Rencontres Wikimedia 2010 : « GLAM-WIKI » à Paris

00:00, Thursday, 01 1970 January UTC

Vue de l'hôtel des Invalides depuis le côté Seine, sous la neige

Il y a quelques jours, j’ai assisté à la conférence « GLAM-WIKI (FR) » à Paris, dont l’objectif était de bâtir des relations et des partenariats entre le mouvement Wikimedia et le secteur culturel, qui partagent une mission de diffusion de la connaissance.

Cette conférence, appelée « Rencontres Wikimedia 2010 » en français, était la deuxième édition d'un colloque Wikimedia annuel qui se cherche encore (ce qui est naturel pour un évènement si jeune) ; le colloque précédent de 2007 visait davantage le monde universitaire et les « experts ». « GLAM-WIKI » est le nom d'une séries de conférences, débutées en 2009 à Canberra (Australie), et suivie de celle de Londres il y a quelques semaines. Les institutions culturelles sont appelées « GLAM » dans le milieu, un acronyme pour galleries, libraries, archives and museums : galeries, bibliothèques, archives et musées. Je leur préfère le nom de « memory institutions », également utilisé en anglais.

Une conférence introductive efficace

Le programme était intéressant, en proposant de bonnes synthèses sur Wikipedia, Wikimedia, et quelques initiatives et partenariats réalisés pendant les dernières années. Il s'agissait de « panels » et de présentations (la traduction en français par  « tables rondes » est assez maladroite).

Même si, au final, le programme visait davantage les représentants des organismes culturels, certaines sessions m'ont également été utiles (en tant que bénévole Wikimédien, et d'employé de la Wikimedia Foundation), notamment celle sur les métadonnées. C'est un domaine que je n'ai pu qu'effleurer lors du Multimedia usability project, mais auquel j'espère pouvoir consacrer du temps en 2011.

D'autres présentations étaient d'excellente qualité, comme celle de Ian Padgham, du SFMOMA. Sa présentation originale mais efficace consistait d'une bande dessinée (par lui) et a été donnée un français impeccable, coloré et très drôle. Ce fut rafraîchissant après deux jours de présentations plus formelles.

La salle, dans les locaux de l'Assemblée Nationale, était particulièrement accueillante. Quelques détails logistiques, tels que l'absence de prises électriques, ou l'absence des horaires dans le « Programme » en téléchargement sur le site officiel, ont provoqué des frustrations. D'un autre côté, on nous a rachetés avec des macarons.

La traduction simultanée en anglais ou en français (selon que l'orateur parlait dans une langue ou dans l'autre) était apparemment de très bonne qualité et a permis à tous les participants de profiter de cette conférence bilingue.

Futures éditions : davantage de rencontres

Si j'avais un conseil à donner pour l'organisation d'un évènement similaire à l'avenir, ce serait de plus mettre l'accent sur l'aspect « rencontres ».

Je conçois parfaitement que ce type d'évènement ait été une première en France, et que par conséquent le but était davantage de « planter la graine » que de réellement tisser des liens et faire fructifier des partenariats. Il est donc normal qu'une approche « introductive » ait été choisie cette année. Les conseils qui suivent s'adressent donc principalement aux organisateurs des prochaines éditions.

Bien qu'ils aient semblé être en minorité, de nombreux Wikimédiens s'étaient déplacés pour assister à cette conférence, certains venus d'autres pays. Je trouve dommage qu'il n'y ait pas eu davantage d'opportunités de réelles rencontres et d'ateliers.

En comparaison, l'atelier Wikimedia de la conférence « Museums and the Web» en avril 2010 avait vraiment permis aux membres des deux communautés de se rencontrer, au travers de discussions en petits groupes sur des sujets particuliers.

L'absence de badges nominatifs n'a pas non plus facilité de réelles rencontres. Sans badge, difficile de démarrer une conversation avec un inconnu lors des pauses café, par exemple. Une liste des participants, comprenant leur affiliation et leur adresse e-mail (avec leur accord préalable) aurait également été bienvenue.

Par ailleurs, il n'est pas très pratique de devoir s'organiser soi-même pour déjeuner, surtout en une heure et quart (ramenés à moins d'une heure avec les retards accumulés), pendant que les « VIP » (organisateurs et intervenants) déjeunent à l'étage. Je pense qu'une large majorité des participants aurait accepté de participer financièrement en échange d'un déjeûner-buffet sur place, en particulier nos collègues non francophones.

En résumé, l'évènement était sympathique et assez utile, et j'espère voir de futures éditions avoir lieu qui permettront des rencontres plus concrètes.

Ce mercredi, je participais à une réunion de l'équipe technique de la Wikimedia Foundation quand Mark Bergsma, notre Networking Coordinator basé à Amsterdam, a subitement dû s'absenter ; ce n'est que quelques instants plus tard que l'équipe a réalisé la raison de son départ. Un incident de climatisation dans le data center d'Amsterdam a déclenché un mécanisme de protection des serveurs, qui se sont automatiquement arrêtés afin de se protéger de la chaleur. Le centre d'Amsterdam gère généralement le trafic des sites Wikimedia en Europe ; Wikimedia dispose de procédures automatiques afin de pallier rapidement ce type d'incident en redirigeant l'ensemble des requêtes européennes vers les serveurs situés en Floride.

Ce processus de redirection est basé sur le DNS, c'est à dire le système qui fait le lien entre un nom de domaine (par exemple, « wikipedia.org ») et l'adresse IP de la machine qui l'héberge (par exemple, « 208.80.152.2 »). Malheureusement, ce système de redirection était défaillant au moment de l'incident de climatisation. L'équipe a rapidement identifié et corrigé le problème, mais c'était trop tard : l'erreur s'était propagée sur Internet dans les bases de données DNS.

En tout et pour tout, l'incident de climatisation et l'incident de DNS interne n'ont duré que quelques minutes. Mais à cette chaîne d'incidents s'est ajouté un autre problème : les bases de données DNS sur le web ont conservé les valeurs erronées trop longtemps, malgré les consignes des serveurs de Wikimedia, qui indiquaient qu'elles devaient être corrigées rapidement. Ainsi, les utilisateurs ne pouvaient pas accéder à Wikipedia, même si Wikipedia était bien là, en parfaite santé.

Cette série d'incidents est assez semblable aux chaînes d'incidents utilisées dans l'analyse des catastrophes aériennes (modèle de Reason, aussi appelé « effet gruyère ») : pris séparément, ces problèmes ne sont pas graves, ni même visibles, mais leur combinaison a rendu Wikipedia inaccessible pendant plusieurs heures.

Cependant, ce n'est pas la fin de l'histoire.

Aussitôt le problème résolu, Mark a rapidement rédigé et publié un article sur le blog technique de Wikimedia. L'objectif était d'expliquer la cause du souci et de rassurer les utilisateurs. Mais la twittosphère était déjà en pleine ébullition, et certains utilisateurs ont eu la bonne idée d'indiquer que la passerelle sécurisée secure.wikimedia.org, elle, fonctionnait toujours. Cette passerelle, qui habituellement ne doit gérer qu'un faible trafic, a aussitôt été saturée. L'ironie, c'est que secure.wikimedia.org est hébergé sur le même serveur que le blog technique qui, du coup, n'était plus accessible. Et demander aux internautes de ne pas utiliser la passerelle sécurisée n'a eu aucun effet. Du coup, l'équipe technique a décidé de désactiver temporairement secure.wikimedia.org, afin de rendre de nouveau accessible le blog technique, et ainsi l'article qui expliquait l'origine du problème.

La situation est revenue à la normale après quelques heures, au fur et à mesure que les bases de données DNS ont mis à jour leurs entrées. secure.wikimedia.org a été réactivé peu de temps après, quand la charge serveur est redevenue raisonnable.

L'un des projets sur lesquels l'équipe technique de Wikimedia a prévu de travailler prochainement est la création d'un « indicateur de statut » (status board), qui indiquera aux utilisateurs la « santé » des sites Wikimedia à un moment donné, un peu à la manière du Google apps status dashboard. Cet indicateur, qui sera hébergé de façon indépendante, permettra de tenir les utilisateurs informés des éventuels soucis et du retour à la normale. D'autres projets sont également en cours de finalisation afin d'améliorer de façon générale les performances et la redondance de l'infrastructure opérationnelle de la Wikimedia Foundation, en accord avec les recommandations du plan stratégique. J'y reviendrai dans quelques semaines.

Gribouillage 221 : Tente jusqu’à réussir.

18:32, Tuesday, 04 2019 June UTC

*soupir*

non, rien.

Gribouillage 220 : Terme technique.

18:05, Tuesday, 04 2019 June UTC

  • J’ai eu un mal fou à retrouver les diffs. L’histoire a plus de 10 ans et les méthodes d’archivages, entre copier le texte, diviser la page par renommage (pour éviter de dépasser les 5000 versions), etc… Au final les l’historique de cette époque se trouve dans ce qui est maintenant… une redirection vers l’actuelle page des requêtes.
  • Vous auriez tort de penser que le clignotement est une exagération scénaristique.
  • Depuis 2014, avec l’arrivée du SUL (single unified login), les comptes utilisateur ne peuvent plus être renommé localement.

Gribouillage 218 : Le sens de la mesure.

00:29, Friday, 31 2019 May UTC

 

Le Père-Lachaise de 1855 par F. T. Salomon

14:38, Wednesday, 29 2019 May UTC
F. T. Salomon a publié en 1855 l'ouvrage intitulé Le Père Lachaise, recueil général alphabétique des concessions perpétuelles établies dans ce lieu, précédé des tarifs des pompes funèbres, du prix des terrains, des lois, décrets, ordonnances et arrêtés sur la matière, avec notes explicatives, vues et plan général. 312 pages réservées aux initiés.

 
L'ouvrage est constitué de tableaux qui correspondent à un inventaire complet des concession perpétuelles du cimetière en 1855. Cet inventaire est complété d'une localisation assez fine des concessions. 


Malheureusement en l'état, l'ouvrage n'est guère pratique car l'auteur a trié les concessions par ordre alphabétique. Or les amateurs éclairés du Père-Lachaise opèrent plutôt par zone géographique. Il n'est pas rare en effet d'identifier une concession anonyme en fonction des tombes voisines.

Une transcription de l'ouvrage circule au sein d'un groupe d'amateurs éclairés. Mais aucune version n'était publique. Jusqu'à récemment. Wikisource comporte dorénavant la première transcription publique du Salomon (1855). Par défaut, le tableau est trié par ordre alphabétique. Il est possible de trier les données par ordre géographique en cliquant sur les flèches de la dernière colonne (le traitement des données peut prendre plusieurs secondes), puis refaire la même opération sur la colonne du milieu. Cette action peut entraîner le blocage du navigateur sur des config pas très puissantes. Une version Google Spreadsheet permet d'éviter ce problème (Framacalc a été envisagé mais s'est avéré moins puissant que Google pour gérer les 18000 lignes).

Ce travail n'aurait pas été possible sans le travail de numérisation de deux grandes bibliothèques :

Vous retrouverez la classification crée par Salomon dans les fiches d'inventaire qui se trouvent sur Wikimedia Commons. Voir par exemple la fiche de la tombe de la famille Breguet.


Gribouillage 215 : Notoriété estrangère.

15:19, Sunday, 26 2019 May UTC

Dessiner les couvre-chefs m’a beaucoup amusé. J’ai du me retenir d’ajouter une baguette et la bouteille de rouge xD

Le gus d’enwiki aurait probablement dû être étazunien plutôt que brit, mais bon, un fusil d’assaut c’est moins drôle à gribouiller qu’un monocle.

 

Gribouillage 213 : Qui l’eût cru ?

12:05, Friday, 24 2019 May UTC

Le flashback correspond à la Gribouille 139, publiée fin 2015.

(source)

Ce moment où… (1)

23:50, Monday, 20 2019 May UTC

…tu en a marre de bienvenuter les nouveaux à la main, que clairement pas assez d’autres le font, et que tu décides d’automatiser ça avec un script sans rien demander à personne :

(Après août 2007 j’ai déplacé ça sur Loveless)

Rapport de la présidente du jury 2018

11:19, Monday, 10 2018 December UTC

Discours de Johanna Daniel à la soirée de remise des prix 2018

Je prends la parole au nom des 6 membres du jury de la session française de Wiki Loves Monuments, un grand concours de photographies qui a lieu depuis 8 ans chaque mois de septembre. Le principe de ce concours est simple : les contributeurs sont invités à photographier des monuments patrimoniaux et à les publier sur Wikimedia Commons. 
Mais, par rapport aux autres concours photographiques, Wiki Loves Monuments présente plusieurs  particularités : l’une d’elle est la non limitation du nombre de clichés soumis par chaque participant. Car Wiki Loves Monument ne vise pas seulement à récompenser de « belles photographies » : il vise aussi et surtout à enrichir les projets Wikipédia, à commencer par Wikimedia Commons. 

Plus qu’un simple concours

Aussi sommes nous heureux de constater que, presque deux mois après la clôture de Wiki Loves Monument, 559 des photographies versées dans le cadre du concours sur Wikimedia Commons ont été réutilisées, essentiellement pour illustrer des pages Wikipédia ou Wikidata
 
Nous tenons donc à remercier les contributeurs qui ont, pour certains, eu à cœur de couvrir tel ou tel monument jusqu’alors non illustré dans Wikipédia. Pour cette 8e édition, Wiki Loves Monuments les y encourageait tout particulièrement, puisque, pour la première fois, le concours concernait non seulement les monuments classés au titre des monuments historiques, mais aussi les monuments inscrits sur cette liste
Wiki Loves Monument 2018, c’est 9 542 photographies versées en un mois par 245 photographes, dont une quinzaine ont été particulièrement actifs avec plus d’une centaine de clichés soumis. 
Parmi eux, des contributeurs qui ont souhaité publier des dizaines de photographies d’un même monument, offrant aux internautes une couverture quasi complète de ce dernier. Ce genre de versement rend un grand service à ceux, amateurs ou professionnels, qui s’intéressent au patrimoine et bénéficient ainsi d’un corpus quasi exhaustif sur certains monuments. Pensons notamment aux internautes qui génèrent, à partir de clichés, des rendus en 3D de bâtiments, ou aux étudiants en histoire de l’art qui ne peuvent se déplacer et travaillent sur des monuments qu’ils n’ont pas toujours la chance de pouvoir voir « en vrai ». 

Un public toujours plus curieux

On a pu constater lors des dernières journées du patrimoine à l’Unesco, où Wikimédia France tenait un stand spécial Wiki Loves Monuments avec son partenaire ArkéoTopia, à quel point le public est curieux de découvrir le patrimoine, français et aussi mondial. L’exposition à cette occasion des photos lauréates des 7 précédentes éditions du concours a suscité des commentaires passionnés, autant sur l’art photographique que sur les lieux mis en valeur. Et il n’est jamais inutile de rappeler que ce patrimoine est tout autour de nous, et que 22 % des articles de Wikipédia ne sont toujours pas illustrés.

Faire connaître les projets Wikimedia

Au-delà de la dimension patrimoniale, Wiki Loves Monuments permet enfin de mieux faire connaître la médiathèque de Wikipédia qu’est Wikimedia Commons et les différents projets de Wikimedia. Chaque année, Wiki Loves Monuments fait naître de nouveaux contributeurs. Ainsi, cette année, parmi les 245 participants à Wiki Loves Monuments, 135 ont créé leur compte à cette occasion : nous leur souhaitons la bienvenue parmi les contributeurs et espérons qu’ils poursuivront cet engagement en faveur des communs de la connaissance. 

Présentation du jury

Cette année le jury était composé de :
  • Frédérique Gaillard, docteure en esthétique, sciences et technologies des arts de l’université Paris VIII, responsable de la photothèque du Muséum de Toulouse
  • Pierre-Selim Huard, membre du conseil d’administration de Wikimédia France et photographe amateur
  • Nadine Le Lirzin, membre du conseil d’administration de Wikimédia France et photographe amatrice
  • Stéphane Mahot, wikimédien et photographe amateur arrivé en 2ème place du podium Wiki Loves Monuments 2017
  • Jean-Olivier Gransard-Desmond, archéologue indépendant et président d’ArkéoTopia, association en partenariat avec Wikimédia France pour la mise en place du concours
  • et moi même Johanna Daniel, historienne de l’art et chargée de cours à l’École du Louvre
Ce jury, vous l’aurez senti, rassemble des personnalités hétéroclites, provenant d’horizons divers. Les centres d’intérêt des uns et des autres nous poussaient vers des critères différents : la qualité photographique pour les uns, le patrimoine pour les autres, la qualité des contributions à Wikimedia Commons. Cela s’est ressenti dans les classements et dans les discussions qui ont été nombreuses et parfois vives. 
Soulignons le long travail que demande la publication du résultat : plus de 9 542 images ont été visualisées par le jury. 
Ce travail n’aurait été rendu possible sans le soutien des équipes de Wikimédia France et sans celui, infiniment précieux des contributeurs et contributrices bénévoles qui ont eu la lourde et fastidieuse tâche d’effectuer la présélection, c’est à dire d’éliminer tous les clichés non éligibles au concours. Un travail ingrat mais indispensable au bon déroulement du travail du jury. Nous les en remercions

Revivez cette soirée en vidéo

Retrouvez la vidéo de la soirée de remises des prix qui s’est déroulée le mardi 27 novembre dans les locaux de Mozilla Paris sur Youtube. Encore merci à Mozilla de nous avoir accueillis dans leurs locaux pour cette magnifique soirée.

Photo de la présidente par Wikinade, CC-by-SA 4.0

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Photos gagnantes de Wiki Loves Monuments France 2018

08:45, Friday, 02 2018 November UTC

Wiki Loves Monuments en 2018

Après une nouvelle année passionnante pour Wiki Loves Monuments France, le temps est venu de partager les photos gagnantes de 2018. Dans cette édition, plus de 9 500 photos de sites du patrimoine bâti de toute la France ont été soumises aux votes du jury. Depuis la création du concours français, plus de 4 600 photographes ont fait don de leurs images pour qu’elles soient utilisées sur l’ensemble des projets Wikipédia, donnant ainsi une magnifique vitrine à la connaissance libre et accessible à tous. Alors au nom de tous les lecteurs de Wikipédia : merci !

La sélection

Le jury a évalué, examiné et classé ces photos en fonction des critères habituels : utilité pour Wikipédia, qualité technique et originalité. Aujourd’hui, nous sommes fiers de partager avec vous la sélection finale des 10 photos gagnantes de Wiki Loves Monuments France. Cette très belle sélection reflète bien la diversité du jury qui mêle amateurs comme professionnels de photo et/ou des projets Wikimedia. Cette année, nous sommes particulièrement fiers de constater que pour plus de la moitié des participants et participantes, c’était leur première contribution à un projet Wikimedia Nous espérons voir leurs contributions continuer dans les années à venir.

Même si seulement 10 clichés ont été sélectionnés cette année, vous pouvez découvrir toutes les photos soumises en 2018 pour la France sur la page Wikimedia Commons dédiée.

Si vous souhaitez rester informé des actualités du concours Wiki Loves Monuments France, consultez notre compte Facebook ou Twitter.

Vous souhaitez participer à l’organisation de Wiki Loves Monuments 2019, rejoignez-nous dès à présent à partir de la page du groupe de travail.

Place aux photos gagnantes !

 

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WMF : donnez ou crevez !

01:13, Saturday, 06 2018 October UTC

« Nous sommes en 2018 après Jésus-Christ ; toute Wikipédia est occupée par l’absence de pub… Toute ? Non ! Car un appel au don peuplé d’irréductibles bandeaux résiste encore et toujours à l’envahisseur. »

Comme la WMF le dit elle-même, « Wikipédia est un lieu de connaissance et non de publicité ». Ce gentil message s’affiche dans un discret petit message ne prenant seulement que 80% de la hauteur de l’écran.

Cette année, je ne peux (heureusement) pas voir ces bandeaux, ayant déménagé outre-Atlantique. J’apporte cependant mon soutien aux lecteurs et contributeurs victimes d’un hébergeur qui part en roue libre.

Ce n’est pas la première fois que ces messages choquent la communauté, quand elle ne se demande pas si elle est victime d’un phishing. La WMF ne se contente plus de d’apposer des messages plus volumineux que le contenu utile, elle l’intègre directement dans les articles !

Face à cela, la réponse de la WMF reste toujours identique : c’est le moyen le plus efficace !

L’un des éléments que je trouve le plus détestable est de laisser croire que Wikimédia est au bord de la faillite alors qu’en réalité elle dispose d’une marge que l’on qualifiera de (très) confortable. Sans compter que le fait de réutiliser les mêmes codes (bandeaux volumineux, en gros, en rouge, etc…) que les sites les moins regardant niveau éthique n’est pas pour me remonter le moral.

Est-il vraiment nécessaire, afin de faire toujours plus de profit, de manquer ainsi de respect aux lecteurs et contributeurs ? Je ne pense pas.

On en arrive à un point où l’on se met à conseiller sur le Bistro d’utiliser un bloqueur de publicité sur le seul site du top 10 qui peux se vanter d’être ads free.

Mais ne soyez pas trop pessimistes, si vous donnez vous ne serez pas épargné par ces bandeaux et vous aurez même droits à des pourriels grotesques en prime.

[EDIT]

La campagne de don est nécessaire et permet de financer des améliorations majeures tels que la coloration syntaxique par exemple. Il est donc parfaitement normal et justifié que la WMF demande de l’argent. Je regrette simplement qu’elle place dans l’odre des priorité l’efficacité avant l’expérience utilisateur.

Images (cliquez sur le lien voir la licence et les auteurs)
* Campagne 2018 d'appel aux dons 01.png 
* File:Campagne 2018 d'appel aux dons 02.png

Une semaine et déjà plus de 1900 photos

07:59, Friday, 07 2018 September UTC

Demain samedi 7 septembre, ça fera tout juste une semaine que la huitième édition du concours Wiki Loves Monuments a débuté. Chaque année, ce sont des bénévoles qui donnent de leur temps pour s’assurer que les images soumises dans le cadre du concours sont bien éligibles. Pendant ce travail de tri, des découvertes se font au jour le jour, voilà une sélection des photos qui ont particulièrement attirées l’attention des volontaires pour cette première semaine de compétition.

 

Abbatiale de l’abbaye de Chaalis par Anne Jea CC-By-SA 4.0

En bonus, une sélection des plus beaux châteaux pris en photo par Krzysztof Golik pour cette année 2018.

 

 

A ce moment du concours, près de 40% des photographes de cette huitième édition de Wiki Loves Monuments contribuent pour la première fois sur Wikimedia Commons. Comme eux, vous aussi participez au plus grand concours photo du genre au monde et aidez à améliorer Wikipédia !

→ Verser mes photos

 

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Du nouveau en 2018

15:32, Monday, 03 2018 September UTC

Depuis le 1er septembre, le concours international annuel de photos de Wiki Loves Monuments est lancé pour collecter des images afin d’illustrer des articles de la plus grande encyclopédie en ligne qu’est Wikipedia. Cette année, la compétition a lieu dans  51 pays du monde. Le jury de chaque pays participant sélectionne les dix meilleures photos de la scène nationale qui participeront à la compétition internationale.


Wiki Loves Monuments , le concours annuel de photographie du mouvement Wikimedia, se déroule tout au long du mois de septembre. Petits et grands, vous avez jusqu’au 30 septembre pour participer. Les règles sont simples, tout ce que vous avez à faire est de vous connecter ou de vous faire un compte sur Wikimedia Commons, de prendre une photo originale d’un bâtiment répertorié dans la base Mérimé du Ministère de la Culture, et de l’importer sur Wikimedia Commons en utilisant cet assistant.  Vous pouvez utiliser cette carte interactive pour trouver et importer les monuments les plus proches de chez vous. En plus des prix nationaux et internationaux, il y a des nouveautés pour cette édition 2018 !

Des monuments historiques mais pas que

Depuis le début de la participation française au projet, 77 % des monuments historiques ont été photographiés et versés sur Wikimédia Commons. Cette sauvegarde du patrimoine, valorisée en partie sur Wikipédia, dépasse cette année le cadre des monuments historiques pour s’ouvrir à l’inventaire général du patrimoine culturel de la base Mérimée qui comptait en 2005 environ 147 000 fiches (contre 42 000 fiches pour les monuments historiques). Si un certain nombre des monuments historiques sont déjà bien connus du public, il s’agit en revanche d’une opportunité d’implication citoyenne et de valorisation pour ces autres éléments du patrimoine qui se font plus discrets.

Wiki Loves Monuments à l’UNESCO

Dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine (JEP), l’équipe d’organisation du concours et les salariés de Wikimédia France animeront un stand dédié au plus grand concours photo du monde au siège de l’UNESCO Paris à l’occasion du #UNESCOHeritageLAB. Pour la première fois après 70 ans d’engagement pour la sauvegarde et la promotion du patrimoine de l’humanité, l’UNESCO ouvre ses portes au grand public. À travers plus de 20 projets et startup réunis pour ces deux jours, l’UNESCO propose à chacun de prendre la mesure de la révolution en cours dans notre façon de valoriser, accéder, préserver et restaurer le patrimoine.

L’objectif de cette initiative est de faire se rencontrer le public des JEP, en particulier les 15-30 ans, et les porteurs de projets innovants au service du patrimoine, de sa valorisation, de son accès, de sa préservation ou de sa restauration.

Pour l’occasion et grâce à notre sponsor Cheerz les visiteurs pourront se prendre en photo devant un mur complet des images lauréates des précédentes éditions françaises et internationales. Ces photos seront par la suite diffusées sur les réseaux sociaux avec les hashtags #WikiLovesUNESCO et #WikiLovesMonuments afin de diffuser au maximum ce projet photographique d’exception qu’est Wiki Loves Monuments.

Prix ​​spécial photo européenne

Dans le cadre de l’Année européenne du patrimoine culturel 2018 un prix spécial sera consacré au patrimoine européen. Le Comité national allemand pour la protection des monuments a mis à la disposition de Wikimedia Allemagne des prix spéciaux pour le patrimoine européen .

La sélection des trois photos gagnantes se fera au niveau international parmi les photographies soumises au niveau national des différents pays européens participants à la fin de l’année.  Chaque pays sélectionne 10 photos à envoyer à l’équipe internationale pour le prix international et en parallèle elle sélectionnera 3 gagnants parmi les photos prises dans des pays européens.

Médaille d'or icon.svg 1000 €
Médaille d'argent icon.svg 700 €
Bronze médaille icon.svg 300 €

Née en 2010 aux Pays-Bas, cette initiative vise à encourager les internautes du monde entier à photographier les monuments historiques et de verser ensuite les clichés sur Wikimédia Commons, en optant pour une licence permettant leur libre diffusion et utilisation. En 2017, ce sont 245 445 photographies de plus de 50 pays qui ont participé au concours, dont 9 457 en France.

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Mon Voyage a Mother City

12:49, Monday, 13 2018 August UTC

Si si c'est mon plus long voyage, j'ai traversé 3 continents pour revenir a l'Afrique.
J'ai démarré de l'Afrique du nord pour attendre le point le plus au sud de ce continent.
L'espérance. .. les découvertes pour moi était grandes et fantastique.
Au fait j'ai décollé 3 fois et j'ai atterit 3 fois.
Je suis passé par 6 aéroports et visité 2 belles villes dans 2 continents différents.
J'ai vu l'hiver en plein été.
Mother City est une ville calme et pacifique malgré ce qu'on dit d'elle et ce qu'on entend.
De la cohabitation, le mixage y est et l'acceptation de l'autre est bien encré.
J'ai vue des mosquées construite 20 ans avant que la france occupe le nord de l'Afrique.
J'ai vue des abdelkader dans le pays des zoulou.
Ma venue était programmée. Pour aider a partager la conaissance apporter la mienne et partir avec la leurs. A mon départ vers chez moi je suis reparti lourdement chargé de nouvelles connaissances j'ai donné ce que je pouvais donner sans être sur que c'était pas équitable.
Je ressentait que jetait pas suffisaient in bon donateur.
Le cape du  goud hope te donne ce hope dont on a tous besoins.
Cest deja cela.
Mon seul conseil que j'ai donné aux gens du cap
A abdulkader le taxieur " c'est un diamant que vous avez, préservez  le , c'est votre richesse et votre fierté.'
'


Persona non grata

05:20, Friday, 27 2018 July UTC

Hello,

today, I want to present you some Wikipedia’s aspect which can give you a good time or facepalm.

Wikimedia’s ecosystem have many projects in many languages. I can edit all of them… but one. After five years, I’m still blocked on one of the biggest project : the english Wikipedia.

I’m one of these person which consider that privacy, including on the web, is a really important things. So, to avoid tracking in any sort, I use a famous network : Tor.

The wikimedia’s policy is to forbid anonymous contributions from open proxy or Tor network in order to avoid abuses. BUT, there is a statut which allow you to bypass theses protections, for exemple to avoid China’s wall.

Administrators have, by default, this statut. It’s for this reason that I still can edit the french Wikipedia through Tor. But when I want to edit others projects, like Commons, I have to open an other navigator to edit.

Because switch navigators for cross-wiki is a really pain in the ass, I’ve requested the global statut. And they give it to me.

It’s at this occasion that I discovered that english Wikipedia community doesn’t recognize this statut and I have to request it in local too…

In the first time, they give me the local statut after CU’s check (their procedure) and they decide to remove after short time because they consider that I don’t need it, since I’m not corean or chinese 😉

Yes, I’m a administrator on the french Wikipedia, one of the biggest project. Yes I’m an OTRS agent and my IRL identity is known. Yes, I have the global statut. Yes I made more of 29 600 edits and have contributed since many years.

Yes, I still blocked on the english Wikipedia.

What if I see an error to correct ? If I have chance, my IP is not blocked and I correct (illegaly). If not, the error still in place. If they consider I dont need to contribute, I consider I dont need to push myself. Sorry english Wikipedia, I’m too lazy to log in myself in another navigator just because « I dont need it ».

I dont need to contribute on english wikipedia, I’m only a volunteer.

Yes, this situation is stupide but it’s not a problem, since I can still edit the rest of the wikimedia’s environment with pleasure.

Bye Bye Wikipédia ?

03:55, Thursday, 05 2018 July UTC

Dans le domaine du numérique, l’Union Européenne sait faire des choses biens et d’autres qui le sont beaucoup moins.

Parmi les mesures récentes qui sont une excellente chose, nous pouvons citer l’entrée en vigueur du RGPD qui m’a bien occupé ce dernier mois, mais ceci est une autre aventure dont je m’étalerai plus longuement dans un autre billet.

À cause de cela, j’ai suivi de loin l’affaire dont nous allons parler dans ce billet, je vais alors tenter de me rattraper maintenant.

Aujourd’hui, le texte va être étudié par le parlement européen.

Il s’avère que ce texte soulève une opposition importante, par exemple 70 personnalités du web incluant Vinton Cerf (père fondateur d’Internet), Tim Berners-Lee (inventeur du WWW), Bruce Schneier (spécialiste en sécurité informatique) se sont opposé au texte via une lettre ouverte.  On peut également citer une forte désapprobation de la part de 169 professeurs universitaires [2] et de 145 organismes opérant dans les domaines des droits de l’homme, de la liberté de la presse, de la recherche scientifique et de l’industrie informatique [3].

Wikipédia est également touché par ce texte qui risque de lui porter un préjudice important. C’est pour cette raison que le cinquième site le plus fréquenté du monde s’est opposé frontalement à ce texte, que ce soit de la part de la direction (CA de la WMF) ou des contributeurs bénévoles qui ont rendu les versions italienne, estonienne, lettone et espagnole  inaccessibles, d’autres comme les versions francophones ou anglophone se contentent d’avertir les lecteurs via des communiqués ou des bandeaux.

Bien qu’il y a déjà eu des précédents, une telle réaction de la part de Wikipédia, qui n’est pas réputé pour ses prises de positions politiques montre qu’un malaise existe.

Mais en fait, que reproche-t-on à ce texte ?

Si vous avez bien révisé votre guide du petit censeur, vous saurez que pour justifier une censure sans obtenir un lever de boucliers, vous devez mettre en avant la lutte contre la pédopornographie ou le terrorisme. Ici, le motif avancé est la protection des ayants-droits (vous savez, pour lutter contre le téléchargement illégal alors qu’il semblerait que ce ne soit pas si nocif que ça pour l’industrie (source)).

En effet, sous la pression de l’industrie du disque, des ayants-droits, etc., il est envisagé de filtrer en amont les contenus téléchargés grâce à des bots.

Ces processus coûteux à mettre en place sont destinés à repérer et bloquer les contenus protégés, en méconnaissant les exceptions aux droits d’auteurs (parodies, citations, …). Cela a donc des répercussions autant sur les petits hébergeurs qui ne peuvent mettre en place un tel système que pour les utilisateurs qui voient leur liberté d’expression menacé.

Pour entrer dans les détails, en effectuant une communication au public, le site devra par défaut obtenir l’autorisation des ayants droit avant de donner accès à n’importe quel contenu. S’il ne dispose pas de cette autorisation, il ne pourra plus être qualifié d’hébergeur et aura donc une responsabilité directe sur la légalité des contenus mis en ligne par les tiers (et la vous comprenez pourquoi la WMF commence à avoir des sueurs froides). Pour éviter des problèmes, le site doit filtrer grâce à des empreintes fournis par les ayants-droits.

Selon Raegan MacDonald, Head of EU Public Policy chez Mozilla « si ces propositions étaient adoptées, l’UE ferait un pas en arrière en laissant passer une loi fragmentée et archaïque sur le droit d’auteur ».  Le texte ne se limite pas aux seuls contenus audio ou musicaux, mais aussi sur l’ensemble des œuvres sous droit d’auteur, dont les logiciels.

Pour Wikimédia France, les contenus « reconnus comme pouvant potentiellement enfreindre la loi seront automatiquement bloqués », avec le jeu de l’article 13. « Or la complexité du droit d’auteur, les différences entre pays et les exceptions au droit d’auteur ne peuvent être correctement appréhendées par des algorithmes ». L’entité anticipe un risque d’autocensure : « les plateformes opteront pour un principe de précaution en bloquant plus de contenu que nécessaire ce qui réduira la diversité de ces plateformes en empêchant les personnes peu aguerries aux nouvelles technologies d’y participer ».

Internet n’est pas une zone de non droit (biens que des « professionnels du secteur » aient encore des problèmes avec la loi du 6 janvier 1978 mais j’en reparlerai dans un autre billet) et les contrefaçons, tout comme les harcèlements peuvent être poursuivis devant les tribunaux.

Toutefois, si ce texte passe, vos mèmes ou vos tweets sur les matchs de football avec photographies se feront bloquer par défaut. Viva la liberté d’expression !

Et vous pensez que je suis dans l’hyperbole en invoquant le principe de liberté d’expression ? Pourtant le Rapporteur spécial des Nations Unies (ONU) sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’expression et d’opinion a adressé une lettre très critique à l’Union européenne. Vu que je rédige ce billet assez rapidement, je n’ai pas encore eu l’occasion de lire en détail cette lettre. Je suis désolé si ce billet paraît un peu brouillon, je n’ai eu le temps que de rassembler des ressources et débroussailler le terrain.

Sources / ressources :
* L’Internet libre et ouvert est en danger : vous pouvez arrêter ce désastre
* Filtrage : déluge de critiques sur l'article 13 du projet de directive sur le droit d'auteur
* Directive Copyright : combattons le filtrage automatisé... et la centralisation du Web !
* La directive copyright et le problématique article 13
* Directive Droit d’auteur : à l'ONU, les inquiétudes du Rapporteur spécial à la liberté d'expression
* Wikipédia mène la fronde contre la directive européenne sur le droit d'auteur

Sur une note plus légère, la version francophone de Wikipédia s’approche dangereusement du seuil des 2 000 000 articles créer. Pour fêter l’occasion, le site s’est fendu un petit communiqué de presse et préparé un nouveau logo spécialement pour l’occasion qui remplacera celui présent actuellement pendant probablement un mois (sondage).

La mise en place par défaut de la coloration syntaxique est également un (très) bon point.

Wiki Loves Monuments

10:00, Sunday, 01 2018 July UTC

Wiki Loves Monuments* est un concours photographique mondial qui se déroule lors du mois de septembre et visant à valoriser les monuments historiques, via les projets Wikimédia (principalement Wikipédia et Wikimedia Commons). L’édition française du concours est organisée par Wikimédia France, association pour le libre partage de la connaissance.

Chacun peut participer et améliorer Wikipédia. Les monuments historiques sont tout autour de vous !

En savoir plus

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Participer à Wiki Loves Monuments

22:30, Saturday, 30 2018 June UTC

Comment participer ?

Découvrez comment participer au plus grand concours photographique de monuments au monde sur la page Commons française dédiée à l’événement !

 

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Mathieudu68 : Un an dans la peau d’un arbitre

22:33, Tuesday, 10 2018 April UTC

Aujourd’hui, je vais laisser la parole à Mathieudu68, un ex-arbitre qui revient sur son mandat et livre sa vision des choses sur des sujets qui agite toujours Wikipédia.

Tout d’abord, je remercie chaleureusement mon ex-collègue Gratus d’avoir bien
voulu m’ouvrir son blog.

Plus que de dresser le bilan de mon année de mandat, ce billet sera surtout
l’occasion de dresser une réflexion sur le CAr, son avenir et pourquoi il est
soudainement voué aux gémonies par une minorité, il est vrai très active, de la
communauté.

Bilan personnel

J’ai candidaté en mars 2017 parce que personne ne se portait volontaire (j’ai été le seul candidat à cette élection groupée).
Ma candidature a surpris car j’étais alors peu actif sur Wikipédia depuis
quelques mois, venant à peine de revenir. Plusieurs contributeurs ont d’ailleurs
été inquiets à ce sujet, mais je savais que j’allais reprendre un rythme de
contributions soutenu, ce qui a bien été le cas par la suite.

Mon bilan comme arbitre est quantitativement peu important, ce qui est à mettre
en parallèle avec la faible activité du comité depuis deux ans. Je n’ai eu en
réalité, qu’un seul arbitrage à traiter sur le fond, c’est celui entre Lepetitlord et Hotter3.
Un arbitrage très classique, avec un conflit personnel ancré sur une thématique
bien précise. Le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a pas attiré les foules
(les critiques du CAr ne s’intéressent pas à ce genre de contributeurs somme
toute discrets et de conflits localisés), et on a pu travailler tranquillement.
J’estime avoir bien œuvré à cette occasion. J’ai passé de nombreuses heures à
décortiquer et lire tous les arguments des parties et témoignages et à lire
l’ensemble de leurs interactions. J’en ai passé à peu près autant à réfléchir à
mon commentaire puis à la rédiger.

Au final, ce sont mes propositions, qui ont l’air d’avoir séduit mes collègues,
qui ont structuré la décision d’arbitrage. Telles que je les avais pensées, mes
propositions avaient pour objectifs de faire cesser le conflit, mais non le
dialogue, entre ces deux contributeurs avec une menace de forte sanction au
moindre « pet de travers » entre les deux. Ceci pour qu’ils continuent à
contribuer sur leurs domaines, à apprendre à dialoguer, et qu’ils restent au
final sur Wikipédia, où tous deux ont beaucoup apporté. Mes propositions de
sanctions en cas de dérapage, qui ont été globalement retenues, étaient un peu
comme la bombe nucléaire, suffisamment dissuasives pour qu’elles n’aient jamais
à s’appliquer. Malheureusement, cela n’a pas marché. Elles ont dû être
appliquées quelques mois plus tard et, au final, un des deux protagonistes a
quitté Wikipédia, dégoûté.

J’ai eu le sentiment de bien faire, mais ça n’a pas fonctionné et l’arbitrage
est au final un échec. C’est, pour moi, une grande déception (la plus grande,
bien plus que les critiques reçues ou les conflits avec certains admins) car j’y
ai passé beaucoup de travail et de temps, et j’ai fait du mieux que j’ai pu.
Peut-être qu’il y avait mieux à prendre comme décision, peut-être qu’il n’y
avait tout simplement rien à faire parce que certains conflits ont tellement
pourri qu’ils en sont de toute façon insolubles. Je n’en sais rien mais je suis
très déçu de ne pas avoir réussi.

C’est le point principal de mon mandat puisque le seul arbitrage auquel j’ai
participé. Mon autre grande action a été de coordonner la nomination des CU en
2017. Cela s’est très mal passé, d’une part parce qu’il y a eu des quiproquos,
et d’autre part parce que j’ai mal ressenti (et ce ne fut pas qu’à cette
occasion) certaines directives de Racconish qui s’est un peu considéré, sans
doute de par son expérience, comme le chef de notre comité. Je ne suis pas le
seul, en interne, à lui avoir fait de telles critiques, et j’ai passé la
deuxième moitié de mon mandat dans un climat tendu avec lui. Ce n’était pas
l’idéal. Au final, je pense que nous avons tous les deux eu des torts, et que
cela n’a pas aidé la crise traversée par le comité d’arbitrage, et j’en suis
désolé. Surtout, ce sont les CU qui en ont pâti, puisqu’il y a eu des manques et
il a fallu quelques mois plus tard refaire une nouvelle nomination. À notre
décharge, il nous était difficile de prévoir que Hexasoft et Schlum, qui avaient
candidaté à nouveau et semblaient toujours très motivés, allaient soudainement,
pour le premier, disparaître purement et simplement de la surface de Wikipédia,
et pour le second perdre sa motivation à effectuer son rôle de CU (et,
visiblement, à pouvoir continuer à contribuer activement sur Wikipédia). Il est
vrai aussi que, l’année dernière comme il y a un mois, il y a eu très peu de
candidats, et ça n’aide pas.

Par ailleurs, je sais que beaucoup de contributeurs ont été surpris que
Prométhée ne soit pas renouvelé. Je ne vais pas révéler les discussions internes
des arbitres, mais j’aimerais préciser que la décision de non-renouvellement, si
elle n’a pas été unanime, a été assez largement majoritaire. Nous avons relevé
plusieurs cas où Prométhée a clairement été en délicatesse avec la politique de
confidentialité, et nous nous en sommes expliqués avec lui. Je ne rentrerai pas
davantage dans les détails.

La problématique des CU et des OS

Puisque j’en suis aux CU et aux OS, c’est l’occasion de donner mon avis sur un
débat qui existe depuis longtemps, et qui rebondit à nouveau avec la nouvelle
prise de décision sur le CAr en préparation : est-ce que c’est bien le rôle du
CAr de faire ces nominations ? Pour ma part, je pense que non. Je n’ai jamais
trop compris pourquoi ce rôle incombe aux arbitres même si, bon, il fallait bien
le faire.

D’un autre côté, je pense aussi que des élections par toute la communauté ne
seraient pas non plus les bienvenues. Ces deux postes sont techniques et
sensibles, et ils nécessitent des compétences qui doivent être évaluées au
préalable. Avec des élections, je ne vois pas comment ces évaluations auraient
lieu, et surtout je crains qu’il ne s’agisse que d’un concours de popularité. Je
vois déjà les votes favorables parce que le candidat est gentil, parce que c’est
un bon contributeur, ou les votes défavorables idiots du genre « il a commis une
guerre d’édition le 31 février 2005, c’est très vilain », qui ne sont pas
pertinents du tout. Il faut dire ce qui est : on peut être un excellent
contributeur à Wikipédia, qui apporte des AdQ et respecte toutes les règles, et
être un CU catastrophique faute de maîtrise technique. Je pense donc que
l’élection ne serait pas adaptée.

Il faut donc que ce soit un groupe de contributeurs qui fassent ces nominations.
Les admins sont trop nombreux. Il y a aussi les bureaucrates. Pourquoi pas, sauf
que ce sont des gens élus à vie (et moi ça me dérangerait de donner un tel
pouvoir à des gens parfois élus il y a plus de dix ans), et en plus certains
d’entre eux (Clem23, Esprit Fugace, Anthère) ne semblent plus vraiment être là.
Au final, j’ai l’impression que si les arbitres ont hérité du bébé, c’est un peu
parce que c’est la solution « la moins pire ». Mais elle devient gênante
maintenant qu’il n’y a périodiquement plus assez d’arbitres.

Il reste l’hypothèse de créer une structure /ad hoc/. Un comité de nomination,
qui ne serait là que pour ça. Pourquoi pas, mais on retombe sur le même problème
: les gens élus seront-ils compétents techniquement pour évaluer les candidats ?
Vous me direz, les arbitres ne le sont pas forcément. C’est vrai. C’est
d’ailleurs pourquoi, en réalité, les arbitres évaluent surtout les réponses des
candidats sur la politique de confidentialité. Pour le côté technique, le
questionnaire a été élaboré par Schlum, CU expérimenté en place depuis
longtemps, qui nous a aussi fourni les réponses attendues à chaque question.
Heureusement parce que, je l’avoue, j’aurais été incapable de répondre à toutes…

Au final, j’avoue que je ne sais pas trop quoi faire avec ces nominations.
J’hésite entre les laisser aux arbitres et créer un comité de nomination. Les
autres solutions (élections directes ou nomination par les bureaucrates) me
semblent à écarter.

Le conflit arbitres/certains admins

Avec l’arbitrage où j’ai dû rendre un avis, et la nomination des CU, cela a été
le troisième point essentiel de mon mandat, le plus démotivant. Cette
problématique a d’ailleurs été abordée dans plusieurs billets, ici-même, par
Gratus. Je partage d’ailleurs largement ses observations et ses analyses. C’est
un fait, une partie de la communauté — avec des arguments tout à fait recevables
d’ailleurs — veut supprimer le CAr. Parmi ces personnes, il se trouve aussi des
admins. C’est leur opinion, c’est leur droit, et je n’ai aucun problème avec ça.

Là où j’ai vu un problème, c’est quand ces admins ne se contentent pas d’avoir
leur opinion, mais agissent de manière illégitime pour essayer de parasiter le
fonctionnement du comité ou même, pire, tenter de dépouiller les arbitres de
leurs compétences (pourtant données par un règlement issu de plusieurs prises de
décision) pour les reprendre abusivement à leur compte. C’est bel et bien ce qui
s’est passé à deux reprises au cours de mon mandat, et je sais que j’ai exaspéré
ces personnes (au point qu’on m’insulte et me menace sur IRC) en ne me laissant
pas faire.

La première affaire est celle de l’arbitrage Atonabel contre Omar-toons.
Nous avons estimé que cet arbitrage était recevable. J’y participais et,
théoriquement, cela aurait dû être mon deuxième arbitrage où je devais exprimer
un avis de fond. Cela n’a pas été possible puisque Omar-toons n’a tout
simplement pas pu mettre une seule ligne d’argumentaire dans la mesure où… il a
été bloqué par les admins durant toute la durée que le règlement lui laissait
pour déposer ses arguments. Qui plus est, le motif de blocage, s’il ne
recouvrait pas toute la dimension de l’arbitrage, était tout de même proche de
ce qu’il nous incombait de traiter, ce qui est déjà un premier gros problème en soi…

En constatant cela, nous avons édicté une mesure conservatoire d’urgence pour
demander son déblocage, le temps qu’Omar-toons mette son argumentaire en
défense. Les admins qui se sont exprimés nous ont littéralement envoyés chier.
Désolé pour la vulgarité, mais je ne vois pas comment le dire autrement, vu le
ton employé. C’est déjà, en soi, une très mauvaise manière et franchement, un
manque de bon sens criant… Mais c’est même pire que ça puisque, d’après le
règlement issu de prises de décision prises par la communauté, les admins sont
censés techniquement exécuter les décisions des arbitres, sans pouvoir s’y
opposer. Là, ils se sont sciemment assis sur notre mesure conservatoire, et donc
sur le règlement. Et, malheureusement, malgré « le droit wikipédien » en notre
faveur, nous ne pouvions rien faire de plus. Nous n’avons pas les moyens de
forcer les admins à respecter nos décisions, quand bien même ils sont censés
être obligés de le faire. Nous avons donc été contraints, la mort dans l’âme, de
déclarer notre arbitrage recevable impossible à traiter. C’est n’importe quoi et
c’est entièrement de la faute de ces admins. J’aimerais d’ailleurs faire un
distinguo. Certains, à n’en pas douter, ont agi de bonne foi, par
incompréhension du règlement ou de la situation, ou parce qu’ils ont estimé en
leur for intérieur que c’était la meilleure chose à faire. Mais certains de ces
admins, qui sont notoirement anti-CAr, étaient clairement de mauvaise foi, et
leur objectif était de nuire au CAr. Ils ont réussi.

La deuxième affaire a été l’arbitrage Writium/Chaoborus (et je tiens à préciser, pour éviter toute ambiguïté, que le pauvre Chaoborus n’y est pour rien dans le pataquès qui a suivi). La situation était la suivante : un contributeur, Writium, a fait l’objet d’une RA pour ses modifications non-constructives. Plusieurs admins se sont alors exprimés en faveur d’un
blocage indéfini, vu l’étendue des dégâts, et Chaoborus a conclu la RA en
appliquant la sanction décidée. Writium, qui l’estime injuste, a décidé de
lancer un arbitrage contre Chaoborus (visiblement parce que c’est lui qui a
techniquement bloqué, même si la décision a été collégiale). Bon, bien
évidemment, l’arbitrage était ridicule et n’avait aucune chance d’être déclaré
recevable. Le problème, c’est que les admins ne nous ont pas laissés faire notre
travail. L’un d’entre eux a supprimé d’autorité l’arbitrage lancé, sans même
attendre qu’on ait fait la moindre demande en ce sens. Le résultat est là.
Cet admin et quelques autres ont estimé inadmissible que mon collègue Cangadoba
restaure l’arbitrage pour que les arbitres puissent ensuite donner leur
décision. Ce serait soutenir un perturbateur professionnel. Bah non, c’est
simplement une application toute bête de la chose suivante : les admins gèrent
ce qui relève des admins, et les arbitres gèrent ce qui relève des arbitres. Ce
qui n’était pas normal, c’est qu’un arbitrage soit d’autorité déclaré nul et non
avenu par quelqu’un qui n’a pas été élu pour s’en occuper. Et que Do not follow,
l’admin en question, ne comprenne pas où est le problème m’a franchement laissé
pantois. Qu’est-ce qu’il aurait dit si j’étais allé rejeter des RA à la place
des admins ? Dans le même registre, il a fallu que je mène une guerre d’édition
sur notre propre page contre un simple péon, Fanchb29 (qui explique
régulièrement sur le Bistro qu’il faut supprimer le CAr), qui, lui aussi,
s’était mis en tête de décider tout seul et à la place des arbitres élus que
l’arbitrage n’était pas recevable. J’ai dû me pincer plusieurs fois pour y croire…

Quel avenir pour le comité d’arbitrage ?

Comme Gratus l’a écrit ici-même et sur Twitter, cet épisode surréaliste était le
plus éclatant des symptômes : /« Le Car a tellement perdu en légitimité qu’on
renie désormais la capacité et l’autorité de Mathieudu68 et Cangadoba à gérer la
page de l’institution ET à traiter des arbitrages »/.

C’est effectivement de cela qu’il s’agit. C’est un fait, l’existence du CAr,
remise en cause depuis des années et de graves dérapages survenus en 2011, est
de plus en plus contestée. Encore une fois, c’est une opinion tout à fait
légitime, mais elle ne permet pourtant pas de s’affranchir des règles en
vigueur, or c’est ce qui a été fait.

Maintenant, il est certain que le CAr ne peut pas rester en l’état. Faut-il le
supprimer ? Je ne le crois pas, et je vais dire pourquoi en mettant les pieds
dans le plat. Si certains admins cherchent depuis longtemps à supprimer le CAr,
c’est, en réalité, j’en suis malheureusement convaincu, pour en récupérer les
prérogatives. Et avoir ainsi la compétence exclusive des sanctions individuelles
à prononcer sur Wikipédia. Et là, on voit tout de suite où est le problème.
C’est que la manière dont les admins traitent les dossiers n’est absolument pas
soumise à procédure, contrairement au comité d’arbitrage. Je vais être clair,
depuis un an environ, les personnes mises en cause n’ont tout simplement pas de
possibilité de réellement se défendre, leurs interventions étant tout simplement
retirées…

Je vais prendre un exemple tout récent. On en arrive aujourd’hui à des cas comme
celui de Synthwave.94, qui a cinq ans de présence, 130 000 modifications et plusieurs AdQ, et n’a jamais été bloqué. Pourtant, il se retrouve menacé de blocage indéfini pour sa
première incartade (une guerre d’éditions ; et encore, des contributeurs
d’importance comme Nouill, Marilouw et Guil2027 estiment qu’il n’a rien fait de
mal) en cinq ans. C’est du grand délire et c’est clairement un effet de
l’absence de CAr. De plus en plus, des admins, au nom de « l’efficacité » et
d’une propension à vouloir tout régler, n’agissent plus que par le prisme de la
sanction et en perdent franchement tout sens de la mesure.

Il faut donc un comité d’arbitrage pour contrebalancer cette toute puissance des
admins, j’en suis convaincu. Mais ce comité doit être réformé car actuellement,
il ne fonctionne qu’épisodiquement et n’intéresse plus la communauté (il n’y a
plus de candidats et très peu de gens s’intéressent aux élections d’arbitres).
Que peut être ce comité ? Déjà, je pense qu’il faut qu’il se recentre sur ses
deux missions principales : arbitrer des conflits et nommer les CU et les OS
(sauf si l’on crée donc un comité de nomination). Il faut supprimer la notion
d’arbitrage communautaire qui a brouillé les règles, et laisser cela aux admins.
Je pense aussi qu’il faut supprimer le pouvoir de sanction (destitution
temporaire ou définitive) d’un admin par le CAr, qui n’a plus grand sens depuis
que le principe des contestations a été installé.

Je pense que deux grandes mesures devraient être prises :

  •  La première, c’est de donner aux arbitres davantage de moyens d’être
    médiateurs. Il faut simplifier la manière dont on les saisit, et peut-être
    leur permettre de s’autosaisir d’un conflit personnel en cours. J’ai vu avec
    Lepetitlord – Hotter3 que, finalement, les arbitres n’ont rien pu faire
    parce qu’ils ont été saisis trop tard. Le conflit avait trop pourri. Il faut
    que les arbitres puissent intervenir quand il est encore temps, quand le
    conflit est encore résoluble. Je pense qu’il est vraiment très important de
    réfléchir là-dessus.
  • La deuxième mesure, c’est de faire clairement du CAr une instance d’appel
    d’une décision des administrateurs. Ceci, pour éviter les démonstrations de
    toute-puissance qu’on voit actuellement. Bien sûr, il faudra que cette
    possibilité soit encadrée. Il ne faut pas que le travail de maintenance soit
    entravé, et il est hors de question de permettre au moindre vandale de
    passage ayant écrit « prout, pipi caca » dans les articles de faire appel du
    blocage qu’il a reçu. Je pense qu’on pourrait imaginer un système semblable
    à celui des contestations individuelles du statut d’administrateur. Ainsi,
    si x contributeurs ayant un minimum de contributions et d’ancienneté (on
    peut retenir les mêmes seuils que pour les contestations) saisissent le CAr
    pour dire que telle décision des admins ne leur paraît pas convenable, alors
    on considère qu’il y a appel. Le CAr devient ainsi l’arbitre entre les
    admins et une partie de la communauté qui conteste leur décision. Le CAr
    aurait le choix entre trois options : confirmer la décision des admins,
    l’amender ou la révoquer. En revanche, il n’aurait aucun pouvoir de
    sanctionner à titre individuel les admins qui ont pris la décision.

Pour conclure

Voilà, j’en ai fini, et je suis désolé d’avoir été aussi long. J’en ai aussi
fini avec le CAr, pour longtemps je pense (même si je vais peut-être intervenir,
par exemple pour mettre en avant les propositions que je viens de faire, dans la
Prise de décision en train de s’élaborer). Comme j’ai eu l’occasion de l’écrire
récemment sur Wikipédia, j’ai hâte de rester dans mon coin à contribuer
tranquillement, comme je le faisais avant d’être devenu arbitre (et j’ai
continué pendant, aussi ^^^). Ce fut quand même une belle expérience, et bravo
et merci à tous mes ex-collègues (malgré les divergences qu’on a parfois eues,
ce qui est normal). Bonne continuation à eux aussi.

Mathieudu68

Mon beau poisson

19:40, Monday, 02 2018 April UTC

Hier, c’était le premier avril. Le poisson préparé sur la version francophone de Wikipédia est juste… incroyable !

Capture d’écran de la page d’accueil (CC-BY-SA 3.0).

En effet, wikipédia a décidé de revenir en arrière et d’adopter un look minitel, avec refonte du logo et animations à la clé. Il me semble que c’est la première fois que Wikipédia fait un poisson aussi important.

Lorsque l’on tapait les commandes du code Konami, le lecteur était redirigé vers un jeu. Le tout fonctionne grâce à un peu de JavaScript et de CSS.

Le code source du projet est publique et sous licence MIT.

Le poisson d’avril était également présent sur le bistro, où l’ex-bandeau d’avertissement (orange) de réception de message a été recyclé pour rediriger sur une vidéo Youtube.

Sauf que l’humour, y compris en ce jour particulier, reste soumis à sa police qui tâche à retirer les poissons qui ne sont pas à leurs goûts (ne vous inquiétez pas, les attaques à la frontière de l’islamophobie ne sont pas assujetis à sa réglementation).

Nous avons aussi un article assez bien travaillé (sur trois mois) qui a depuis été redirigé vers la section pastiche. Ne vous inquiétez pas, la tolérance faisant partie de l’ADN de la Wikipédia francophone, l’auteur s’est fait accusé de participer à la culture du viol avec ses blagues sexistes.

Merci du signalement, ton bug peut attendre…

14:56, Monday, 26 2018 March UTC

Magnus Manske est un développeur inconnu du grand public, on lui doit pourtant des contributions nombreuses et décisives pour le développement initial de Wikipédia, sa maintenance continue et son ingénierie, au point que les wikipédiens célèbrent chaque 25 janvier le Magnus Manske Day.

On imagine aisément à quel point ses journées sont bien remplies, d’autant qu’il donne son temps et son énergie pour le Libre sur son temps… libre !

Dans l’article dont nous vous proposons la traduction, il explique avec un brin de malice pourquoi les bugs apparemment les plus simples à traiter peuvent s’avérer les plus longs à régler… Deux minutes de lecture pour un petit article qui parlera à nos amis développeurs (ces indispensables travailleurs de l’ombre) comme il a parlé à Luc, notre tech warrior tout-terrain…

 

Non, je n’ai pas corrigé ton bogue, voici pourquoi

par Magnus Manske – article original : Why I didn’t fix your bug

Photo par Jason Krüger [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons

Beaucoup d’entre vous m’ont envoyé des rapports de bogue, des demandes de nouvelles fonctionnalités et signalé d’autres problèmes liés à mes outils dans le WikiVerse. Vous m’avez contacté via le BitBucket Issue tracker (et apparemment je suis aussi sur Phabricator maintenant), par Twitter, divers emails, des pages de discussion (les miennes, celles d’autres utilisateurs, via Wikitech, etc.), avec des applications de messagerie, et même en chair et en os.
Et je n’ai rien fait. Je n’ai même pas répondu.

Rien n’indique que j’ai vu le problème.

C’est frustrant, je sais. Tu veux juste que ce petit truc soit réparé. En tout cas, tu te figures que c’est un tout petit changement à opérer.

Voyons maintenant les ressources disponibles, ce qui, en l’occurrence, est mon temps. En commençant par les gros travaux (estimations générales, des variations saisonnières sont inévitables) :

Il y 24 h dans une journée

– 9 h de travail (y compris le trajet en voiture)

– 7 h de sommeil (j’espère en tout cas)

– 2 h de vie privée (manger, faire de l’exercice, prendre une douche, lire, passer du temps avec ma copine, etc.)

= il reste 6h

On ne peut pas discuter avec ça, n’est-ce pas ? Maintenant, 6h qui restent, c’est une estimation haute, évidemment ; le travail et la vie privée peuvent (et ça arrive) prendre bien plus de temps, sur une base quotidienne et très variable, comme c’est le cas pour chacun de nous.

Alors je peux régler ton problème, c’est ça ?

Voyons voir :

6h

– 1h de maintenance (redémarrage des outils, mise à jour des pages GLAM, ajout et correction des catalogues mix“n”match, etc.)

– 3h de développement/réécriture (parce que c’est de là que viennent les outils)

= il reste 2h

Deux heures par jour, ça fait beaucoup, non ? En réalité, c’est beaucoup moins, mais restons-en là pour l’instant. Quelques-uns de mes outils n’ont pas de problèmes, mais beaucoup en ont plusieurs en cours, donc supposons que chaque outil en a un :

2h = 120 min

/130 outils (estimation basse)1

= une moyenne de 55 secondes par outil

C’est assez de temps pour trouver et aborder le problème, ouvrir le(s) fichier(s) de code source, et… zut le temps s’est écoulé ! Désolé, problème suivant !

Donc, au lieu de tous les traiter, je m’occupe de l’un d’entre eux. Jusqu’à ce que ce soit réglé ou que j’abandonne. L’un ou l’autre peut prendre des minutes, des heures, voire des jours. Et pendant ce temps, je ne me penche pas sur les centaines d’autres problèmes. Parce que je ne peux rien faire pour eux à ce moment-là.

Alors, comment puis-je choisir un problème sur lequel travailler ? C’est une heuristique complexe calculée à partir des facteurs suivants :

  • Nombre d’utilisateurs concernés
  • Gravité (« problème de sécurité » vs « faute d’orthographe »)
  • Opportunité (ce qui signifie que je l’ai remarqué lorsqu’il a été déposé)
  • Disponibilité (est-ce que je me concentre sur autre chose lorsque je remarque le problème ?)
  • Plaisir possible et humeur du moment (eh oui, car je suis bénévole, ça vous dérange ?).

 

Aucun événement particulier n’a été à l’origine de la publication de ce billet. Je le garderai en référence pour en donner le lien, quand l’occasion se présentera.

En manque de Cu (-ls ?)

00:11, Saturday, 03 2018 February UTC

Pour comprendre la vanne dans le titre, je vous invite à lire cet article Wikipédia.

Les vérificateurs d’adresses IP (CU) sont des bénévoles importants au bon fonctionnement du projet car ils permettent, sur le plan technique, de détecter les nuisibles.

La semaine dernière, des administrateurs se sont plaints d’un manque de réactivité des requêtes et pointent du doigt un sous-effectif.

Bien sûr, ce problème (pour certains) ne proviendrais pas d’un manque de candidatures (1 à 2 candidatures en plus des CUs en place) mais à cause du Car qui est chargé de les nommer. Et en remède, il a été proposé de se passer du Car pour faire des élections directement par la communauté.

Cette semaine, l’arbitre encore en place Mathieudu68 déplore ce comportement voulant retirer toutes prérogatives aux arbitres et répond « Alors, pour les CU et en ce qui me concerne, je considère que vous n’avez qu’à, au point où on en est, aller jusqu’au bout de votre démarche consistant à dépouiller les arbitres de leurs compétences pour les reprendre, sans demander de comptes à qui ce soit, à votre compte. Et ma réponse tient en deux mots : démerdez-vous. »

La section en question commençant à devenir tltr, je vais vous faire un résumé (commenté) du contenu.

Tous d’abord, un contributeur (non administrateur) réexplique que le Car est inutile et qu’il est possible de le court-circuiter, ce qui est cependant problématique au niveau des règles de la WMF (une partie de la section concerne la faisabilité ou non de cette action).

Un admin explique que les arbitres doivent prendre leurs responsabilités envers la communauté et ne pas dire « je n’ai pas envie de remplir mes fonctions parce que j’estime que les administrateurs ne sont pas bienveillants ». Une phrase comme « Je commence à en avoir marre de ne pas voire mes décisions appliquées et mes prérogatives contestées, alors allez jusqu’au bout du processus et ne me faîtes pas perdre mon temps » serait plus exacte.

 Les jambes sont maintenues par une barre d'écartement attachée à ses chevilles. Porte également un bâillon (BDSM) à boule.
Vous souhaitez devenir arbitre ? Indiquez que vous êtes *SM* (pas le banni) dans votre lettre de motivation.

Un autre admin n’a « pas observé une détérioration des relations admins/opérateurs », je ne peut que conseiller de prendre un rendez-vous chez un ophtalmo. Il ajoute « mais d’une part je n’ai pas vu de plainte, sous forme d’une RA ou autrement, suite à ce que je considère comme ayant dépassé les limites [les propos envers les arbitres] » : pour rappel, j’avais écrit une RA pour dénoncer des propos inacceptables, ce qui a mené à un blocage en écriture de l’administrateur ayant tenu les propos. La suite est une vraie perle : « Ce serait au CAr de s’adapter : état dans l’état, il lui est possible – je pense et ça a été fait – de demander des amendements aux initiatives des administrateurs, en principe réversible. » Le Car a effectivement demandé des amendements aux administrateurs… qui se sont empressés de voter communautairement contre, s’opposant frontalement au Car.

« il ne manquerait plus que ce soit de notre faute » , je le dis clairement : oui. Ce sont les administrateurs qui ont décidés de ne pas appliquer une décision Car. Ce sont des administrateurs qui ont tenus des propos corrosifs, voire inacceptable envers les arbitres. Ce sont les administrateurs qui s’empressent de bloquer les partis d’un arbitrage et ne veulent même pas entendre de solutions alternatives permettant de concilier justice et protection de l’encyclopédie.

Enfin je vais finir par le commentaire d’un administrateur qui rappelle qu’il ne faut pas généraliser et mettre tous les administrateurs dans le même panier. En effet de nombreux administrateurs font de la maintenance sans s’impliquer dans des sujets polémiques et font un merveilleux travail. Ne les oublions pas.

 

Couvrez ce Car, que je ne saurais voir

04:53, Sunday, 14 2018 January UTC

Couvrez ce Car, que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées.

Le comité d’arbitrage (Car) est une institution présente sur la Wikipédia francophone qui est chargé de régler les conflits entre les participants. Leurs membres sont élus par la communauté, et leurs compétences et pouvoirs sont également donnés par la communauté à travers plusieurs prises de décision successives regroupées dans ce que l’on appelle le règlement Car.

Dans un précédent billet, j’avais notamment regretté que les administrateurs se soient opposés frontalement aux arbitres en refusant d’appliquer les décisions de ces derniers.

J’avais également indiqué ne pas vouloir me représenter notamment pour la raison suivante (je cite) :

  • Il faut malheureusement constater que le Car est « inutile » en l’état, non pas à cause de la mauvaise volonté des arbitres mais simplement car la communauté (dont les administrateurs), ne reconnait pas la légitimité du Car à prendre des actions ou décisions. Si c’est pour pisser dans un violon, autant s’épargner les attaques et autres joies liées au statut.

Il faut avouer que j’ai mal digéré cette opposition frontale, qui m’avait d’ailleurs incité à rendre le balai entre le 1er juin et le 4 août 2017 et rédiger un AdQ pour changer d’air.

Puis le temps passe, et m’éloigne du Wiki-drama pour participer au WCC et rédiger un autre AdQ.

Puis voilà que je revois passer le comité d’arbitrage dans ma liste de suivi… pour me rendre compte qu’il est engagé dans une guerre d’édition !!

Je jette un œil, puis me dit qu’il y a vraiment un problème ici. En effet, des contributeurs se prennent le droit de retirer une demande d’arbitrage, voire d’ajouter une mention indiquant qu’il est impossible de déposer une demande d’arbitrage, le nombre d’arbitres étant insuffisant.

Un arbitre s’efforce alors de révoquer afin de pouvoir faire les choses dans les règles de l’art, bref faire son « travail ». Cette guerre d’édition soulève un problème qui peut tenir en un tweet :

En effet, il y a tellement peu de respect pour les arbitres actuellement en place que des contributeurs se prennent le droit de décider de la recevabilité des demandes à la place des arbitres (ce qui est une prérogative des arbitres), voire leurs empêchent même de recevoir de demandes au motif que de toutes façons ils ne sont pas assez nombreux.

Les opérations, présentés comme étant « une simple action de maintenance dans le but d’informer correctement les lecteurs de la page en question » (??!), sont en réalité une entorse à des prises de décision.

Le fait que la demande soit de toute évidence non recevable (et a été considéré comme tel par le Car) ne change rien au fait que la communauté ne fasse même pas suffisamment confiance aux arbitres pour gérer intelligemment un trollage  mais se sentent dans l’obligation d’agir à la place des arbitres, quitte à faire une guerre d’édition.

Avant que l’on me traite de je ne sais quel nom, je tiens à préciser que je n’ai rien pour ou contre le fait de supprimer le Car ou refuser les arbitrages au motif que les arbitres sont trop peu nombreux etc…

Cependant, j’aime bien quand les choses sont clairement définis, fait dans les règles et en respectant la volonté de la communauté. Lorsque j’ai lancé la prise de décision en ce qui concerne les topic-ban, je l’ai fait pour officialiser la pratique qui prenait de l’ampleur chez les administrateurs à l’époque. Cela a permis de définir clairement ce que voulais la communauté, et ainsi offrir une sécurité et pour la communauté (réduction des risques de dérapages), et pour les administrateurs (moins de risques de contestations).

Je suis simplement partisan que la communauté doit déconstruire de la même manière qu’il a construit. S’il considère qu’une prise de décision est obsolète, alors elle en lance une nouvelle pour faire les choses proprement, au lieu de privilégier une situation bancale et assez irrespectueuse pour les arbitres.

Je suis donc prêt à lancer les paris que, grâce (ou devrais-je dire à cause) a toutes ces affaires, Cangadoba sera le dernier arbitre à effectuer la fonction d’arbitre, vu qu’il y a une grande chance qu’il n’y ait aucun contributeur « sérieux » qui souhaite se prendre plein le museau, d’un coté par les protagonistes des arbitrages, de l’autre par la communauté qui lui crache littéralement à la figure (on lui dit qu’il est inutile, qu’il n’a pas à s’occuper de ce dont pour quoi il a été élu, et on refuse d’appliquer les décisions qu’il prend).

Concernant les arbitres en place, Cangadoba a déclaré lors de sa candidature qu’il ne se présentera pas une nouvelle fois et Mathieudu68 a déclaré suite à cette affaire je cite : « je n’ai sûrement pas l’intention de me représenter dans ce pathétique panier de crabes. Je me suis présenté comme arbitre pour aider, et avant je ne mettais pas les pieds sur ce genre de page, restant à contribuer dans mon coin. Hé bah putain, soyez certain que je regrette de ne pas être resté tranquille dans mon coin hein. On ne m’y reprendra pas de sitôt à jouer les bonnes poires (dans tous les sens du terme) sur ce projet d’encyclopédie. »

Enfin, Mathieudu68 a déclaré vouloir « saisir la Wikimedia Foundation de cette situation et l’informer qu’une partie des administrateurs est entrée en rébellion, sans décision ni soutien officiel de la communauté, contre l’arbcom francophone ».

Il faut avouer que l’envie m’a prise de lancer une prise de décision, mais je n’étais pas enchanté à l’idée de me prendre des critiques, contestations et perdre mon temps sur ce dossier.

Comme quoi il est assez magique de constater qu’une demande d’arbitrage manifestement irrecevable a eu le pouvoir d’achever le Car.

Les gagnants de Wiki Loves Monuments 2017 !

14:44, Monday, 04 2017 December UTC

Le jury de Wiki Loves Monuments est fier de vous annoncer les 10 images gagnantes de cette nouvelle édition 2017, la 7e en France !

En France, cette année, ce sont pas moins de 9500 images qui ont été mises en ligne par 358 personnes. En comptabilisant tous les pays participants, Wiki Loves Monuments a permis la mise en ligne de 245 000 images par près de 10 000 personnes.

Merci encore à tous les participant.e.s ainsi qu’aux contributeurs.trices de Wikimédia Commons.

1ere photo gagnante : Village martyr d'Oradour-sur-Glane par Davdavlhu

1er : Village martyr d’Oradour-sur-Glane par Davdavlhu

 

2eme photo gagnante : Abbaye de Cerisy-la-Forêt par Selbymay

2e : Abbaye de Cerisy-la-Forêt par Selbymay

 

3e photo gagnante : Château de Peyrusse-le-Roc par Krzysztof Golik

3e : Château de Peyrusse-le-Roc par Krzysztof Golik

 

4e photo gagnante : Chapelle de la Vieille Charités, par Alexrk2

4e : Chapelle de la Vieille Charités, par Alexrk2

 

5e photo gagnante : Maison Carrée, par Martin Kraft

5e : Maison Carrée, par Martin Kraft

 

6e photo gagnante : Allée couverte de Kerbalannec, par Dominique Felga

6e : Allée couverte de Kerbalannec, par Dominique Felga

 

7e photo gagnante : Brémondans, l'église de Leugney, par JGS25

7e : Brémondans, l’église de Leugney, par JGS25

 

8e photo gagnante : vue de la façade du château du Rivau depuis le conservatoire des légumes, par Aliasse16

8e : vue de la façade du château du Rivau depuis le conservatoire des légumes, par Aliasse16

 

9e photo gagnante : Quéribus sous la Voie lactée, par PhilippeContal

9e : Quéribus sous la Voie lactée, par PhilippeContal

 

10e photo gagnante : Basilique Saint-Nicolas, par GO69

10e : Basilique Saint-Nicolas, par GO69

 

L’article Les gagnants de Wiki Loves Monuments 2017 ! est apparu en premier sur Wiki Loves Monuments France.

Tor (II)

19:13, Friday, 24 2017 November UTC

J’avais promis en décembre 2015 de vous parler des relations entre Wikipédia et Tor. Malheureusement je n’ai pas tenu parole. Afin de me rattraper, je vais vous présenter un projet en cours concernant ces deux projets (en réalité, je vais me contenter de traduire).

>>  Grants:IdeaLab/A Tor Onion Service for Wikipedia

Idée du projet

Quel est le problème que vous tentez de résoudre ?

Les utilisateurs voulant lire Wikipédia tout en protégeant leurs vie privée peuvent déjà utiliser le navigateur Tor pour lire Wikipédia. Cependant un service .onion va augmenter leurs vie privée au sens que les utilisateurs ne quitteront jamais le réseau Tor.

Les discussions concernant Wikipédia et Tor sont récurrent depuis 2006, en particulier pour déterminer s’il faut autoriser ou non les utilisateurs d’éditer Wikipédia via Tor. Le principal obstacle à cela est l’impossibilité pour le moment de trouver un moyen d’éviter les abus via Tor, en particulier en ce qui concerne les faux-nez. Cette proposition ne touche ce sujet que de manière tangentielle, car son objectif n’est pas de plaider en faveur d’un élargissement des politiques existantes en matière d’édition sur Tor.

Quelle est votre solution ?

La solution consiste à construire un proxy servant Wikipédia en lecture et en écriture en tant que service .onion faisant partie intégrante du réseau Tor.

Objectifs du projet

  1. Donner aux utilisateurs une nouvelle manière d’acceder à Wikipédia avec une plus grande garantie pour vie privée
  2. Supporter Tor en tant que technologie supportant la vie privée

Éventuellement, si ce projet est un succès ce proxy pourra être dirigé directement par la Foundation Wikimedia (WMF), afin d’éliminer une tierce partie qui pourrait agir en tant qu’homme du milieu.

Informations complémentaires

Un service .onion Tor (ou service caché) est un site qu’un utilisateur peut visiter ou un service qui utilise la technologie Tor pour assurer la sécurité et, si le propriétaire souhaite, l’anonymat à ses utilisateurs. Des exemples de services cachés sont l’application de messagerie ricochet ou le proxy .onion d’Internet Archive. [NdTr : Il existe également un .onion Facebook].

Le proposant fait remarquer qu’avoir un service .onion pour Wikipédia peut être potentiellement très utile pour les lecteurs tout en ayant un petit impact sur le processus d’édition actuel.

Proposition

Pour le moment, éditer Wikipédia à travers Tor est inpossible et, à ma connaissance, il n’y a aucun .onion servant Wikipédia. Les utilisateurs souhaitant éditer Wikipédia via Tor ont besoin de demander le statut IP block exemption. [NdTr : la version globale vous permettra d’éditer partout sauf sur wp-en].

L’idée de mettre en place le service consiste à :

  1. des proxys Wikipédia pour pouvoir être lu à travers le service caché ;
  2. utiliser OAuth (qui est activé sur Wikipédia) afin qui utilisateur puisse éditer Wikipédia via le service en utilisant son propre pseudonyme (seulement pour les utilisateurs disposant déjà du statut IP block exemption).

Changement de politiques

Cette proposition ne va entraîner aucun changement dans les politiques actuelles parce que les utilisateurs souhaitant éditer doivent continuer à demander le statut. Une autre chose intéressante serait d’ajouter une procédure sur Tor pour demander une telle exemption. En ce sens, la politique de non-proxies ouvertes reste la même.

Bénéfices

Comment un service .onion peut être bénéfique aux lecteurs de Wikipédia ?

  1. Nous savons que Wikipédia – par exemple les serveurs de la WMF – ont fait l’objet de surveillance de masse par des agences gouvernementales [NdTr : coucou PRISM]. Un tribunal de 4e circuit aux États-Unis a récemment statué à l’unanimité que cette activité conférait un statut à la Wikimedia Foundation dans son procès contre la NSA.
  2. Donner la possibilité de visiter Wikipédia de façon anonyme évite le risque que la Wikimedia Foundation puisse être contraint légalement à fournir des informations sur ses visiteurs [Ndtr : pas des contributeurs].
  3. Donner un proxy qui, de par l’architecture des services cachés, ne peut pas être subjet aux censures gouvernementales comme pour le cas récent de la Turquie.
  4. Fournir un service caché protège les utilisateurs contre les nœuds de sortie Tor malveillants. Étant donné le fonctionnement de Tor, les nœuds de sortie sont en position d’écoute des communications vers le site Web de destination que l’utilisateur veut atteindre (dans ce cas, Wikipedia). La recherche a montré que si un utilisateur navigue sur plusieurs sites Web et fuite des informations sur son identité sur l’un de ces sites, ces informations peuvent être utilisées par un nœud de sortie malveillant pour dé-anonymiser le trafic vers d’autres sites provenant du même utilisateur. Dans le cas de Wikipédia, ce risque est limité par le fait que Wikipédia est servi via HTTPS avec HTTP Strict Transport Security.

Alors que les avantages décrits aux points 1. et 2. ci-dessus peuvent être obtenus en visitant le site Web wikipedia.org en utilisant un navigateur compatible Tor, un service caché est nécessaire pour prévenir le risque associé aux nœuds de sortie malveillants.

Comment un service .onion Wikipédia est bénéfique à notre mission en général

En général, on peut affirmer que la généralisation de Wikipédia répond bien à la mission de notre mouvement. Cependant, fournir Wikipédia sur Tor permettrait de faire connaître Tor comme une technologie de protection de la vie privée des utilisateurs : rendre un site web largement accessible via Wikipédia via un service .onion permettrait non seulement aux utilisateurs soucieux de la vie privée de naviguer sur Wikipédia, mais cela rendrait également le sinistre « darknet » un peu plus semblable au « clearnet », c’est-à-dire Internet. Ceci est essentiel pour diffuser l’utilisation de Tor parmi les utilisateurs « moyens ».

Risques

Cela peut-il être utilisé par des éditeurs malveillants (vandales, spammeurs, faux-nez) ?

Non, les utilisateurs sous IP contineront d’être bloqué et les utilisateurs inscrits (éditant sous leur propre pseudonyme) continuront de devoir demander le statut.

Quelles autres problèmes peuvent être liées à une distribution de Wikipédia via un proxy anonyme ?

Si le service est largement utilisé, cela peut fausser quelques unes de nos statistiques & anayses dans le sens où nous verrons simplement une augmentation du traffic venant de Wikipédia par le réseau Tor.

Challenges

Quels challenges avons-nous besoin de surpasser pour que ce projet soit un succès ?

Nous avons besoin de logiciels pour rediriger Wikipédia et fournir une authentification OAuth aux utilisateurs. Certaines solutions existent déjà et pourraient être améliorées ou adaptées à ce cas d’utilisation :

Et concernant l’installation du service et sa maintenance ?
  1. Nous avons besoin d’expertises pour installer et maintenir le service .onion ;
  2. un service similaire mis en place par Internet Archive a été attaqué par différents robots déviants, ce service devrait donc être configuré et configuré pour atténuer ces attaques sans affecter les utilisateurs réguliers. Des étapes d’atténuation sont disponibles ici.
  3. DDoS contre l’oignon / service caché. Cela n’aura pas d’impact sur Wikipédia, mais cela pourrait rendre le service indisponible. Des étapes d’atténuation sont disponibles ici.
  4. Entretien constant. De nouvelles versions de Tor sont publiées souvent (tous les quelques mois). Ce logiciel devrait être tenu à jour.

FAQ

Comment Tor fonctionne ?

En des termes très généraux, une connexion à un site internet via Tor fonctionne ainsi :

  1. Le navigateur utilisant Tor demande un « circuit » à Tor
  2. Le navigateur établie une connexion chiffrée avec le réseau Tor, la connexion passe par trois serveurs : l’entrée (un guard), le milieu (middle) et la sortie (exit). À chaque étape, une couche de chiffrement est supprimée afin qu’aucun nœud n’ait une connaissance complète de la connexion. Les connexions à des sites Web et à des services et des sites Web sur le clearnet émergent uniquement des noeuds de sortie

Comment un service caché fonctionne ?

Un service est mis en place sur un serveur et se connecte au réseau Tor, en sélectionnant de manière aléatoire certains relais dans le réseau et leur demande d’agir en tant que points d’introduction. Ensuite, le service caché assemble un descripteur de service caché, contenant sa clé publique et un résumé de chaque point d’introduction. A partir de ce processus, une chaîne de 16 chiffres identifiant le service est calculée, cette chaîne suivie de .onion sera l’adresse du service caché. Le service caché et les points d’introduction sont ensuite annoncés dans une base de données publique partagée disponible via le réseau Tor. Lorsqu’un utilisateur souhaite contacter un service caché, il établit un point de rendez-vous avec le service considéré comme l’un des points d’introduction. Enfin, l’utilisateur et le service se connectent au point de rendez-vous avec le réseau Tor. Le service et l’utilisateur se connectent tous deux au réseau Tor via des circuits Tor (comme décrit ci-dessus), de sorte que leurs adresses IP réelles sont inconnues l’une de l’autre.

Quelle est la différence entre un noeud de sortie et un service caché ?

Avec le navigateur Tor, vous pouvez visiter n’importe quel site internet (aussi appelé « clearnet ») et les services cachés (appelés « darknet », puisque ces sites ne sont accessibles que via Tor). Un utilisateur se connectant au réseau Tor se verra attribuer un circuit, c’est-à-dire que ses connexions à n’importe quel site Web seront acheminées dans le réseau Tor à travers plusieurs nœuds (ou « bonds »). Si vous voulez visiter un site Web sur le clearnet (disons wikipedia.org) le navigateur se connecte à un nœud d’entrée, la connexion est ensuite transmise à un nœud intermédiaire et enfin à un nœud de sortie. Cette connexion est configurée de manière à ce que plusieurs couches de chiffrement soient « décollées » lorsque la connexion est transférée d’un nœud à l’autre (d’où le nom Tor, c’est-à-dire le routeur Onion).

Les nœuds de sortie sont les plus problématiques à exploiter car ils sont le point d’où le trafic émerge du réseau Tor pour contacter les sites Web sur Internet. Ils sont les plus problématiques de deux façons :

  1. si certains utilisateurs abusent du réseau Tor à des fins malveillantes (par exemple ils mettent en place un bot insérant du spam dans les commentaires d’un site web, et changent fréquemment de circuit pour que leur adresse IP change et ne puisse pas être bloquée), le noeud de sortie sera identifié et marqué comme « serveur malveillant ».
  2. Si l’utilisateur visite un site Web via HTTP (et non HTTPS), un noeud de sortie malveillant est capable d’espionner le trafic lui-même vers le site Web de destination. Même si le noeud de sortie ne connaît pas l’adresse IP d’origine de l’utilisateur, ce trafic peut contenir des informations sensibles ou d’autres données pouvant conduire à dé-anonymiser un utilisateur.

Un service  caché est un site web qui n’est servi que par le réseau Tor. Lorsqu’un utilisateur se connecte à un service caché, cette connexion ne quitte jamais le réseau Tor.

Billet de blog sous  licence Creative Commons Attribution-partage dans les mêmes conditions (auteurs|source).

Voir aussi T168218 - Tor hidden service for WMF websites

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