins commerciales de l'image des immeubles qui constituent les domaines nationaux, sur tout support, est soumise à l'autorisation préalable du gestionnaire de la partie concernée du domaine national. Cette autorisation peut prendre la forme d'un acte unilatéral ou d'un contrat, assorti ou non de conditions financières.

La redevance tient compte des avantages de toute nature procurés au titulaire de l'autorisation.

L'autorisation mentionnée au premier alinéa n'est pas requise lorsque l'image est utilisée dans le cadre de l'exercice de missions de service public ou à des fins culturelles, artistiques, pédagogiques, d'enseignement, de recherche, d'information et d'illustration de l'actualité.

Un décret en Conseil d'Etat définit les modalités d'application du présent article.
> Code du patrimoine - Article L621-42

Ainsi, la distribution sous licence Créative Common (sauf CC-BY-NC-ND, CC-BY-NC-SA et CC-BY-NC), licences utilisées pour les illustrations sur Wikipédia et Commons, est devenue illégalle car elles autorisent explicitement une réutilisation commerciale.

Les associations Wikimedia France et La Quadrature du Net ont déposé une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) afin que le Conseil Constitutionnel (CC) s’exprime sur la légalité (ou non) de cet article L621-42.

Le conseil d’état, chargé de filtrer ces questions, a transmis la QPC au CC aujourd’hui.

[Lire la décision de renvoi]

Affaire à suivre…

November 01, 2017

Le retour de la suite - et ce que vous avez manqué.

October 07, 2017

À

la base, c’était un fil reddit sur les œuvres les plus emblématiques de chaque pays d’Europe. Une chouette idée : pour chaque pays, déterminer quelle œuvre est la plus représentative et la placer sur un fond de carte[1]. On y trouve à peu près tout ce à quoi on s’attend : La Joconde, Le Cri, La Jeune Fille à la perle, etc. C’est extrêmement cool.

Une carte d'Europe avec en fond pour chaque pays une œuvre qui en serait emblématique
La carte en question

Évidemment, après, on se demande si on ne pourrait pas être un peu plus rigoureux. Déjà, ça mélange les peintures et les sculptures (et ces dernières rendent moins bien sur la carte). Et puis ça veut dire quoi, exactement, « l’œuvre la plus emblématique » ? halfabluesky, l’auteur de la carte, ne cache pas avoir œuvré de façon subjective, les recensant avec ce qu’il connaissait et avec Google pour le reste. Et puis la correspondance par pays n’est pas très stricte (surtout vers l’est de l’Europe, là où les frontières ont pas mal bougé depuis deux siècles[2]). Est-ce qu’on ne pourrait pas aller plus loin, toutefois ?

Comment mesurer l’importance d’une œuvre ? Je me suis souvenu d’une approche détaillée il y a quelques années pour déterminer les œuvres les plus influentes du 20e siècle : compter le nombre de fois que leur reproduction apparaît dans les manuels scolaires publiés entre 1995 et 2005. Eh, c’est une approche qui vaut ce qui vaut, certainement contestable, statistiquement contestable. Mais après tout, ça donne un résultat et il n’est pas totalement délirant. Pourquoi pas, après tout. C’est une idée.

Considérons, pour les besoins de ce billet de blog, qu’une œuvre est d’autant plus importante qu’elle existe sur de nombreuses versions de Wikipedia (et donc potentiellement connue tout autour du globe). Limitons-nous aux peintures[3] : grâce à la magie de Wikidata, il est possible de récupérer les œuvres peintes au siècle précédent et qui comptent un article sur au moins 5 Wikipedias (ici, la requête SPARQL). À l’heure où j’écris ces lignes, on en compte 189. Sur le podium, Guernica de Picasso, La Persistance de la mémoire de Dalí et Le Baiser de Klimt. Ça semble cohérent. L’approche semble valable.

Revenons à notre carte. Comment lier une œuvre à un pays, alors qu’il n’est même pas sûr que celui-ci existait déjà à l’époque où l’œuvre a été créée[4] ? Allons au plus simple : considérons le lieu de naissance de l’artiste et contentons-nous de regarder dans quels pays actuels il est situé. Bref, il nous faut une requête qui :

  1. considère les peintures ayant un auteur de renseigné[5]
  2. regarde son lieu de naissance[6]
  3. détermine dans quel pays celui-ci se situe
  4. calcule, pour ce pays, quelle peinture à le plus d’entrées en différentes langues sur Wikipédia

Ça tombe bien : c’est totalement faisable[7].

Arrivé là, je me suis dit qu’on pourrait aller plus loin et générer automatiquement une carte similaire à celle du début. Mon approche : prendre une carte du monde au format svg, récupérer les données de Wikidata et utiliser les images comme motif pour les pays appropriés. Au final, j’en ai fait un mini-site. C’est pas bien rapide, c’est lourd, c’est du brutal, mais ça marche[8] !

Une carte du monde présentant, pour les pays où c'est possible, la peinture qui a un article dans le plus de langues sur Wikipédia.
Un monde de peintures

Du coup, quelques remarques :

  • Si on se fie à cette carte, la peinture serait essentiellement un art de l’Europe du 19e siècle.
  • Il faut des entrées sur Wikipédia pour apparaître. La pauvreté du traitement des pays africains est un réel problème[9].
  • De même, si votre pays a traditionnellement privilégié d’autres modes d’expression que la peinture, ou si le concept d’auteur a pu y être moins important, il ne sera pas présent. Aucun résultat en Thaïlande ou en Corée, vraiment ?
  • Sur 115 entrées (un pays peut avoir plusieurs entrées ex-aequo), 30 n’existent que sur une seule Wikipédia : 15 pays ne sont donc représentés que par des peintures présentes dans une seule langue. 82 entrées (47 pays sur 78) n’existent qu’en 5 langues ou moins. Difficile dans ce cas de parler de tableaux « connus » ou « emblématiques »…
  • Lier le lieu de naissance de l’artiste au pays n’est pas forcément bien probant. L’île Maurice est représentée par Henri Le Sidaner, peintre français né à Port-Louis avant d’être ramené en métropole. Pour l’Égypte, c’est le peintre grec Konstantinos Parthenis qui s’y colle.
  • La représentation des données sur Wikidata est importante. Russie et Ukraine sont représentée par le même tableau : La Neuvième Vague. Ivan Aïvazovski est né en Crimée, une région actuellement indiquée comme appartenant en même temps à la Russie et à l’Ukraine sur Wikidata…

(Image d’en-tête : détail de La Liberté guidant le peuple, par Eugène Delacroix (domaine public).)


Notes :
  1. Ce billet comporte des notes de bas de page. Tout le monde aime les notes de bas de page, non ?
  2. De toute façon, si on habite l’ouest de l’Europe, on n’y connait rien à l’art est-européen (« Des icônes, c’est ça ? »). L’Europe de l’Est nous en veut pas mal, d’ailleurs.
  3. Si on voit large et qu’on prend en compte l’intégralité des œuvres d’art (Q838948 sur Wikidata), on se retrouve avec en tête Bambi, Dumbo et la statue du Christ Rédempteur à Rio. En restraignant aux seuls arts visuels (Q4502142) : Guernica, Peanuts et La Bille bleue, la photo de la Terre prise par l’équipage d’Apollo 17. Éclectique.
  4. Ou alors, le pays existait, mais le lieu a changé de main. Ou le concept de pays n’était même pas pertinent. Mais nous sommes sur un simple billet de blog et notre idée de départ – les œuvres emblématiques d’un pays – est déjà passablement peu précise. Bref.
  5. Tu es une œuvre anonyme ultra connue ? Désolé, tu n’apparaîtras pas ici. Je sais, c’est pas super inclusif, j’y peux rien, c’est ma méthodo, pas toi.
  6. On ignore où tu es né ? Même punition.
  7. Merci, Shonagon.
  8. Je suis sûr qu’on pourrait utiliser un fond de carte OpenStreetMap à la place d’un fichier svg. Une idée à creuser.
  9. Assez surpris de l’absence totale de peinture islandaise sur Wikipedia, en passant.

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October 02, 2017

L’édition de Wiki loves Monuments s’est terminée ce samedi !
Près de 10000 images ont été versées en France et plus de 200000 dans le monde ! Bravo à toutes et tous !
En attendant des nouvelles du jury qui s’est mis au travail, retrouvez toutes les photos téléversées pendant cette édition 2017

CLIQUEZ ICI

Et en cadeau une des dernières photo coup de cœur de cette année ! Phare de Gatteville par Elizabeth-Jeanne – CC-BY-SA 4.0

L’article Le concours est fini, maintenant place au travail de selection ! est apparu en premier sur Wiki Loves Monuments France.

September 26, 2017

La notion de commun semble recouvrir aujourd’hui un (trop) large éventail de significations, ce qui sans doute rend confus son usage. Cet article vous propose d’examiner à quelles conditions on peut considérer les logiciels libres comme des communs.

Nous vous proposons aujourd’hui la republication d’un article bien documenté qui a pu vous échapper au moment de sa publication en juin dernier et qui analyse les diverses dimensions de la notion de Communs lorsqu’on l’associe aux logiciels libres. Nous remercions Emmanuelle Helly pour la qualité de son travail : outre le nombre important de liens vers des ressources théoriques et des exemples concrets, son texte a le mérite de montrer que les nuances sont nombreuses et notamment que la notion de gouvernance communautaire est aussi indispensable que les 4 libertés que nous nous plaisons à réciter…

 

Qu’est-ce qu’un « Commun » ?

Par Emmanuelle Helly

Article publié initialement le 19/06/2017 sur cette page du site de Makina Corpus
Contributeurs : Merci à Enguerran Colson, Éric Bréhault, Bastien Guerry, Lionel Maurel et draft pour la relecture et les suggestions d’amélioration. Licence CC-By-SA-3.0

On parle de commun dans le cas d’un système qui se veut le plus ouvert possible avec au centre une ou plusieurs ressources partagées, gérées collectivement par une communauté, celle-ci établit des règles et une gouvernance dans le but de préserver et pérenniser cette ressource.

Cette notion de res communis existe en réalité depuis les Romains, et a perduré en occident durant le Moyen Âge, avec par exemple la gestion commune des forêts, et dans le reste du monde avant sa colonisation par les Européens. Mais depuis la fin du 18e siècle dans nos sociétés occidentales, la révolution industrielle et avec elle la diffusion du mode de production capitaliste dans toutes les couches de la société ont imposé une dichotomie dans la notion de propriété : un bien appartient soit à l’État, soit au privé.

La théorie de la tragédie des communs par Garett Hardin en 1968, selon laquelle les humains sont incapables de gérer une ressource collectivement sans la détruire, contribue à mettre le concept des communs en sommeil pendant un moment dans nos sociétés occidentales.

En réponse Elinor Ostrom, prix Nobel d’économie en 2009, explique que les ressources qui sont mentionnées dans la « tragédie des communs » ne sont pas des biens communs, mais des biens non gérés. Grâce aux travaux qu’elle mène par la suite avec Vincent Ostrom, les communs redeviennent une voie concrète pour gérer collectivement une ressource, entre l’État et le privé. En France et ailleurs on met en avant ces pratiques de gestion de communs, les recherches universitaires en sciences humaines et sociales sur le sujet sont en augmentation, et même la ville de Gand en Belgique fait appel à un économiste spécialiste pour recenser les communs de son territoire.

On peut distinguer en simplifiant trois types de ressources pouvant être gérées en commun :

  • les ressources naturelles (une réserve de pêche ou une forêt) ;
  • les ressources matérielles (un hackerspace ou un fablab) ;
  • les ressources immatérielles (l’encyclopédie Wikipédia, ou encore OpenStreetMap).

Le logiciel libre, et plus largement les projets libres tels que Wikipédia, est une ressource immatérielle, mais peut-on dire que c’est un commun au sens défini plus haut ? Qu’en est-il de sa gestion, de la communauté qui le maintient et l’utilise, des règles que cette communauté a élaborées pour le développer et partager ?

Outre le fait que la ressource est partagée d’une manière ou d’une autre, les règles appliquées doivent être décidées par l’ensemble de la communauté gérant le logiciel, et l’un des objectifs de la communauté est la pérennité de cette ressource.

Une ressource partagée

Richard Stallman

Richard Stallman

Un logiciel libre est basé sur quatre libertés fondamentales, qui sont :

  • la liberté de l’utiliser,
  • de l’étudier,
  • de le copier,
  • de redistribuer des versions modifiées de ce logiciel.

Ces règles constituent la base des licences libres, elles ont été établies par Richard Stallmann en 1983, et la Free Software Foundation est l’organisation qui promeut et défend ces libertés. D’autres licences sont basées sur ces 4 libertés comme les licences Creative Commons, ou encore l’Open Database Licence (ODbL), qui peuvent s’appliquer aux ressources immatérielles autres que les logiciels.

On peut évoquer le partage sous la même licence (partage à l’identique, ou copyleft) qui garantit que le logiciel modifié sera sous la même licence.

Un logiciel peut être placé sous une telle licence dès le début de sa conception, comme le CMS Drupal, ou bien être « libéré » par les membres de sa communauté, comme l’a été le logiciel de création 3D Blender.

Si un changement dans les règles de partage intervient, il peut être décidé par les membres de la communauté, développeurs, voire tous les contributeurs. Par exemple avant qu’OpenStreetMap ne décide d’utiliser la licence ODbL, la discussion a pris environ quatre ans, puis chaque contributeur était sollicité pour entériner cette décision en validant les nouvelles conditions d’utilisation et de contribution.

Mais ça n’est pas systématique, on peut évoquer pour certains projets libres la personnalisation de leur créateur de certains projets libres, « dictateur bienveillant » comme Guido Van Rossum, créateur et leader du projet python ou « monarque constitutionnel » comme Jimy Wales fondateur de Wikipédia. Même si dans les faits les contributeurs ont leur mot à dire il arrive souvent que des tensions au sein de la communauté ou des luttes de pouvoir mettent en péril la pérennité du projet. Les questions de communauté et de gouvernance se posent donc assez rapidement.

La gouvernance du logiciel libre

Les quatre libertés décrivent la façon dont le logiciel est partagé, et garantissent que la ressource est disponible pour les utilisateurs. Mais si les choix inhérents à son développement tels que la roadmap (feuille de route), les conventions de codage, les choix technologiques ne sont le fait que d’une personne ou une société, ce logiciel peut-il être considéré comme un commun ? Qu’est-ce qui peut permettre à une communauté d’utilisatrices / contributeurs d’influer sur ces choix ?

Dans La Cathédrale et le Bazar, Eric S. Raymond décrit le modèle de gouvernance du bazar, tendant vers l’auto-gestion, en opposition avec celui de la cathédrale, plus hiérarchisée.

« Intérieur cathédrale d’Albi », photo Nicolas Lefebvre, CC-By 2.0, « Sunday Bazar » photo Zainub Razvi, CC-By-SA 2.0

 

À travers le développement de Fetchmail qu’il a géré pendant un moment, il met en avant quelques bonnes pratiques faisant d’un logiciel libre un bon logiciel.

Un certain nombre d’entre elles sont très orientées vers la communauté :

6. Traiter ses utilisateurs en tant que co-développeurs est le chemin le moins semé d’embûches vers une amélioration rapide du code et un débogage efficace. » ;

ou encore

10. Si vous traitez vos bêta-testeurs comme ce que vous avez de plus cher au monde, ils réagiront en devenant effectivement ce que vous avez de plus cher au monde. » ;

et

11. Il est presque aussi important de savoir reconnaître les bonnes idées de vos utilisateurs que d’avoir de bonnes idées vous-même. C’est même préférable, parfois. ».

Du point de vue d’Eric Raymond, le succès rencontré par Fetchmail tient notamment au fait qu’il a su prendre soin des membres de la communauté autant que du code du logiciel lui-même.

D’autres projets libres sont remarquables du point de vue de l’attention apportée à la communauté, et de l’importance de mettre en place une gouvernance permettant d’attirer et d’impliquer les contributeurs.

Le projet Debian fondé en 1993 en est un des exemples les plus étudiés par des sociologues tels que Gabriela Coleman ou Nicolas Auray. Décédé en 2015, son créateur Ian Murdock a amené une culture de la réciprocité et un cadre permettant une large contribution tout en conservant un haut niveau de qualité, comme le rappelle Gabriela Coleman dans ce billet hommage.

A contrario, il existe des exemples de logiciels dont le code source est bien ouvert, mais dans lesquels subsistent plusieurs freins à la contribution et à l’implication dans les décisions : difficile de dire s’ils sont vraiment gérés comme des communs.

Bien souvent, si un trop grand nombre de demandes provenant de contributeurs n’ont pas été satisfaites, si de nouvelles règles plus contraignantes sont imposées aux développeurs, un fork est créé, une partie des contributeurs rejoignent la communauté nouvellement créée autour du clone. Cela a été le cas pour LibreOffice peu après le rachat de Sun par Oracle, ou la création de Nextcloud par le fondateur de Owncloud en 2016, qui a mené à la fermeture de la filiale américaine de Owncloud.

Du logiciel libre au commun

Il est donc difficile de dire qu’un logiciel libre est systématiquement un commun à part entière. La licence régissant sa diffusion et sa réutilisation ne suffit pas, il faut également que le mode de gouvernance implique l’ensemble de la communauté contribuant à ce logiciel dans les décisions à son sujet.

Elinor Ostrom

Elinor Ostrom

Les 8 principes de gouvernance des communs relevés par Elinor Ostrom dans le cas de succès de gestion de biens non exclusifs, mais rivaux, sont mobilisables pour d’autres mode d’auto-organisation, notamment la gouvernance des logiciels libres. Elinor Ostrom a d’ailleurs coécrit un livre avec Charlotte Hess sur les communs de la connaissance.

Les deux premiers principes sont assez liés :

1/ délimitation claire de l’objet de la communauté et de ses membres

2/ cohérence entre les règles relatives à la ressource commune et la nature de cette ressource

Nous l’avons vu la définition de « communauté » pose question : celle qui réunit les développeurs, les contributeurs ou la communauté élargie aux utilisateurs ? Existe-t’il une différence entre les contributeurs qui sont rémunérés et les bénévoles ? Les règles varient-elles selon la taille des logiciels ou projets libres ?

De même sur la « ressource » plusieurs questions peuvent se poser : qu’est-ce qui est possible de contribuer, et par qui ? Les règles de contribution peuvent être différentes pour le cœur d’un logiciel et pour ses modules complémentaires, c’est le cas bien souvent pour les CMS (Drupal, Plone et WordPress ne font pas exception).

La question prend son importance dans les processus de décision, décrits par le troisième principe :

3/ un système permettant aux individus de participer à la définition et à la modification des règles

State of the Map 2013, Photo Chris Flemming – CC-By

Dans certains cas en effet, seule une portion des membres les plus actifs de la communauté seront consultés pour la mise à jour des règles, et pour d’autres tous les membres seront concernés : c’est un équilibre difficile à trouver.

On peut aussi mettre dans la balance la ou les entités parties prenantes dans le développement du logiciel libre : si c’est une seule entreprise derrière la fondation, elle peut du jour au lendemain faire des choix contraires aux souhaits des utilisateurs, comme dans le cas de Owncloud.

4/ des moyens de supervision du respect de ces règles par des membres de la communauté

5/ un système gradué de sanction pour des appropriations de ressources qui violent les règles de la communauté

On peut citer pour l’application de ces deux principes le fonctionnement de modération a posteriori des pages Wikipédia, des moyens de monitoring sont en place pour suivre les modifications, et certains membres ont le pouvoir de figer des pages en cas de guerre d’édition par exemple.

6/ un système peu coûteux de résolution des conflits

 

Gnous en duel – Photo Yathin S Krishnappa – CC-By – from wikimedia commons

C’est peut-être l’un des principes les plus complexes à mettre en place pour des communautés dispersées dans le monde. Un forum ou une liste de discussion regroupant la communauté est très rapide d’accès, mais ne sont pas toujours pertinents pour la résolution de conflits. Parfois des moyens de communication plus directs sont nécessaires, il serait intéressant d’étudier les moyens mis en place par les communautés.

Par exemple, un « code de conduite » ne paraît pas suffisant pour la résolution de conflits, comme dans le cas de Sarah Sharp qui quitte la communauté des développeurs du noyau Linux en 2014. Elle a d’ailleurs écrit ensuite ce qui selon elle constitue une bonne communauté.

7/ la reconnaissance par les institutions extérieures de cette auto-organisation

Les 4 libertés d’un logiciel libre sont reconnues dans le droit français, c’est un point important. On peut également relever les diverses formes juridiques prises par les structures qui gèrent le développement de projets libres. Les projets soutenus par la Free Software Foundation (FSF) ont la possibilité de s’appuyer sur l’assistance juridique de la Fondation.

Au-delà de la reconnaissance juridique, le choix d’un gouvernement d’utiliser ou non des logiciels libres peut également influer sur la pérennité de celui-ci. Le manque de soutien dont a souffert Ryxéo pour diffuser Abuledu, la solution libre pour les écoles, a certainement joué en sa défaveur, et plus récemment Edunathon, collectif dénonçant les accords hors marchés publics entre l’État et Microsoft a dû payer une amende pour avoir porté plainte contre l’État.

8/ Dans le cas de ressources communes étendues, une organisation à plusieurs niveaux, avec pour base les ressources communes au niveau local.

Rares sont les projets libres qui sont exclusivement développés localement, ce dernier principe est donc important puisque les communautés sont dispersées géographiquement. Des grands projets tels que Debian ou Wikimedia se dotent d’instances plus locales au niveau des pays ou de zones plus restreintes, permettant aux membres de se rencontrer plus facilement.

Au niveau fonctionnel il peut également se créer des groupes spécialisés dans un domaine particulier comme la traduction ou la documentation, ou encore une délégation peut être mise en œuvre.

Conclusion

On se rend bien compte que les 4 libertés, bien que suffisantes pour assurer le partage et la réutilisation d’un logiciel libre, ne garantissent pas que la communauté des contributrices ou d’utilisateurs soit partie prenante de la gouvernance.

Les bonnes pratiques décrites par Eric S. Raymond sont une bonne approche pour assurer le succès d’un projet libre, de même que les principes de gestion de ressources communes d’Elinor Ostrom. Il serait intéressant d’étudier plus précisément les communautés gérant des logiciels libres au prisme de ces deux approches.

« Le système des paquets n’a pas été conçu pour gérer les logiciels mais pour faciliter la collaboration » – Ian Murdock (1973-2015)


Pour creuser la question des communs, n’hésitez pas à visiter le site les communs et le blog Les Communs d’Abord, ainsi que la communauthèque qui recense de nombreux livres et articles livres sur le sujet. En anglais vous trouverez beaucoup d’information sur le site de la P2P Foundation initié par l’économiste Michel Bauwens.

September 25, 2017

Bonsoir,

Imaginez un monde où les plus pauvres parmi les plus pauvres utilisent Wikipedia pour pouvoir apprendre.

Et si pour les plus pauvres parmis les plus pauvres, on avait la faculté de pouvoir réécrire l’histoire parce que la seule et dernière encyclopédie pouvait réinviter l’histoire fautes de sources.

J’espère que ma fille ne finira parmi pas les plus pauvres, ou que les générations futures ne connaîtront pas ce fait.

Pourtant actuellement c’est bel et bien ce qu’il est entrain de se passer :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Le_Bistro/13_septembre_2017#Suppression_par_bot_d.27un_lien_non_bris.C3.A9_sur_articles_-_Help_en_anglais_SVP

Et j’avais déjà remonté certains bugs du robots d’IA concernant des sources qui existaient encore et le robot d’IA remplace par des liens vers son site internet.

Remplacer des liens sources de wikipedia doit absolument s’accompagner d’un certain nombre de réserve à minima que j’ai remonté , il s’agit d’une sauvegarde des sources qui permettent de vérifier les sources.

Faire tourner un robot qui changent les liens sources pour dire qu’ils sont en 404 alors qu’ils ne le sont pas, cela ne permet pas aux plus pauvres parmis les plus pauvres de vérifier les sources, qu’es ce qui va permettre de prouver que les sources ont existé au moment de l’écriture de l’article que les données étaient fiables.

Actuellement toutes les langues de wikipedia ont perdu des sources sauf le francophone où on réfléchi à une solution qui permet de sauvegarder l’ensemble des liens.

Est ce que c’est cela Wikipedia la dernière Encyclopédie, ou une Encyclopédie de façon Diderot qui va permettre une manipulation des sources ….
Cordialement,
Pascal Martin

September 24, 2017

J'avais commis rapidement, pour m'amuser, un petit billet, le 27 juin dernier pour présenter très succinctement la crise à Wikimédia France. En n'occultant pas, contrairement à beaucoup d'autres qui ont fait mine de regarder ailleurs, les intrigues de...

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